Chronique : Jeu de guerre, jeux de monnaies

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CHÉRIF ABDEDAÏM :

A Donetsk et Gorlovka, les habitants continuent de mourir au rythme de cinq ou six par jour sous les obus de la junte. Le nombre total de victimes civiles depuis le début de la guerre doit maintenant se situer entre 15 et 20 000. Mais ni le Kremlin ni le Parlement russe à sa botte ne se sont jamais intéressés à cette question. La Douma de Moscou a d’autres sujets de préoccupation, par exemple : comment indemniser les pertes subies par les oligarques du fait des « sanctions » occidentales. Une loi en ce sens vient d’être votée, la loi Rotenberg, du nom de deux milliardaires (les frères Boris et Arkadi) visés par les récentes mesures américaines et européennes.

Dans ce contexte, le Figaro donne d’amples détails sur ces deux oligarques à l’origine de la loi qui font partie d’une communauté communautariste qui n’a absolument rien à craindre de la part des Occidentaux. Au besoin, ils peuvent se prévaloir de leurs deux autres nationalités : la finlandaise et l’israélienne. Le fils de Boris Rotenberg, Boris Borisovitch, a été footballeur professionnel dans différents clubs, dont le Hapoel F.C. de Petah Tikva (près de Tel Aviv). D’ailleurs, dans la famille tout le monde s’intéresse au sport : Papa Boris est vice-président de la Fédération russe de judo; Tonton Arkadi, lui, est président du club de hockey Dynamo Moscou.

Les Rotenberg ont fait fortune dans la construction de pipe-lines (pour Gazprom), le BTP (infrastructures des Jeux de Sotchi, circuit de Formule 1) et la finance (Banque SMP). Vu qu’aucun gouvernement du monde occidental sionisé n’osera jamais recourir à des moyens aussi extrêmes que la confiscation de biens juifs, il y a fort à parier que la nouvelle loi russe a pour but de permettre aux deux énergumènes (et à leurs semblables) de se sucrer sur le dos du contribuable russe pour des « pertes » purement fictives soi-disant subies à l’étranger. La loi Rotenberg a le mérite de montrer qui fait vraiment la loi en Russie, et qui se trouve au cœur de la cinquième colonne qui manipule Poutine et sa clique.

Il est évident que dans ces conditions, le sort du Donbass n’a strictement aucune importance. Pour ces gens-là, une vie humaine à Donetsk n’a pas plus de valeur qu’à Ghaza, et un Etat de Nouvelle-Russie pas plus de raison d’être qu’un Etat de Palestine. Pour rappel, depuis la liquidation de l’URSS, le lobby sioniste américano-israélien est particulièrement actif dans le processus de « restructuration » économique et politique en Russie. D’une part, parce que la paupérisation systématique de la société alimente l’émigration vers Israël ; d’autre part, parce qu’une Russie exsangue, morcelée et « guérie » de ses ambitions passées – une seconde Ukraine en quelque sorte – constitue un des objectifs finaux de ces « globalisateurs ».

A titre d’exemple, en 2003-2004, sur huit milliardaires russes, sept sont des Juifs sionistes, détenteurs de passeports israéliens (Khodorkovski, Berezovski, Gouzinski, Abramovitch, Friedman, Smolenski, Tchernoï). Deux d’entre eux ont dû s’exiler pour échapper à la justice, un troisième est en prison (prison dorée) pour fraude fiscale. Mais si leur avance a été stoppée, leur influence n’a pas disparu pour autant.

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Chérif Abdedaïm

Chérif Abdedaïm est journaliste écrivain algérien. Auteur de plusieurs essais et recueils de poèmes dont « Aux portes de la méditation », « Le Bouquet entaché », « Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours », « Constantine, la saga de beys », « la Contrée désolée », etc.

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