Sortir ou pas de l’Euro? Telle est la question.

Recherche menée par Robert Gil

abeilleDeux constats sont certainement largement partagés : Un, en principe, on fait d’abord une union socio-économique et puis une monnaie commune, pas l’inverse. Deux, la question de la sortie ou non de l’euro divise la gauche radicale en ce moment.

D’un côté, l’euro est vu comme un symbole ET un instrument de domination et de compétition dont il faut absolument se libérer. D’un autre côté, il est considéré soit comme utile (une monnaie forte face aux autres économies), soit comme nécessaire (sans l’euro, ce sera pire).

Sans revenir sur le fait que les Institutions européennes violent sans cesse leurs propres lois, soulignons que leurs traités ne prévoient pas de modalités spécifiques pour la sortie de la zone euro (contrairement à la sortie de l’Union prévue par l’article 50 du traité de Lisbonne). D’un point de vue légal, l’une n’entraîne pas l’autre. D’un point de vue légal, encore, l’expulsion d’un pays de la zone euro par les autres membres n’est pas possible, mais dans les faits ils peuvent bien sûr faire pression sur lui (via la BCE, entre autres).

D’un côté, on souligne qu’une sortie de l’euro entraînerait une forte dévaluation de la nouvelle monnaie et une fuite de capitaux. De l’autre, on (Frédéric Lordon, par exemple) dit que ces effets s’éteindront après une année et que plus on attend, pire ce sera. De plus, plusieurs scénarios de sortie de l’euro et alternatives sont mis en avant :

– sortir de l’euro à plusieurs (voire se doter d’une monnaie commune alternative)

– négocier cette sortie / dévaluation avec l’Europe pour en limiter les effets négatifs

– appliquer une réforme monétaire redistributive

– utiliser une monnaie complémentaire à l’euro pour les échanges internes (comme en Équateur où de nombreux paiements quotidiens – dont les factures et certains salaires – se font sans utiliser le dollar, la monnaie officielle)

– last but not least, demander l’avis à la population…

 

La position du CADTM

La sortie de l’euro n’est pas LA solution (avant l’euro, il y avait des problèmes, et le capitalisme était là) et elle ne doit pas être présentée comme un préalable à toute politique.

Le préalable c’est l’arrêt de l’austérité. Pour cela, il faut remettre en cause la dette illégitime. Si ces politiques peuvent être mises en place tout en restant dans le cadre européen (Europe et/ou euro), et que cela permet un changement de rapport de forces pour en changer profondément l’orientation et le fonctionnement, tant mieux. Si ces politiques ne peuvent pas être mises en place sans une rupture avec l’Europe et/ou l’euro (c’est ce que tend à montrer l’actualité grecque), alors il faut faire rupture.

Mais cette rupture ne doit pas se limiter à la sortie de l’euro. Pour empêcher le « ce sera pire après » et empêcher l’hémorragie, il faut un moratoire sur le paiement de la dette, un contrôle strict des mouvements de capitaux et la socialisation des banques.

Une pensée sur “Sortir ou pas de l’Euro? Telle est la question.

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    2 novembre 2017 à 8 08 59 115911
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    @ Robert Gil

    Il est malheureux que la soi-disant « gauche », « radicale » par dessus le marché, se laisse enfermer dans la boîte des économistes à la solde des riches.

    Un exemple tiré de votre texte ci-haut. Vous écrivez ceci :
    A) « D’un côté, l’euro est vu comme un symbole ET un instrument de domination et de compétition dont il faut absolument se libérer.
    B) D’un autre côté, il est considéré soit comme utile (une monnaie forte face aux autres économies), soit comme nécessaire (sans l’euro, ce sera pire). »

    En (A) vous avez tout à fait raison L’EURO comme toute monnaie en mode de production capitaliste est un instrument que vous qualifiez de DOMINATION et de COMPÉTITION soit, moi je dirais plutôt D’ORGANISATION ET DE BON FONCTIONNEMENT du mode d production capitaliste qui nous le savons EST DOMINATION sur la force de travail salarié afin de l’exploiter pour assurer la reproduction élargie du CAPITAL, seul et unique but de ce système économique.

    Mais alors – abolir l’EURO sans renverser ce système économique n’amènera qu’à mettre en place une ou des autres monnaies – du Franc à l’Euro – au Franc – jusqu’a la fin des temps ???? NON assurément.

    En (B) vous présentez de façon plus franche et explicite les manigances de la pseudo « gauche radicale » en explicitant franchement que le débat EURO – PAS EURO revient à se demander de quelle façon la go-gauche peut le mieux servir ses maîtres = en gardant l’EURO outil économique concurrentiel UTILE ET NÉCESSAIRE pour que vos capitalistes européens puissent gagner leur guerre concurrentiel contre les méchants capitalistes étrangers – américains, chinois, russes, brésiliens, indiens…

    En clair, la go-gauche européenne et française vote pour le mode de production capitaliste mais elle se questionne encore sur la façon de mieux servir ses patrons EN-DEDANS OU SANS L’EURO ???

    Quand à nous, nous « votons » (sic) contre le mode de production capitaliste et contre toutes ses monnaies et contre tous ses États et états…

    Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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