Pour en finir avec les théories du complot

Recherche menée par Robert Gil

Pour en finir avec les théories du complot, et le besoin qu’en ont ceux qui s’épargnent de penser, de comprendre et d’analyser le capitalisme, et le communisme, « nous » communistes intransigeants, qui observons le monde d’aujourd’hui continuant celui d’hier, nous n’avons pas besoin de complots secrets, même si nous ne sommes pas assez naïfs pour croire qu’il n’en existe aucun, comme « virgule » dans le cours actuel du capital. Pourquoi ? parce que nous avons sous les yeux tous les éléments, qu’on trouve au demeurant dans les médias pour peu qu’on les décrypte dans leur logique capitaliste, économique, politique et idéologique, celles de l’impérialisme occidental qui met à jour sa stratégie de sauvegarde devant sa perte d’influence dans le monde : il faut prendre ce qui se passe comme un tout, non comme une suite d’improvisations terroristes ou étatistes.

On a besoin d’un complot quand on ne voit pas que l’essentiel est transparent. Les complots de services secrets et autres, même s’ils existent, n’expliquent rien à qui se donne la peine de comprendre avec un point de vue de classe sans compromis, y compris avec ceux qui, sincères, sont bernés aujourd’hui ou se réveilleront tôt ou tard avec la gueule de bois, parce qu’ils se sont sentis « récupérés », « manipulés »… Mais à leur réveil, qu’ils ne se trompent pas de combat, j’en vois beaucoup qui n’ont pas encore saisi qu’à leur insu, ils se retrouvent piégés sur le terrain de la politique, de la démocratie, qui sont tout autre chose que le combat de classe (c’est un fantasme bien français 😉

Il y a 45 ans, à côté de la sérigraphie d’Angela Davis que nous avions tirée alors qu’elle était encore en prison, j’avais aux murs de ma chambre des citations, dont celle-ci, de Lénine (je cite de mémoire) : « les hommes seront toujours les dupes des autres, tant qu’ils ne sauront pas discerner derrière les discours les intérêts de telle ou telle classe », personnellement, j’invite à considérer sous cet angle, aujourd’hui, tous les discours, y compris ceux des amateurs de complots qui n’expliquent rien mais ne font qu’embrouiller la vue de qui cherche à comprendre.

Mes considérations sur la nouvelle stratégie du capitalisme occidental sont ici, entre autre, fruits d’un long travail. C’est touffu, c’est du lourd en chantier, difficile à synthétiser, car désolé, je ne fais pas dans le prêt-à-porter militant. Mais c’est à la portée, comme disait Marx du Capital, de qui fait l’effort de penser par soi-même. Le capitalisme en lui même est un complot permanent contre les peuples. Et c’est bien suffisant !!

Ce que je vois, moi, c’est que tu ne vois rien de plus, puisque tu ramènes ces histoires vraies ou fausses comme déterminant une prise de conscience d’on ne sait quoi, que les complots ne contiennent pas : le secret il est dans la critique du capital, comme Marx l’a faite pour son temps, et la solution, dans les luttes. Le reste est bavardage sans fin.

Les mensonges, la désinformation et les manipulations réelles par les médias, une fois dévoilées, n’expliquent rien de plus. Elles aboutissent au fond aux mêmes questions : pour quelles raisons font-ils ça ? Comment fonctionne le capitalisme aujourd’hui ? Quels sont les enjeux actuels pour le capital, quelles contradictions le traversent pour se reproduire, et comment orienter des combats communistes, féministes, antiracistes, pour un jour aboutir à son abolition.

L’idée de révolution ressort parce que la politique, la démocratie, la citoyenneté sont dans une impasse historique définitive, et la plupart des militants ne le voient pas, parce qu’ils sont pris dans leurs croyances partisanes, l’opium du « peuple de gauche ». Le seul moyen d’éviter la « guerre de civilisations », c’est que renaisse la guerre sociale entre classes et sans intermédiaire de représentation. Ben oui, qu’on soit Charlie ou pas Charlie, ça fait peur. Seuls n’ont pas peur ceux qui se couchent, ou qui marchent couchés.

