Nouvelle du front de classe-cheminots-du 14 au 27 mai 2018

LUNDI 14 MAI-La « journée sans cheminots »

Cette journée est sans aucun doute un succès, et une remotivation d’ un mouvement qui s’essoufflait. Tous les syndicats, même la CFDT et l’ Unsa voulaient frapper un grand coup pour se trouver en position de force vis a vis du gouvernement pour négocier, négocier quoi !!

Ceci dit le trafic ferroviaire fut très perturbé un TGV, TER ou Transilien sur trois prévu.
Ce même jour tous les syndicats entamaient le rabattage vers les urnes les cheminots, pour le ridicule vot action. Guillaume Pépy a prévenu d’emblée : le vote n’aura « aucune » légitimité. Sentiment renforcé par l’absence d’isoloirs et les fortes incitations à voter ‘non’ devant les urnes.

Au final les cheminots apprendront que sur 146 000 qu’ils restent, seulement 61,95% se sont prononcés à la question « Êtes-vous pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement ? »
Le résultat est que 95% des votants refusent la réforme.

Les cheminots ne votes plus à mains levé pour décider des actions, mais ils se sont laisser entraîner dans une votation référendum, par tous les syndicats. Pas tous puisqu’il est fait état d’un taux de participation de 61, 75%.

21 MAI-Nous apprenons que le cheminot Julien PIERAUT s’est suicidé en se jetant sous un train. Il allait prendre son service au Technicentre de Paris Ourcq, Il n’avait que 26 ans,l’annonce de cette nouvelle a provoqué une immense tristesse mais également une très grande colère !les suicides de cheminots se multiplient, 50 pour la seule année 2017.

22 MAI– Cela fait maintenant la 3 éme journée de mobilisation des salariés de la Fonction Publique, sans véritable changements de la part du gouvernement qui parade. Sans véritable changement de la part d’ une montée des luttes décisives, sans slogan exigeant la démission de Macron et de son gouvernement. Il ne faut pas s’ attendre à ce que Macron le président du précariat, baisse la garde, contre le vote cheminots il oppose d’ ailleurs celui du parlement.

26 MAILa manif du « tous ensemble »

Nous voici dans un nouveau scénario, mijoté dans l’ arrière cuisine de la « franchouillardise insoumise », les manifs oui mais les week-end et pourquoi pas construire un « front populaire ». Mélenchon nous à maintenant habitué à ses déclarations bulle de savon, qui finissent toujours par un rabattage vers l’ isoloir citoyen des urnes. La manif du 26 mai n’ est ni un échec ni une défaite,  elle n’ est que l’expression d’un mouvement qui se cherche et n’ a pas encore pleinement compris que les seuls statuts qui resteront sur le terrain seront ceux liés à la personne type l’auto entrepreneur de soi et celui du surnuméraire du « sans travail tout le long de la vie » à qui l’ on propose le  « revenu universel».

En attendant syndicats , état et patronat cherchent à botter en touche, avec la reprise de 35 milliards d’ euros de la dette « SNCF/RFF » de 47 milliards d’ euros. La grève des cheminots pourrait bien se terminer par cette grande victoire du capital financier le remboursement de la dette « SNCF/RFF » par le contribuable. Cette annonce viendrait répondre à l’une des principales revendications des syndicats.

mardi 29 mai – Article de Révolution permanente

 

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Les cheminots votent un changement du calendrier de grève en Intergares
Après deux mois de lutte et au 24ème jour de grève perlée, les cheminots restent plus déterminés que jamais à faire plier le gouvernement. Récit de la journée de mobilisation cheminote en région parisienne où s’est réunie une nouvelle rencontre intergares ayant rassemblé 200 personnes.
Léa Luca1

 

Crédit photo : Sébastien Le Zoréole
Alors que Guillaume Pépy et l’ensemble des médias voudraient déjà sonner le glas de la grève de la SNCF, et mettent en avant la reprise de la dette par l’État, et les annonces de l’UNSA et la CFDT comme des causes du prochain coup d’arrêt de la grève, en région parisienne la journée de mardi a montré que les cheminots sont bien déterminés à obtenir le retrait de la réforme.

A Gare du Nord une AG fournie et déterminée, rejoint par des gares de Province

A Gare du Nord, devenu un symbole de la grève cheminote, 150 cheminots étaient réunis mardi matin. Les cheminots de Paris Nord ont été rejoints par des délégations de 80 cheminots de Picardie (Amiens, Tergnier et Laon) et d’une cinquantaine de lorrains (Metz et Nancy). Tous ont réaffirmé et scandé la revendication de retrait du pacte ferroviaire, conscients cependant que pour l’obtenir il faudrait un « mois de juin dur » pour reprendre les mots d’Anasse, aiguilleur au Bourget, et un changement de stratégie. Les cheminots d’Amiens ont ainsi raconté que dans leur AG, ils avaient décidé de modifier le calendrier de la grève perlée après avoir interpellé en vain les organisations syndicales sur ce point. Alors que la semaine prochaine les deux jours de grève étaient censés tomber le 2 et le 3 juin, en plein milieu du week-end, où on le sait la grève a bien moins d’impact, les cheminots ont voté de faire grève le 4 et le 5, jour crucial où la réforme ferroviaire sera votée devant le Sénat. Dans le même sens l’AG de Gare du Nord a voté une motion réaffirmant le retrait du pacte ferroviaire et appelant à une semaine forte de mobilisation à partir du 4 juin.

Les cheminots délivrent les lycéens et étudiants nassés à la Sorbonne
Partis en cortège pour le rassemblement devant le Sénat, les cheminots ont fait un détour à leur arrivée à Luxembourg pour « délivrer » un groupe de lycéens et d’étudiants nassés devant la Sorbonne. Le matin les lycéens et étudiants manifestaient contre Parcoursup et la loi ORE, et réunis devant le rectorat, étaient actuellement nassés par les CRS. Un moment de solidarité étudiants-travailleurs et de joie collective mettant en pratique le slogan « Étudiants, cheminots, même Macron même combat ».

 

Plus tard dans l’après-midi, Christian, cheminot à Paris-Est racontait l’action en concluant : « Les moments où je suis vraiment fier d’être cheminot c’est ceux-ci »

Une banderole Pour gagner changer le calendrier déployée par les cheminots de Gare du Nord au rassemblement devant le Sénat

Alors que l’intersyndicale persiste dans une stratégie de la défaite qu’un grand nombre de cheminots commencent à constater et dénoncer, les cheminots de Gare du Nord ont déployé une banderole devant les dirigeants syndicaux qui prenaient la parole au rassemblement devant le Sénat, affichant le message Pour gagner, changer le calendrier. Une action dans la continuité des motions votées en rencontre intergares ces dernières semaines, interpellant les directions syndicales quant à leur politique pour la grève.

Une intergares nombreuse et accompagnée de plusieurs secteurs en lutte

Cette nouvelle rencontre intergares qui pour la première fois se tenait à la Gare d’Austerlitz a de nouveau réuni des cheminots de toutes les gares parisiennes, Gare du Nord, Paris Est, Saint-Lazare, Austerlitz, Gare de Lyon, mais aussi des cheminots de Toulouse, Lilles et une conséquente délégation de Metz et Nancy. Étaient également venus à la rencontre des cheminots, des grévistes des catacombes de Paris, l’ex-gréviste d’ONET, Fernande Bagou, ainsi que des étudiants. Environ 150 cheminots et une cinquantaine de personnes d’autres secteurs en lutte étaient présentes.
« Quand sur beaucoup de régions on a des taux de grévistes à 70 et 80 % chez les conducteurs, et que ça tombe à 50 % sur les endroits les plus faibles, et ça après 24 jours de grève, moi ce n’est pas ça que j’appelle un essoufflement » a insisté Anasse, pour contrer l’image que voudrait en donner les médias comme la direction. Damien de Lille, confirmait lui aussi : « à Lille les négociations n’ont rien changé à la détermination des grévistes : les cheminots se battent pour le retrait de la réforme, et ça on peut l’obtenir ».

