Turquie – une tentative de coup d’État menée par l’Occident contre Erdogan ?

Réponse à ceux qui croient qu’il y a eu en Turquie une tentative de coup d’État menée par l’Occident contre Erdogan

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Salut à toutes et à tous,

Au sujet des récents événements en Turquie, certains disent qu’il y a une « bataille visant à prendre le contrôle du pays par les forces pro-OTAN pro-UE »

M’enfin ! Il me paraît clair que la Turquie est un porte-avion américain depuis fort longtemps. D’ailleurs toute la guerre contre la Syrie antisioniste de Bachar el-Assad n’aurait pu avoir lieu si la Turquie n’avait pas accepté d’être la base arrière des mercenaires islamistes au service de l’Occident :

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La Turquie appartient bel et bien à l’Occident depuis fort longtemps et Erdogan n’aurait jamais pu s’y établir, il y a des années, si l’Occident ne l’avait pas voulu.

Le coup d’État en Turquie n’a donc pas été mené par l’Occident contre Erdogan. C’est l’évidence-même. D’ailleurs, dans un premier temps, l’Occident a condamné le coup d’État apparent ! C’est seulement quand l’Occident a eu l’impression que la répression d’Erdogan contre cette « tentative de coup d’État » a été trop forte qu’il a fait des reproches à Erdogan.

C’est tout ça qui me fait dire qu’en fait les opposants militaires kémalistes sont tombés dans un piège. Un piège tendu par Erdogan afin d’avoir une bonne excuse pour prendre le pouvoir absolu. En fait, c’est Erdogan lui-même qui a mené de main de maître le coup d’État de bout en bout :

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Erdogan n’avait pas pu réussir par le biais de la manipulation du terrorisme, puisque la population turque avait compris depuis longtemps que c’était lui qui le manipulait :

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Cela faisait des années qu’Erdogan échouait à obtenir le pouvoir absolu par le biais de la manipulation du terrorisme, méthode utilisée par Hitler avec l’incendie du Reichtag :

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Cette méthode n’ayant pas fonctionné en Turquie, Erdogan a donc utilisé une autre méthode. Il a fait croire aux militaires kémalistes, probablement par le biais d’espions infiltrés, qu’ils avaient une opportunité de faire un coup d’État libérant la Turquie d’Erdogan et de ses frères musulmans. Et les kémalistes sont tombés dans le piège comme une souris dans une souricière, avec bout de fromage pour attirer et tapette pour tuer.

Dans un premier temps, ce sont les mercenaires islamistes, dont Erdogan dispose par dizaines de milliers, qui ont joué face aux télés du monde entier le rôle du bon peuple qui se révolte militairement contre un coup d’État militaire. Puis, le peuple, n’ayant pas vu le piège, les a rejoint.

Dorénavant, Erdogan a tout le pouvoir. À ceci près qu’il n’avait visiblement pas demandé l’autorisation de l’Occident pour faire son coup d’État. Ce qui explique que, dans un premier temps, quand l’Occident a cru que les kémalistes allaient renverser leur allié Erdogan, il a condamné le coup d’État apparent ; puis, quand il a compris que c’était en fait Erdogan qui avait manigancé tout ça depuis le début pour devenir un dictateur absolu, et ce, surtout, sans lui avoir demandé la permission, alors l’Occident s’est mis à condamner l’excès de répression d’Erdogan parce que l’Occident ne veut jamais l’élimination totale d’un clan. « On » ne sait jamais de qui « on » pourrait en avoir besoin un jour.

Quant à croire, comme Israël Shamir, que les Russes ont aidé Erdogan contre un coup d’État mené par l’Occident en Turquie, il faut tout ignorer de la situation internationale dans cette région — avec avion russe abattu par la Turquie, Russes qui bombardent les mercenaires islamistes entraînés et armés en Turquie, etc. — Incroyable que Shamir ait pu écrire de pareilles bêtises ! Il s’est fait acheter ou quoi ! ? !

Peut-être Shamir est-il bête ? car, après tout, il faut être bête, quand on est juif, pour se convertir au christianisme en croyant ainsi dénoncer le sort fait par le sionisme aux Palestiniens ; en effet, cela montre qu’on ne fait pas la différence entre judaïsme et sionisme. Ce n’est pourtant pas ici le judaïsme qui est coupable, mais le sionisme, ce qui n’est PAS la même chose ! Pas étonnant, après ça, que Shamir soit attaqué en antisémitisme !

