Nouvelle du front de classe-11 au 17 juin 2018 (France)

Lundi 11 juin-

Nous apprenons que les syndicats agricoles ( FNSEA et les jeunes agriculteurs) se lancent dans un blocage de 13 raffineries. Contre le projet d’importer de l’ huile de palme au détriment de l’ huile de colza et de tournesol, pour la production de biocarburants. Pour nos camarades de l’ étranger, rappelons que la FNSEA n’ est qu’un syndicats de type corporatiste qui instrumentalise les petits agriculteurs. Ce que la Confédération Paysanne dénonce en ces termes ;  « La FNSEA* mobilise donc ses troupes pour défendre les intérêts du groupe Avril, concurrencé par le pétrolier Total, pour capter le marché des agrocarburants. Pour rappel, le groupe Avril importe par an 200.000 tonnes d’huile de palme quand Total à La Mède s’est vu autoriser par l’État la possibilité d’en importer 300.000 tonnes par an. »

– 200 cheminots de SUD rail défilent de l’Assemblée nationale au Sénat pour exiger le retrait de la réforme ferroviaire. Dans le même temps, sept députés et sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire entérinaient justement ce texte de loi.

Mardi 12 juin-

Selon révolution permanente « Une fois de plus, la rencontre intergare qui s’organise dans les différentes gares parisiennes, et qui est devenu le lieu de discussions de tous les cheminots qui voient dans le calendrier de grève perlée une stratégie de l’échec, a rassemblé largement. Plus de 200 cheminots de toutes les gares parisiennes et de nombreuses délégations de provinces se sont donnés rendez vous au bout du quai 30 de la gare de l’est pour discuter des suites de la mobilisation, après une manifestation de l’Assemblée Nationale au Sénat, alors que l’intersyndicale n’appelait pas à la grève. (…) Finalement, une question commence à se poser pour des grévistes qui en sont pour certains à plus de 35 jours de grève : comment conserver les acquis de cette rencontre inter-gare qui a réussi, en un mois et demi, à devenir le principal foyer d’opposition à la politique des bureaucraties syndicales. « J’ai fait toutes les grèves depuis 2003, nous confie un gréviste, et cette intergare elle change tout ! Pour une fois, on a un outil qui nous permet de réfléchir à une stratégie différente de la direction de la CGT, et il faut qu’on garde cet outil pour la suite !  ». Un outil pour s’attaquer à la politique des directions syndicales qui préfèrent négocier des conventions collectives plutôt que créer des mouvements de grève pour le retrait de la réforme : voilà l’outil que beaucoup appellent de leurs vœux, sans toutefois vouloir créer un nouveau syndicat : « il y a déjà assez de syndicats qui nous divisent, il nous faut un outil pour batailler contre la politique des directions syndicales, dans l’unité des grévistes et non dans l’unité syndicale à tout prix » finit par nous expliquer Antoine*.

Riposte cheminote contre la propagande briseuse de grève de la Chaîne de télévision M6

Après les AG locales et l’AG inter-services de Gare du Nord, c’est au siège de M6 que la journée de mobilisation a commencé. Lors de la dernière inter-gares ce lundi avait en effet été proposé de faire une action pour dénoncer le reportage odieux de l’émission Capital de la veille sur M6. Les cheminots ont tenté d’envahir le siège, mais les CRS étaient déjà présents sur les lieux à leur arrivée, et c’est donc devant le bâtiment que les cheminots ont exprimé leur mécontentement, sous le regard médusé des employés de la chaîne.

A la suite de cette action, les grévistes avaient décidé de remonter l’avenue de la Grande Armée jusqu’à la Défense afin de rejoindre l’action appelée devant le siège de la Direction Voyages SNCF, bloquant au passage la circulation sur l’avenue de la Grande Armée et sur le pont de Neuilly. A l’arrivée au CNIT de la Défense, les cheminots de l’inter-gares ont déployé leur banderole interpellant les directions syndicales sur le calendrier de la perlée « Pour gagner, changeons le calendrier ». La pression des quelques 200 cheminots arrivés en renfort a obligé les forces de l’ordre à libérer les cégétistes alors nassés à l’intérieur du CNIT. Les cheminots de plusieurs syndicats et non-syndiqués réunis ont alors déployés leurs banderoles sur les marches de la Grande Arche.

