Tirons les leçons de la grève SNCF (2018)

Je vous présente ce texte, qui à mon avis correspond bien au bilan à faire des trois mois de « grève » des cheminots en France. Actuellement la Direction SNCF et l’État repassent à l’offensive, Pépy l’homme dirigeant de la SNCF réseau rassemble 800 cadres supérieurs pour poursuivre la guerre contre les cheminots.
À suivre G.Bad.


 

Tirons les leçons de la grève à la SNCF !

Ce texte est la synthèse de discussions menées entre cheminots de la région de Nantes sur le mouvement de mars à juillet 2018. Issue d’échanges entre grévistes, elle se veut une contribution au bilan de cette lutte. La longue période de grève perlée n’est pas encore terminée, mais le résultat est là. Déroute complète devant les plans gouvernementaux. Ce mouvement, qui se représentait comme le dernier verrou d’un secteur organisé, a subi une défaite sous le regard de tous les travailleurs. Même les responsables syndicaux se grattent la tête pour trouver des conquêtes à mettre à l’actif de la grève : des négociations avec le premier ministre plutôt qu’avec la ministre ; la reprise par l’État d’une partie de la dette de la SNCF, reprise déjà actée par le rapport Spinetta et rendue nécessaire par le changement de statut de l’entreprise en société anonyme (S.A.) Bref : on a gagné que dalle !

Alors un bilan, pour quoi faire ? Cette défaite d’une lutte ouvrière s’inscrit dans la suite impressionnante de revers qui nous est infligée par l’offensive capitaliste. Fort de son succès, le gouvernement va multiplier ses initiatives sur tous les plans (retraite, chômage, etc.) en mettant à profit le sentiment que résister est sans effet. Si l’on veut rompre avec ce sentiment, contribuer à ce que les luttes ouvrières se hissent à la hauteur de cette offensive débridée et retrouver les véritables forces du mouvement ouvrier, il faut un bilan sans concession. Bilan en positif comme en négatif qui doit nous servir pour continuer de militer en apprenant du passé.

On pourra nous dire : vous noircissez le tableau à parler de défaite, il n’y a qu’à voir les chiffres de participation à la grève pour se convaincre du contraire. Oui bien sûr, la base des grévistes a été souvent nombreuse. Mais cette réalité pose encore plus de problèmes. Comment, dans ces conditions de forte participation, arrive-t-on à une sortie de lutte sans qu’aucune concession, même la plus minime, n’ait été arrachée au gouvernement ? Nous sommes d’avis que la critique et l’auto-critique sont vitales pour tirer les leçons de ce mouvement.

Les points de vue développés ici reflètent une expérience locale et limitée. Nous sommes donc très intéressés à les approfondir à la lumière d’autres expériences de lutte (contact : collectifdouvriers@protonmail.com). Il est bien possible qu’ailleurs la lutte ait pris des formes différentes. Enfin et surtout, nous voulons ouvrir la discussion dans l’intérêt de l’ensemble de notre classe sociale, sans nous limiter au cadre étroit d’une entreprise. Il n’y a pas de raccourci sur le chemin de l’organisation des ouvriers par les ouvriers eux-mêmes.

 

Premières réactions

Le rapport Spinetta est publié le 15 février. Dans ses grandes lignes est déjà annoncé le contenu du plan gouvernemental : reprise de la dette, transformation de l’entreprise en S.A., mise en concurrence, suppression du statut, etc. Le gouvernement avance ouvertement.

De l’autre côté, c’est l’attentisme. Il faut attendre le 22 mars pour voir la première réaction organisée par les syndicats. Cette journée d’action à Paris est annoncée comme une démonstration de force et c’est le cas… en trompe l’œil. Plusieurs milliers de manifestants dans la rue, qui défilent en deux cortèges parallèles : cheminots d’un côté, salariés de la fonction publique de l’autre. Pour faire du bruit, on a fait du bruit ! Mais entre les fumigènes, les sonos, les pétards éclatés à la masse, difficile de s’entendre et de discuter. Déjà l’option choisie par les syndicats (CGT en tête) apparaît  : montrer la force de la corporation organisée du haut vers le bas.

