Procès Mediator ! Irène Frachon hors du commun

Par Bernard Michel. Sur Les voix du Panda.

J’ai suivi cette affaire, que j’ai publiée ici et ailleurs. J’ai été en contact avec Irène Frachon au moment où plus personne n’osait se retourner contre les laboratoires Servier. Je me suis entretenu à diverses reprises avec cette grande spécialiste. Cela s’appelle du journalisme d’investigation à tendance médicale. Sources diverses et multiples compte tenu de ce que je considère presque comme « Un crime contre l’humanité » Servier a servi durant plus de 33 années de la mort à petite ou grosses doses.

Cette affaire ressemble telle ou presque comme deux gouttes d’eau à celle : « Du sang contaminé, responsables mais aucun coupable ? »

Essayons de mieux comprendre ces propos, loin d’être diminués de toute sa fougue de réelle professionnelle de la santé publique. Qui est Irène Frachon Lien.

Une de ses parutions aux travers des médias Lien. Un modeste extrait un procès épouvantable.  Cette interview date de 2016. Raisons essentielles pour laquelle le résultat de ce procès fleuve durera plus d’une année.

5000 victimes, 376 avocats, 25 prévenus… L’échelle vertigineuse du procès de l’affaire du Médiator, qui s’ouvre ce lundi à Paris, reflète l’ampleur de ce scandale sanitaire.

C’est l’un des plus gros scandales sanitaires qu’a connu la France au cours des dernières décennies. Dix ans après sa révélation, le procès pénal de l’affaire du Médiator doit s’ouvrir ce lundi au tribunal de grande instance de Paris. Pendant sept mois, près de 5000 victimes, 376 avocats et 25 prévenus (dont 11 personnes morales) vont vivre au rythme de ce procès hors norme.

 

Ce médicament, prescrit pendant 33 longues années, a provoqué plusieurs centaines de décès, sans doute plus, sans que l’on ne sache précisément combien. Le scandale avait d’ailleurs éclaté en 2010, après un article du Figaro qui rapportait que le médicament avait fait de 500 à 1000 morts en France. Quant au nombre de victimes encore en vie, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux a reçu 9445 demandes d’indemnisation depuis 2011, auxquelles doivent se rajouter les cas portés directement devant la justice. La pneumologue du CHU de Brest Irène Frachon, qui a révélé le scandale sanitaire du Médiator, suivra le premier procès pénal, qui débute ce lundi 23 septembre, pour six mois, à Paris. Elle revient sur la chronologie de l’affaire, dont l’origine remonte à la fin des années 2000.

Entretien.

L’ouverture, ce lundi, à Paris du procès pénal du Médiator est très attendue par les victimes depuis la révélation du scandale en 2010, par Irène Frachon. «Soulagée» qu’il arrive enfin, la pneumologue du CHU de Brest s’est confiée à Ouest-France. Elle rappelle comment elle s’est intéressée à cet antidiabétique des laboratoires Servier, largement vendu comme coupe-faim, prescrit durant plus de 30 ans à cinq millions de personnes.

 

Elle décrit aussi ses longues enquêtes pour découvrir «la tromperie» et l’ampleur du nombre de victimes. Le Médiator pourrait avoir causé à long terme jusqu’à 2100 décès selon une expertise judiciaire. Irène Frachon explique également pourquoi elle n’a depuis jamais cessé de travailler sur cette affaire, dont elle estime que toutes les leçons n’ont pas encore été tirées.

 

Comment abordez-vous ce procès?

 

Sereinement. Soulagée qu’il arrive enfin. C’est l’heure de vérité pour Servier, qui a enlisé la justice par des manœuvres dilatoires: sur six ans d’instruction, trois ont été exclusivement consacrés à la procédure à la suite de multiples demandes et recours des avocats des laboratoires.

 

Malheureusement, depuis les premières plaintes fin 2010, des dizaines de victimes du Médiator qui attendaient intensément la justice sont décédées.

 

De quelle façon votre enquête, qui a révélé le scandale, a débuté?

 

Une dame obèse souffrant d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) arrive au CHU de Brest en 2007 et je découvre qu’elle est sous Médiator. Ça m’interpelle car dix ans auparavant, un coupe-faim de Servier, l’Isoméride, avait été retiré du marché: un lien entre sa consommation et l’HTAP ayant étéétabli. Et on m’avait parlé ensuite d’un doute sur le Médiator, peut-être assez proche de l’Isoméride…

Je me suis aperçue que le doute n’était toujours pas levé en 2007, malgré des signalements à l’agence du médicament. J’ai donc décidé de creuser la question.

 

Plus de 600 pages d’ordonnance de renvoi, 2 684 victimes sur le banc des parties civiles, six mois d’audience… Le procès du Médiator, qui s’ouvre ce lundi 23 septembre à Paris, est aux dimensions du scandale sanitaire : hors normes.

« Cela va être un moment très fort pour tous ces malades qui ont eu de graves problèmes de santé à cause de ce médicament. Malgré leur souffrance, ils seront là car ils veulent être entendus », explique Me Jean-Christophe Coubris, qui défend les intérêts de plusieurs centaines d’entre eux.

 

Principal accusé, le fabricant de cet antidiabétique prescrit à plus de cinq millions de personnes depuis les années 1970 : les laboratoires Servier. Le groupe pharmaceutique et des dirigeants de l’époque sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, notamment pour « tromperie aggravée avec mise en danger de la santé au préjudice des patients », mais aussi « escroquerie », « homicides et blessures involontaires ».

Médiator : cinq questions pour comprendre l’affaire

Les prévenus sont soupçonnés d’avoir dissimulé la vraie nature de leur produit, un coupe-faim et d’avoir tout fait pour empêcher le retrait de cette poule aux œufs d’or, malgré des alertes sur sa dangerosité.

Victime du Médiator : « J’ai la haine… Ils ont volé ma vie ! »

Il faudra attendre 2009 pour que le médicament soit enfin retiré du marché, après qu’une pneumologue de Brest (Finistère), Irène Frachon, a dévoilé le pot aux roses. « Ce que j’avais découvert était dingue. Mais je me heurtais à un tir de barrage en règle de doctes professeurs. J’avais l’impression de leur montrer un éléphant rose, et ils me répondaient tranquillement qu’il s’agissait d’une souris verte », nous confie-t-elle, dix ans après, alors qu’elle est appelée à témoigner lors de ce procès-fleuve.

Selon une expertise judiciaire, le Médiator est à l’origine de graves lésions cardiaques et pourrait être responsable à terme de 2 100 décès. Il aurait déjà provoqué au moins 500 morts. Les scellés révèlent des surprises. Celles qu’il fallait absolument ne jamais découvrir, notamment que l’enquête judiciaire ouverte le 13 décembre 2010 concernant le Médiator a été faite dans un but: dédouaner les autorités sanitaires et politiques.

 

Puis, par voie de conséquence, mettre la responsabilité de ce scandale sanitaire sur le dos du seul laboratoire Servier.

 

Il est vrai que l’entreprise fondée en 1954 par Jacques Servier, pharmacien à Orléans, a tout pour déplaire à l’opinion.  À commencer par le maintien sur le marché pendant trente-trois longues années du Médiator, d’un médicament inefficace et dangereux. Parallèlement, l’entreprise cultive le secret, ne publie pas ses comptes, dispose d’un portefeuille de médicaments très discutables, a obtenu pour chacun un taux de remboursement à faire pâlir ses concurrents, peut se prévaloir d’une grande proximité avec un nombre important d’hommes politiques (Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner pour les plus connus). La liste est longue, non exhaustive.

 

PODCAST. « Je veux que Servier ferme » Lien audio.


Crédits

 

Direction de la rédaction : Pierre Chausse – Rédacteur en chef : Jules Lavie – Reporter : Clawdia Prolongeau – Conception et préparation : Clara Garnier-Amouroux – Production : Jeanne Boezec – Réalisation et mixage : Benoît Gillon – Musiques : François Clos – Identité graphique : Upian.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

11 pensées sur “Procès Mediator ! Irène Frachon hors du commun

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    1 octobre 2019 à 12 12 56 105610
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    Les scandales se suivent et ne se ressemblent pas, sang contaminé, Distilbène, Mediator, implants mammaires, Vioxx, Diane 35, Tamiflu, et la liste n’est pas exhaustive…ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, combien de médicaments circulent et tuent qu’on ne saura jamais ! en particulier ceux pour les traitements de maladies graves, les cancers, les maladies rares, les antidépresseurs…etc ceci n’est qu’un autre exemple et une autre dérive grave… parmi d’autres… dans un système complexe et quasi insondable, celui des professionnels de la santé et leurs liens avec le corporatisme des pharmaceutiques et autres affairistes du secteur… et c’est bien entendu le système qui fait le plus de victimes parmi la population de patients qui n’ont d’autre choix que de croire, se résigner et accepter tout ce qu’on leur prescrit et proscrit en espérant que tout aille bien ! Et puisque la majorité des médecins en réalité, y compris les spécialistes sont presque aussi impuissants que nous le sommes devant cette réalité, car ne peuvent en aucun cas prédire les effets secondaires ou indésirables des milliers de médicaments qu’ils nous prescrivent et qui sont dûment autorisés par les états, il vaut peut-être mieux que le contrat en soins de santé en général tout comme le serment d’Hippocrate soient plus clairs et moins prétentieux ou formels en stipulant qu’à partir du moment que vous acceptez un traitement, une ordonnance ou un régime particulier, ce sera à vos risques et périls ! et ça serait effectivement un bon début pour mettre de l’ordre dans ce foutoir ou personne ne contrôle rien, et encore moins les états dont la responsabilité est plus élevée et déterminante que tout le reste! sinon, c’est la faillite assurée de tout le système à long terme ! Je ne comprends d’ailleurs pas les gens qui achètent eux mêmes des médicaments et des substances en toute légalité ou illégalité sur internet et rien que sur Amazone, la prolifération de produits  »parapharmaceutiques » ont de quoi donner envie aux médecins de démissionner !

    Tout ça pour dire que dans un système capitaliste et assoiffé de fric, la responsabilité est partagée jusqu’à un certain degré, et ce ne sont pas les poursuites en milliards qui peuvent ramener à la vie ou à la condition initiale les victimes ! il faut bien commencer l’assainissement quelque part, et permettre au contrôle de s’exercer un peu plus sérieusement !

    Dans le tiers monde c’est pire ! certains médecins spécialistes sont avec les industries pharmaceutiques locales de véritables mafieux ayant pignon sur rue, et tous les jours, ce sont des milliers de prolétaires-patients qui sont pris en otage, dépouillés, dévalisés, endettés, pour des traitements ou des opérations et des techniques qui en font des cobayes avec la morgue assurée qui les attend au bout du tunnel ! à tel point que certains médecins sont de véritables stars milliardaires qui en plus de leur cliniques privées et autres  »centres d’oncologie’, ou de ceci et cela, ils sont devenu des investisseurs majeurs dans d’autres secteurs qui n’ont rien à avoir avec leur domaine ! Agriculture et Vaches laitières, Malls et centre commerciaux, hôtels et tourisme, Import-export, Bourse et marchés financiers, Immobilier…etc en plus de pleuvoir des Mercedes, des jaguars et des gadgets de luxe en plus des villas et autres châteaux et manoirs de luxe ! et en Asie du sud-est, Chine, Malaisie, Indonésie, Inde, Philippines, Vietnam, on a inventé les hôpitaux cinq étoiles pour les riches locaux et les occidentaux, avec traitements VIP pour toutes les maladies, les chirurgies et les greffes imaginables et possibles, Suites de luxe, Menus diététiques gastronomiques personnalisés, convalescence aux petits soins avec traitements supplémentaires, et même le séjour en villégiature de luxe pour la convalescence si le cœur vous en dit… bref, la totale quoi ! et les taux de succès sont au rendez-vous aussi ! et le coût est de moitié ou le quart de ce que ça coûterait aux états-unis ou en occident en général ! Ce tourisme de santé est en plein boom depuis 20 ans, et ce sont les états qui se frottent les mains de cette juteuse niche…avec les médecins qui ont vendu leur âmes pour du fric ! Hélas !

