Vacances : carte postale de Najac (où je ne suis pas allé)

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Bon, préservons notre intimité et racontons nos vacances dans un endroit où je n’ai pas mis les pieds. Le nom de Najac, est sorti un soir autour d’un verre(s) de Cauquellois, un petit blanc moelleux envoutant de ce coin du Quercy où je séjournais, à une soixantaine de kilomètres du lieu de l’histoire qui va suivre.

C’est par Christiane, une compagne d’apéro, que j’ai appris la singulière aventure d’une bande d’autochtones qui sévissaient dans cette cité aveyronnaise. Le génial mécano amoureux des poupées, le retraité philosophe, le paysan boulanger et sa famille, le chef de gare désabusé, la fermière et ses volailles, le bougon solitaire, le maire mélomane, la centenaire chantante…

Christiane connaissait certains membres de la bande. Le village n’était pas très loin. J’aurais aisément pu aller les rencontrer. Mais qu’allais-je débarquer avec mes gros sabots dans ce village ? Quoi se dire l’espace improbable de quelques heures ?

Il faisait une chaleur qui incitait à une douce torpeur. Les eaux vives du Célé tout proche s’offraient à la baignade. Les bouteilles de Cauquellois n’auraient pas tenu le frais le temps du trajet. Je ne suis pas allé à Najac.

Y’a pire ailleurs

Il y avait une manière bien plus singulière de faire connaissance avec cette attachante bande d’humains. Ils avaient été filmés. Le premier film, « La vie comme elle va », sortit en 2003.

Le second, « Ici Najac, à vous la terre », avec les mêmes héros, fut officiellement présenté hors compétition à Cannes en 2006 et nominé aux Césars 2007.

Le CD du dernier opus de la trilogie, « Y’a pire ailleurs » vient de paraître, ce qui sert de prétexte à ma petite carte postale de vacances.

Films bonheur

Jean-Claude R., l’ami qui m’accueillait pour ces vacances, monte depuis plusieurs années un projet de « films bonheur ». Les aventures de nos gentils olibrius de Najac ont été retoquées jusqu’à présent par ses collaborateurs. Trop tristes, selon eux.

Marrant et dommage à la fois, car avec cette punaise de Grande crise, l’art de vivre prôné par Jean-Louis le retraité philosophe risque d’être le seul potablement vivable – et possible – dans les années qui viennent.

Jean-Henri Meunier le réalisateur élut domicile à Najac pour les besoins de sa cause. Il poursuit aujourd’hui son œuvre de cinéaste-voyageur aux alentours de Toulouse.

Les protagonistes de sa saga aveyronnaise continuent vaille que vaille leur épopée immobile à Najac. Henri le génial mécano est mort, laissant inconsolables ses poupées, ses carcasses d’autos, ses vieux moteurs, son hélico fait main, ses amis survivants. Que la madone du bien vivre les accompagnent tous où qu’ils soient.

Sur ce je vous laisse et termine mon énième dernier verre de Cauquellois en souvenir ému de mes inoubliables vacances vidéo à Najac. Où rien ne devrait vous empêcher d’aller. Tchin à tous !

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