Suicide : l’Union européenne redouble de zèle

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Mario Draghi, président de la BCE et ex de Goldman Sachs (photo : AFP)

LE YETI :

On le sentait venir, certains le pronostiquaient plus rapide, mais désormais une certitude s’impose : le suicide de l’Union européenne touche à son dénouement.

Aux mains d’une bande de ganaches demeurées, sous influence de lobbies irresponsables et suivies par des gouvernants nationaux complètement dépassés, l’Union européenne se retrouve désormais dans une situation impossible sur de multiples fronts où elle met un malin plaisir à se tirer des rafales de balles dans le pied.

1. Le front ukrainien

Toute fière d’avoir cru participer à une extension sans risques d’un Otan en plein syndrome Dr Folamour (Ah, ce « grand nombre » de soldats russes tués en Ukraine… dont personne n’a évidemment vu l’ombre d’un cadavre), l’UE subit le douloureux contrecoup économique des sanctions prises contre la Russie, renforcé par les représailles de cette dernière sur les produits agricoles européens ou sur les livraisons de gaz.

Bilan de l’épopée : le camp occidental a perdu définitivement la Crimée, voit le Donbass lui échapper, et se retrouve avec une Ukraine en pleine débâcle financière, et un gouvernement Porochenko sonné par ses défaites militaires sur le terrain.

Juncker_etoile.png“Une bonne guerre” pour arranger ça ? Vous ne croyez pas si bien dire. Comme si ça ne suffisait pas à nos fous furieux, voilà que Jean-Claude Juncker, approuvé par Angela Merkel, vient de suggérer la création d’une armée européenne « pour défendre les valeurs de l’UE contre la Russie ».

Et tant pis si la vieille Europe sera la première, bien avant l’Oncle Sam, à subir dans sa chair les répercussions meurtrières d’une inévitable réaction russe à ce déluge de bêtise suffocante.

2. le front grec

Non contente d’avoir, par ses excès, fini par y faire élire le premier pouvoir non institutionnel de son périmètre, l’Eurogroupe va finalement réussir ce que le gouvernement Tsipras hésitait à entreprendre : mettre la Grèce en défaut de paiement et la forcer à sortir de la zone euro, avec toutes les conséquences qui s’ensuivront pour les autres pays et surtout pour un système financier européen déjà bien ébranlé.

Il est clair que la Grèce ne pourra pas honorer ses engagements prochains en matière d’échéances. Le nouveau gouvernement Tsipras, quitte à violer un peu ses principes pré-électoraux, vient de peiner à rembourser une toute petite tranche de 300 millions d’euros… sur un total de 6 milliards à trouver avant fin mars !

Mais il est tout aussi clair que l’Eurogroupe n’a plus non plus les moyens de venir en aide à la Grèce, ni à qui que ce soit. Les rodomontades germano-européennes de ces derniers temps à l’adresse d’Alexis Tsipras tiennent plus d’un aveu irrationnel et désespéré d’impuissance que d’un acte d’autoritarisme arrogant réfléchi.

Yanis Varoufakis, sans doute conscient de l’impasse dans lequel tout le monde se trouvait, vient d’envoyer à la Troïka l’ultimatum fatal que cette dernière craint le plus, celui de la démocratie : sans aide de la BCE, nous organiserons un référendum ou peut-être même, qui sait, des élections anticipées.

3. Le front financier

Il n’y a pas que sur le front grec que se poursuit la débandade financière de l’UE. Dans la très sage Autriche, c’est un nouveau coup de Trafalgar à la chypriote qui est en train de se jouer avec la banqueroute retentissante de la banque Hypo Adria qui pousse les autorités du pays aux abois à vouloir ponctionner… les créanciers !

À partir du lundi 9 mars, la BCE va de son côté procéder à un QE (Quantitative Easing) dont dont tout le monde s’accorde d’avance à prédire l’inéluctable échec. Comme les précédents menés par la Fed américaine ou la BoJ japonaise. Là encore, nous nageons en plein délire extravagant : un QE consiste en une injection artificielle de liquidités pour essayer de relancer une machine à bout de souffle. Essayez donc de rajouter du gazole dans une guimbarde victime d’un coulage de bielles.

4. « Hordes d’affamés » et terrorisme intérieur

D’autres fronts, tout aussi ravageurs, contribuent à miner les fondations du vieux camp retranché européen :

  • Les « hordes affamées », annoncées en son temps par l’écologiste René Dumont, ne déferlent pas sur les ponts du Potomac à Washington DC, mais sur nos propres côtes, principalement italiennes ou espagnoles. Où rien, mais absolument rien, ne parviendra plus à en endiguer le flot, tant nous avons dévasté leurs territoires. On n’affame pas impunément toute une partie de la planète sans en subir les cuisants retours de flamme.
  • Pire encore, comme on a pu le constater encore récemment avec les affaires Charlie et les attentats de Copenhague, nos sociétés européennes sont désormais gangrenées par un pourrissement de l’intérieur, un terrorisme né sur nos ghettos périphériques et alimenté de l’extérieur par un État islamique qui n’en demandait sans doute pas tant.

Les conséquences de la déroute collective européenne en cours seront terribles et ne souffrent hélas plus contestations. Comme nous l’avons maintes et maintes fois déploré sur ce blog, c’est malheureusement sur les ruines fumantes de notre vieux système que devra être échafaudé le “monde d’après”.

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