Alors que les fiches de paie ont commencé à tomber, à l’intergares on a conscience que la bataille ne peut pas être perdue, les cheminots se battent pour leur vie. La fin du statut n’a rien d’abstrait et les cheminots de Saint-Lazare l’ont rappelé en racontant leur visite à leurs collègues d’Asnières, qui travaillent dans une filiale, Inovia, où une sorte « d’utopie managériale » a été mise en place. Là-bas pas de place pour les tracts syndicaux, la direction n’y autorise même pas les délégués à s’adresser à leurs collègues, et les conditions de travail sont infernales. Un avant-goût de la SNCF de demain ? Un délégué de Saint-Lazare, défendant des travailleurs handicapés sur le point d’être radiés martelait lui aussi : « C’est ça la SNCF de demain : des plans sociaux avec des conseils de discipline ». Les fiches de paye font mal mais comme le rappelle Charlie de Toulouse :« Ce n’est pas quand je serai au chômage l’année prochaine que je pourrai nourrir ma fille et payer mon crédit. ».

Mais pour gagner, les cheminots vont devoir durcir le mouvement et ça ils en ont bien conscience. « Avec la grève perlée maintenant systématiquement ils me mettent avec quelqu’un en double comme ils savent que je vais faire grève, comme ça il y a toujours quelqu’un à mon poste. Ils se sont réorganisés, ce qu’il faut maintenant c’est tout désorganiser » insistait Anasse du Bourget. Côté Paris Nord les cheminots témoignent de la stratégie adoptée au Technicentre du Landy : là-bas les grévistes ont décalé le calendrier, depuis qu’ils ont fait ça, plus aucun train ne sort.

La rencontre intergares a voté comme dans plusieurs AG, dont Paris Nord, de décaler les jours de grève perlée du week-end du 2 et 3 juin au 4 et 5. Les cheminots ont également acté de lancer des piquets de grève et des tournées intergares tous les jours de la semaine pour aller chercher tous les cheminots, et lancer une « semaine sans travailleurs ».


Tract de la « moouette enragée

 

Les salariés de l’État patron
sont des exploités comme les autres !
La lutte que mènent actuellement les cheminots est décisive. Non en regard de
la défense d’un “Service Public” qu’on ne nous vendra pas pour ce qu’il n’est
pas et n’a jamais été, mais parce qu’aucun travailleur, quel que soit son patron
ne peut accepter l’aggravation de ses conditions d’exploitation. En cela, la
lutte à la SNCF est notre lutte à toutes et à tous.

Quant au fameux “Service Public”, hier pilier de la réorganisation de la
production capitaliste, il est aujourd’hui le champion toutes catégories dans la
déréglementation de l’embauche et la diffusion de la précarité au travail. Les
travailleurs et la population en générale, n’ont jamais eu aucun pouvoir, ni de
contrôle sur l’organisation, le fonctionnement et la finalité des dits “Services
Publics”. Qui parmi vous a eu son mot à dire sur le choix de l’énergie
nucléaire, par exemple ? Aujourd’hui, les étudiants se mobilisent contre la
sélection à l’entrée de l’Université ; là encore, il est primordial qu’ils fassent
plier l’Etat, mais de tous temps, la sélection et le tri social ont été la mission
première de l’Education Nationale. Le voyage en train n’est plus un mode de
transport populaire depuis des lustres, hormis lorsqu’il s’agit de nous traîner au
turbin et l’hôpital public n’a jamais traité sa clientèle sur un pied d’égalité, ni
hier, ni aujourd’hui.

Evidemment, la situation dans l’ensemble de ces secteurs n’a cessé de se
dégrader. Comme dans n’importe quelle PME pourrie, le travail y est subi, il y
est source de douleur, d’exploitation accrue. Alors, ce n’est certainement pas
en ravivant, comme le font certains, de vieilles rengaines “nationales étatistes”
que l’on déjouera les pièges de la division qui laissent les mains libres aux
patrons et à l’Etat. Pour les surmonter, il est indispensable de nous reconnaître
entre nous. Nous qui n’appartenons ni à Good-year, ni à Findus, ni à la SNCF
ou à EDF, mais bien à la même classe de ceux qui doivent se vendre pour
vivre au quotidien, sans savoir de quoi demain sera fait. Il en va de notre
propre devenir : retrouvons nous et agissons !

Ne pas jeter sur la voie publique : c’est du boulot en plus pour les agents de la voirie !

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