Sarkozy juge Hollande « ridicule »

C’est son droit. Et force est de reconnaître que le déconfit du 6 mai 2012 n’est pas le seul de nos compatriotes à penser ainsi. Mais disons-le tout net, venant de lui, « c’est l’hôpital qui se fout de la charité », pour reprendre une vieille expression de notre beau pays…

FERGUS :

L’information nous avait été donnée par Le Canard Enchaîné dans son édition du 15 janvier : « Hollande, c’est le président ridicule », a affirmé Nicolas Sarkozy, l’actuel imprésario en charge d’organiser les claques UMP lors des concerts de l’anémique chanteuse Carla Bruni. Ce n’est évidemment pas dans la confirmation de l’ancrage « à droite toute » de notre replet chef de l’État qu’il faut chercher les origines de ce jugement aussi péremptoire que définitif, mais dans l’affaire de cornecul qui agite notre pays et vaut au président d’être raillé – de manière parfois scabreuse –, jusqu’à Taïwan (lien). En l’occurrence, Matamore faisait allusion, avec la gourmandise mêlée de fiel qui fait son succès chez les rombières des ghettos friqués, à la publication dans les pages du magazine de caniveau Closer d’une série de photos dévoilant l’existence d’une liaison entre François Hollande et l’actrice Julie Gayet.

Une Julie Gayet à la filmographie prémonitoire : Maîtresse du président ? Pourquoi pas moi ? Il n’a pas un physique très attirant ? Certes, mais Ça ne se refuse pas ; et d’ailleurs, François a L’art de séduire. Que ressentez-vous avec lui ? Les Vertiges de l’amour. Comment qualifier cette liaison ? Les gens qui s’aiment. Néanmoins, cette publicité… Bah ! Le plaisir (et ses petits tracas). Que se passe-t-il dans le secret de la garçonnière ? Carré blanc.

Mais revenons à nos moutons. Il est vrai qu’il s’est montré ridicule, Moi président, en affrétant un scooter pour parcourir les 250 m séparant le palais de l’Élysée du n° 20 de la rue du Cirque. Et plus ridicule encore en s’affichant coiffé d’un casque aussi seyant sur la tête d’un monarque républicain qu’un chapeau-claque sur la calebasse d’un plombier polonais, au moment où il entrait dans l’immeuble où avait commencé à se nouer quelques semaines plus tôt l’infortune de la pauvre Valérie Trierweiler. Du pain béni pour le paparazzi en planque de l’autre côté de la rue. Grâce à lui, le 20 rue du Cirque connaît désormais une belle notoriété qui pourrait encore s’accroître si l’on apposait sur le piédroit du portail une plaque commémorative ainsi rédigée : « Durant l’hiver 2013-2014, François Hollande, équipé de sa caisse à outils, s’est livré dans cet immeuble à des travaux de menuiserie, avec une prédilection marquée pour ajuster le tenon dans la mortaise. »

Ridicule, certes ! Mais que ce qualificatif soit asséné au « capitaine de pédalo » préféré du tonitruant Mélenchon par un expert des bouffonneries et des dérapages en tous genres ne manque pas de laisser pantois une large majorité de nos compatriotes, particulièrement parmi ceux, très nombreux, qui ont eu à souffrir de la gouvernance précédente. Et pour cause, ces braves gens ont encore en mémoire les prestations répétées de notre Rodomont neuilléen, autoproclamé sauveur de la planète. Aujourd’hui encore, il est vu ici comme un inattendu successeur des comiques d’antan, là comme un pathétique substitut à l’Homme d’État que mériterait un grand pays comme la France.

Souvenons-nous par exemple de son numéro de gardien camarguais en avril 2007, lui devant, juché en jeans et chemise rouge à carreaux sur un descendant de Crin-Blanc, et les photographes derrière, entassés comme harengs en caque dans une charrette tirée par un tracteur (photo). Un tantinet grotesque, non ? Et que dire de cet usage aussi désopilant que répété de talonnettes ou de petits tabourets (photo), histoire de se pousser non seulement du col, mais aussi du jarret ?

Passons rapidement sur le mémorable « Casse-toi, pov’ con !  » asséné à un quidam dans les allées du Salon de l’Agriculture en mars 2008 (lien). De même, passons sur l’aveu décalé en pleine conférence de presse élyséenne « Avec Carla, c’est du sérieux », pour en arriver à la plus belle prestation de notre comique. Nous étions en juin 2007, Sarkozy répondait aux journalistes lors du G8 d’Heiligendamm (lien). Ce jour-là, il avait improvisé à sa manière un remake de L’eau ferrugineuse du regretté Bourvil qui reste gravé dans les mémoires des plus de 50 ans. Irrésistible ! Confrontée aux images, Angela Merkel avait d’ailleurs cru à un sketch du revenant De Funès. Hélas, non, c’est bel et bien le président de la 5e puissance planétaire qui s’exprimait ainsi en ridiculisant la fonction comme jamais auparavant durant la Ve République

Ridicule, Hollande ? Dans l’affaire de cornecul qui agite les coulisses du pouvoir, on ne peut le nier. Mais en la matière, il reste très largement devancé par celui qu’il a bouté hors de l’Élysée et qui, une fois de plus, aurait mieux fait de se taire pour ne pas remettre en lumière son propre ridicule.

3 pensées sur “Sarkozy juge Hollande « ridicule »

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    17 février 2014 à 8 08 21 02212
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    Hollande et son équipe sont effectivement un peu ridicules. La formulation n’est pas si mal trouvée. Ils ont réintroduit la grande Fatuité Française post-post-pompidolienne, après la populisme/ploutocratisme un peu gauche et un peu cloche de la gouaille Sarkozy…

    Mais surtout Hollande & Cie sont de faux socialistes. Et ça, imparablement, c’est le Ridicule de Système.

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    17 février 2014 à 8 08 24 02242
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    Bonjour, Paul.

    Certes, mais en aucun cas plus ridicule que Sarkozy qui, dans ce domaine, a fait beaucoup plus fort que son successeur. Mais Hollande fait manifestement tout pour le rattraper.

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