Pourtant des manifestations de la fonction publique ont lieu le même jour dans les différentes villes, à Nantes et ailleurs. On voit déjà que cette option tourne le dos à la recherche d’unité là où les travailleurs, localement, pourraient en maîtriser le développement.

Entre-temps est connu le calendrier de grèves : deux jours suivis de trois jours de reprise du travail. Notre première impression est négative : est-ce vraiment en étalant en longueur le mouvement qu’on va gagner ? Avec ce calendrier on donne des billes à la SNCF pour la laisser s’organiser (pas de réservation TGV ouvertes les jours de grève, par exemple). On peut se rassurer en se disant que des moyens d’action différents peuvent se compléter et monter en puissance. Il resterait possible de déborder le calendrier intersyndical après les premières périodes de grève.

Des discussions sur les modalités de grève ont lieu, mais la grande majorité s’affirme pour. D’autres y sont favorables avec quelques nuances. Quelques-uns espèrent un mouvement puissant qui déborde le cadre fixé. L’argument principal de cette majorité, ce sont les difficultés à mobiliser. Mais dans l’ensemble il reste difficile de tirer les vers du nez des uns et des autres pour faire un bilan du 22 mars et des suites. Or il y aurait un grand besoin de débattre de l’action.

Participation forte à la grève visible dans les taux de grévistes, aux premières AG aussi (240 le 3 avril) mais rapidement la démobilisation et la routine s’installent.

 

Le train-train de la grève

L’alternance jours de grève / jours travaillés devient une routine, certains choisissent leurs jours en fonction de leurs besoins personnels, du week-end, … La participation oscille entre 60 et 150 grévistes aux AG, avec un rebond parfois à 200. Le train-train s’installe et se reproduit jusqu’au bout de cette période. Il y a bien des discussions, des interrogations. Mais pourquoi le calendrier de l’intersyndicale CGT-UNSA-CFDT n’a jamais été débordé ?

Θ il est évident que la masse des grévistes n’a jamais été en position d’aller plus loin que ce cadre, qui s’est imposé sur tout autre initiative. Soyons directs : il manque la détermination chez bon nombre de se déplacer pour construire le mouvement.
Θ comment l’expliquer ? Les pertes de salaires ne peuvent sérieusement expliquer les freins à la combativité. Les menaces disciplinaires sont réelles, mais pas générales. On constate quelques fois un individualisme affirmé, on croise plus souvent le sentiment d’impuissance. « À quoi bon lutter puisque Macron veut aller jusqu’au bout ? » Ce manque de détermination, de liens actifs avec la grève, peuvent s’expliquer : éloignement du domicile du lieu de travail, des collectifs de travail, poids des restructurations successives, etc.
Θ mais les doutes sur les méthodes syndicales sont plus que justifiées. L’intérêt de l’AG comme assemblée de débat avait déjà été vidé de sa substance par les syndicats qui organisent le mouvement. On est assommés par la lecture de longs communiqués syndicaux tout faits. En revanche le débat sur place est inexistant. Seules quelques interventions plus « pêchues » rompent cette monotonie, mais ne remplacent pas le véritable débat. L’issue de l’assemblée est connue d’avance.

 

Convergence des luttes ?

On a entendu cet argument ahurissant : les cheminots seront plus forts s’ils restent sur leurs revendications propres à la défense de la SNCF et du statut. Rien de plus faux ! L’intersyndicale a travaillé constamment dans une optique corporatiste en mettant en avant l’unité des cheminots (donc entre exécution, maîtrise et cadres), par l’épuisement du mouvement dans la fameuse « vot’action », etc. Et elle parle au bout du compte d’une « lutte exemplaire » !

