Vers une nouvelle économie, participative, sociale et solidaire

GILLES BONAFI:

Pour beaucoup, il n’y a que deux systèmes économiques possibles : capitaliste ou socialiste. Le modèle américain ou le modèle chinois pour résumer. Or, ces modèles ont échoué, ce que démontre l’aggravation de la crise systémique, l’explosion du chômage et de la précarité .Il existe cependant une autre alternative dont on parle peu : un système d’échange local de produits ou de services (SEL)par exemple.

L’avantage est de fonctionner en circuit fermé. Au sein d’un SEL, on échange des produits mais aussi des savoir-faire.  Une forme d’l’économie participative, sociale et solidaire, comme en parle Silvio Gesell.

Silvio Gesell ?  Les grands penseurs de l’économie n’étaient pas… des economists Adam Smith et Marx étaient philosophes, Keynes, diplômé en mathématiques et haut fonctionnaire,  Friedrich August von Hayek et Joseph Schumpeter, docteurs en droit, David Ricardo, agent de change et, cerise sur le gâteau, Frédéric Bastiat avait quitté l’école à 17 ans.

Silvio Gesell n’échappe pas à la règle. N’ayant fait aucune étude universitaire, il devint fonctionnaire à la poste impériale allemande, puis commerçant. Son cerveau non formaté par le moule universitaire imagina donc ce que je considère comme l’idée la plus extraordinaire en matière monétaire : une monnaie fondante.

Comme Ludwig Wittgenstein ou Kurt Gödel , Gesell est totalement inconnu du public, pourtant, son idée est totalement révolutionnaire.

Lorsque Gesell publia en 1916 L’Ordre économique naturel, il présenta en effet la théorie de la monnaie libre reposant sur la circulation d’une monnaie fondante, se dépréciant en fonction du temps. Gesell rendait ainsi à Chronos (Saturne) ce qui lui appartient.

Une monnaie fondante a ainsi de nombreux atouts :

  • fin de la thésaurisation
  • pas d’inflation (perte de valeur dans le temps)
  • circulation monétaire constante
  • le travail redevient l’élément clé de l’économie
  • pas d’intérêts
  • l’argent devient un outil social, il perd son caractère féti

Inquiétant pour les  financiers.   Vous comprenez mieux pourquoi ce projet a eu très peu de publicité et mérite toute notre attention….

Heureusement, certains n’ont pas oublié Gesell et tentent de mettre en application ses idées. Les monnaies complémentaires sont ainsi au coeur de nombreux projets dont l’€VA , le Sol sur l’île de Saint Martin, la Mesure de Romans etc,etc.

Le Chiemgauer, par exemple,  est une monnaie régionale fondante créée en 2003 en Bavière. Voici quelques éclaircissements :

Bomnne reflexiom
Gilles Bonafi

2 pensées sur “Vers une nouvelle économie, participative, sociale et solidaire

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    12 juin 2013 à 10 10 16 06166
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    Tout système quel qu’il soit, s’il oublie son but premier devient caduque et échoue.

    Le but premier de tout système économique est d’assurer une qualité de vie acceptable pour chacun des individus. Si le système refuse de le faire le plus rapidement possible, sans conditions, il échoue.

    C’est assez simple à comprendre.

    Si mon but est de ficher une flèche au centre d’une cible, il me faut décider de lâcher la corde de mon arc.

    André Lefebvre

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    • avatar
      12 juin 2013 à 13 01 27 06276
      Permalink

      Je ne connais pas Silvio Gesell, comme je suis curieux, je vais m’informer et qui sait, lire L’Ordre économique naturel.

      Le thème de monnaie fondante peut être constructif pour aider à trouver une système valide afin de remplacer l’économisme libérale anglo-saxonne qui est en faillite.

      Wittgenstein et sa théorie sur le langage, c’est pas très populaire en effet. Tant qu’aux mathématiques c’est très impopulaire, donc Kurt Gödel ne peut être qu’inconnu.
      À mon avis, le langage et les mathématiques sont très important à connaître et à savoir utiliser comme outils de transformation social, mais sans intérêt pour la plupart des gens.

      Pour les inconditionnels d’Ayn Rand:

      Ayn Rand n’était une écrivain psychotique, je l’ai vue dans ses yeux. Certains croient qu’en singeant celle-ci et en citant certains passages de ses romans comme des perroquets, ils démontrent leur intelligence supérieur. Quelles singes bavards!

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