Vœux 2016

Recherche menée par Robert Gil

L’année 2015 aura été des plus éprouvantes. Le terrorisme a frappé le pays dans des proportions inconnues jusqu’alors. Les politiques d’austérité ont été institutionnalisées au point de piétiner les droits élémentaires des peuples et de nier la démocratie, comme ce fut le cas en Grèce où le triumvirat imposa au peuple Grec de nouveaux sacrifices au bénéfice exclusif des intérêts de la finance. La guerre qui sévit au Proche Orient a jeté sur les routes de l’exil des centaines de milliers de réfugiés.

En France, la politique gouvernementale a conduit à la destruction de plus de 200 000 emplois, le chômage n’a cessé d’augmenter pour frapper à présent plus de 5 millions de personnes. La pauvreté a fortement progressé entre 2008 et 2014, et ce sont plus de 800 000 personnes qui sont ainsi venues grossir les rangs des ménages pauvres qui regroupent aujourd’hui près de 9 millions d’individus vivant avec moins de 964 € par mois. Dans le même temps les inégalités n’ont cessé de s’accroître et les profits du CAC 40 de progresser, en augmentation de 37 % en 2014 ce sont 46 milliards d’euros qui ont été versés aux actionnaires en 2015.

A l’instar de ce que connurent les années 30, les extrêmes droites européennes surfent sur la situation internationale, la généralisation de la précarité et de la souffrance sociale, en désignant des boucs émissaires à la vindicte.

En 2015 deux anniversaires passés inaperçus dans la plupart des grands médias, celui des 70 ans de la sécurité sociale et les 120 ans de la CGT.

Il y a 70 ans, nés en réaction à l’horreur absolue de la guerre, des misères, des privations et des injustices, se forgea au sein du Conseil National de la Résistance, dans lequel étaient représentées la CGT et la CFTC, l’exigence de progrès sociaux et démocratiques qui conduira par les luttes à la création de la sécurité sociale et des retraites par répartition. Il y a 120 ans, la CGT naissait à Limoges avec une conviction et une volonté : construire une force collective capable de confédérer les luttes pour transformer la condition salariale et œuvrer à l’émancipation des travailleurs et des travailleuses.

En 2016, nous fêterons le 80ème anniversaire du front populaire.

En 1936, dans un pays ravagé par la crise économique et dans une république menacée par les ligues factieuses, le mouvement social permit d’ouvrir la voie à la semaine de 40 heures et aux congés payés. Alors oui, si nous avions des vœux à formuler pour 2016 ce serait que ces idées ô combien modernes que sont la solidarité et l’action collective tiennent à nouveau le haut du pavé.

Mai-juin 68, c’est la plus grande grève générale de l’histoire de France, et sans doute de l’histoire de l’humanité, si on met en relation le nombre de grévistes et le nombre de salariés concernés par le mouvement.

Incontestablement, c’est la question des salaires qui a été au cœur du démarrage et de l’extension du mouvement, mais l’oppression dans l’entreprise, l’exploitation assez féroce, cadenassée, qui régnaient ont poussé l’ensemble du salariat vers cette grève. La réduction du temps de travail (revenir vraiment aux 40 h) est l’autre motif face des heures supplémentaires à tire-larigot, et donnant un salaire insuffisant pour vivre décemment.

On y a gagné aussi des droits syndicaux, et des droits “invisibles” (plus de respect, de la dignité, de « petits chefs » muselés). Par contre l’abrogation des néfastes ordonnances de De Gaulle et Pompidou qui mettaient à mal, déjà, la Sécurité sociale (et qui avaient fait l’objet de grandes manifestations les 17 mai 1966 et 1967) n’a pas été obtenue. Et sans doute, le rapport de force était tel que, peut-être, à Grenelle, des revendications plus importantes auraient pu être arrachées. Mais déjà, 33 % d’augmentation de salaire, et même 55 % pour les ouvriers agricoles, ce n’est pas mal ! Si on gagnait la même chose aujourd’hui, cela porterait le Smic actuel à 1750 euros…

Parce que les luttes d’hier ont créé les droits d’aujourd’hui et que les luttes d’aujourd’hui créeront les droits de demain. Ne pas oublier que toutes les avancées sociales ont été consenties par le patronat et les gouvernements (fussent-ils de gauche) que lorsque la « rue » a montré les dents, on ne nous a jamais rien donné il a fallu se battre (parfois violemment) pour obtenir ce que l’on nomme « acquis ».

 Je vous souhaite à toutes et à tous, ainsi qu’à vos proches

une Bonne et Heureuse année 2016.

m2106

Une pensée sur “Vœux 2016

  • avatar
    15 janvier 2016 à 9 09 07 01071
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    @ M. Gil

    Comme je serais heureux de dire que vous avez raison M. Gil. Mais je dois à la réalité et à la vérité historique de vous contredire. Vous arguez que « En 1936, dans un pays ravagé par la crise économique et dans une république menacée par les ligues factieuses, le mouvement social permit d’ouvrir la voie à la semaine de 40 heures et aux congés payés. Alors oui, si nous avions des vœux à formuler pour 2016 ce serait que ces idées ô combien modernes que sont la solidarité et l’action collective tiennent à nouveau le haut du pavé. » FIN DE CITATION.

    Les concessions obtenues par la classe ouvrière de certains pays en 1936 ne furent que des CADAUX DE GRECS. Des concessions pour calmer temporairement le jeu – et permettre aux fascismes en Espagne, Portugal, Roumanie, Hongrie, Italie, Allemagne de se consolider et de connivence avec les puissances occidentales (USA – France – Canada – Grande-Bretagne – Australie) de préparer la Seconde guerre mondiale.

    Une situation semblable se concocte en ce moment avec une différence fondamentale toutefois – Cette fois, pour la 3e Guerre mondiale en préparation, le grand capital ne peut compter sur les grands rassemblements de masse ni du Front « populiste », ni des fascistes –

    La petite bourgeoisie a beau s’agiter du coté droit comme du coté go-gauche la mayonnaise populaire ne prend pas… C’est ce que je souhaite pour 2016, qu’elle ne prenne jamais en faveur de la guerre mortifère.

    Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com

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