Un film-catastrophe de le BCE et de la Fed : "Finance odyssée, au-delà des limites"

LE YETI   

La finance internationale, par les décisions récentes de deux de ses principales banques centrales — la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) — vient de basculer au-delà des limites du possible, dans l’abîme de terres inconnues, avec tous les dangers qu’une telle aventure insensée représente.

Après Mario Draghi (BCE) promettant un rachat « illimité » des dettes pourries d’États européens rincés, voici que Ben Bernanke (Fed) vient de lancer un troisième “assouplissement” quantitatif (“quantitative easing”) qui ne dit pas son nom. 40 milliards par mois pour racheter des titres avariés. Jusqu’à ce que la machine économique américaine affiche « une amélioration soutenue ».

“No limit !”

Autant dire “no limit !” là aussi, parce que vu le succès des deux premières injections massives en dollars, Ben Bernanke a toutes les raisons de se faire un fichu souci d’encre. Et “raisons”, façon de parler, parce que la planche à billets naît quand la raison trépasse, surtout quand elle est destinée à racheter de la camelote putride.

D’ailleurs, passée l’euphorie hallucinée de ces junkies de marchés, il est des opérateurs qui s’interrogent sur ce maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante “pendant un temps considérable”.

Euh, s’interrogent en substance les experts du cabinet RDQ Economics, « terre inexplorée », là, isn’t it ? Pour les deux premiers “quantitive easing”, on avait au moins « une connaissance assez concrète du montant total des achats et du délai », renchérit son confrère de Barclays Capital.

Perte de contrôle

Il en est qui remettent carrément en cause cette fuite en avant, beaucoup plus contrainte par des coups de pieds au cul venant de derrière que par la carotte promise à l’horizon. Boris Pilichowski, gestionnaire de fonds à Londres, est de ceux qui dessinent des murs vachards à l’infini proposé par nos zèbres financiers avec l’aval morveux des politiques.

« Ce procédé est aussi vieux que l’existence de la monnaie. Il s’agit d’imprimer de l’argent pour payer les dettes d’un Etat et de ses banques en faillite. »

Problème :

« Ce que l’État paye d’un côté avec de l’argent sorti de nulle part, il le reprend par l’augmentation des prix […] L’inflation monétaire est une taxe lâche, puisque levée de façon détournée, et irresponsable, puisque non contrôlée. »

Les murs douloureux de l’infini

Premier mur :

« Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés. »

Second mur :

« Les jeunes Européens ne vont pas tarder à comprendre que les solutions économiques proposées pour sauver l’Europe servent avant tout leurs aïeux. Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses. »

Vous rappelez-vous cette scène finale hallucinante du film de Kubrick, “2001, l’odyssée de l’espace”, quand les humains planétaires, à la quête de ce qu’ils ne comprendront jamais — la mégalithe noire — basculent au-delà des limites de l’infini (“beyond the infinite”) et sont ramenés aux mystères de leur propre existence terrestre : la naissance, la vieillesse, la mort ?

Eh bien c’est exactement ce qui est en train d’arriver à notre bonasse finance internationale prise de folie. Une plongée vertigineuse au-delà des limites du concevable. Une cavalcade démente vers sa propre fin. Mais à la différence près que les acteurs sont plutôt extraits de la série du Gendarme à Saint-Tropez.

 

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