Trente ans de libéralisme

Recherche menée par Robert Gil

sportCela fait trois décennies que les trente glorieuses ont sonné leurs glas, et autant de temps que la vague libérale s’est répandue sur la planète. C’est donc depuis une éternité, que l’on nous rabâche qu’il n’y a pas d’alternative et que le sens de l’histoire a pris son élan pour ne jamais plus en être dévié.

La libéralisation de l’économie repose sur quelques piliers dont les différents gouvernements ont usé massivement ce qui a profondément changé les rapports de forces entre le capital et le travail.

La suppression des barrières en tout genre a permis de mettre en concurrence tous les travailleurs de tous les continents, ce qui a contribué à niveler par le bas les salaires. Dans le même temps, les capitaux ouverts au grand monde ont eu tout loisir de fureter à travers le globe pour optimiser leur profitabilité. Que leurs départs massifs entraînent un effondrement de l’économie et leurs arrivées tout aussi massifs entraînent la création de bulle ne les perturbent pas dans leurs quêtes. L’optimisation fiscale comme l’opacité étant indispensable à une bonne libéralisation, les paradis fiscaux jouent le précieux rôle de lubrifiant. La financiarisation a permis de doper l’activité de prêt des banques qui s’est développé trois fois plus vite que l’activité économique dans son ensemble. Les échanges mondiaux de marchandises et de services sont 200 fois moins important que les transactions sur les marchés financiers. La généralisation des crédits a permis temporairement de compenser des salaires érodés pour relancer une consommation en berne, mais a eu aussi pour conséquence d’endetter les salariés ainsi que les différents pays.

Outre l’intensification de la libéralisation des marchés, la logique libérale opère sur la réduction des budgets publics et sociaux. Les plans d’austérité incluent des réductions des fonctionnaires, le non-remplacement des départs à la retraite, le gel des embauches, des baisses de salaires, des réductions des investissements publics, des reports d’âge de la retraite, des baisses de pensions de retraite. Les conséquences inévitables sur la baisse de la consommation n’entrent pas dans le logiciel du capitalisme car cela répond à des logiques d’un terme beaucoup trop long pour lui. Les plans d’austérité ont donc provoqué une régression du pouvoir d’achat des nombreux ménages. Ces plans d’austérité ont par ailleurs conduit à une hostilité croissante à l’impôt qui accentuée par la propagande des médias, conduit une partie de l’opinion à accepter plus facilement les coupes dans les dépenses publiques que la hausse des impôts pour réduire les déficits. La volonté de saborder le seul mécanisme visant à gommer les inégalités fait partie intégrante de la parfaite panoplie libérale. Ainsi les impôts sont ramenés à leur portion congrue.

Le cas des trois individus qui ont incarné ce virage (Thatcher, Reagan et Mitterrand) est emblématique. Ils s’y sont engouffrés car ces politiques qui caressaient le grand capital dans le sens du poil leur ont permis de prendre le pouvoir ou de le conserver avec leur aide et leur conseil. Il est important de noter qu’une fois ses précurseurs disparus, leurs successeurs n’ont jamais donné un coup de volant dans le sens inverse. C’eut été beaucoup trop dangereux pour eux. C’est ainsi que la tendance à la libéralisation s’est approfondit.

Mais le point crucial à saisir absolument réside dans le fait que le virage libéral ne résulte pas d’une orientation politique quelconque, ni d’une affaire de goût ou de convenance personnelle. Cette politique libérale est vitale car elle est consubstantielle à la survie (momentanée) du capitalisme. La libéralisation de l’économie n’a été que la condition indispensable pour prolonger le capitalisme jusqu’à aujourd’hui, menaçait qu’il était au début des années 1970 par la crise qui ne faisait alors que commencer. C’est donc parce que le capital en avait besoin pour maintenir son taux de profit, que des politiciens affidés l’ont appliqué. Comprendre ceci est d’autant plus important que cela condamne les économistes atterrés qui regrettent le capitalisme des années 60 et cela discrédite les naïfs qui croient au capitalisme vertueux grâce à de puissants gardes fous. Il est, de même manière, illusoire de condamner les politiques d’austérités sans comprendre que dans ce système économique là, c’est leur seul salut.

Par VILA sur LGS

 « Le Monde va de plus en plus mal depuis l’effondrement de l’URSS alors qu’il aurait logiquement dû aller de mieux en mieux puisque le capitalisme avait les mains complètement libres pour répandre ses bienfaits ! » … OZERFIL

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