Taxation des dépôts bancaires : le grand effroi des petits épargnants

 

 

LE YETI
Vu la vague de fond déclenchée par le brutal projet de taxation des dépôts bancaires à Chypre, il faut croire que ces voyous de la Troïka ont enfin touché juste : au tréfonds du porte-monnaie des frileuses classes moyennes. Du coup, c’est la révolution chez les petits (et gros) épargnants. Bien fait !

Que découvre-t-il soudain, l’épargnant transi ? Que son fric ne lui appartient pas, mais appartient à la banque qui le détient, qui lui lâche chichement la quantité qu’elle décide et peut même aller jusqu’à lui refuser l’accès à ses guichets en cas de coup dur.

Et le coup dur, il est là, tout proche ! Pourquoi croyez-vous qu’ils ont pris cette décision fatale un vendredi soir, à la veille d’un week-end prolongé, et qu’on ne sait même pas quand ils vont oser les rouvrir leurs banques chypriotes ?

Histoire de ressenti

L’épargnant marri vous jurera que tout ça, il le savait, il le pressentait. Mais c’est comme pour la météo : il y a les températures vaguement annoncées et les températures “re-ssen-ties”.

Et là, l’épargnant chypriote, il la ressent très très douloureusement la température taxeuse que les voyous troïkesques veulent lui imposer avec, évidemment, la complicité active des Moscovici locaux.

Et les épargnants des pays alentours, espagnols, italiens, français — oui, français ! —, ressentant dans leur chair que rien finalement n’arrêtera la bande des gredins (qu’ils idolâtraient il y a encore peu comme maîtres), commencent eux à sérieusement trembler dans leurs culottes. Ma cassette ! Ma chère cassette ! Où courir ? Où ne pas courir ?

Bien fait. L’épargnant, c’est le prototype même de l’électeur utile, qui vote pour une ganache hypocrite au prétexte qu’elle est moins teigne que le petit teigneux d’avant. Et qui, au prochain tour, votera pour le petit teigneux parce qu’il est supposé moins ganache que la ganache hypocrite, etc.

Il y a du “négationniste” chez notre petit épargnant neuneu. La crise, la “Grande perdition”, la fin du système ? Pensez-vous, des lubies de complotistes, tout ça ! Enfin, jusqu’à ce qu’on touche à son bas de laine. Parce qu’aujourd’hui, faut voir comme ils s’émeuvent en chœur, nos neuneus déconfits. Bien fait, on les avait prévenus.

Personne n’y coupera

« Ho dis donc, Yéti ricaneur, à ce que je sache, tu ne fais pas particulièrement partie des fauchés, toi non plus ? »

Ah, ne m’en parle pas, canard boiteux ! Je viens précisément de vendre ma maison pour profiter d’une retraite bien méritée sous des cieux plus cléments. Et comme la masure valait tout de même encore bien plus cent mille euros, c’est plusieurs milliers d’euros (9,9 % exactement du total) qui m’auraient été carottées si par malheur, j’avais été un retraité chypriote.

Mais je m’en fous ! Il y a un moment, faut savoir ce que l’on veut. L’inévitable “Grande mutation” en cours ne va pas se dérouler dans des orgies de foie gras et des dégoulinades de coulis de fraise.

Le coup de force de la Troïka a au moins le mérite de décanter les camps. Chacun va se retrouver vite fait au pied d’un sale mur lézardé et contraint de prendre des décisions tranchées pour ne pas se retrouver enseveli dessous. Personne n’y coupera.

Ma prochaine maisonnette — s’ils me laissent le temps de l’avoir ! — se trouve à moins de deux cents mètres de l’estran marin. À marée basse, ce serait bien misère que je ne trouve pas de quoi croûter pour ma petite meute à moi. Le temps que se réalise un jour, peut-être, mon programme de Yéti.

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