Paris Saint-Germain, la honte du football français


FERGUS :

Pour la 4e fois de son histoire et pour la 2e fois d’affilée, Le PSG est champion de France de football. Un titre mérité sur le plan sportif tant la domination du club parisien a été écrasante lors de ce championnat 2013-2014. Mais un titre discutable sur le plan de l’éthique : sans l’argent du Qatar, jamais les stars du club n’auraient pu être recrutées. Un argent sale qui fait de ce club la honte de notre football…

L’argent qatarien, c’est évidemment là que le bât blesse. Sans ces capitaux déversés en grande quantité dans les comptes du club parisien, le Paris Saint-Germain serait resté une formation de très bon niveau, capable de gagner de temps à autre un titre (championnat ou coupe) au niveau national, mais insuffisamment armée pour prétendre lutter avec quelque chance de réussite contre les grands noms du football européen, eux-mêmes dopés à des mannes financières souvent extravagantes. Sans ces capitaux qatariens, pas de Zlatan Ibrahimovic, pour ne parler que de la tête à claques suédoise qui vient de décrocher, sans que cela puisse être contesté, la distinction de « meilleur joueur du Championnat de France de Ligue 1 » pour la saison 2013-2014. Et probablement pas de titre de champion en cette année de Coupe du Monde brésilienne.

On est bien loin, au Paris Saint-Germain, de la gestion passée, du très intègre Pierre-Etienne Guyot au médiatique Michel Denisot, en passant par le baroque Daniel Hechter ou le passionné Francis Borelli. Avec l’arrivée des Qatariens, auxquels les responsables du fonds américain Colony Capital ont cédé leurs parts en deux temps, le club appartient désormais en pleine propriété depuis mars 2012 à la société Qatar Sports Investments, dirigée par l’émir Tamim bin Hamad al-Thani. Placé à la tête du Paris Saint-Germain, Nasser al-Khelaïfi est le zélé serviteur des intérêts de cet état du Moyen-Orient qui, par le biais de ses investissements variés, entend prendre une place de premier plan dans la géopolitique internationale. Rien là de très choquant si l’on s’en tient aux seuls critères de l’économie du sport. Mais que valent ces critères économiques s’ils sont opposés à la face sombre du Qatar ? Et comment les supporters du Paris Saint-Germain, qui ont bruyamment fêté samedi soir le titre du club, peuvent-ils ne pas être gênés aux entournures de devoir ce titre à des investisseurs aux carnets de chèque tachés du sang de trop nombreux innocents ?

Le Qatar est en effet un propriétaire de club dont les agissements posent de gros problèmes d’éthique, de nature à heurter n’importe quel ami du football qui se respecte.

C’est d’une part un problème de droit du travail et de respect de la dignité humaine. Depuis la désignation, pour l’organisation de la Coupe du Monde 2022, du Qatar par une FIFA décidément gangrénée par le fric jusqu’à la déraison, l’émirat s’appuie, pour la construction de ses stades, sur un état de quasi-esclavage des ouvriers asiatiques, notamment népalais, recrutés à bas coût pour mener à bien cette tâche colossale dans un pays dépourvu des nécessaires équipements sportifs. Privés de leurs papiers, contraints de travailler par 45° à l’ombre, ces ouvriers souffrent au-delà du raisonnable et meurent par centaines (cf. article du Monde) pour faire surgir des sables les stades les plus improbables, les plus imbéciles, les plus aberrants de l’histoire de la Coupe du Monde de football.

C’est d’autre part un problème géopolitique majeur. Certes, le Qatar ne soutient pas les agissements criminels des assassins et des ravisseurs de la secte armée Boko Haram. Mais, à l’instar de l’Arabie Saoudite et des autres émirats de la région, ce pays se garde bien de délivrer le moindre mot de condamnation des crimes commis, au nom d’Allah, par les intégristes du Nigéria. Pire encore : il est de notoriété publique, et de nombreux médias sérieux et documentés ont relayé cette information en provenance de la Direction du Renseignement Militaire (DRM), que le Qatar a financé les groupes djihadistes qui sévissent en Afrique sub-saharienne, sans doute avec le secret espoir de voir s’instaurer dans la région un khalifat sur lequel cet état cynique aurait une influence décisive. C’est en partie grâce aux fonds venus de l’émirat que les bandes armées d’Aqmi, d’Ansar-din ou du Mujao ont pu se livrer à des actes terroristes, à des enlèvements, à des exactions meurtrières, notamment au nord-Mali.

Le Qatar, quel bel exemple, quelles belles références, pour tous les jeunes footballeurs de notre pays ! C’est pourtant cet émirat sulfureux qui possède à 100 % le club champion de France. Et pour ne rien arranger, le Paris Saint-Germain, qui vient d’être condamné par l’UEFA à verser 20 millions d’euros d’amende pour cause de non-respect des clauses de modération financières, a décidé, par la voix de son président Nasser al-Khelaïfi de ne tenir aucun compte des injonctions européennes pour son futur recrutement. Tout cela est consternant pour l’ex-footballeur que je suis, et pathétique pour l’ancien éducateur de jeunes sportifs que j’ai été.

Le Paris Saint-Germain est bel et bien la honte du football français !

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