Petites recettes pour la liberté d’expression à n’importe quelle sauce

Ce qu’on peut nous seriner sur cette “liberté d’expression” qui serait menacée, interdite un seul jour (de fête de l’Huma, par exemple) à des VIP omniprésents le reste du temps sur les médias du microcosme. Sur le droit sacré à la moquerie, à l’ironie, au blasphème même ! Oui, oui, vous avez raison, vive la liberté d’expression inviolable et sacrée à toutes les sauces.

Travaux pratiques

Je vous suggère donc de l’exercer en la pimentant par les quelques petites recettes suivantes :

  • suggérez à Marine Le Pen d’illustrer ses campagnes anti Merkel en utilisant les caricatures anti-boches qui fleurissaient dans nos feuilles de chou tricolores juste avant la Première guerre mondiale ;

  • dites aux prétendus “salafistes” des banlieues de manifester pacifiquement en brandissant les dessins de juifs que l’on voyait dans “Je  suis partout” au début des années 40 ;

  • proposez à Charb [directeur de Charlie-Hebdo, ndlr] de publier en une de son journal vos propres œuvrettes illustrées des propos négationnistes de M. Faurrison ;

  • allez prendre un pot chez vos amis harkis avec un t-shirt illustré à la gloire du FLN ;

  • sortez dans votre jardinet et taquinez votre voisin qui passe sa tondeuse dans le sien en le traitant de “cocu” et sa femme de “salope” ;

  • prenez des clichés clandestins de votre voisine d’en face, seins nus, fesses nues, puis distribuez-les au coin de votre rue et, tiens, pendant qu’on y est, envoyez-les aussi à Closer.

Les réactions de la cible

Quand vous aurez terminé vos petites expériences, après avoir soigné votre œil au beurre noir et couturé vos plaies, revenez et on en recause de votre liberté d’expression à n’importe quelle sauce.

Le droit à la caricature ? Bien sûr, tout à fait. Mais à la condition d’en mesurer la portée et toutes les conséquences, de savoir précisément à qui elle s’adresse et surtout qui elle vise. Et ne pas s’étonner ensuite des réactions de la cible en pleurnichant au nom de sa petite liberté d’expression un tantinet secouée.

La caricature n’est pas un rire innocent. Elle est avant tout une forme de rejet, qui peut être certes justifié, mais aussi aller jusqu’à une déclaration de guerre. Je le sais pour l’avoir moi-même longtemps exercée en toute connaissance de cause.

Maintenant, si l’on veut vraiment la guerre…

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