En avril, plusieurs mouvements ou grèves locales (Nantes métropole, EDF, étudiant-e-s) permettaient d’envisager une possible extension du mouvement. Cependant les luttes ou début de luttes resteront isolées entre elles, telle la journée d’action (22 mai) de la fonction publique décalée par rapport au préavis SNCF. Les syndicats de ENEDIS de leur côté lanceront une grève large à la toute fin du mouvement cheminot…

La manifestation du 14 avril a vu la succession de deux manifestations : la 1ère appelée par l’intersyndicale, la 2nde par les soutiens de la ZAD de NDDL. Sans être ridicule, la participation à la première est limitée et les cadres syndicaux sont exaspérés parce que le cortège cheminot est dépassé par d’autres éléments. Même si la manifestation reste assez solidaire pour le « deuxième tour », seule une poignée de cheminots reste sur place. De toutes façons, la manifestation est arrêtée par les flics et stérilisée par les affrontements.

À la fin de la manif du 19 avril, nous avons était accueillis par les forces de l’ordre au bout du pont Anne de Bretagne par un petit jet de gaz lacrimo. Nous avons mis un peu de temps pour arriver à se rassembler devant les anciens chantiers Dubigeon. Plein de monde était déjà parti à cause de l’attente, des gaz et de la mise en place tardive du camion du syndicat pour que les gens prennent la parole. Les même discours aussi long, nous sommes restés à une centaine de personnes. Par la suite les flics ne sont plus intervenus et sont partis. Pour une manif interpro, c’était bien maigre !

Il faut bien remarquer le peu d’intérêt de la base porté aux autres luttes. Nous voyons peu de curiosité pour aller échanger avec d’autres sur des perspectives communes. Il est remarquable que malgré les nombreuses journées de grève, presque tous les rendez-vous aient lieu dans un rayon de 500 mètres autour de la gare. Des échanges auront lieu (intervention d’un représentant CGT de l’EDF, de groupes étudiant-e-s à plusieurs reprises, rencontre aux finances publiques) sans déboucher sur une quelconque mobilisation.

Chacun reste devant son lieu de travail plutôt que d’aller rechercher l’extension du mouvement. Ces initiatives attirent peu et manquent vraiment de combativité. On voit bien que des mots d’ordre séparés, chacun de son côté, ne sont pas un terrain favorable à la lutte collective.

La création d’une caisse de solidarité et la publicité qui lui est faite dans les media accréditent l’idée que les cheminots serviraient de bouclier pour les autres travailleurs. Ceux-ci devraient soutenir les cheminots, non par leur propre action et leur lutte, mais par le don d’argent. La Tribune des cheminots (juillet-août 2018) valorise cette attitude de spectateur, pas d’acteur, en reproduisant des messages reçus de donateurs : « merci de vous battre pour vous et pour nous », « ne lâchez rien, tenez bon », etc. Les acteurs de cette caisse sont connus : des intellectuels de gauche qui trouvent là leur raison d’exister et les organisations syndicales. Si l’importance des dons témoigne d’une sincère solidarité à la base, la stratégie syndicale de grève longue et d’unité par délégation est une impasse pour l’avenir.

Il existe certes une petite minorité active composée de militants syndicaux ou politiques qui cherche à provoquer des convergences. Mais il ne lui appartient pas de créer des conditions que seul le mouvement des travailleurs peut développer, conditions qui manquent encore. Au printemps 2018, la dynamique du mouvement étudiant était localement assez importante et aurait pu être un terrain de convergences (on fait exception de la lutte à NDDL qui renvoie à une autre composition sociale, d’autres buts et donc d’autres développements). Or le mouvement des cheminots n’est jamais allé vers la solidarité agissante, et c’est par là que les grévistes ont perdu.

 

Le verrou syndical

Les syndicats sont restés de bout en bout aux commandes de la lutte. Beaucoup de collègues sont critiques, sceptiques, ne se sentent pas représentés par les syndicats, mais ne sortent pas des habitudes de délégation. Nombreux sont les militants de la grève à être encartés ou à s’afficher avec un badge syndical (90 % à vue d’œil). Le rôle dirigeant de la CGT ne lui a jamais été disputé.

