Mais la Terre s’en fout !

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OLIVIER CABANEL :

 

Leitmotiv ressassé maintes et maintes fois, surtout lors de la COP21 : « il faut sauver la planète ».

Mais la planète s’en fout !

Elle n’est pas en danger !… une fois que l’humanité aura disparu de sa surface, elle mettra quelques millions d’années à s’en remettre, mais elle s’en remettra, mais nous, nous ne serons plus là.

En effet, la Terre n’est pas en danger, ou, s’il existe, il est très provisoire, c’est surtout nous qui sommes en danger.

Avant que l’humanité n’apparaisse à sa surface, il y avait à la surface de la planète des tonnes de plutonium.

La période (ou demi-vie) de ce dangereux élément nucléaire étant de 24 000 ans, il lui a fallu des millions d’années pour s’en débarrasser, mais elle y est parvenu.

Or nous venons de refaire le stock en moins d’un demi-siècle. lien

Avec le temps qui passe, elle se débarrassera des ordures dont nous l’avons recouverte… et les siècles passant, elle en fera du charbon, du pétrole…

En effet, le processus de sédimentation qui se produit à l’échelle de temps dits géologiques, de quelques millions à quelques milliards d’années…mais la planète n’est pas pressée. lien

Les millions de sacs plastiques, lesquels ont une vie de 450 ans, et autres déchets dont nous avons recouvert les océans finiront à terme par se transformer en sédiments.

S’il suffit de 30 ans pour que les tissus en nylon se dégradent, et même s’il faudra 1000 longues années pour la dégradation d’une carte téléphonique, ou d’un morceau de polystyrène, et près de 8000 ans pour qu’une pile se soit dégradée, avec le temps, la planète se débarrassera de tout ça. lien

En effet, qu’est-ce que 8000 ans à l’échelle de la planète alors que la Terre est âgée de 4,6 milliards d’années. lien

La présence des dinosaures n’est attestée qu’il y a 200 millions d’années… alors que celle des hominidés n’apparait qu’il n’y a 7 millions d’années. lien

Si on ramène ces milliards en années, nous sommes là depuis 4 heures, nos industries ont commencé les dégâts il y a 1 minute, et nous venons de détruire 50% de nos forets.

En moins de 2 siècles, nous venons de bouleverser tous les équilibres de cette planète : nous avons fait en quelque sorte que l’eau potable ne le soit quasi plus…pour en trouver encore un peu, il faudrait se rendre en Himalaya, dans la vallée de Hunza, vallée merveilleuse où les femmes sont capables d’avoir des enfants à un âge avancé, ou les habitants vivent plus que centenaires, sans cancers, sans rhumatismes, ni caries dentaires. lien

S’il est vrai que 71% de la surface de la Terre est recouverte par les eaux, 97,5% de celles-ci sont salées, et pour les 2,5% restant, seulement 1% est utilisable.

Pour se faire une image, si toute l’eau de la terre était mise dans un seau, seulement une cuillère à café serait potable. lien

C’est entendu, nous avons encore de l’eau potable destinée à notre consommation, mais, même si les normes l’autorisent, on y trouve maintenant des nitrates, des pesticides, et plein d’autres cochonneries…

On sait que la norme n’empêche pas le danger, et si l’OMS autorise une concentration allant jusqu’à 100 mg/L, recommandant de ne pas dépasser 50 mg/L, on sait aussi que le moindre milligramme avalé ne sera pas une bénédiction pour notre santé, (lien) puisque les nitrates se transforment en nitrites au contact des sucs digestifs, ralentissant ainsi l’oxygénation de notre sang. lien

Quid des tensio-actifs, ces fameux composants chimiques quasi indestructibles, qui rendent nos lessives plus blanches que blanches (lien), des résidus médicamenteux que l’on retrouve régulièrement dans nos eaux dites potables. lien

Ajoutons que beaucoup d’erreurs ont été commises dans cette gestion de l’eau.

Nous avons décidé de capter les eaux de nos déjections, et d’égouts en station d’épuration, nous privons souvent la terre des richesses qu’elle nous avait apporté…et parfois, sans le moindre filtre, ces égouts se jettent dans les fleuves, ou même carrément dans les mers, comme on le constate à Monaco, par exemple (lien) à St Joseph (lien), et ailleurs.

Aujourd’hui encore, le grand émissaire de Marseille, se jette dans la calanque de Cortiou, dans la Méditerranée, malgré les promesses réitérées des élus d’en finir bientôt. lien

C’est d’autant plus dommage que, s’il faut en croire l’Institute for Water, les excréments humains représentent un énorme potentiel énergétique, pouvant produire de l’électricité pour 138 millions de foyers, richesse d’une valeur de 9,5 milliards de dollars. lien

Oublions l’eau, et tournons-nous vers l’air, lequel pour beaucoup d’humains devient irrespirable : en Europe, par exemple, la pollution de l’air tue plus que la route.