La journée s’est continuée par une manifestation spontanée sur les Champs Élysées, qui a fini réprimée par les forces de l’ordre. Les cheminots ont en effet été matraqués puis nassés par les CRS, dont la seule préoccupation était clairement de ne pas gêner le trafic sur cette artère commerciale et touristique que sont les Champs Élysées. Une cheminote s’est pris des coups de matraque alors qu’elle avait les bras levés pour montrer son pacifisme. C’est au compte-gouttes et pendant plusieurs heures que les CRS ont enfin libéré les grévistes sous bonne escorte.

Le bilan de cette journée est que la voix des cheminots s’est encore une fois faite entendre dans les rues de la capitale, contre ce gouvernement et ses réformes anti-sociales, mais aussi contre ses chiens de garde qui essayent à coups de battage médiatique de faire passer auprès de l’opinion publique la pilule de la régression sociale.

De l’ autre coté de la barrière, la CFDT ne trahie pas , elle est fidèle à elle même comme accompagnatrice des mesures et réformes des différents gouvernements . C’ est dans cette tradition qui n’ est plus une trahison que la CFDT, pour aider le gouvernement a mettre fin à la grève fait écho à la déclaration d’ Edouard Philippe, depuis l’Assemblée Nationale :

« du 18 au 25 juin se dérouleront les épreuves du Baccalauréat (qui) suscitent évidemment, de la part de ceux qui vont les subir, de ceux qui espèrent obtenir leur Baccalauréat et de la part de leur famille, beaucoup d’attentes et beaucoup d’inquiétude », et ainsi les syndicats à « mesurer leur responsabilité s’agissant de tous ceux qui vont passer le Baccalauréat ».

La fédération cheminote de la CFDT s’ aligne et vient d’ appeler à « ne pas participer au mouvement de grève le lundi 18 juin et le vendredi 22 juin »

Mercredi 13 juin

Tout le trafic de la gare St Lazare est bloqué par un défaut de signalisation depuis 2h 30 du matin.
Les syndicats avaient établi à la mi-mars leur calendrier de grève par épisodes, lancée le 3 avril et dont la dernière séquence est fixée pour le moment les 27 et 28 juin.

La CGT Cheminots va proposer mercredi à ses partenaires de l’intersyndicale de la SNCF de «renforcer la grève» avec «de nouvelles dates de mobilisation au-delà du 28 juin».

Premier syndicat de la SNCF, la CGT Cheminots «mesure l’importance d’arracher des garanties pour les cheminots et un changement d’orientation de la politique publique et de la direction SNCF», écrit-elle dans un communiqué sous le titre : «On continue».

La réunion tripartite syndicats-patronat-gouvernement prévue vendredi avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne, sur la convention collective du secteur ferroviaire «doit être le début de véritables négociations pour répondre aux revendications des cheminots et doit donc avoir des suites», ajoute la CGT Cheminots, alors qu’Élisabeth Borne a qualifié cette réunion d’«ultime table ronde tripartite».

La CFDT Cheminots (4e syndicat) a appelé de son côté mardi à suspendre la grève pendant les épreuves du bac dans «les trains du quotidien», les TER et RER, afin de «faciliter les déplacements» des candidats les 18 juin et 22 juin, jours de grève prévus dans le calendrier du mouvement par épisodes. «Ce n’est pas une sortie de l’intersyndicale», a souligné devant la presse le secrétaire général de la CFDT Cheminots, Didier Aubert.
«Une méthode» susceptible de «faire éclater l’unité syndicale»

Mais cette annonce unilatérale de la CFDT est «une méthode» susceptible de «faire éclater l’unité syndicale», a déploré auprès de l’AFP, Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire (2e syndicat).

Mardi, 29e jour de grève depuis avril et le lancement du mouvement par épisodes de deux jours de grève sur cinq, soit «le conflit le plus long de l’histoire récente de la SNCF, les cheminots (ont) démontré leur détermination», a estimé par ailleurs la CGT Cheminots, évaluant à «plus de 20%» le taux de grévistes (contre 17,63% en milieu de matinée selon la direction).