Le syndicat a un fonctionnement basé sur l’homogénéité de façade, une structure pyramidale à l’image de l’État. Les AG inter-services sont balisées au préalable par l’intersyndicale et les AG de syndiqués (elles-mêmes dirigées en amont).

SUD n’a pas joué un rôle plus positif : des interventions certes moins corporatistes, plus combatives, mais sa position sur le passage à la grève reconductible est restée très timorée. SUD est resté solidaire de l’intersyndicale et n’a pas cherché à transformer le mouvement dans le sens d’une organisation de la grève par les grévistes eux-mêmes. Ainsi l’enjeu n’est pas d’opposer un syndicat à un autre, mais de débattre d’une orientation sur le fond.

Le matériel syndical est abondant pour diffuser les consignes d’action et les explications techniques. Les syndicats ne manquent pas de propositions et d’inventivité, comme si Macron avait seulement fait de mauvais choix et que d’autres choix seraient à portée de main.

Il n’y a donc aucune explication véritable de la crise qui mène au démantèlement de l’ex-monopole SNCF. Il n’y a pas non plus de contenu positif pour les ouvriers (conditions de travail, nuit et travail décalé, mobilité imposée, salaires, etc.) La CGT défend au contraire le statut avec des droits comme contre-partie des devoirs du cheminot envers son entreprise.

 

Nous avons dégagé de ces expériences quelques leçons 

1°- Après la fin du calendrier initial (28 juin), la CGT lance de nouvelles journées, elle nous appelle à « continuer la lutte » dans le cadre de cette « mobilisation inédite ». Plutôt que d’appeler à de nouvelles actions qui ne peuvent que reproduire l’échec de celles auxquelles nous avons déjà participé, l’urgence est de se regrouper pour discuter et exercer notre esprit critique.

La classe ouvrière n’est pas épargnée par l’inculcation, dès le plus jeune âge, d’idées puantes : concurrence, chacun pour soi, nécessité d’écraser les autres pour s’en sortir. Face à toute cette pollution dans les têtes, la conscience de classe est notre 1ère force. Cette conscience ne peut s’affirmer qu’en prenant le temps de débattre, de remettre en question les consignes, surtout quand elles viennent des syndicats qui prétendent être nos défenseurs. D’autres mouvements vont venir : il faudra se regrouper dès le début pour favoriser cet état d’esprit et éviter de se mettre à la traîne des événements

2°- la situation actuelle est marquée par un mécontentement ouvrier général. Mais notre lutte n’a pas été prise en main par les grévistes eux-mêmes, elle n’a pas cherché à déborder le cadre traditionnel du syndicat et des mots d’ordre propres à la SNCF. Or la conscience véritable de la situation passe par des revendications communes aux ouvriers contre toutes les divisions d’entreprises, de régions, de secteurs, etc. puisque nous avons tous en commun d’être salariés (ou privés d’emploi) par le capital

3°- au-delà de la résistance indispensable au gouvernement et au patronat, il faut donner à notre lutte un contenu beaucoup plus large et radical. Les ouvriers forment la classe qui par son travail est à l’origine du profit. C’est par notre travail que les Vinci, SNCF, Arcelor-Mittal, E.Leclerc, LU et autres capitalistes se battent dans la course au profit. Nous n’avons aucun devoir ou respect à observer pour les entreprises responsables de l’exploitation et la hiérarchie.

Le progrès technique ne doit plus servir à augmenter le chômage et la précarité. Il devrait servir au contraire à réduire drastiquement le temps de travail. Il devient clair que le système capitaliste s’enfonce dans la crise. Défendre nos conditions de vie doit donc déboucher sur une lutte contre ce système dans sa globalité. Nous ne voulons pas servir la machine à fric, mais nous en débarrasser.

Un collectif d’ouvriers
juillet-août 2018.

Si ce texte t’a intéressé, si tu veux le commenter, le critiquer, …
contacte-nous à : collectifdouvriers@protonmail.com

publié le dimanche 26 août 2018 à 14:17 | cheminots
Texte sur la grève SNCF qui c’est déroulée à NANTES et ses environs.