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    1 octobre 2019 à 16 04 29 102910
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    Je vais même au delà, toutefois merci de ce commentaire bien étayé. En ouvrant les portes de façon plus logiques ou les loufiats de la finance pharmacologique, nous pourraient que pleurer sur les vies avec lesquelles ils jouent afin de mieux tenir la subsistante.
    • L’hypertension : ce n’est pas une maladie, mais un « facteur de risque ». Autrement dit, si vous êtes hypertendu pendant 20 ans, vous risquez de souffrir des conséquences; dans l’immense majorité des cas, manger peu salé et perdre du poids permet de normaliser la tension; et les médicaments antihypertenseurs ne sont pas dénués d’effets secondaires graves.
    • L’hypercholestérolémie : ce n’est pas une maladie, mais un « facteur de risque » encore moins grave que l’hypertension. En dehors des rares familles dont tous les membres ont un cholestérol très élevé dès l’enfance (et elles sont rares), seuls les hommes de plus de 50 ans qui ont déjà eu un infarctus ou un accident vasculaire ont un intérêt (démontré) à faire baisser leur cholestérol; autant dire que 95 % des patients qui prennent un médicament pour faire baisser le cholestérol n’en ont pas besoin.
    • Les brûlures d’estomac par « reflux acide »; elles sont souvent liées au type d’alimentation, au poids, au tabac; tous éléments accessibles à des modifications pouvant faire disparaître les symptômes.
    ?
    • Le diabète de type 2, ou « diabète gras », qui est essentiellement lié au surpoids et à une alimentation mal équilibrée; c’est aussi un facteur de risque (de diabète 1, qui nécessite la prise d’insuline injectable, et de ses conséquences); la perte de poids et la diététique sont le plus souvent suffisantes pour régulariser les anomalies du sucre sanguin.
    • La dépression; en dehors des formes graves (la « mélancolie », qui peut conduire au suicide), la plupart des dépressions sont « réactionnelles » (consécutives à un stress ou un événement de la vie) et guérissent seules ou avec un soutien psychologique, familial ou professionnel; la plupart des médicaments utilisés pour les soigner, en revanche, sont notoirement addictifs et peuvent entraîner des réactions graves;
    • L’asthme; c’est, chez certaines personnes prédisposées, une réaction allergique des poumons agressés par de nombreuses molécules présentes dans l’air ambiant (pollens, polluants, fumée…).
    On l’aura compris, seule la dernière de ces « maladies » nécessite vraiment, sous peine de grandes souffrances immédiates, d’utiliser des médicaments, car changer de poumons est beaucoup plus difficile que de changer d’habitudes alimentaires, perdre du poids ou parler à un thérapeute.
    Pourtant, parmi les 15 médicaments les plus vendus aux États-Unis en 2008 (ce qui reflète les ventes dans tous les pays développés), il y avait 2 antidépresseurs, 2 antiacides, 2 médicaments pour faire baisser le cholestérol, 1 antihypertenseur et 1 antidiabétique.

    Cherchez l’erreur. Ou plutôt, cherchez l’arnaque. Nous pourrions en pleurer à longueur de temps.

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    2 octobre 2019 à 8 08 19 101910
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    Au procès du Médiator : « La vie du médicament a été prioritaire sur celle des malades »
    Analyse Le tribunal de grande instance de Paris a entendu, mardi 1er octobre, les trois inspecteurs des affaires sociales ayant rédigé en 2011 un rapport accablant sur le Médiator. Parmi eux, Aquilino Morelle, éphémère conseiller de François Hollande en 2014, qui a décortiqué la stratégie des laboratoires Servier.

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    2 octobre 2019 à 8 08 19 101910
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    Faut-il y voir, pour lui, une sorte de revanche ? En tout cas, en ce mardi 1er octobre, Aquilino Morelle est de retour dans la lumière. Et plutôt à son avantage. En tant que témoin important dans le procès du Médiator, qui se tient devant le tribunal de grande instance de Paris. Loin de cette rocambolesque histoire de souliers que l’ancien conseiller de François Hollande faisait cirer, à ses frais, dans son bureau de l’Élysée. Une affaire qui, une fois révélée en avril 2014, lui avait valu un départ précipité de la Présidence (1).

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    2 octobre 2019 à 8 08 20 102010
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    Mais si, en ce début d’après-midi, Aquilino Morelle est devant la justice, c’est en tant que co-rédacteur d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) rendu public en janvier 2011. Un rapport d’une très grande sévérité pour les laboratoires Servier et pour l’Agence du médicament, l’Afssaps à l’époque.

    Un marché potentiellement prometteur : celui des médicaments « coupe-faim »
    Huit ans et demi plus tard, Aquilino Morelle est donc à la barre du tribunal en compagnie des deux autres inspecteurs de l’Igas ayant rédigé ce document, le docteur Anne-Carole Bensadon et Étienne Marie. Avec une question centrale : pour quelle raison, ce médicament – médiocre sur un plan thérapeutique et dangereux – a-t-il pu rester sur le marché pendant 33 ans, de 1976 à 2009 ?

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    2 octobre 2019 à 8 08 20 102010
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    Méthodiquement, les trois inspecteurs livrent une démonstration éclairante. Aquilino Morelle raconte d’abord comment les laboratoires Servier se sont intéressés dès les années 1960 à un marché potentiellement prometteur : celui des médicaments « coupe-faim », capables de faire perdre quelques kilos à la population des pays riches.

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    2 octobre 2019 à 8 08 21 102110
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    Pour faire maigrir les patients, les pharmacologues espéraient pouvoir miser sur les anorexigènes, ces dérivés de l’amphétamine qui avaient toutefois le fâcheux inconvénient d’entrainer de graves effets secondaires. Pour certains laboratoires pharmaceutiques, Servier et d’autres, le défi était alors d’arriver à mettre au point des molécules, issues de l’amphétamine qui garderaient leur pouvoir anorexigène tout en perdant leur dangerosité.

    C’est dans cette optique que, dans les années 1960, les laboratoires Servier finiront par identifier deux molécules « prometteuses » : la fenfluramine servira à fabriquer le Ponderal et le benfluorex, le Médiator. Mais alors que le premier médicament fut retiré en 1997, le second est resté sur le marché pendant encore 12 ans.

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    2 octobre 2019 à 8 08 22 102210
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    La stratégie de dissimulation des laboratoires Servier
    Pourquoi ? En grande partie, expliquent les inspecteurs de l’Igas, grâce à la stratégie de dissimulation des laboratoires Servier qui, dès 1976, ont veillé présenter le Mediator non comme un anorexigène, mais comme un médicament d’appoint destiné aux patients ayant du diabète et du cholestérol

    Aquilino Morelle souligne pourtant que, dès sa mise sur le marché, il existait suffisamment d’éléments pour que les autorités sachent qu’il s’agissait bien d’un dérivé de l’amphétamine. Selon lui, les nombreux généralistes qui délivraient le Médiator ne pouvaient l’ignorer. « Ces médecins savaient qu’en le prescrivant, leurs patients obtiendraient ce qu’ils voulaient, c’est-à-dire perdre un ou deux kilos », indique l’inspecteur de l’Igas.

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    2 octobre 2019 à 8 08 22 102210
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    « La vie du médicament a été prioritaire sur la vie des malades »
    Pendant 33 ans, c’est donc comme si personne n’avait voulu voir la dangerosité potentielle d’un médicament qui, en plus, n’avait guère de valeur thérapeutique. Ainsi, Étienne Marie souligne qu’en trois décennies, le bénéfice-risque du Médiator a été réévalué à neuf reprises. À chaque fois, les experts ont, dit-il, conclu à la « faiblesse thérapeutique » du produit.

    Mais dès 1999, des médecins signalent la dangerosité de ce médicament, relevant notamment certaines malades graves (valvulopathies et hypertension artérielle pulmonaire) chez des patients prenant du Médiator. Anne-Carole Bensadon souligne ainsi qu’au moins à trois reprises, en 1999, 2005 et 2007, les autorités du médicament auraient dû retirer le Médiator. « Le non-retrait en 1999 est incompréhensible », dit-elle, jugeant même « inacceptable » que le produit ait été laissé sur le marché en 2007. « La vie du médicament a été prioritaire sur la vie des malades », affirme-t-elle.

