Sarko qui rit, Sarko qui pleure

En moins de 24 heures, l’ex-président, renvoyé le 6 mai 2012 à sa collection de timbres par le peuple français, est passé du rire aux larmes…

Comme chacun sait, l’homme au t-shirt NYPD est un pratiquant de sport : tantôt il s’impose d’éprouvants footings, en dépit du handicap de ses jambes panardes ; tantôt il se prend pour un roi de la pédale, un as de la petite reine, un inconditionnel du dérailleur, accessoire qu’il a d’ailleurs contribué à introduire très largement dans la gestion des affaires publiques durant sa mandature.

S’il est un sportif de terrain émérite, capable de tenir l’effort durant une dizaine de minutes, le temps pour les photographes de faire leurs clichés, Sarko est aussi un grand amateur de sport professionnel entre deux conférences très grassement rémunérées et payées à prix d’or par des gogos venus entendre parler de la marche du monde et contraints de subir, de la part de Matamore, un discours en trois parties : 1) introduction : Moi, Sarkozy… ; 2) développement : Moi, Sarkozy… ; 3) conclusion : Moi, Sarkozy…

Tout le monde sait que Sarko est un fan du Paris Saint-Germain, et plus encore depuis que les dirigeants de la capitale ont acquis les services d’Ibrahimovic avec le fric de la dictature qatari, celle-là même qui soutient l’action des enragés salafistes maliens preneurs d’otages sans que cela fasse lever un sourcil sur le front de notre ex-Rodomont. Or voilà que, malgré une piètre performance contre Reims et un buteur suédois complètement éteint, le PSG l’a emporté sur les Champenois tandis que Marseille chutait chez la lanterne rouge Troyes. Et c’est ainsi que le Paris Saint-Germain a pris les commandes du championnat de Ligue 1. D’où le rire de Sarko.

Tout le monde sait également que Sarko est resté un inconditionnel de Lance Armstrong en dépit des graves soupçons qui pesaient sur l’Américain, soupçons étayés depuis des années par un nombre croissant de témoignages circonstanciés. Or voilà qu’un rapport accablant a été publié il y a une dizaine de jours par l’Agence américaine anti-dopage (USADA). Principalement construit sur les témoignages de 11 anciens coéquipiers de l’Américain ayant peu ou prou participé à l’entreprise de dopage mise en place et perfectionnée par Armstrong au fil des ans, ce rapport d’un millier de pages fait état du « programme de dopage le plus perfectionné, le plus professionnel, et le plus efficace que le sport ait jamais connu ». Saisie par l’USADA, l’Union cycliste internationale (UCI) vient de rendre son verdict : Armstrong est déchu de tous ses titres, y compris ses 7 victoires au Tour de France, et définitivement écarté de toute activité ayant un quelconque rapport avec le cyclisme professionnel. D’où les pleurs de Sarko.

Cela servira-t-il de leçon à l’Ex ? Certainement pas, car l’homme, plus bling-bling que jamais, n’a d’intérêt que pour ce qui brille, et de respect que pour la victoire, fût-elle assurée, ici par un délirant dopage financier entaché du malheur des victimes, proches ou lointaines, d’un exécrable régime dictatorial ; là par un hallucinant système de dopage à l’EPO et autres substances illicites. Mais au fond, rien de plus normal car il est lui-même dopé, Sarko : dopé à sa propre suffisance et, malgré son passé de loser récidiviste, à cette irrépressible certitude qu’il est le meilleur en toutes circonstances et sur tous les sujets !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *