« Lulu dans ma rue » : un projet séduisant !

FERGUS :

Va-t-on s’habituer à voir dans les quartiers de nos villes se multiplier les kiosques « Lulu dans ma rue » ? Si l’on juge par les attentes de la population, c’est probable. Salué par François Hollande, le projet est désormais sur les rails. Mais de quoi s’agit-il ?

Au printemps 2014 a été lancée, à l’initiative du Président de la République, l’opération labellisée « La France s’engage ». Son objectif : faire émerger, en vagues semestrielles successives d’ici à 2017, les meilleurs projets duplicables en matière d’innovation sociale. À la clé, l’assurance pour les projets lauréats, de bénéficier d’une visibilité accrue par le label, d’un accompagnement juridique ou administratif des pouvoirs publics, et le cas échéant d’un soutien financier par le biais d’une aide des entreprises partenaires.

Après une première phase qui a déjà récompensé 15 projets, une nouvelle vague de 30 nouveaux projets a été sélectionnée par les acteurs de l’action sociale, qu’ils soient issus d’un cadre institutionnel, de fondations ou d’associations. Conformément au cahier des charges de La France s’engage, tous ces projets étaient centrés sur la cohésion sociale et la vie en société. Le mardi 15 mars, François Hollande a dévoilé les noms des 15 projets lauréats, dont 3 choisis par les internautes à l’issue d’un vote ouvert du 2 au 7 mars. Parmi les lauréats, Lulu dans ma rue.

Les promoteurs de ce projet original, initié par Charles-Édouard Vincent, le fondateur d’Emmaüs Défi, sont partis d’un constat évident : à l’exception de quelques résidences huppées, presque partout dans les villes les concierges ont disparu. Et avec eux (ou elles), le factotum qui rendait à chacune des petites collectivités dont ils assuraient la bonne marche des menus services en matière de courses de proximité, de petit bricolage, de dépannage ménager, de montage d’un meuble, voire de promenade du chien, cette courte liste étant non exhaustive comme le confirme le site de Lulu dans ma rue.

Pour un coût modique de 5 euros les 20 minutes – dont 2,50 euros récupérables en réduction ou crédit d’impôts –, les personnes âgées, les malades, mais aussi toutes les femmes et tous les hommes momentanément empêchés ou confronté(e)s à une difficulté qu’ils ne savent pas résoudre, pourront désormais faire appel à une aide à domicile partout où seront implantés les kiosques de Lulu dans ma rue.

Le premier de ces kiosques vient d’ouvrir dans le 4e arrondissement de Paris, au métro Saint-Paul. D’ores et déjà, l’on peut y formuler une demande d’aide pour solliciter l’intervention d’un bénévole ou d’un micro-entrepreneur « Lulu » compétent pour répondre à la sollicitation en fonction de sa nature. D’autres kiosques suivront dans les différents quartiers de la capitale, à raison d’une moyenne de 5 par arrondissement à l’horizon 2017, et d’ici à 2020 dans toutes les métropoles de province si le concept rencontre le succès attendu auprès des Parisiens.

Lulu dans ma rue, c’est un an de travail et de contacts établis en amont autour de la nécessité de rétablir du lien social et de la solidarité dans les quartiers. Dans le Marais, ce projet a rencontré l’enthousiasme de nombreux habitants, tous potentiellement concernés par l’émergence de cette activité de services à taille humaine et dénuée de toute trivialité mercantile, soit comme clients potentiels, soit comme contributeurs de cette conciergerie innovante.

Lulu dans ma rue, ce sont encore ses promoteurs qui en définissent le mieux la philosophie : « C’est la conviction que notre société ira mieux si on remet de l’humain dans notre quotidien. Nous touchons les limites d’une société de service pilotée par le marketing et la productivité à outrance qui dépersonnalise les prestations réalisées : il est temps de refaire une place à la relation humaine authentique et à la confiance [dans nos] quartiers. »

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