Sarkozy : vers une nouvelle escroquerie politique

FERGUS :
C’est un fait, Sarkozy se croit un destin messianique, persuadé dans sa mégalomanie d’égotique hypertrophié que les Français vont succomber à son autoproclamée stature d’homme d’état providentiel. Or, il n’en est rien : les sondages, globalement mauvais, montrent le président déchu en situation de fort rejet dans le pays, et en chute significative auprès des sympathisants de son propre camp. D’où le retour, en forme de va-tout, à de bonnes vieilles ficelles de bonimenteur sans scrupule…

Nos compatriotes et nous-mêmes avons tous payé cher pour le savoir : le « sarkozysme » n’est rien d’autre qu’une manière cynique d’exercer un pouvoir hégémonique dont le seul but est de servir les propres intérêts du Parrain et ceux des puissants amis qui l’ont fait Roi. Or, voilà que Nicolas Sarkozy, renvoyé en 2012 par les Français à sa collection de timbres et à l’écoute des insipides bluettes de Carla Bruni, entend revenir au sommet de l’État en 2017.

Deux raisons principales, l’une mineure, l’autre majeure, attisent cette ambition teintée d’un esprit revanchard que l’intéressé est impuissant à masquer : D’une part, reprendre un trône que Nicolas Sarkozy considère comme sien, François Hollande n’étant à ses yeux – au mépris de la vérité sortie des urnes – qu’un vil et illégitime usurpateur. D’autre part, se mettre à l’abri des poursuites judiciaires par le biais de l’immunité présidentielle, notamment dans le cadre de l’affaire Bygmalion qui constitue à l’évidence le pire scandale de financement politique que la Ve République ait connu.

Pour atteindre cet objectif de reconquête, Nicolas Sarkozy n’hésite pas à mentir une nouvelle fois effrontément à nos concitoyens, et notamment aux militants de l’UMP, afin de les rouler dans la farine pour faire main basse sur le parti et le transformer en machine de guerre à son seul service. Nicolas Sarkozy, rejeté par une large majorité de Français et en butte à une défiance croissante de ses propres troupes, vient en effet, tel un misanthrope prétendant être devenu humaniste, de se rallier à la… démocratie participative pour tenter de redorer une image pour le moins ternie. Certes, il s’agit là d’une belle idée à laquelle aspirent nombre de nos compatriotes, mais qui peut sérieusement croire à cette soudaine conversion ? Il suffit de se remémorer les propos péremptoires assénés en 2007 par Nicolas Sarkozy en meeting à l’encontre de son adversaire Ségolène Royal pour être convaincu qu’il s’agit là d’une posture purement électorale : « La démocratie participative, ce n’est pas une nouvelle manière d’associer le peuple aux décisions qui le concerne, c’est juste la forme ultime de la démagogie », affirmait alors avec une évidente et inélégante morgue le candidat de l’UMP pour dénigrer le projet de son adversaire du PS dont la démocratie participative était le cheval de bataille.

Or, voilà que Nicolas Sarkozy, qui n’avait pas dit le moindre mot sur le sujet depuis l’annonce de son retour dans l’arène politique, se fait subitement le chantre de cette démocratie participative, pourtant « forme ultime de la démagogie ». Manifestement, les mauvais sondages sont passés par là, et tout semble bon désormais pour attirer les suffrages des naïfs afin de ne pas subir le 29 novembre, lors du vote des militants de l’UMP pour la présidence du parti, un camouflet sous la forme d’un succès plus étriqué qu’attendu par l’Ex et ses affidés.

Si l’on en croit différentes sources médiatiques, Nicolas Sarkozy devrait donc annoncer, lors de son meeting de Paris le vendredi 7 novembre, que les militants de l’UMP pourront dorénavant choisir eux-mêmes leurs candidats pour les futures élections nationales et locales. Encore plus fort : ils pourront voter par internet pour élaborer le futur projet de l’UMP en vue de la présidentielle de 2017. Quand on connait le centralisme maladif de l’UMP et la toute-puissance de l’appareil, difficile de lire cela sans arborer un sourire pour le moins dubitatif. Un sourire qui devient une franche rigolade dès lors que l’on évoque la manière dont le parti s’est prêté en 2012 à des fraudes massives et à un pugilat aussi hallucinant que grotesque entre Jean-François Copé et François Fillon, cette parodie de démocratie interne s’étant soldée par le hold-up du maire de Meaux sur l’appareil de l’UMP. Une franche rigolade qui vire carrément au fou-rire lorsqu’on prête à Nicolas Sarkozy – l’homme qui, selon ses propres dires, a toujours tout contrôlé dans le parti – la volonté de mettre réellement, et en toute indépendance des militants, ces procédures de démocratie participative en œuvre. Tout cela ressemble furieusement à un leurre, à un piège à couillons, à un miroir aux alouettes. Et les militants de l’UMP seraient fort avisés de se souvenir de ce qu’il est advenu du Référendum d’Initiative Populaire dont Nicolas Sarkozy s’était fait le champion au début de son quinquennat. Certes, il a fait adopter en Congrès, dans le cadre de la réforme constitutionnelle de 2008, un Référendum d’Initiative Partagée, mais en limitant drastiquement son champ d’application, en trahissant l’esprit de ce genre de consultation, et surtout en validant des conditions de mise en œuvre qui rendent de facto un tel référendum quasiment impossible à organiser. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy a clairement pris les Français pour des niais, et tous nos voisins chez qui le référendum d’initiative populaire est une réalité s’amusent encore de voir à quel point nous avons fait preuve d’une coupable naïveté en nous prêtant à cette tromperie manifeste. Du temps a passé depuis cette mascarade constitutionnelle, mais Nicolas Sarkozy est resté strictement le même, et c’est ce bonimenteur multirécidiviste qui va dans quelques jours faire son show de camelot roublard pour duper les militants UMP.

Ces femmes et ces hommes encartés dans le vieux parti hérité du gaullisme auront-ils la lucidité nécessaire pour éviter le piège que leur tend l’ex-Président ? Réponse le 29 novembre.

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