Les syndicats CGT Cheminots, Unsa ferroviaire et CFDT Cheminots avaient établi à la mi-mars leur calendrier de grève par épisodes, lancée le 3 avril et dont la dernière séquence est fixée les 27 et 28 juin. SUD-Rail (3e syndicat) avait lancé une grève illimitée.

Une réunion intersyndicale est prévue mercredi à partir de 14h30. Une première partie de cette réunion rassemblera CGT, Unsa et CFDT. SUD-Rail doit les rejoindre à partir de 16h.

Jeudi 14 juin-

Nouvelle manifestation à Paris et dans toute la France des retraités
Le paupérisme s’étend à toutes les couches de la population. Nous allons dorénavant agir sans relâche pour faire tomber ce gouvernement taxocrate.

A l’appel de neuf organisations de retraités, de plus en plus de personnes en retraite expriment leur colère en manifestant : 80 000 le 28 septembre, puis 200 000 le 15 mars dans plus de 160 villes. Cette colère vient de loin, de l’accumulation d’attaques menées par les gouvernements depuis le printemps 2014 : gel des pensions, création ou augmentation de taxes, suppression de dispositions fiscales spécifiques, etc. Banques et assurances sont aussi de la partie en spoliant les titulaires de PERP, article 88….

Pour rappel-Le pompage des retraités, a commencé par les diverses réformes visant à retarder le plus possible l’ âge ou il est possible de prendre sa retraite, le tout fut accompagné d’un blocage des réajustements des pensions selon la hausse des prix, tant et si bien qu’en l’ espace de cinq année la dévalorisation des pensions retraites est de l’ordre de 20% ; une inflation inversée.

La liste du racket /retraite est impressionnante, La CASA plus de 0,3%, la suppression de la ½ part fiscale pour les veufs et veuves, la fiscalisation de la majoration familiale et le blocage des pensions pendant 4 années.
Et comme si ça ne suffisait pas, la pension de 2018 est à nouveau gelée et les complémentaires bloquées pour très longtemps. Depuis le 1er janvier 2018, arrivent les augmentations des complémentaires santé, du gaz qui prend 6,9%, du forfait hospitalier qui passe à 20 €, des taxes sur le carburant…

Sans compter l’ escroquerie des retraites-chapeaux, plus de 11000 entreprises ont eu recours au système pour se faire défiscaliser, assurances, banques, État étant dans le coup. De nombreux salariés ont souscrit des retraites complémentaires ( art .88, PERP , Madelin …et voici qu’au moment de partir en retraite ils découvrent l’ arnaque. Ils ne peuvent pas retirer leur fric, il est seulement transformer en rente annuelle ridicule.

La presse aux ordres essaye de minimiser l’ importance des manifestations contre le rackette/retraite et l’ inflation , elle semble oublier que de nombreux retraités comme c’ est d’ ailleurs mon cas n’ont pas pu descendre de banlieue et de grande banlieue pour manifester du fait même de la grève cheminote qui se radicalise elle aussi. La question de la retraite est une question internationale et il faudra comme au Nicaragua une menace de guerre civile pour que les gouvernements reculent.

Vendredi 15 juin-

Cette fin de semaine fait tomber les masques, c’ est maintenant le syndicalisme rassemblé ( CFDT, UNSA,CGT) qui cherchent à torpiller la gréve, pour eux la messe est dite, il ne reste plus qu’ a négocier les pertes et les inscrire dans la Convention Collective en négociation. Il y a un noyau dur chez les cheminots qui inquiète le pouvoir. En effet celui-ci craint des sabotages qui d’ ailleurs existent déjà, ils correspondent toujours à la rage des grévistes et même des usagers dont la vie est saboter par le gouvernement.

A suivre

 

Une pensée sur “Nouvelle du front de classe-11 au 17 juin 2018 (France)

  • avatar
    15 juin 2018 à 6 06 42 06426
    Permalink

    Ce qu’il faut savoir, et que personne ne sait ou ne dit, c’est que la SNCF a doublé les tarifs des TGV pendant cette période de grève, profitant de l’aubaine!… et que partout on voit affiché: utilisez le covoiturage !… là ou les tarifs ont doublé!… et là ou la SNCF pompe 8euros par covoiturage..puisque la SNCF a racheté « blablacar »!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *