Un gouvernement déjà battu avant d’avoir commencé

Oulala, les cinq ans à venir s’annoncent moroses pour le chroniqueur ! Ce discours de brêle qu’il nous a sorti, le ministre Ayrault, devant l’Assemblée. Nous voilà à l’aube maussade d’un quinquennat de crise revue et visitée par les nuls.

Tartine mariolle

N’épiloguons pas sur les ingrédients de la tartine mariolle ministérielle. D’autres l’ont déjà très bien fait. Mais essayons d’en mesurer toutes les inévitables et désastreuses conséquences à venir.

Ça n’est certainement pas en se réfugiant dans le déni puéril — “ceci n’est pas une austérité” — ni dans le volontarisme benêt — “on va réaliser notre programme” — que l’on risque d’enrayer le rouleau-compresseur de la “Grande perdition”.

Il suffit de reprendre les déclarations de tous nos apprentis ministres pour constater que la priorité des priorités sera uniquement comptable : rééquilibrer D’ABORD le comptes, ensuite… ensuite, alea jacta est !

Qui n’avance pas recule

Le problème est que cette priorité a déjà été adoptée par d’autres pays dans la panade. Et qu’on a déjà vu et archi-vu les bonus de panade que ça donnait.

La Grèce rincée à l’os par la multiplication des plans de “non-austérité” s’apprête à annoncer une récession deux fois “pire que prévue” (-6,7% selon les derniers pronostics officiels). Idem pour le Portugal (-3,4%) qui essaie vainement de se faire oublier derrière les maxi déboires de son voisin ibérique.

Hollande et Ayrault de leur côté viennent de procéder à trois corrections coup sur coup de la croissance française estimée pour 2012 : +0,5% avant les élections, +0,4% le 26 juin (Insee), +0,3% dès le 3 juillet. Au train où c’est parti, ils peuvent tout de suite coller un moins devant leur prévision fantaisiste de 1,2% pour 2013.

Qui avance n’importe comment recule aussi

Prendre son courage à deux mains et se lancer dans la relance ? Primo, on a déjà vu que cette stratégie de reprise productiviste ne donnait strictement plus rien dans les pays qui l’ont tentée (USA).

Deuxio, Hollande et Ayrault (ah, ce discours !) n’ont décidément pas le coffre de s’opposer aux diktats d’une Troïka et d’un monde financier aux abois. Les électeurs “utiles” qui crurent bon de se débarrasser d’un futur perquisitionné pour un candidat de substitution vont en être pour leurs frais. Un gouvernement déjà battu avant d’avoir commencé.

Une troisième voie ? D’autres ont tenté de l’esquisser. Le Front de gauche avec son programme, Alexis Tsipras en Grèce. Peine perdue, les électeurs, surtout ceux des maisons de retraite, n’en veulent pas, préférant s’accrocher aux lambeaux de leurs illusions passées.

Source : Institut CSA/L'Humanité

Tant pis pour eux ! Parti comme c’est, la crise aura le temps de leur apprendre à vivre avant qu’Alzheimer ne leur fasse opportunément oublier la panade où ils se sont précipités.

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