La preuve qu’on pouvait comprendre dès le jour de l’attentat, j’ai écrit « non à l’union nationale » alors qu’il n’était pas encore question d’appel à la marche de dimanche, même sans invités étrangers. Bien vite « non à l’Union sacrée ! » alors que personne n’avait prononcé le mot sur Internet. Le jour même on pouvait comprendre, avec ou sans complot, ce qui allait arriver, comme le jour même du 11 septembre 2001, avec ou sans complot. Pas besoin d’être un voyant, un prophète, ou une avant-garde éclairée toujours derrière, seulement de saisir la logique des événements à la lumière des enjeux capitalistes, en France et dans le monde .

C’est à la portée de chacun!

finir-300x224

7 pensées sur “Pour en finir avec les théories du complot

  • avatar
    30 janvier 2015 à 10 10 03 01031
    Permalink

    Dès que l’Homme a songé à la notion de profit, il s’est attaché, s’est lié à une «doctrine», s’est perdu…

    Au-delà du capitalisme, des luttes des classes et des «tueries» programmées que furent toutes les guerres, voici ce qu’il faut comprendre et ce, à mon humble opinion d’observateur de notre monde :
    1 Tout n’est qu’une question de vibrations
    2 Tout est mis en place pour créer des peurs, de l’anxiété afin de minimiser notre taux vibratoire et nous rendre malade (malbouffe, vaccins, chemtrails, fluor, etc.)
    3 Des évènements comme celui du faux attentat de l’épicerie Casher ou de l’affaire Merah sont montés de toutes pièces par les Juifs sionistes contrôlant les politiciens français de gauche comme de droite.
    4 Concernant cette marche du «11» janvier, je dirais simplement qu’au détriment de ceux qui y ont participé, il y a eu formation, à leur insu, d’un égrégore négatif manipulant leurs vibrations. Outre l’occultisme des chiffres «7» (jour des faux attentats) et du «11», il est «intriguant» de savoir que cette marche au sein de quelques rues de Paris correspond EN TOUS POINTS au périmètre des frontières d’Israël… C’est bien sûr un seul élément… une «coïncidence» vous me direz… C’est la sommation de tous ces points qui, une fois reliés les uns aux autres nous montrent le grand dessin, cette toile qui nous enroule et nous prive lentement mais sûrement de nos libertés civiles.
    Voilà l’objectif à atteindre: «Contrôler la population à la seconde près»…
    N’employez plus le mot «théorie» car vous minimisez intrinsèquement le fait. Utilisez plutôt le terme «THÈSE» car c’est la réalité… THÈSE, ANTITHÈSE & SYNTHÈSE…

    On fomente une action de peur…
    On «trouve» les coupables ne pouvant se «défendre» (je n’ai pas vu les cadavres…)
    On promet de tout faire en sorte pour minimiser les risques (Lois coercitives…)
    Le «bon» peuple de moutons préférant se perdre dans son monde d’illusions (cinéma, évènements sportifs, spectacles musicaux, etc.) accepte le tout s’en broncher… Et retournera au travail le lundi matin…
    Je m’arrête là

    Répondre
  • avatar
    30 janvier 2015 à 11 11 23 01231
    Permalink

    Nous sommes tous coupables de l’état des lieux par nos actions encourageant ceux qui nous regardent du sommet de la pyramide social d’agir comme ils le font.

    Répondre
  • avatar
    30 janvier 2015 à 13 01 47 01471
    Permalink

    @ Robert Gil

    J’endosse totalement votre écrit et particulièrement cette extrait : « « non à l’union nationale » alors qu’il n’était pas encore question d’appel à la marche de dimanche, même sans invités étrangers. Bien vite « non à l’Union sacrée ! » alors que personne n’avait prononcé le mot sur Internet.»