    Avant qu’Aquilino Morelle avance un début d’explication à cet aveuglement général. « Il y avait entre l’agence du médicament et les laboratoires une relation d’asymétrie. Le système fonctionnait en faveur des firmes qui estimaient avoir le droit commercial d’imposer une autorisation de mise sur le marché », explique-t-il, en ajoutant que l’Agence du médicament avait une « crainte intériorisée » de voir un laboratoire attaquer en justice tout retrait. « On a privilégié la sécurité juridique au détriment de la sécurité sanitaire », assène Aquilino Morelle.

    (1) Médiapart avait aussi révélé qu’Aquilino Morelle a été rémunéré par un laboratoire alors qu’il était à l’Igas en 2007. Mais en mars 2015, l’enquête sur une éventuelle illégale prise d’intérêt a été classée sans suite.

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    2 octobre 2019 à 13 01 52 105210
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    J’avoue que j’ai du mal à avaler ces explications assez simplistes et on dirait détournées de ces inspecteurs ! « On a privilégié la sécurité juridique au détriment de la sécurité sanitaire » !! ça sonne bien en tous cas pour endormir les médias presse et radio mainstream, pour ne pas affoler ou mettre en colère la presse et la population ! comme s’il la décision finale de maintenir ou retirer du marché un médicament n’était pas une décision mûrement réfléchie, sérieuse et assez lourde de conséquences et souvent longuement débattue entre médecins et bureaucrates pour qu’elle soit prise au niveau de cette inspection générale ou un quelconque niveau subalterne comme on tente de faire croire… surtout en France ! Ce genre de décisions justement se prennent dans les cabinets ministériels de la santé et il n’y a pas à chercher midi à quatorze heure ou le moindre doute là-dessus! et à mon humble avis, à chaque fois que des demandes de retraits émanaient des médecins, à plusieurs reprises, c’est uniquement à ce niveau ministériel que la décision s’est prise pour le maintenir en vente sur la base non pas uniquement des rapports d’inspection qu’ils ont probablement jugé non convaincants ou pas assez graves ou suffisamment étayés, mais sur la base des conseils et autres interventions politiques ou hiérarchiques comme ça doit être le cas lorsqu’on est encore dans la zone grise d’incertitudes et on n’a pas des preuves directes que le dit médicament est dangereux ou provoque tel ou tel effet néfaste pour le patient!

    Tous les pays européens et même les états-unis fonctionnent plus ou moins de la même manière, car le marché du médicament surtout lorsqu’il est breveté et développé nationalement, c’est quasiment une question de souveraineté scientifique et médicale dont il est question, en plus d’être plus précieux que le marché de l’or pour tous ces pays là, et en raison de la sensibilité de ce marché et des risques qu’il comporte, tous les états cherchent à protéger leurs pharmaceutiques, sachant que tôt ou tard, le produit sera exporté et préscrit à l’étranger une fois qu,il obtient les autorisations de formalité sur place ! Généralement une fois que les molécules sont brevetées et les premiers tests en laboratoire ou cliniques si nécessaires passés, ils n’attendent pas dix ans pour vérifier les effets secondaires par d’autres tests cliniques ! On accorde plutôt le feu vert pour la compagnie pharmaceutique pour qu’elle commence à le commercialiser illico ! et ce sont les cycles de vente des premières années qui confirment le succès et l’efficacité du produit auprès des médecins qui le prescrivent…et en mesurent les effets sur leurs patients !

    Bref, d’après ce que j’en comprends, pour les médicaments ou molécules dans les traitements lourds ou précis, Les premiers tests cliniques sont bien entendu obligatoires par la loi et faits sur des patients volontaires (qui sont parfois payés pour) et sont généralement très précis, quoique insuffisants dans la durée, car c’est la compagnie et ses chercheurs/médecins qui déterminent la durée des tests, 6 mois ou 1 an, voir plus si risqués, mais ces premiers tests en tous cas indiquent avec précision les pourcentages et autres critères de réussite et d’efficacité du produit, comme ils documentent avec précision les cas de rejets, d’effets secondaires mineurs ou majeurs constatés suivant les études. on établi donc des rapports de tests très détaillés avec des bilans sanguins et autres réguliers sur les patients cobayes, et l’on compile les résultats avec de longues colonnes de chiffres comme pour des analyses médicales et des statistiques (genre 73.8% de ceci, 84.1% de cela, 62.6% de tel effet secondaire…)etc et une fois cette étape passée avec succès face aux chartes et critères établis à l’avance par les gouvernements et leurs agences de médicaments, la compagnie pharmaceutique obtient l’autorisation pour le commercialiser. Mais dans le cas de molécules assez génériques, pour des traitements qui le soient tout autant, et surtout il y a 40 ou 50 ans, je pense qu’on ne devait pas trop se casser la tête, une série de tests en labo et une bonne documentation scientifique et médicale, (et probablement pas ou très peu de tests cliniques), doivent suffir pour autoriser la dite molécule pour la mise en marché ! jugeant son incidence mineure et pas réellement dangereuse pour la santé !

