Albino Luciani, le pape vraisemblablement assassiné

Jean-Paul 1er – POUR QUE VÉRITÉ SOIT FAITE

 

OSCAR FORTIN :

Il m’apparaît nécessaire de rappeler l’importance de ce pape qui n’aura duré que 33 jours sur le siège de Pierre, mais dont le passage aura été l’occasion de lever le voile sur une Église prise d’assaut par des prédateurs sans morale et sans conscience. Ce n’est pas pour rien qu’on l’ignore le plus possible et qu’on évite d’y faire référence. Si l’un ou l’autre de ses successeurs se rend prier sur son tombeau, personne n’en parlera, alors que leur déplacement au tombeau de Jean XXIII et de Jean-Paul II fera les manchettes. Aucun ne s’y réfère, ne serait-ce que pour en rappeler la grande simplicité et l’image d’une bonté rayonnante. Ce n’est pas qu’ils l’ont oublié.  Ils ont plutôt choisi de l’ignorer comme pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs.

De fait, il y a beaucoup de mauvais souvenirs qu’on souhaite garder bien loin de la place publique et des communautés chrétiennes. Des souvenirs qui ne sont pas sans rappeler certains passages du livre de l’Apocalypse qui nous parle de la grande prostituée que plusieurs auteurs identifient à l’Église. Je me garderai bien d’entrer dans ce débat de savoir qui est cette prostituée dont nous parle l’Apocalypse (Ap.17), mais je me permettrai d’ajouter que toute prostitution fait référence à une trahison de sa conscience et de sa mission en échange de bienfaits recherchés pour soi-même. Elle s’applique tout autant aux institutions qu’aux personnes.
Lorsque l’on regarde cette Église, incarnée par ces hiérarchies vaticanes et épiscopales, tout enveloppées de ces grandes robes aux allures royales, imposant d’autorité une doctrine qui leur donne bonne conscience, il est difficile d’y reconnaître ce noyau central des disciples qui ont tout abandonné, à l’appel de Jésus, pour le suivre et prêcher la bonne nouvelle du royaume du Père. Il y a là quelque chose comme d’un travestissement de l’Église devenue tout au long de sa longue marche à travers les siècles un pouvoir temporel en tout semblable à celui des grands et des puissants.
Ce qui s’est passé en août et septembre 1978 couvre un grand mystère qu’on se garde bien de clarifier une fois pour toutes. Un pape en santé au moment de prendre le siège de Pierre, est retrouvé mort dans son lit 33 jours plus tard.  Tout cela serait sans histoire si ce n’étaient lesdécisions qu’il s’apprêtait à prendre concernant la Banque du Vatican, la Curie romaine, l’encyclique Humanae vitae relative au mariage et à la régulation des naissances qu’il souhaitait adoucir, la théologie de libération qu’il voyait d’un œil plutôt positif.
Sa mort demeure suspecte pour plusieurs qui ont voulu en savoir davantage sur les avenants et aboutissants de celle-ci. Dans Histoire d’Italie on retrouve sous le titre « Le Pape a-t-il été assassiné » des considérations qui orientent l’observateur attentif à la thèse de l’assassinat du pape. J’invite le lecteur et la lectrice à aller au lien plus haut mentionné pour en savoir un peu plus sur ce pape connu davantage pour son sourire que pour sa détermination à passer à l’action.
L’enquête la plus sérieuse sur les circonstances de cette mort est celle de David Yallop publiée sous le titre « Au nom de Dieu ».