En effet, plus de 400 000 européens meurent chaque année d’une trop longue exposition à la pollution de l’air… ajoutons pour la bonne bouche qu’ils sont 6,5 millions de citadins à être victimes de la pollution, laquelle provoque asthmes, bronchites, attaques cardiaques. lien

Au Japon, pays pourtant très nucléarisé, les citadins sont obligés de porter un masque, pour échapper surtout à la pollution. lien

En Chine, la pollution s’est aggravée et provoquerait la mort de 4000 personnes par jour. lien

Qu’en pense notre Terre… bof, pas grand-chose, une fois que nous serons plus sur son sol pour nous livrer à nos activités industrielles, il ne lui faudra pas trop longtemps pour éliminer de l’air toutes ces particules polluantes.

Quant à la terre de notre Planète, elle aussi a beaucoup souffert.

Pour avoir de meilleurs rendements, nous avons dispersé tant d’engrais chimiques, que finalement les fruits et légumes produits en deviennent dangereux.

Les haies ayant disparu, les oiseaux en ont fait de même, et les insectes, devenant finalement résistants à des pesticides de plus en plus violents se multiplient, d’autant qu’ils n’ont plus de prédateurs.

Nous étions pourtant prévenus…

Hubert Reeves avait déclaré un jour : « l’homme mène une guerre contre la nature, s’il gagne, il est perdu ».

Avant lui, Claude Levy-Strauss avait affirmé :« le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui », même si le président de la COP21, Laurent Fabius a diplomatiquement changé la formule en affirmant : « …et le risque c’est qu’il se prolonge sans lui ». lien

Au moment ou la COP21 bat son plein, la porte parole de la Coalition 21, Juliette Rousseau, redouble de créativité malgré les obstacles dressés par le gouvernement, (lien) mais dans le camp des nucléocrates, on met les bouchées doubles, et on envoie au front le petit soldat Jancovici, lequel a eu micros offerts le même jour sur Arte, Europe 1, et BFMTV, ce qui a été l’occasion, sans que la moindre contradiction ait pu être apportée, de délivrer un message mensonger afin de tenter sauver le soldat atome.

Pourtant à y regarder de plus près, le bilan nucléaire n’est pas glorieux : en 2014, en France, il fallait 3,36 kWh d’énergie primaire pour produire 1 kWh d’électricité finale, alors qu’avec le photovoltaïque sur un toit, et autoconsommé, avec 1kWh d’énergie primaire on délivre quasi 1 kWh.

Même si dans notre pays, on est très en retard dans le domaine des énergies propres, on vient d’inaugurer près de Bordeaux la plus grande centrale solaire d’Europe, laquelle fournira l’électricité à 50 000 foyers, soit 350 GWh (gigawattheures) par an.

Au Danemark, on bat tous les records, puisque ce pays produit 140% de ses besoins électriques grâce à l’éolien. lien

Pourtant on sait d’ores et déjà, grâce à leurs puissants lobbys fournisseurs d’énergie sale qui ont table ouverte à la COP21, le nucléaire sera hélas une partie d’une illusoire solution.

En Effet Total, EDF, et quelques autres (lien) sont parmi les sponsors de ces journées, ce qui a poussé des artistes du mouvement Brandalism à lancer une campagne d’affichage plutôt bien vue. lien

Sur le thème « ils sont le problème, pas la solution », les affiches ont recouvert les panneaux JCDecaux, affiches que ce dernier s’est empressé de faire enlever.

Finissons par un peu de fiction : un site internet s’est amusé à faire une simulation de la montée des eaux, si, comme c’est à craindre, aucune décision contraignante pour empêcher un réchauffement de moins de 2°, ne sera prise avant le 12 décembre prochain. lien

Car comme disait mon vieil ami africain…et Albert Einstein : « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».

L’image illustrant l’article vient de maudkristen.com

Une pensée sur “Mais la Terre s’en fout !

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    27 décembre 2015 à 9 09 39 123912
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    Vous avez raison Olivier et j’ajouterai la révolution bourgeoise du 17ième et 18ième siècle n’était en fait qu’une aventure de la volonté de puissance des hommes. Buffon n’a-t-il pas affirmer qu’avec la science et la technique l’homme dominerait la nature comme il domine la femme et que tous ce que l’homme désirera lui sera possible grâce à la science et la technique. Maintenant je sais que la science et la technique ainsi que la pensée bourgeoise sont en faillite, mais la plus part des hommes ne sont pas conscient de cette réalité, ils sont enfermés dans leur bulle religieuse du modernisme bourgeois.

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