Pascal Lamy et les bienfaits (involontaires) de la mondialisation

LE YETI :

Se doutait-il, le “socialiste” Pascal Lamy, qu’en appelant avec une rare impudence à la transgression du Smic, il accélérait — oh, bien involontairement ! — un des rares possibles bienfaits sociaux — tout aussi involontaires — de la mondialisation ?

— Des bienfaits sociaux grâce… grâce à la mondialisation ?! Non mais ho, Yéti, t’es dingue, t’as fumé quoi ?

Ne t’étrangle pas, rouge-gorge furibard. Je t’explique.

Le nivellement de l’échelle des revenus à l’échelle planétaire

Ce qui se passe, c’est qu’en bousillant les frontières et les protections sociales dans les pays dits développés, en transbahutant leurs unités de production dans des régions où les gens sont payés au lance-pierre, les gens de la bande à ce Lamy ont déclenché à l’insu de leur plein gré une véritable révolution sociale : le nivellement aux forceps de l’échelle des revenus à l’échelle planétaire.

— Nivellement par le bas ! Tu veux qu’on gagne tous des clopinettes comme de vulgaires esclaves bangladais, c’est ça que tu veux ?

Hum, pas très gentil pour les Bangladais et assimilés. Mais passons. Regarde bien ce qui se passe dans les pays émergents, en Asie, dans les ex-pays de l’Est. Les prolos commencent à ruer dans le brancards, à réclamer — et souvent à obtenir — des augmentations substantielles de salaires. On les fait saliver à produire nos richesses, alors forcément, un jour…

— Et pendant ce temps-là, y a des Lamy qui baissent les nôtres, de salaires, au nom de la compète et autres charlataneries, tu parles d’un progrès !

D’abord, je te ferai remarquer en passant qu’il n’est pas trop logique, pour un écolo proclamé comme toi, de pester d’un côté contre la baisse du niveau de vie et de crier à tout-va de l’autre que la poursuite d’un tel train de vie conduit directement la planète à la catastrophe.

Je vais même te dire autre chose qui va te faire bondir : si aujourd’hui, par je ne sais quel miracle, les gouvernants des pays riches décidaient une augmentation massive et généralisée de tous les revenus de tous leurs citoyens, ce serait une calamité pour l’avenir de l’humanité.

Salut à toi, dame Bêtise

Ensuite, les Lamy en question sont des nunuches à courte-vue. Baisser les revenus, c’est faire baisser la consommation et c’est à terme les contraindre aussi à baisser leur prix. Sinon, leurs marchandises, ils se les gardent. Un nivellement des prix lié au nivellement des revenus.

— On appelle ça la déflation. Et la déflation, ça te fout en l’air un système !

Exactement ! Et c’est une bonne chose. De toute façon, leur système est mort de chez mort. Un moribond branché de partout pour ne pas claquer dans l’instantané.

— Ça n’empêche pas les Lamy and co de se goinfrer sur le dos du peuple !

Se goinfrer de quoi ? D’encore plus de pognon ? Dont ils n’ont pas le moindre besoin et qu’ils enterrent dans des paradis fiscaux ? Les Lamy and co sont non seulement des types peu recommandables, mais aussi d’assez insipides crétins en train de précipiter eux-mêmes leur perte par pure bêtise.

Ce qu’il faudrait faire et que nous ne ferons pas

— J’y crois pas ! Et toi qui défendais mordicus la nécessité d’établir une nécessaire protection sociale contre la dérégulation mondialisée !

C’est qu’il y a deux niveaux de compréhension des affaires de notre bas-monde :

  • Un, ce qu’il faudrait faire. Et là, oui, un certain protectionnisme social s’imposerait. Au moins pour adoucir la période transitoire vers le nouveau monde. Rien à voir avec le désir de régression infantile dans le ventre de la mère-Nation chère aux suppôts de la mère Le Pen. Pour ceux-là, le protectionnisme social ne s’apparente qu’aux grilles de Ceuta et de Melilla, où les repus cherchent à bloquer — vainement — le flot des crève-la-faim immigrés.
  • Deux, ce qui se passe vraiment, ce que nous ne faisons jamais, ce qui échappera toujours au contrôle des Lamy and co. L’intelligence des humains et leurs capacités d’affronter les obstacles (dont ils sont souvent cause) a des limites assez humiliantes pour les “élites”. Et le pouvoir de ces gens sur leurs ouailles ne tient souvent qu’à la crédulité soumise de ces dernières.

C’est toujours comme ça, les vraies révolutions se déroulent toujours en dehors de nous, dans la douleur. Les grandes phases de transition s’étendent sur une durée qui excède largement la demie-heure de nos journaux télévisés, donc hors de portée de nos capacités de compréhension et d’acceptation.

In fine, la Nature elle-même, par le déferlement de ses colères climatiques, l’appauvrissement de ses ressources, le déchaînement des rages humaines qu’elle déclenche, se charge toujours de nous doucher l’ambition et de remettre de l’ordre dans les chaos que nous avons laissés. Avec la complicité imbécile des Lamy and co.

— Purée, ça fait peur et ça incite à la modestie ! Sers-moi un petit coup à boire.

2 pensées sur “Pascal Lamy et les bienfaits (involontaires) de la mondialisation

  • avatar
    24 avril 2014 à 10 10 51 04514
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    Les disciples du système tel que promulgué, institutionnalisé, formaté, dogmatisé par ses propagandistes, et l’accentuation de la déflation actuelle et les mesures d’austérité qui en découleront inévitablement selon cette mécanique grotesque, forceront le système à varger dans le tas dans les mesures sociales des peuples, les acquis, les retraites et les services aux citoyens.

    En ce sens, les mondialistes, qu’ils en soient conscients ou pas, travaillent à la mise à mort du système lui-même, et de tous les systèmes secondaires sur lesquels s’appuient l’infrastructure de notre civilisation ; nous parlons de son démantèlement pour tenter d’éviter la faillite, ce qui est impossible dans ces conditions et face à l’entêtement de ses propagandistes ; cela touche aussi bien ses valeurs, ses croyances, ses cultures, ses dogmes, ses vérités, sa science, ses religions, que son économique, sa dette, son usure, et ses privilèges, ses fondements ; tout est remis en question. Plus vite nous toucherons le fond du baril en tout ce qui concerne cette civilisation, plus vite nous ferons demi-tour.

    Ce système est un cul-de-sac !

    Certains parlent d’accélérer le mal, pour faire arriver le bien, c’est une autre façon de le voir, mais le bien des uns n’est pas nécessairement le bien des autres. D’autres parlent de laisser les morts enterrés les morts !

    De mon point de vue, la Lumière laisse l’ombre pour un temps la possibilité de se résorber d’elle-même, et retourner à la Lumière. La solution n’est pas la fuite en avant, mais le repli. La solution c’est le retour à l’Être. Le système présent ne deviendra pas plus intelligent en ajoutant plus d’aberrations.

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