Bien à vous,
do
3 août 2016
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Turquie – L’OTAN et le « putsch » turc (Manlio Dinucci – Il Manifesto – 18 juillet 2016)

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Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Turquie_coup2_Latuff2016

Erdogan en fuite volant vers l’Europe à la recherche d’un gouvernement qui lui concède l’asile politique, les putschistes désormais au pouvoir parce qu’ils occupent la télévision et les ponts sur le Bosphore, Washington et les capitales européennes, jusque l’Otan, prises au dépourvu par le coup d’État : ce sont les premières « nouvelles » venant de Turquie. Toutes plus fausses l’une que l’autre.

Ce qui émerge avant tout c’est que, y compris dans sa tragicité (des centaines de morts et milliers d’arrestations), ce qui s’est passé en Turquie se présente comme la mise en scène d’un coup d’État.

Les putschistes n’essaient pas de capturer Erdogan, officiellement en vacances sur la Mer Égée, mais lui laissent tout le temps de se déplacer. Ils occupent symboliquement la télévision d’Etat, mais ne brouillent pas les émetteurs privés pro-gouvernementaux et Internet, permettant à Erdogan de les utiliser pour son « appel au peuple ». Ils bombardent symboliquement le parlement d’Ankara, quand il est vide. Ils occupent les ponts sur le Bosphore non pas en pleine nuit, mais de façon ostentatoire le soir quand la ville est pleine de monde, en se mettant ainsi dans un piège. Ils n’occupent pas par contre les principales artères, laissant le champ libre aux forces gouvernementales.

L’action, même destinée à l’échec, a nécessité la préparation et mobilisation de milliers d’hommes, de véhicules blindés et d’avions. Impossible que l’Otan ne fût pas au courant de ce qui se préparait. En Turquie il y a un réseau d’importantes bases Otan sous commandement étasunien, chacune dotée de son propre appareil de renseignements.

Dans la gigantesque base d’Incirlik, d’où opère l’aviation étasunienne et alliée, sont déposées au moins 50 bombes nucléaires étasuniennes B-61, destinées à être remplacées par les nouvelles B61-12. À Izmir se trouve le Commandement terrestre allié (Landcom), c’est-à-dire le commandement affecté à la préparation et à la coordination de toutes les forces terrestres de l’Otan, aux ordres du général étasunien Darryl Williams, ancien commandant de l’US Army Africa à Vicence (Vénétie). Le quartier général d’Izmir a été visité à la fin du mois de juin par le nouveau Commandant suprême allié en Europe, le général Curtis Scaparrotti.

Outre les commandements et bases officiels, les USA et l’Otan ont en Turquie un réseau « couvert » de commandements et bases constitué pour la guerre contre la Syrie et d’autres opérations. Comme l’a documenté même une enquête du New York Times, dans le cadre d’un réseau international organisé par la CIA, depuis 2012 est arrivé dans la base turque d’Esenboga un flux incessant d’armes, achetées avec des milliards de dollars fournis par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du Golfe, qui ont été fournies à travers la frontière turque aux « rebelles » en Syrie, et aussi à l’Isis/Daesh.

Avec de faux passeports (spécialité CIA), des milliers de combattants islamiques ont afflué dans les provinces turques d’Adana et du Hatay, frontalière avec la Syrie, où la CIA a ouvert des centres de formation militaire.

Tout à fait fausse, donc, la « nouvelle », diffusée ces jours-ci, que Washington n’apprécie pas un allié comme Erdogan parce que celui-ci soutient en sous-main l’Isis/Daesh. Il n’existe pas encore d’éléments fondés pour comprendre s’il y a, et dans quelle mesure, une fissure dans les rapports entre Ankara et Washington et surtout quels en sont les motifs réels.

En accusant Fetullah Gulen, résidant aux USA depuis 1999 et allié d’Erdogan jusqu’en 2013, d’avoir inspiré le putsch, et en réclamant son extradition, Erdogan joue à la hausse, pour obtenir des USA et de ses alliés européens de plus grosses contreparties pour le « précieux rôle » (comme l’a qualifié Stoltenberg le 16 juillet) de la Turquie dans l’Otan.

En attendant Erdogan fait place nette de ses opposants, pendant que Mogherini prévient que, s’il utilise la peine de mort, la Turquie ne peut pas entrer dans l’UE, parce qu’elle a signé la Convention sur les droits de l’homme.

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