Chronique : Les vraies questions

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CHÉRIF ABDEDAÏM :

Depuis des décennies, l’immigration économique de masse (ouverte ou déguisée) constitue une arme de choix des « élites » dans le but d’effacer les acquis sociaux et de détruire les Etats nationaux.

Aujourd’hui, de toute évidence, l’immigration « normale » ne suffit plus pour atteindre cet objectif. C’est pourquoi une crise des réfugiés a été créée de toutes pièces afin d’accélérer le mouvement et de faire tomber les obstacles qui subsistent.

Les premiers signes de cette nouvelle tendance se sont manifestés début 2011, lors de la guerre d’agression lancée contre la Libye par l’OTAN et les dictatures du Golfe. Entre-temps, l’invasion-catastrophe de type Lampedusa est devenue quotidienne, à tel point qu’on a depuis longtemps cessé de compter les réfugiés arrivant par voie de mer. La presse préfère se concentrer sur les naufrages et les noyades en série. Quoi qu’il en soit, des centaines de milliers de migrants – et peut-être même un million ou plus – sont arrivés de cette façon en Europe. Et pourtant, il y a lieu de le remarquer, des navires de guerre de l’OTAN patrouillent au large des côtes africaines et recueillent régulièrement les réfugiés.
Depuis le début de l’été 2015, l’immigration de type Lampedusa est largement renforcée par les passages « clandestins » par voie de terre, principalement via la Turquie. Depuis ce pays, dont la responsabilité directe et indirecte dans la tragédie syrienne est bien connue, les vagues de fugitifs ou supposés tels se déversent sans interruption sur les îles grecques proches du littoral turc (Kos notamment). La Grèce, bien que pratiquement en état de faillite, est contrainte par Bruxelles à accueillir tous ces gens ou du moins à s’occuper d’eux en attendant qu’ils rejoignent un autre pays de l’UE. Il n’y a plus un centime pour la population grecque plongée dans la misère par les eurocrates et les banksters internationaux, mais quand il s’agit de financer l’immigration forcée, on a de l’argent à la pelle.

Inutile de préciser que, comme toujours, le rôle des médias consiste à vendre la dernière trouvaille de leurs maîtres : il faut être solidaire et faire des sacrifices… tout en se serrant la ceinture dans les autres domaines, et ce, en occultant les vraies causes qui ont suscité un tel flux d’émigration. Ces prétendus journalistes ont aussi pour fonction de désamorcer la colère que pourrait susciter cette politique aberrante. Ils attaquent systématiquement quiconque ose poser à haute voix des questions gênantes, suggérer que les millions de refugiés devraient être logés décemment et traités humainement ou, pire encore, critiquer les pays qui sont à l’origine de la crise, à commencer par Israël, la Turquie et l’Arabie Saoudite, etc. Telles seraient les vraies questions à aborder dans le cadre de cette crise.

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Chérif Abdedaïm

Chérif Abdedaïm est journaliste écrivain algérien. Auteur de plusieurs essais et recueils de poèmes dont « Aux portes de la méditation », « Le Bouquet entaché », « Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours », « Constantine, la saga de beys », « la Contrée désolée », etc.

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