Quand l’égalité hommes-femmes crée de la… discrimination

Tout le monde le sait : les femmes sont victimes de discrimination salariale, et cela dans quasiment tous les secteurs d’activité. Il existe pourtant des lieux privilégiés où ces dames bénéficient d’une totale égalité de traitement : les courts de tennis. Une réalité qui, aussi étrange que cela puisse paraître, constitue une incompréhensible et choquante discrimination à l’envers…

Les associations féministes ne cessent, à juste titre, de marteler cette évidence pour la combattre : en France, les femmes gagnent en moyenne… 27 % de moins que les hommes, et c’est naturellement scandaleux. Encore qu’il faille quelque peu tempérer les arguments des porte-étendards de la condition féminine, ce fossé étant essentiellement lié à une précarisation, souvent imposée, des emplois féminins. Á travail et responsabilités égaux, la différence, certes choquante, n’est en effet, et fort heureusement, pas aussi importante que le prétendent les associations, ne serait-ce qu’en raison de l’existence de grilles salariales dans de nombreuses entreprises publiques et privées. Ce qui n’empêche évidemment pas les discriminations en matière de déroulement de carrière, et notamment de nomination à des postes d’encadrement, et cela à tous les niveaux.

Il existe pourtant une catégorie de femmes qui ne vit pas cette discrimination sexiste : les joueuses de tennis du circuit professionnel. Depuis des années, et dans un souci louable de parité hommes-femmes, elles bénéficient de l’égalité des primes dans les grands tournois, et notamment lors des quatre évènements majeurs que constituent les tournois dits du Grand Chelem : les Internationaux d’Australie (Melbourne), de France (Roland-Garros), d’Angleterre (Wimbledon) et des États-Unis (Flushing Meadows). En France, cette égalité a été imposée par la Fédération française de tennis (FFT) en 2007, et Marion Bartoli, qualifiée à ce jour pour les demi-finales du tournoi 2011 de Roland-Garros, ne peut évidemment que s’en féliciter.

Cette parité des primes soulève pourtant de manière récurrente des interrogations pour le moins pertinentes et que l’on peut résumer en une question : pourquoi les joueuses gagnent-elles désormais beaucoup plus que les hommes à travail égal ? Car c’est un fait : sous une apparence de parité, ces dames gagnent nettement plus, lors des grands tournois, que leurs homologues masculins à prestation égale. Une réalité qui tient en un constat simple : les femmes jouent en 2 manches gagnantes, soit 3 au maximum, là où les messieurs jouent en 3 manches gagnantes, soit 5 au maximum. Avec, à l’arrivée, une dépense d’énergie beaucoup plus importante pour ces derniers, contraints d’aligner des matches d’une durée allant en général de 1 heure 40 à 4 heures là où les femmes ne restent la plupart du temps que 45’ à 2 heures sur le court.

Des 40e rugissants aux cimes himalayennes

Normal, estiment les défenseurs de cette parité, en arguant que l’on ne peut soumettre sans danger les femmes aux mêmes efforts que les hommes. Or cela est totalement faux. Certes, il existe des différences fondamentales entre l’homme et la femme, notamment sur le plan physiologique et sur le plan musculaire, mais ces différences n’empêchent en aucun cas les femmes de pratiquer des épreuves sportives dans les mêmes conditions que les hommes, excepté peut-être (et encore !) dans certains sports extrêmes du type triathlon des cimes. Une seule certitude : leurs performances seront d’un moindre niveau, mais sans que cela remette en cause leurs capacités de résistance.

Il suffit pour s’en convaincre de tourner un regard vers l’athlétisme, sport exigeant s’il en est, où la parité des prix est, là aussi, devenue la règle dans les grands meetings lucratifs qui suivent les compétitions majeures (JO, Championnats du monde). Une parité rendue inévitable par l’alignement progressif des épreuves féminines sur les épreuves masculines. Á de rares exceptions près, les femmes disputent désormais les mêmes épreuves, aussi éprouvantes soient-elles, sans que cela ne soulève le moindre problème. Le terrible marathon (42,195 km) a lui-même été conquis par les femmes dès les  Jeux Olympiques d’Atlanta en 1984. Et si ses premières éditions ont donné lieu à des images éprouvantes, les compétitrices actuelles ne terminent pas l’épreuve plus éprouvées que leurs homologues masculins.

Aujourd’hui les femmes effectuent des tours du monde à la voile en solitaire et, depuis la Japonaise Junko Tabeï en 1975, parviennent sur le toit du monde, à l’image de l’Indienne Dicky Dolma, plus jeune femme au sommet en 1993 (elle avait 19 ans !), ou du Dr Christine Janin, première Française sur l’Everest en 1990, sans oublier l’Anglaise Alison Hargreaves, première femme à avoir atteint le sommet sans oxygène en 1995 ! Des héroïnes qui méritent un grand coup de chapeau pour leur courage, et peut-être plus encore pour l’opiniâtreté qu’elles ont dû déployer, dans un combat parfois plus difficile que la navigation dans les mers du sud ou les expéditions himalayennes, pour vaincre les préjugés sexistes et le machisme endémique dans ces « sports d’homme » ! 

C’est un fait : depuis les années 70, les femmes ont conquis de haute lutte leur place dans la plupart des secteurs de l’emploi, jusque dans la police et l’armée. Et sur les stades, elles disputent grosso modo les mêmes épreuves que les hommes, aussi éprouvantes soient les compétitions. C’est pourquoi l’on ne comprend pas pourquoi elles continuent dans les tournois de tennis majeurs à jouer en 2 manches gagnantes, avec trop souvent à la clé des rencontres sans saveur et trop vite expédiés, à l’image du ¼ de finale disputé hier à Roland-Garros entre Maria Sharapova et Andrea Petkovic. Une anomalie qui, sans même parler de justification de la parité des primes, gagnerait à être supprimée, tant pour la renommée des athlètes que pour l’intérêt des compétitions.

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