Migrants : un processus d’assassinat de masse par l’Union européenne

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LE YETI :

1773 migrants morts en mer depuis le début 2015 (3419 en 2014). La liste macabre ne cesse de s’allonger. Et la part de responsabilité de l’Union européenne, via les agissement de sa police des frontières, Frontex, apparaît de plus en plus criante.

De la responsabilité à la culpabilité, il n’y a d’ailleurs qu’un tout petit pas largement franchi, selon une analyse-réquisitoire de Saïd Bouamama publiée sur le site “Les Mots sont importants” :

« Les discours politiques et médiatiques construisent chaque NOUVEAU drame comme des catastrophes imprévisibles sur lesquelles les gouvernements européens n’auraient aucune prise et aucune responsabilité. Le discours de la catastrophe cache un processus d’assassinat de masse de l’Union européenne. »

Les causes structurelles d’une entreprise de mort

Citant Aimé Césaire, Saïd Bouamama attribue les causes structurelles de la tragédie à l’époque où le colonialisme économique se substitua au vieux colonialisme de domination.

Avec l’aide d’une clique de dirigeants africains totalement corrompus et affidés (la Françafrique), les anciennes puissances coloniales européennes organisèrent alors une véritable captation des ressources du continent africain (uranium, pétrole…), en même temps qu’elles ruinèrent l’agriculture vivrière locale par des accords de partenariat économique (les APE) favorisant outrageusement les agriculteurs européens.

Ajoutez à cela l’état de guerre imposé par l’UE et ses comparses dictateurs sur tout le continent africain (Libye, Mali, Côte d’Ivoire…) pour sauver leurs intérêts et vous comprendrez pourquoi les « hordes affamées »[1] viennent s’échouer sur nos côtes.

Frontex, l’escadron de la mort européen

En octobre 2004, pressentant le danger d’un retour de flammes à ses débordements outranciers, l’UE créait une véritable police des frontières, Frontex, dotée de moyens militaires et financiers de plus en plus conséquents, et chargée d’enrayer coûte que coûte le flot des migrants de la misère.

Écoutez bien les réponses faites par Fabrice Leggeri, directeur exécutif de l’agence Frontex, au micro de Léa Salamé sur France Inter le lundi 20 avril. Écoutez comment cet homme de main des basses œuvres européennes reporte sans complexe l’appellation d’« organisation criminelle » sur les boucs émissaires du moment, les passeurs, pour dédouaner la responsabilité — la culpabilité — de son escadron de la mort à la sauce européenne.

Problème : les passeurs ne sont certes pas des anges, mais ils sont aux vagues migratoires ce que les profiteurs de guerre sont à la guerre : des conséquences fâcheuses, certainement pas la cause de ces tragédies.

23 avril : 28 coupables réunis à Francfort

Le jeudi 23 avril, les 28 dirigeants de l’UE se retrouvaient à Francfort pour tenter de trouver une parade à cette hécatombe de plus en plus fâcheuse pour leur réputation. Sitôt terminé ce raout impromptu, les agences de presse titraient finement :

« L’UE triple le budget de ses opérations de sauvetage » (AFP, 23/04/2015 à 21:40).

Il suffisait cependant de lire plus avant la dépêche pour s’apercevoir de la supercherie : en guise de sauvetage, le président Hollande et ses comparses appelaient à « détruire les bateaux des trafiquants », sous-entendu : avant qu’ils ne déversent sur le continent européen leur cohue de miséreux inopportuns. En bref, condamner des dizaines de milliers de malheureux à crever dans leurs pays dévastés par l’incurie et les guerres que nous y avons semées, plutôt que sur nos côtes, sous nos yeux effarouchés de repus un brin gênés aux entournures.

Et rien, absolument rien de concret, à l’issue de cette laborieuse réunion, sur l’accueil effectif de ces dizaines de milliers de réfugiés présents et à venir.

Mais qu’attendre de ces “dirigeants” dépassés, dont la place est moins dans ces pince-fesse médiatiques que devant des tribunaux pour crimes caractérisés contre l’humanité ?

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