Pour la légalisation du dopage dans le sport de compétition

Ça y est, le Tour de France tire à sa fin. Avec comme chaque fois son lot d’interrogations sur le dopage. Et si on arrêtait cette ridicule hypocrisie sur le dopage dans le sport de haute compétition ? Tous les sportifs de haut niveau sont dopés, TOUS (enfin presque) ! Les cyclistes, bien sûr, mais aussi les footballeurs, les rugbymen, les basketteurs, les tennismen, les nageurs…

Qu’est-ce que vous croyez ? Que des gugusses vont s’avaler des cols en chapelet, des matchs tous les trois jours, des sets interminables sans souci des décalages horaires, des brasses coulées supersoniques, tout ça juste à l’eau de source et au steak grillé ?

Exploits guère innocents

Rappelez-vous, notre Zidane national, sa dernière compèt’ endiablée lors de la coupe du monde 2006. Alors qu’il était déjà préretraité. Et qu’il nous rebouffait soudain du lion et du Materazzi comme s’il sortait d’un centre de formation juvénile.

Rappelez-vous notre Jeannie Longo quinquagénaire, faisant encore la nique à des jeunettes ébaubies. Affublée d’un mari mouillé à l’os dans des trafics de produits prohibés. Mais chut, attention, présomption d’innocence conjugale !

Regardez la musculature tarzanesque de nos champions de natation. Demandez-vous pourquoi, après des années de disette, notre valeureuse équipe de France multiplie soudain tous les succès et toutes les médailles comme s’il en pleuvait.

Avez-vous regardé Roland-Garros, Wimbledon… ? Avez-vous observé les visages vides et flottants de nos as de la raquette. Aussi expressifs que ceux de Miguel Indurain ou Lance Armstrong grillant un Tourmalet ou un Aubisque d’un coup de mollet en acier trempé.

Le cannabis et l’EPO, même combat législatif

J’ai beau me dire que je sais, que je ne suis pas dupe, il suffit que l’autoradio de mon auto me transporte vers Bagnères-de-Luchon avec Thomas Voeckler en tête pour me faire piéger comme un bleu par l’intensité de l’évènement. Oui, oui, parfaitement, je fais mon “outing” de spectateur.

J’ai regardé les matchs du dernier Euro de football avec l’innocence à peine contrariée du supporter allumé. Les rugbymen et les basketteurs me ravissent tout autant, avec leurs épaules plus larges que leurs gros culs. Les tennismen… (euh, non pas vraiment les tennismen. Font trop des gueules de fonctionnaires expédiant les affaires courantes.)

En fait, non sans blague, je trouve que le père Noah avait bien raison, que le dopage mériterait d’être légalisé au même titre que le brave cannabis des cours de récré. Au moins, ça sonnerait moins faux-cul. D’ailleurs, avouez, vous le regarderiez, vous, le sport à la télé, avec des protagonistes à l’ancienne, suants et poussifs ?

Sport amateur et mollets poilus

Suffirait juste, en fait, de prévenir les candidats : si voulez passer à la télé, si vous voulez figurer sur les livres des records, alors allez-y, piquez au jus sans complexe ! Au moins, avec un bon suivi médical légalisé, vous aurez une chance de ne pas vous retrouver au cimetière avant que Jeannie Longo ait bouclé sa carrière.

Certains en appelleront à la pureté du sport et à ses idéaux humanistes. D’autres à son utilisation bassement mercantile et sournoisement aliénante. Mais en sport comme en politique, on ne vit pas sur des modèles, on adapte les réalités telles qu’elles sont. Un monde sans fumeurs, sans sportifs dopés, sans spectateurs de TF1 n’existe tout bonnement pas.

Nous autres, amateurs de sport allumés, si nous ne sommes pas contents, pouvons toujours nous rabattre sur ces stades municipaux dominicaux où deux équipes d’amateurs pratiquants aux mollets poilus et aux ventres à peine dissimulés essaient en ahanant de rattraper un ballon savonnette sur un terrain défoncé.

Remarquez, j’adore ça tout autant que les compétitions pharmaceutiques. Le spectacle de l’ouvrier en maçonnerie arrêtant un pénalty tiré par un employé de la Poste du village voisin me transporte d’aise. Même s’il n’est pas dit que les participants amateurs, eux aussi, fonctionnent exclusivement à l’eau de source et au steak grillé…

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