« Une ou plusieurs personnes menacées par les fermes résolutions du nouveau pape prennent une décision : il n’existe qu’une solution pour résoudre le problème: se débarrasser du pape, en douceur si possible. Avec l’appui de Gelli, le grand-maître de la P2, ils mettent leur plan à exécution : l’accès, pour ces gens-là, au Vatican est aisé et l’argent ne manque pas. Une petite main introduit une importante dose de Digitaline dans le médicament que le pape prend tous les soirs pour augmenter sa tension un peu faible. Après dîner, le pape se couche avec, en mains, les documents sur les nouveaux changements qu’il voulait opérer (certaines nominations à la Curie romaine et dans l’épiscopat italien) et la fameuse liste P2. Vers 23 heures, le poison fait effet, le pape ne se sent pas bien, pris de nausée, il se lève et vomit dans les toilettes en maculant ses pantoufles. Il sonne, sans résultat. Il se recouche, reprend les documents, tombe inconscient puis finit par mourir vers 2 heures du matin. À 4 h 30, la sœur Vicenza le découvre. Le secrétaire d’État Villot est prévenu. Villot rentre dans la chambre, constate le décès, récupère la fiole de médicament, les documents que le pape avait dans les mains, ses pantoufles et ses lunettes maculées ainsi que le testament. On ne reverra jamais ces objets. Les employés des pompes funèbres sont prévenus pour un embaumement urgent. À 7 heures, dans la cour du Vatican, un garde croise Marcinkus qui habite hors du Vatican et a la réputation de se lever tard. À 7 h 30 Villot annonce officiellement la nouvelle. À partir de là, le Vatican déverse des tombereaux de mensonges pour masquer la vérité : le pape avait une santé précaire, on ne peut pas faire d’autopsie… Les appartements pontificaux sont méticuleusement nettoyés et tous les objets personnels du pape disparaissent. On se dépêche d’embaumer le défunt avec interdiction de prélever quoi que ce soit : la moindre goutte de sang ou autre chose sur le cadavre. Tous les partisans du pape réalisent que tous les projets qui allaient se concrétiser tombent à l’eau. Pour faire taire les questions et les rumeurs d’assassinat qui comment à courir, le Vatican organise en toute urgence un conclave pour élire un nouveau pape et faire une diversion pour les médias qui répètent en boucle les mensonges du Vatican. » 
Le 24 mars dernier, nous avons célébré la Journée internationale au droit à la vérité. Ce droit s’applique également à tous les chrétiens de monde qui doivent savoir ce qui s’est réellement passé en cette nuit de septembre 1978 où le pape est mort. La seule façon de répondre à toutes les interrogations soulevées est de procéder à une autopsie comme on l’a fait pour Yasser Arafat de la Palestine et Pablo Neruda du Chili.
Dans les semaines qui viennent, l’Église parlera beaucoup de Jean-Paul II qui sera élevé aux honneurs des autels et donné en exemple de sainteté. Il y a toutefois une question qui revient constamment à l’esprit. Pourquoi,  peu de temps avant sa mort, a-t-il demandé de détruire toutes ses archives? Qu’y avait-il donc de si secret pour que le monde ne puisse le savoir? Il faut se rappeler qu’il a gardé sous sa protection le cardinal Marcinkus réclamé par la justice italienne et mis en cause dans la mort du pape Jean-Paul 1er. Le pape Jean-Paul II aurait-il couvert par ses silences l’assassinat de son prédécesseur, Jean-Paul 1er, comme il a couvert les écarts de vie de son ami Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ ? La question se pose et celui qui, aujourd’hui pourrait le mieux répondre à cette question, est nul autre que son bras droit de l’époque, le cardinal Ratzinger devenu le pape émérite Benoît XVI.
Le pape François est comme une continuité du pape Jean-Paul 1er, reprenant à son compte les grandes réformes que s’apprêtait à entreprendre ce dernier. Il faut espérer qu’il n’hésitera pas à faire la lumière sur les véritables causes de sa mort. D’ailleurs, comment se fait-il que l’Église ne nous le présente-t-il pas comme exemple de vie et modèle des pasteurs au service de l’Évangile et des humbles de la terre ? Là encore, il est bien ignoré.
Les croyants et le monde doivent savoir ce qui s’est réellement passé au Vatican tout au long de ces 33 jours.
Oscar Fortin
Le 1er avril 2014
http://humanisme.blogspot.com
Vidéo en 4 parties

2 pensées sur “Albino Luciani, le pape vraisemblablement assassiné

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