    ce qui est certain donc, c’est que la réglementation et les procédures ont évolué avec le temps et beaucoup de produits disponibles hier ne passeraient pas les tests et critères d’aujourd’hui, et c’est probablement le cas du Médiator…enfin, ça pourrait l’être en tous cas !

    Voyez aujourd’hui combien de produits naturels et autres recettes  »miracles » sont en vente libre, rien que ceux là, il ne doit même pas exister de procédures strictes en dehors de définir la substance exact utilisée, ils doivent se contenter d’envoyer un échantillon pour un test en labo, et obtiennent les autorisations pour inonder Amazone ou Internet ! suppléments en vitamines et minéraux, probiotiques levures et autres cultures de champignons, concoctions en tous genre de produits asiatiques ou exotiques pour les problèmes musculaires, les arthroses, les articulations, collagène, aphrodisiaques, pseudo substituts de viagra, problèmes de peau, bref, vous en avez de la tête aux pieds, et à croire la fausse pub qu’ils en font, on se passerait carrément de médecins et de médecine !:)))

    Enfin, je dirais que lorsque des scandales surgissent de l’ampleur du Médiator, c’est tout ce beau monde qui se retrouve dans la merde jusqu’au cou, la responsabilité est partagée, et la moindre fuite d’infos compromettantes peut coûter à l’état des milliards, en plus d’entacher politiciens et bureaucrates, agences de médicaments et autres intervenants… le mieux est donc de ‘,contenir’, la crise..et c’est on dirait ce qui se passe avec les déclaration de ces inspecteurs !

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    2 octobre 2019 à 15 03 38 103810
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    Enfin, je dirais que lorsque des scandales surgissent de l’ampleur du Médiator, c’est tout ce beau monde qui se retrouve dans la merde jusqu’au cou, la responsabilité est partagée, et la moindre fuite d’infos compromettantes peut coûter à l’état des milliards, en plus d’entacher politiciens et bureaucrates, agences de médicaments et autres intervenants… le mieux est donc de ‘,contenir’, la crise..et c’est on dirait ce qui se passe avec les déclaration de ces inspecteurs !
    Je n’ai pris que la fin de votre commentaire car dans le cadre de cette affaire et compte d’une certaine formation, je pense simplement savoir de quoi je parle.
    Il y aura une suite à cet article avec le même titre. Je pense que vous serez surpris que de connaitre à quel point fumeux les plus haut politiques en France touchent le haut sommet. Madame Buzin porte en « Elle » cette dame une valise que vous n’arriveriez pas à pousser. Les divers délits d’initiés sont plus que multiples et se chiffrent par dizaines de millions d’euros. Ce phénomène ne touche pas uniquement la France mais toute l’Europe sans oublier le restant du monde. Penser un seul instant que ces saloperies vendus durant pendant plus de 33 années ont atteint seulement la France, serait le plus grand « leurre » qui touche l’ensemble des citoyens.Touchée par la disparition de son ancienne belle-mère, à l’origine de la dépénalisation de l’avortement en 1975, Agnès Buzyn lui a rendu hommage au micro d’Europe 1 :

    « Je suis très très émue, voire bouleversée. A titre personnelle, puisque je la connaissais très bien, c’est très douloureux. C’est pour moi comme une forme de passage de relais. C’est très symbolique d’être dans ce ministère après elle, dans cette période-là. »

    Depuis le 17 mai, la ministre de la Santé occupe en effet le même poste que celui occupé par Simone Veil à l’époque. Un lien de parenté qui n’avait pas manqué de faire parler les jaloux.

