Réfléchir, c’est déjà désobéir

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ALLAN ERWAN BERGER : Il est des activistes qui n’espèrent rien d’immédiat de leur engagement. Il veulent juste n’être pas restés inertes devant la catastrophe et ses annonces. L’énorme incurie des dirigeants du monde pousse ces jeunes gens à essayer, par toutes sortes de manières, de réveiller la conscience de ceux, innombrables, qui ne veulent rien voir, et dont l’inertie complice nous mène aux gouffres. Ce 5 novembre 2014, Anonymous lança #MillionMaskMarch sur toute la planète. Dans bien des pays, les citoyens qui, le soir venu, se répandirent dans les villes pour y déposer des messages, furent pourchassés et arrêtés, comme à San Diego, en Californie. En France, on cite le cas d’une ville où groupe de trente marcheurs masqués eut à se défaire d’une centaine de policiers. À Rennes, ville calme, tout resta calme. J’ai demandé un petit compte-rendu à un de ces marcheurs.

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L’être libre refuse qu’on pense à sa place

« On s’est retrouvé au parlement à 22h30. Pas de maréchaussée en vue. On était entre trente et cinquante je dirais. »

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« On s’est mis d’accord sur le fait qu’on ne voulait pas de dégradations, donc pas de peinture ou de casse, seulement de la craie et des affiches pour ceux qui en avaient. Deux personnes de Radio Campus Rennes étaient là, pour nous suivre et parler de notre démarche. »

« Tout le monde ne savait pas que l’appel avait été lancé par Anonymous, c’est juste qu’ils avaient entendu parler de l’événement, le concept leur a plu. »

« S’en est suivie une discussion pour savoir s’il y avait des Anonymous dans le groupe. Nous sommes arrivés à la conclusion que Anonymous c’était nous, ce soir, car cette entité n’est pas un ensemble de personnes définies, mais un nom pour le concept des gens qui veulent protester contre les exactions du gouvernement en place et être porteurs d’un message d’espoir et d’éveil pour les autres. »

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« On s’est dispersé, chacun allant de son côté écrire et afficher les messages qu’il voulait faire passer. Beaucoup intervinrent autour du Parlement et de la rue Lebastard. »

« À minuit on s’est retrouvé au parlement. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait sont allés lire et/ou compléter les messages écrits devant l’édifice, puis chacun est reparti de son côté, pour vaquer à ses occupations. »

« Tout le monde semblait content de sa soirée, avait le sentiment d’avoir été utile et de ne pas être si seul que ça dans cette démarche. »

Cependant, qu’elle fut petite, cette poignée de gens actifs quand on la compare au nombre impressionnant des habitants qui ne bougent jamais, et qui subissent !

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J’espère qu’il y aura une suite.

« Brecht ! »

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Allan Erwan Berger

Le grand point est d'avoir l'oeil sur tout.

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