3 pensées sur “Tirons les leçons de la grève SNCF (2018)

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      12 octobre 2018 à 14 02 50 105010
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      @ DO

      Au risque de me répéter Il n’y a pas et il ne peut y avoir de « DÉCADENCE » de la classe ouvrière aliénée, opprimée, endoctrinée, sans pouvoir aucun dans ce mode de production qui LUI est effectivement en décadence – l’ambiance internationale l’atteste suffisamment (Voir notre série d’articles qui décrivent cette décadence dans le détail).

      Pour entreprendre une phase de décadence une classe sociale doit être au faîte de son pouvoir – un mode de production doit être au sommet de son développement et donc du développement des contradictions qui le font se mouvoir – mobilité qui l’amène à péricliter à entrer en décadence.

      Dans l’article que tu donnes en référence DO ont li que la classe ouvrière = qui n’a jamais détenu le pouvoir dans aucune instance du mode de production (économique, politique, idéologique ou social) se battait relativement bien à une certaine époque (et qu’elle a au total perdu toutes ses batailles) et que peu à peu elle s’est épuisée, affaiblie, elle a été trahie par les agents de la bourgeoisie dans ses rangs, elle a été infiltrée par les petits-bourgeois stipendiés qui sont venu y semer le pessimisme et le défaitisme (la décadence petite-bourgeoise) et qu’a la fin la classe ouvrière et le prolétariat dans son ensemble a baissée les bras = las – épuisé – d’une guerre d’usure que le grand capital doit lui mener et gagner pour sa propre survie… sans savoir que sa victoire est le garant de sa perte (il faut relire Marx pas pour y trouver des traces de communisme mais pour y comprendre le capitalisme).

      Ca c’est une chose que seule la classe ouvrière sait et comprend – le grand capital mènera assaut après assaut après assaut sans fin contre le prolétariat, espérant ainsi stopper sa décadence de grand bourgeois – déchéance sur le plan économique d’abord – politique et moral ensuite –

      Mais voilà ce que grands et petits-bourgeois ne comprennent pas = c’est que le jour où ils croiront avoir gagner la partie – la guerre – contre le prolétariat, l’ayant totalement écrasé (ce qui fera dire à la go-gauche que le prolétariat est décadent et annihilé, défait et défaitiste) ce sont eux les capitalistes qui seront annihilés, lessivés, écrasés car qui assurera la valorisation de leur capital = raison d’être des capitalistes par la suite? Leur victoire sera leur plus grande défaite (relire Marx génial dans cette portion de son oeuvre).

      Les deux classes antagonistes sont prises – enchaînées l’une à l’autre et la décadence de la classe hégémonique-capitaliste- signifie la descente aux enfers (pas la « décadence » comme je l’explique plus haut) de la classe ouvrière antagoniste – qui coincée dans un coin sur le bord de l’extinction n’aura d’autre choix que de réagir violemment pour survivre (ou disparaître) = briser toutes ses chaines morales-idéologiques-politiques et les plus importantes les chaînes économiques. Celà s’appelle la RÉVOLUTION que les bureaucrates syndicaux – les bobos et la go-gauche ne pourront entraver-enrayer ni liquider.

      Alors, les bobos de go-gauche se lèveront d’entre les morts et crieront leurs slogans de ralliement « RÉFORMONS LE CAPITALISME – FAISONS PAYER LES RICHES – EMPRISONNONS LES BANQUIERS – SAUVONS LA PLANÈTE ET LE CLIMAT – LES DROITS DES ANIMAUX ET DES LGBTWIEX – TAXONS LES MILLIARDAIRES – NATIONALISONS CECI ET CELA – SOYONS INSOUMIS et mille autres slogans réformistes-opportunistes-STUPIDES-DÉGÉNÉRÉS = mais en vain, car les ouvriers en survient ne les écouterons plus et tous les Mélanchons de ce monde seront ignorés et désavoués.