    5Conflit familial ? Désamorçage

    La ministre est aujourd’hui mariée à Yves Levy, le directeur général de… l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Or, la ministre de la Santé exerce normalement une cotutelle sur l’organisme public. Le risque de conflit d’intérêt n’était donc pas du tout à exclure…

    Mais la ministre a semble-t-il pris les devants : « Assurant que le sujet était ‘clairement identifié’ et en cours de traitement ‘au niveau du secrétariat général de l’Elysée’, le cabinet de la ministre a annoncé que Madame Buzyn ‘ne traitera pas les sujets en lien avec l’Inserm’ grâce à la mise en place d’un ‘système de déport' », détaille « le Monde ».

    « Comment la ministre, dont les compétences médicales, scientifiques et managériales sont saluées et dont la nomination a été bien accueillie par le monde de la santé, fera-t-elle pour ne pas prendre part à des arbitrages concernant l’organisme dirigé par son époux ? », s’interroge néanmoins le quotidien, qui souligne toutefois que le budget de l’Inserm est « entièrement assumé par le ministère chargé de la recherche ».

    6Péché mignon

    Dans son emploi du temps très chargé, Agnès Buzyn s’accorde toutefois du bon temps. Elle est décrite par ses collègues comme quelqu’un de très… gourmand ! Jérôme Viguier racontait ainsi en 2015 à l’AFP :

    « Il y avait toujours des gâteaux dans les réunions. Elle en rapportait de sa maison corse. »

    Comme le rapporte un portrait de « la Croix » dédié à la ministre de la Santé :

    « La première chose que l’on remarque en entrant dans le bureau d’Agnès Buzyn, c’est un plateau de friandises posé sur sa table de réunion. Petits bonbons acidulés et chocolats gélifiés à la guimauve. »

    « Des friandises de cour de récréation sans doute guère recommandées par les experts en nutrition santé… », s’amusait le quotidien au moment de sa nomination.

    7Pas forcément « très très à gauche »

    Fervente défenseuse du service public, Agnès Buzyn se dit de « gauche ». Elle confiait ainsi à « Libération » :

    « Je pense qu’il ne devrait pas y avoir de liens d’argent avec le patient. Moi, je ne le supporte pas. C’est pour cela que j’ai choisi l’exercice à l’hôpital. Les dépassements d’honoraires ? J’ai cela en horreur. »

    Alors à la tête de l’Inca, l’actuelle ministre de la Santé voulait relever le défi de faire de cette institution sanitaire  » une maison ouverte, surtout pas une administration centrale. »

    Au « Quotidien du médecin », elle affirmait toutefois en 2016 ne pas forcément être « très très à gauche » : « Je ne sais pas si je suis très très à gauche, mais, au fond, je suis probablement de sensibilité social-démocrate. Mais j’ai servi des gouvernements de droite comme de gauche, avec la même loyauté. »

    Opposée à Macron sur la loi Evin Agnès Buzyn n’a pas toujours été une macroniste convaincue. Elle s’était même fermement opposée à celui qui était alors ministre de l’Economie lors du débat sur l’assouplissement de la loi Evin.

    Emmanuel Macron soutenait alors un amendement de la loi Evin autorisant les contenus publicitaires pour les alcools justifiant une appellation d’origine.

    Or, Agnès Buzyn, qui dirigeait à l’époque l’Institut national du cancer, avait expliqué à « Libération » : « Une augmentation de 1% des investissements dans les publicités pour l’alcool, c’est 0,15% d’alcool consommé en plus. » Copinage avec l’industrie pharmaceutique

    D’après une enquête de Mediapart, Agnès Buzyn aurait en février 2013, lors d’une réunion organisé par le Nile (un cabinet de lobbying) tenu les propos suivants : « L’industrie pharmaceutique joue son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie. Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts. »

    Considérant ainsi que « les liens d’intérêt entre experts et laboratoires pharmaceutiques sont un gage de compétence », la ministre de la Santé s’était attiré les foudres de plusieurs militants de la transparence, comme le docteur Irène Frachon, à l’origine du scandale du Mediator.

    Je vous dis donc à bientôt

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