Sarkozy : Les Maghrébins, tous des délinquants potentiels !

 

FERGUS :

 

En meeting mardi à Boulogne-Billancourt, Nicolas Sarkozy, qui ne rate décidément jamais une occasion de se taire, a commis une nouvelle bourde majeure. Et quelle bourde ! Pour lui, les Maghrébins ne sont qu’un ramassis de délinquants. Mais s’agit-il d’une bourde ?

C’est durant la séance de questions-réponses qui a suivi l’allocution de Nicolas Sarkozy devant les militants et sympathisants de l’UMP, que l’ex-président a commis son énième faute de la campagne électorale pour la conquête de l’UMP. Questionné sur les motifs qui l’ont conduit à nommer Rachida Dati à la tête du ministère de la Justice, Nicolas Sarkozy a fait cette hallucinante réponse : « Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens. » Autrement dit, les Algériens et les Marocains, de même que, par extension, tous les Maghrébins, sont un tel vivier de voleurs, de violeurs et de criminels qu’il fallait que je donne le portefeuille de la Justice à quelqu’un issu de la communauté de ces hors-la-loi potentiels.

Décidément, il est temps que la campagne pour la présidence de l’UMP s’arrête, car au train où Nicolas Sarkozy multiplie les âneries et les provocations, il faudra lui consacrer à la fin de l’année un best-of particulier afin que la France entière puisse profiter de ses bourdes à répétition. Encore qu’il n’y ait pas à rire du spectacle affligeant qui nous est donné par celui qui aspire à redevenir président de la République. Il est vrai qu’entre son désir exacerbé de revanche, sa soif maladive de pouvoir, et sa volonté de retrouver une immunité judiciaire qui le mettrait à l’abri des poursuites, Nicolas Sarkozy a des motifs pour tout faire afin de mettre l’appareil UMP dans sa poche en vue de satisfaire ses ambitions.

Ce faisant, et désormais dépourvu du flair politique qui l’a servi naguère pour la conquête du pouvoir, il commet, aux yeux d’un nombre croissant de nos compatriotes, des fautes politiques à répétition. Certes, elles ne seront probablement pas déterminantes pour la conquête de l’UMP, tant les militants semblent aveuglés par leurs œillères, mais elles joueront, à n’en pas douter, un rôle déterminant lors de la primaire de droite qui sera organisée au 2e semestre de 2016.

Comment faire confiance à un homme qui n’a plus à la bouche que le mot « abrogation » alors qu’il sait parfaitement qu’il ne fera rien de tel, sauf à rouvrir, jusqu’au cœur de son électorat, des conflits en voie d’apaisement, des plaies en cours de cicatrisation, que ce soit sur le mariage pour tous, la carte des régions ou les rythmes scolaires ?

Comment faire confiance à un homme qui laisse faire, voire qui organise comme cela a été suggéré ici et là, une bronca de militants acquis à sa cause contre l’un des principaux caciques de son parti au motif que celui-ci a l’impudence de vouloir le défier lors de la future primaire ?

Comment faire confiance à un homme qui, depuis mardi soir, stigmatise gravement une communauté dans son ensemble, en l’accusant en filigrane d’être la principale pourvoyeuse de la délinquance dans notre pays, alors qu’il sait pertinemment que c’est la ghettoïsation sociale et non l’origine ethnique qui est la cause première des actes répréhensibles ?

Tout cela donne le tableau hideux d’un individu prêt à tout pour satisfaire son ego. Y compris les mensonges, les manipulations, les traquenards et la désignation de boucs émissaires. Au fil des semaines, depuis qu’il est revenu dans l’actualité politique, Nicolas Sarkozy n’avait cessé de chuter. Au niveau de bassesse où il est désormais tombé, il a rejoint la Métopimazine et le Dimenhydrinate dans la nomenclature des médicaments vomitifs les plus efficaces !

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