Pourquoi les pauvres votent contre leurs intérêts?

Recherche menée par Robert Gil

50Qu’on se le dise: les citoyens économiquement les plus modestes ne sont pas toujours fans des politiques de redistribution. Du moins si l’on en croit leur vote. C’est ce que démontrent depuis plusieurs décennies les études électorales américaines, et, de plus en plus fréquemment, les études électorales européennes.

 Au fil des ans, les politologues, notamment américains, ont avancé diverses explications : les pauvres, expliquent-ils, par exemple, ont beau être pauvres, ils ne s’en rendraient pas compte. Enfin, pas totalement. La plupart sous-estimeraient ainsi que les riches ne sont pas un peu, mais immensément plus riches qu’eux.

 Et de fait, les Américains sont convaincus que les 20% de leurs concitoyens les plus fortunés contrôlent 59% de la richesse du pays, alors qu’en réalité ils en détiennent 85%. Résultat : bercés par le rêve américain, les plus modestes surévalueraient grandement leurs chances de rejoindre cette élite économique. Et se fourvoieraient donc lorsqu’ils soutiennent des mesures fiscales favorables aux plus riches en pensant, qu’un jour, eux-aussi, en profiteront.

 Quatre chercheurs américains, viennent d’avancer une nouvelle thèse : pour eux, si les pauvres votent contre leur intérêt, c’est qu’ils ont peur qu’une politique sociale généreuse profite surtout…. à encore plus démuni qu’eux. Les faisant du même coup descendre tout en bas de l’échelle sociale. Car il y a toujours plus pauvre et donc plus aidé que soi-même. C’est ce que ces chercheurs baptisent la « last place aversion », autrement dit, le dégoût pour la dernière place. Comme aux cartes, l’important est bien d’être celui…. qui n’a pas le pouilleux !

 Pour le démontrer, ils n’ont ni plus ni moins procédé à une expérience de laboratoire. Les chercheurs ont distribué à des « cobayes » des sommes d’argent représentant leur revenu théorique, et chacun a pu savoir à quel niveau de richesse il se situait par rapport aux autres participants. Les chercheurs leur ont ensuite donné le choix : préféraient-ils bénéficier d’une augmentation de revenu modeste mais tout à fait certaine, ou participer à une loterie, qui, si par hasard ils la gagnaient, les ferait progresser d’un ou plusieurs rangs par rapport aux autres participants.

 La probabilité d’opter pour l’une ou l’autre solution s’est révélée à peu près stable pour tous les participants. Sauf pour les deux moins bien lotis qui optaient plus souvent pour la loterie. Le plus pauvre pour sortir de sa condition, le « deuxième plus pauvre » pour ne pas…. prendre la place du dernier si jamais celui-ci tirait le gros lot.

 Dans une autre expérience, où chacun devait choisir de donner un dollar soit à celui qui le précédait (un peu plus riche) ou le suivait (un peu plus pauvre), les « avant derniers » préféraient systématiquement enrichir leur « supérieur » direct plutôt que de voir leur suivant atteindre leur rang. Autrement dit, l’important pour l’électeur américain ne serait pas d’être pauvre, en valeur absolue, mais bien de ne l’être pas trop, en valeur relative.

 D’autres études corroborent cette interprétation, et trouvent deux raisons principales à la faiblesse d’un soutien populaire à un Etat providence américain : « Les Américains sont persuadés d’une part qu’ils vivent dans une société ouverte et juste —et où toute redistribution est donc inutile, NDLR—, […] et de l’autre qu’une plus grande redistribution profiterait surtout aux minorités ethniques, et non à eux-mêmes ». « D’où l’émergence de la notion de ”welfare chauvin”, dont les largesses ne profiteraient qu’aux nationaux, comme le prône en France Marine Le Pen », explique Bruno Cautrès.

 Mais on devrait bientôt en savoir plus : en France, le vote a jusqu’à présent souvent été étudié sous l’angle des CSP (catégories socio-professionnelles), qui ne constituent qu’une indication partielle de la situation sur l’échelle sociale du pays. Mais Nonna Mayer , directrice de recherche au CNRS, mène actuellement une recherche sur le vote des personnes les plus pauvres (y compris les personnes sans domicile fixe) qui permettra de bien mieux cerner les motivations et les comportements de cet électorat.

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 D’après un article de Catherine BERNARD

« Attention à ces anti-systèmes qui veulent vous sortir de l’Europe pour mieux vous livrer pieds et poings liés à vos exploiteurs nationaux » A et A TERRIEUR

3 pensées sur “Pourquoi les pauvres votent contre leurs intérêts?

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    17 juin 2018 à 3 03 48 06486
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    Cela prouve, pour le moins, que la solution n’est pas dans la votation, non ?

    Le problème c’est que les gens « votent » tout simplement. Et vous qui avez détecté le « syndrome du Larbin » dont beaucoup de personnes, toutes classes confondues sont atteintes, et surtout les pauvres d’ailleurs, avez surement vu que le Conseil d’État avait considéré que le département du Haut-Rhin pouvait demander aux bénéficiaires du RSA de faire du bénévolat, dans une décision lue ce vendredi.

    https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/06/16/benevolement-povre/

    C’est pas gagné hein ?
    Il a été détecté également une nouvelle bactérie probablement issue du Syndrome du Larbin ; Un groupe de chercheurs est unanime sur la découverte d’une nouvelle bactérie. Les sujets contaminés n’en sont pas conscient, seul l’entourage peut le détecter. Il peut y avoir des porteurs sains.

    La bactérie aurait la faculté de muter en fonction du milieu socio-professionnel.

    La théorie dite des trois Jean explique le mécanisme sur les promesses non tenues et les tenues non promises. Trois chercheurs Jean Brouille, Jean Fume et Jean Cule explique le comment du pourquoi et du parce que (voir phase 1) ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/07/05/la-theorie-des-3-jean/

    On est des sans dents, pour beaucoup, mais pas sans cerveau, et encore moins sans humour !
    JBL1960

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    18 juin 2018 à 8 08 16 06166
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    @ tous

    Il y a quelques mois, nous avons publié un ouvrage pour répondre à cette illusion dont se repaisse les différentes gauches RÉFORMISTES et opportunistes

    L’ouvrage est disponible ici en 5 langues dont le français http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/

    1) Réglons nos comptes avec le premier mensonge sur lequel repose ce sophisme. Les pauvres votent très peu et de moins en moins chaque année. Aux USA par exemple 50 % des électeurs usent de leur droit de vote. Qui sont croyez-vous les 50% d’abstinent? Les pauvres et une forte proportion d’ouvriers.

    2) l’industrie des élections et de la votation est une affaire de bobos – de petits bourgeois – ce que ces mêmes petits-bourgeois aiment bien appelé LA CLASSE MOYENNE (POUR MOYENNEMENT EXPLOITÉE croit le petit-bourgeois)

    3) L’article est typique des craintes qui tenaillent les petits-bourgs (très très nombreux sous le capitalisme développée = exemple la Suisse – l’Allemagne – la Suède etc.) car la crise économique amène la paupérisation et la prolétarisation de ces petits-bourgs rejetés du circuit de partage de la plus-value ouvrière.

    Nous y reviendrons Pour le moment pour y voir clair dans cette affaire de mascarade électorale LIRE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/

    robert bibeau

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    18 juin 2018 à 20 08 07 06076
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    @ tous
    Ce mythe des pauvres qui votent contre leurs intérêts me passionne énormément car il constitue la synthèse la plus parfaite du mépris petit-bourgeois à l’égale du mythe léniniste de l’avant-garde devant diriger la plèbe trop bête pour comprendre et pour chercher à s’émanciper.

    Les guides électoralistes dans le premier cas – les guides léninistes dans le second cas ont pour mission de faire comprendre à l’esclave électeur – propagantiser – et à l’esclave salarié inconscientiser leur mal et la source de leur désespérance. Apprendre à des poules à pondre des oeufs voilà la mission du bobo électoral et de l’avant-garde réformiste

    Le prolétariat connait si bien ces scélérats qu’il a massivement cesser de voter et le « mal » se répand et qu’il a cesser d’écouter et d’assister aux séances de lavage de cerveaux.

    Les pauvres ne votent pas contre leurs intérêts puisqu’aucun candidat qui se présente ne représente ses intérêts durables à long terme idem pour l’ouvrier à qui l’histoire du mouvement ouvrier de gauche a enseigner que la révolution – la fin de sa misère de classe et de son aliénation et le début de son émancipation ne viendront jamais d’une boite de scrutin.

    Autant que le bobo se fasse une idée il n’engrangera pas de voix en tentant de culpabilise le pauvre et l’ouvrier de ne pas voter pour lui au prochain scrutin où ils seront encore plus nombreux à se moquer de ces mascarades électorales.

    Bonne lecture camarades

    robert Bibeau

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