      Révolution totale la plus grande que la terre n’ait jamais connu – oublié octobre et la révolte paysanne dirigée par des petits-bourgeois jacobins en révolte dans un seul pays arriéré – décadent du féodalisme mais mûr pour le capitalisme bolchevique, ici gît le capital sera écrit sur leur pierre tombale de marbre.

      Le texte présenté par le camarade BAD décrit par le menu le cheminement de conscientisation révolutionnaire d’un groupe d’ouvriers exemplaires et je les félicite grandement… Notre classe avance voilà le message de cet article

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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    12 octobre 2018 à 22 10 13 101310
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    Salut
    Que la classe ouvrière se manifeste par des luttes grandioses et des période d’ abattement ce n’ est guère une nouveauté il suffit de prendre l’exemple de la lutte des mineurs anglais qui se sont fait liquider parce que ailleurs l’ exploitation du charbon était plus avantageuses…Do devrait nous produire un texte sur les luttes de classes face aux délocalisations. Pour la SNCF son drame provient de l’utilisation d’internet et des NTIC qui pénètrent dans le monde du travail en brisant « l’ espace temps  » de l’ exploitation il n’y a plus de vie privée, l’ entreprise s’impose partout en tout lieu à tout moment et sans frontière. Tel est le nouveau monde.

    CANADA La grève des grutiers
    Dans ce qu’est aujourd’hui le BTP, sur les chantiers de constructions de toutes sortes, la grue est un des éléments essentiels du procès de construction, ce qui donne aux grutiers un pouvoir de fait. De plus, ce sont des spécialistes qui assument de grandes responsabilités et qui doivent avoir une sérieuse formation professionnelle. Jusqu’alors, on ne parlait guère de grèves de grutiers mais récemment, un mouvement de grèves sauvages de grutiers en Chine avait focalisé la lutte de classe sur cette activité.
    Le 14 juin dernier, les grutiers du chantier de construction du pont Champlain à Montréal se mettent en grève sauvage, totalement illégale suivant la réglementation canadienne du travail. Leur protestation se dirige contre un changement important dans la formation des grutiers imposée par l’organisation patronale du secteur, la Commission de construction du Québec (CCQ).
    D’une part, la période de formation qui était jusqu’alors de 870 heures est réduite à 150 heures et même à 80 heures pour ces grues mobiles que sont les camions-flèche, d’autre part ce changement autorise le remplacement temporaire d’un grutier par un ouvrier quelconque du bâtiment. Le syndicat Union des opérateurs de grues n’a pratiquement pas réagi à cette réforme. Ces grutiers en grève mettent en avant les risques évidents touchant la sécurité sur les chantiers mais il s’agit aussi de la défense professionnelle contre un accès plus facile à cette profession qui serait un moyen de pression des patrons sur las salaires et sur les conditions de travail.
    La grève fait tache d’huile spontanément sur tous les chantiers de construction du Québec, et le lundi 18 juin la grève est totale, bloquant pratiquement tous les chantiers du BTP.
    Le CCQ ne tarde pas à réagir, d’une part en criminalisant les démarches des grutiers en grève souhaitant le débrayage le plus total possible, assimilant ces démarches à des chantages, pressions physiques (ce qui n’est jamais exclu dans toute grève, 650 dossiers de poursuites ont été ainsi établis), d’autre part en déposant un recours devant le tribunal administratif pour faire déclarer la grève illégale et ordonnant la reprise du travail sous peine de pénalités importantes. Un tel jugement est rendu le 21 juin. Le syndicat, s’il apparaît qu’il soutient la grève d’une manière ou d’une autre, encourt une amende qui peut se monter jusqu’à 80 dollars par jour, et doit entériner ce jugement en ordonnant la reprise du travail, qui est effective le 25 juin, pas tant à cause de l’ordre du syndicat mais des menaces d’amende voire de licenciement contre les grévistes.
    Le syndicat ne peut faire autre chose que de demander la formation d’une commission pour étudier les conditions d’application de la réforme patronale sur la formation des grutiers.

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