CRISE MALIENNE: QUI VEUT JOUER LES TROUBLE-FÊTES?

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Chérif Abdedaïm

Apparemment, la recherche d’un compromis à même d’assurer la paix au Mali, semble déranger certaines parties. C’est ce qui ressort des récents propos du chef de la mission des Nations Unies au Mali (Minusma), Monji Hamdi, lors de sa visite mardi dernier à Alger. Ce dernier appelé à « barrer la route aux parties qui tentent d’entraver la mise en oeuvre de l’accord de paix au Mali ».
Dans ce sens, le chef de mission des Nations Unies a également évoqué « certains problèmes enregistrés il y’a quelques semaines au Mali » sans toutefois omettre d’insister sur la poursuite des efforts, de la concertation et la coordination dans le cadre du comité de suivi de l’application de l’accord de paix au Mali.
L’Algérie selon Monji Hamdi a joué un rôle de pionnier dans l’aboutissement à une solution pacifique. Un rôle également mis en exergue et salué par les groupes politico-militaires du Nord Mali, des pays voisins ainsi des capitales occidentales après la signature de l’accord de paix et de réconciliation.
Des propos notamment corroborés par les déclarations du Président malien Ibrahim Boubacar Keïta, lorsqu’il a qualifié d’historique la signature de l’accord par la CMA, qui marque « la réconciliation entre les frères Maliens » tout en soulignant le rôle déterminant de l’Algérie dans la gestion et le règlement de cette crise.
« L’Algérie a géré le dossier malien de manière fabuleuse et avec beaucoup d’intelligence permettant à l’aboutissement de la signature de l’accord de paix et de la réconciliation intermalien ».
« Nous restons ouverts à la signature de l’accord mais l’urgence est d’aller vers sa signature pour le rétablissement définitif de la paix et de la stabilité », a-t-il dit , ajoutant qu’il « est temps de nous faire confiance en convergeant résolument vers la paix ».
Pour rappel, cet accord de paix et de réconciliation au Mali a été obtenu après cinq rounds de dialogue, engagé en juillet 2014 sous la conduite de la médiation internationale, dont l’Algérie est le chef de file et a été signé en juin dernier à Bamako par les parties maliennes au dialogue pour le règlement de la crise dans le nord du pays. Le document a été signé par le représentant du gouvernement malien, les mouvements politico-militaires du nord du Mali engagés au sein de la Plateforme d’Alger et par l’équipe de la médiation internationale conduite par l’Algérie.
Deux composantes sur cinq que compte la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), à savoir la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA, dissident), la CM-FPR2 (Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance II) ont également signé l’accord.
Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (dissident), autre composante de la CMA avaient quant à eux paraphé à Alger l’accord de paix et de la réconciliation.
Ceci étant, qui cherche à jouer les trouble-fêtes ?
Rappelons-nous qu’en avril dernier, les journaux maliens ont accusé le Maroc qui, dans un communiqué publié au début du même mois, avait jugé que le dossier malien était traité par l’Algérie de « manière opportuniste », sous-entendant que l’accord issu des huit mois de discussions était une solution « imposée », il exhortait alors à « une solution de compromis ».
C’est dans cet esprit belliqueux que le Maroc avait également réussi à faire signer aux Etats-Unis un communiqué conjoint dans lequel ils appellent à une paix au Mali qui « soit librement consentie »
Exception faite de ce fait connu, y-aurait-il d’autres parties qui cherchent à tirer profit du retour d’un chaos au Mali ?

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Chérif Abdedaïm

Chérif Abdedaïm est journaliste écrivain algérien. Auteur de plusieurs essais et recueils de poèmes dont « Aux portes de la méditation », « Le Bouquet entaché », « Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours », « Constantine, la saga de beys », « la Contrée désolée », etc.

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