Chronique : retour sur une mystification

 

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CHÉRIF ABDEDAÏM :

Il y a une année, le Libéria avait reçu 3000 soldats états-uniens d’Amérique, pour combattre le virus mortel Ebola qui ravage ce pays et le reste de l’Afrique de l’Ouest (2700 morts).

A l’époque le président Obama avait déclaré que l’épidémie d’Ebola « n’est pas seulement une menace pour la sécurité régionale, mais c’est une menace potentielle pour la sécurité mondiale. » Il a décrit une stratégie en quatre points pour lutter contre la maladie: 1) contrôler l’épidémie; 2) traiter les effets d’entraînement des économies et des collectivités afin de prévenir une catastrophe humanitaire vraiment massive; 3) coordonner une réponse globale plus large; et 4) de toute urgence mettre en place un système de santé publique dans ces pays pour l’avenir, non seulement en Afrique de l’Ouest, mais dans les pays qui n’ont pas beaucoup de ressources en général.

L’US Africa Command (Africom) basé en Allemagne établira une base régionale intermédiaire (ISB) afin de faciliter et d’accélérer le transport de l’équipement, des fournitures et du personnel. En 2011 la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, diplômée de Harvard, s’était vue attribuer le prix Nobel de la Paix (avec son amie Leymah Gbowee). Certains affirmaient déjà qu’il s’agissait d’une récompense pour ses bons et loyaux services à l’égard des investisseurs de la Fondation Soros et de la banque Rothschild dans les mines d’or libériennes, et pour sa promesse (déjà) de laisser l’Africom s’établir sur son sol.

Cette mesure n’a pas été nécessairement bien accueillie par la population, d’autant qu’une grande partie de l’opinion publique libérienne soupçonnait les laboratoires pharmaceutiques occidentaux d’avoir eux-mêmes créé le virus Ebola. Le Liberian Daily Observer, principal quotidien libérien (30 000 exemplaires chaque jour), dans son édition du 9 septembre 2014, accusait en Une le gouvernement américain d’avoir intentionnellement manipulé génétiquement le virus Ebola et du Sida dans des laboratoires de recherche sur le bioterrorisme et proclamait que les Africains ont été délibérément infectés par des programmes de vaccination. L’article du Dr. Broderick a été repris notamment en Guinée, voisine, elle aussi touchée par Ebola.

Au Sénégal aussi la méfiance a été également de mise. Interrogé sur le site sénégalais leral.net, l’homme d’affaires sénégalais Moussa Sow, propriétaire d’hôtels en Guinée, et établi depuis plus de 20 ans dans le pays, s’interrogeait sur une éventuelle implication de l’Occident dans la gestion de cette crise. Il notait que l’épidémie frappait tout particulièrement des pays riches en matières premières très convoitées et que la propagation du virus provoquait le départ des Chinois …

Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, saisi en urgence par les Etats-Unis, avait adopté le jeudi 18 septembre 2014 une résolution unanime pour renforcer et accélérer la mobilisation et l’action de la communauté internationale contre l’épidémie. La résolution 2177, qui a été coparrainée par 131 Etats – un record dans l’histoire du Conseil – qualifiait l’épidémie sans précédent qui sévissait en Afrique de l’Ouest de « menace pour la paix et la sécurité internationales ». C’était la première fois que le Conseil de sécurité des Nations Unies qualifiait une urgence sanitaire et avait conséquemment appelé les Etats membres « à fournir une assistance et des ressources d’urgence » aux pays affectés par la maladie : hôpitaux de campagne, médecins et infirmières, capacités logistiques et de transport aérien médicalisé.

La résolution demandait également aux pays concernés de « lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie » et aux compagnies aériennes et maritimes de maintenir leurs liaisons avec les pays affectés.

Pour rappel, l’épidémie d’Ebola a été signalée en août 2014, en Afrique occidentale (Sierra Leone, Libéria, Guinée). Le virus, relativement nouveau, a été « découvert » au Zaïre (Congo) en 1976. Depuis quelques décennies, les « progrès » de la médecine et de la manipulation génétique ont permis l’apparition de maladies inexistantes auparavant (à commencer par le SIDA). Pas besoin d’être sorcier africain pour deviner que la plupart d’entre elles sortent de laboratoires (situés hors d’Afrique).

Cyril Broderick, ancien professeur à l’Université du Libéria, pense que ces maladies ont été fabriquées par l’industrie pharmaceutique occidentale et le Pentagone, et qu’il s’agit d’armes biologiques testées en premier lieu sur les Africains dans le cadre de programmes de dépopulation. Sont impliqués, avec la complicité de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) et de Médecins sans frontières : l’USAMRIID (US Army Medical Research Institute for Infectious Diseases) de Fort Detrick, Maryland (voir plus haut anthrax), l’Université Tulane de La Nouvelle-Orléans, l’US Center for Disease Control (CDC) d’Atlanta, Tekmira Pharmaceuticals de Vancouver, GlaxoSmithKline (GSK) de Londres, etc…

On se souvient de l’épidémie de la grippe porcine qualifiée par une escroquerie à l’échelle planétaire. A ce sujet, écrivaient Marc Zaffran/Martin Winckler , dans un article (Si le virus A H1N1 mute… » ou l’escroquerie à l’échelle planétaire) : « Alors même que les évidences épidémiologiques de bénignité de la grippe A H1N1 s’accumulent, l’argument numéro 1 invoqué par les tenants de la vaccination de masse est ‘la possibilité d’une mutation du virus’. Or, cette éventualité n’est pas seulement scientifiquement improbable, elle est aussi le principal argument qui disqualifie la vaccination : contre un virus mutant, un vaccin ne sert à rien. »

Début 2010, presque un an après le début de l’hystérie fiévreuse, on commence alors à y voir un peu plus clair. La grippe porcine n’est ni plus ni moins dangereuse que n’importe quelle autre grippe saisonnière. Il est même impossible d’affirmer qu’il s’agit vraiment d’une maladie nouvelle. Des gens en sont morts, nous dit-on, mais ils ont peut-être succombé à autre chose, au vaccin par exemple.

Malgré un tapage sans pareil, la population a boudé ce vaccin plus que douteux. Sauf par nécessité professionnelle, presque personne n’est allé se faire piquer. Un peu partout dans le monde, les stocks achetés par les pouvoirs publics aux profiteurs de l’industrie pharmaceutique sont restés en grande partie inutilisés. Peu importe, l’opération H1N1 a rapporté des milliards à Baxter, GlaxoSmithKline et consorts – c’était bien là le but de la manœuvre.

La prochaine fois, on fera mieux encore, mais pas avec la grippe, Ebola c’est trop banal. On essaiera peut-être la peste…

(Suite et fin)

 

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Chérif Abdedaïm

Chérif Abdedaïm est journaliste écrivain algérien. Auteur de plusieurs essais et recueils de poèmes dont "Aux portes de la méditation", "Le Bouquet entaché", "Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours", "Constantine, la saga de beys", "la Contrée désolée", etc.

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