    EXACT, la patente à complot est lancée chaque fois que des affidés du capital commettent des exactions d’un camp contre un autre… manipulés nous le savons bien. Un peu comme si un expert de la guerre s’évertuait à nous expliquer que telle attaque sur le front Est a été planifié par l’État-major Est.

    LE COMPLOT s’il en est (ce qui constitue une fumisterie je le dis par avance) c’est le complot capitaliste contre la classe prolétarienne pour la maintenir assujettis à la production des profits. Cela dit, quel intérêt de connaitre les connivences secrètes?

    La théorie du COMPLOT ne sert qu’a défausser la classe capitaliste de ses responsabilités en laissant croire qu’une main invisible – hors contrôle – commet ces méfaits à l’insu des bons bourgeois qui sont appelés à mettre de l’ordre dans leur écurie. Que nenni – ils sont tous coupables et redevables et ils seront tous renversés de leurs étriers (;-))

    Répondre
  • avatar
    31 janvier 2015 à 6 06 06 01061
    Permalink

    GROULIZONS NOS YEUX DERMEUX !

    Après que Robert Gil nous ait invité à fermer les yeux sur les tactiques utilisées par la classe dominante pour retarder la révolution, alors qu’en les ouvrant et en poussant les autres à les ouvrir, on pousse à la révolte sans laquelle les théories mêmes les meilleurs ou les plus belles ne servent à rien ; Guy Debord vous invite à y voir clair et à vous révolter :

    http://mai68.org/spip/spip.php?article8452

    Répondre
  • avatar
    5 février 2015 à 11 11 35 02352
    Permalink

    Pas évident cette histoire de « théories de complots », mais un défi intellectuel intéressant. Si je ne trompe pas, l’expression « conspiracy theory » a été inventé par les massmédias pour qualifier et discréditer ceux qui contestaient la version officielle de l’assassinat de JFK. Ensuite, cela s’est étendu à toute contestation d’une version officielle d’évènement rapporté par les massmédias, jusqu’à en devenir le baillon systématique d’aujourd’hui. Je me rappelle, à l’époque où j’écoutais encore la première chaîne radio de Radio-Canada, d’un intervenant qui contestait la version officielle du 11 septembre à l’émission des lignes ouvertes de l’heure du diner. Pierre Maisonneuve avait cavalièrement coupé la parole de l’intervenant, il lui avait dit « ça, c’est de la théorie de complot » et il lui avait racroché la ligne au nez sans autre forme de procès. J’ai trouvé ça très révélateur de l’attitude des massmédias, ces commandeurs de l’opinion publique.

    Il y a aussi un problème de vocabulaire. Il y a une différence entre une théorie et une hypothèse. Une hypothèse, c’est une spéculation pour amorcer une réflexion, et tout peut servir comme hypothèse, y compris les fantômes, les extra-terrestres, les mages noirs satanistes ou l’intervention divine. C’est seulement que lorsque viendra l’analyse à partir des faits corroborés, les hypothèses les plus farfalues devront être écartées si on veut rester sérieux et rigoureux. Tandis qu’une théorie, dont la racine est « theos », Dieu, comme dans « théologie », c’est une autre histoire. En tant normal, au niveau scientifique, une « théorie » est la conclusion d’une recherche rigoureuse à partir de nombreux faits qui sont prouvés et avérés. C’est pourquoi on parle de théorie de la gravité ou encore de théorie de la relativité. C’est aussi pourquoi le mot « théorie » ne devrait pas être utilisé à la légère et les massmédias ont commis une erreur en créant l’expression « théorie du complot » alors que très souvent, il ne s’agit que d’hypothèses. On devrait jamais dire non plus « ce n’est qu’une théorie » car justement, une théorie, c’est sérieux. L’expression juste devrait être « ce n’est qu’une hypothèse ».

    Maintenant, il y a cette autre partie de la problématique qui est la récupération idéologique et mercantile par des types non-recommandables comme Alain Soral et Salim Laïbi. Personnellement, je pense que ces personnages se fichent complètement de la vérité historique, tout ce qu’ils veulent, c’est conserver la cohésion d’une petite bande de fans écervelés qui vont acheter leur marchandise et leur lécher le derrière en leur disant que ça goûte la crème glacée. Pour arriver à leurs fins, ils sont capable de tout, y compris d’affirmer que la magie existe et fonctionne pour vrai et qu’elle est systématiquement utilisée par les élites au pouvoir. Pas une réflexion subtile comme la notion de « métapsychique » utilisée par Bertrand Méheust mais bien « magie » ou « sorcellerie » dans le sens le plus superstitieux du terme, à savoir que les démons des religions islamo-chrétiennes existent pour vrai et qu’on peut les faire venir avec certains gestes, certaines incantations, à des heures précises en faisant brûler tel encens et en faisant telle offrande, et alors Orobas ou Eurynôme va vraiment apparaître dans le cercle magique, « en chair et en os » comme dans un film d’horreur hollywoodien. Mais là, je ne pense pas que « théorie du complot » soit le bon terme pour la qualifier ces escrocs, ni même « hypothèse » car l’honnêteté intellectuelle y est absente dès le départ.

    Je ne pensais pas au départ écrire un si long commentaire mais tant qu’à y être, poursuivons. Je ne pense pas non plus que les « théories » ou « hypothèses » de complots fassent nécessairement le jeu des services secrets comme la CIA et la DGSI. De toutes façons, formenter des complots, c’est précisément le travail de ces institutions, surtout quand elles ont comme but d’asseoir définitivement l’hégémonie atlantiste-sioniste capitaliste sur le reste du monde, comme c’est le cas pour les deux cités précedemment. Il est vrai qu’avec leurs récits débiles, les Soral et Laïbi donnent l’impression que les services secrets sont omniscients et omnipotents, et c’est pourquoi la question a déjà été posé à plusieurs reprises s’ils ne sont pas des agents provocateurs de ces derniers (ce qui, dans l’absolu, n’est pas impossible). Mais de réduire les gros évènements comme le 11 septembre ou Charlie-Hebdo a de simples « failles des agences de renseignement » me semble être de l’angélisme. Si les propos soraliens élèvent les services secrets à un niveau de quasi-divinités, les « failles » me semblent être une excuse trop facile pour les dédouaner de toute responsabilité.

    Je m’arrête ici pour l’instant, ce commentaire est déjà excessivement long. Mais il faudra y revenir à cette histoire de « théorie de complot » car la précision du vocabulaire utilisé est un enjeu fondamental. Je ne sais pas trop quoi en penser au moment où j’écris ces lignes, c’est un sujet que je n’ai pas vraiment approfondie (sans compter que je ne suis jamais dans l’actualité la plus immédiate, je suis toujours un peu décalé, d’où mes articles que plusieurs trouvent intéressants mais qui ne sont pas « dans le feu de l’action »).

    Modestement,
    Charles Tremblay

    Répondre
    • avatar
      5 février 2015 à 12 12 32 02322
      Permalink

      Je suis entièrement d’accord avec tes définitions en parallèle de « théorie » et « hypothèse ».

      Mais si, ce qu’on accuse de théories (alors qu’elles ne devraient être qu’hypothèses = « une « théorie » est la conclusion d’une recherche rigoureuse à partir de nombreux faits qui sont prouvés et avérés »), est complotiste et non vérifié, que dire des versions classées « officielles » qui se refusent d’elles-mêmes à fournir tout preuve de leur réalité. Des faits et preuves avérés dans les thèses officielles ? Moi, je n’y vois toujours que des récits, des constats, des états des lieux, et des conclusions hâtives … non vérifiées, non prouvées, non avérées ; si ce n’est par eux et eux seuls !

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *