Donald Trump, seul contre tous

Par Thierry Meyssan. Sur Réseau Voltaire.

Seul, contre son opposition, contre son administration et contre ses alliés, le président Trump ne paraît pas en mesure de faire appliquer ses engagements de campagne. Trois ans après son élection, la Chambre des représentants a lancé contre lui une procédure de destitution parce qu’il lutte contre la corruption de ses adversaires.

 

Évidemment que nous, des 7duquébec.com, ne croyons pas à ce bobard à propos du pacifisme et de la lutte anticorruption de Donald Trump. Il s’agit plutôt de contradictions entre deux clans dans le camp ennemi du prolétariat mondial. Il tarde à Donald de se sortir du guêpier moyen-oriental où rien ne se tranche, alors que les autres factions du grand capital regrettent d’abandonner leurs sous-fifres si longtemps fidèle au drapeau étoilé. Donald sait lui que la prochaine guerre ne se gagnera pas sur le sous-continent arabo-iranien mais en mer de Chine où Donald a hâte de regrouper ses effectifs. Bonne lecture. Robert Bibeau.

 

Le principal engagement de campagne de Donald Trump de mettre fin à la stratégie militaire offensive Rumsfeld/Cebrowski et de lui substituer une politique de coopération jacksonienne se heurte à une puissante opposition interne aux USA et externe chez les alliés des États-Unis. Plus que jamais, le président apparaît seul, absolument seul, face à la classe politique transatlantique.

Tout était joué d’avance

Comme pour son prédécesseur, Barack Obama, tout semblait joué d’avance.

Dès son élection, en 2009, Obama fut salué comme le « premier président noir des États-Unis », puis s’avéra incapable de résoudre les problèmes de cette communauté, laissant les violences policières à leur égard atteindre des sommets. Aux premiers jours de son mandat, le Comité Nobel lui décernait le Prix de la paix saluant ses efforts « pour un monde sans armes nucléaires » ; un sujet qu’il cessa immédiatement d’aborder. Bien que son bilan soit à l’exact opposé de ses promesses de campagne, il n’en reste pas moins populaire dans le monde. Peu importent la délocalisation des emplois en Chine, la continuation de Guantánamo, les milliers d’assassinats ciblés, et la destruction de la Libye.

 

 

À l’inverse, dès son élection et avant même la passation de pouvoir en 2017, Donald Trump était présenté comme un narcissique maniaco-dépressif, une personnalité faible et autoritaire, un crypto-fasciste. Dès son accession à la Maison-Blanche, la presse appelait à son assassinat physique et le Parti démocrate l’accusait d’être un espion russe. Il obtenait qu’une enquête soit ouverte contre lui et son équipe dans la perspective de sa destitution. Son principal conseiller, le général Michael Flynn, fut contraint à la démission 24 jours après sa nomination, puis arrêté. Lorsque Donald Trump perdait les élections de mi-mandat (novembre 2018) à la Chambre des représentants, il fut donc contraint à négocier avec certains de ses opposants. Il trouva un accord avec le Pentagone, autorisant certaines actions militaires pourvu qu’elles n’engagent pas le pays dans une spirale, et obtint en échange la clôture de l’enquête russe. Durant huit mois, il tenta à marche forcée de mettre fin à l’anéantissement du Grand-Moyen Orient et aux préparatifs de la destruction du Bassin des Caraïbes. Il espérait pouvoir annoncer la concrétisation de la paix à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Patatras ! Le jour même, l’USIP (alter ego de la NED, mais pour le département de la Défense), rendait son rapport sur la Syrie en conseillant de relancer la guerre. Et, encore le même jour, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, annonçait l’ouverture d’une procédure d’impeachment contre lui, cette fois à propos de sa lutte avec les autorités ukrainiennes contre la corruption du clan Clinton.

 

Il est donc peu probable que Donald Trump parviendra à réaliser son programme avant la fin de son mandat alors que la campagne électorale pour son éventuelle réélection débute. Cependant, ses partisans font observer qu’il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est acculé. Rares ont été les médias à expliquer le jacksonisme, certes une idéologie que plus personne ne promouvait depuis la guerre de Sécession. Presque tous ont prétendu durant deux ans que Donald Trump était incohérent et imprévisible, avant d’admettre qu’il agissait selon une vision du monde déterminée.

Quoi qu’il en soit, il est déjà parvenu à rapatrier de nombreux emplois délocalisés et à mettre fin au soutien massif des départements d’État et de la Défense aux armées jihadistes, dont il reste cependant quelques programmes en cours.

Peu importe ce que Barack Obama et Donald Trump ont fait en tant que présidents, on ne retiendra que la manière dont les médias les ont présentés le jour de leur intronisation.

 

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La presse a salué l’élection de Barack Obama comme un progrès historique pour les États-Unis uniquement à cause de son aspect physique sans tenir compte de ses opinions politiques. Au contraire, Donald Trump a été dénoncé comme un nazi (ici le Stern allemand) et l’on a appelé à lui dire « Non » (projection sur la façade du parlement britannique).

Le rôle de l’État profond

Il est désormais évident que l’opposition à Donald Trump n’est pas uniquement constituée par l’essentiel de la classe politique états-unienne, mais aussi par la plupart des dirigeants étrangers de pays alliés des États-Unis. Cela peut paraître étrange pour ces derniers qui auraient tout à gagner de son succès. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne la politique. Les uns après les autres, ces dirigeants ont acquis la conviction que nul ne pouvait changer la politique US. L’intérêt de leurs États face aux puissants USA était donc de ne pas sombrer avec un Donald Trump isolé dans son pays, mais de rester fidèles à la politique destructrice de George W. Bush et de Barack Obama.

Reste à savoir qui parmi les dizaines de milliers de fonctionnaires tire les ficelles et pourquoi ils s’opposent au projet de Trump. L’« État profond » dont le président ne peut infléchir la politique n’est peut-être qu’un phénomène sociologique comme il peut représenter des intérêts structurés. Le président Trump croyait avoir neutralisé l’opposition des comités chargés d’appliquer les traités plus ou moins secrets des États-Unis avec leurs alliés. Il croyait avoir négocié avec le gouvernement alternatif constitué préventivement en cas de guerre nucléaire. Il s’est manifestement trompé.

 

Les leçons de cette histoire

Deux leçons peuvent être tirées de cette histoire. Premièrement, tous les historiens s’accordent à dire que George W. Bush n’a pas exercé véritablement sa présidence, mais s’alignait sur son entourage, en premier lieu sur son vice-président, Dick Cheney, et sur son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. Il est également évident que Barack Obama avait très peu de pouvoir en dehors des assassinats ciblés. Il apparait aujourd’hui que Donald Trump n’est pas en mesure de changer la politique US. Force est de constater que, depuis le 11 septembre 2001, la fonction de président des États-Unis est presque exclusivement médiatique. Et, si le président ne fait pas la politique, ceux qui la font dans l’ombre ne sont pas élus.

Deuxièmement, les alliés des États-Unis n’obéissent pas au président US, mais à son État profond. Ils sont les jouets d’un acteur invisible. Seules la Russie et la Chine sont vraiment indépendantes. La Russie est le seul de ces trois États dont le président est démocratiquement élu et qui exerce le pouvoir au nom de son peuple. La Chine est un système transparent, mais seuls les adhérents du parti unique participent à sa vie politique. Le système des États-Unis est, quant à lui, parfaitement opaque.

Bienvenu aux commentaires à propos de ces thèses apolitiques.

 

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

2 pensées sur “Donald Trump, seul contre tous

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    8 octobre 2019 à 18 06 02 100210
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    Seules la Russie et la Chine sont vraiment indépendantes. La Russie est le seul de ces trois États dont le président est démocratiquement élu et qui exerce le pouvoir au nom de son peuple. La Chine est un système transparent, mais seuls les adhérents du parti unique participent à sa vie politique. Le système des États-Unis est, quant à lui, parfaitement opaque.
    =*=
    Ah ouais quand même !
    Bah au moins les choses sont claires maintenant…

    Alors tout comme les 7 du Québec, moi non plus je ne crois pas du tout au présupposé de départ émis par TM.

    Notamment pour avoir lu une autre histoire américaine, celles de Zinn et surtout de Sutton.

    David Rockefeller envoya son protégé et homme de terrain géopolitique Henry Kissinger dès 1971 en Chine pour préparer la reconnaissance officielle de la RPC par l’administration Nixon. Cet évènement (la visite officielle de Nixon en Chine) vint à point pour entériner ce que l’Empire avait aidé à créer, puisque les États-Unis larguèrent les nationalistes de Chang Kaï Chek (Kuomintang) en rase campagne vers 1946, lui laissèrent Formose (Taïwan) pour refuge et le fric du trafic de drogue dont le Kuomintang était responsable pour l’OSS (prédécesseur de la CIA), les États-Unis soutinrent Mao et la révolution d’État, voyant un plus grand potentiel pour le futur impérialiste. Ceci ne devrait surprendre personne, car étant dans la continuité du financement de la révolution bolchévique en Russie (Lénine et Trotski) par la City de Londres et sa succursale de Wall Street (cf. les recherches de l’historien Antony Sutton).

    La réalité, que bon nombre refuse toujours aujourd’hui par dissonance cognitive, est la suivante : les banquiers, les grandes familles de la finance ont toujours financé les régimes dictatoriaux et les dictateurs, des monarques européens au XVIIIe siècle aux pires dictateurs du XXe siècle (Lénine, Trotski, Staline, Mussolini, Hitler, Mao, Pinochet, Videla, Pol Pot, monarchies rétrogrades du Golfe, en passant par l’entité sioniste, nos pseudo-démocraties libérales, dictatures douces, se durcissant à volonté pour faire place au totalitarisme monopoliste étatico-industrio-financier, le véritable fascisme répondant à la définition même émise par Mussolini. (*)

    La Chine ne fait que suivre le cursus que lui a imposé la City de Londres depuis les deux guerres de l’opium du XIXe siècle, qui l’ont dévastée. Elle a été érigée en modèle pour l’infrastructure de contrôle des populations à étendre à l’humanité. L’ingénierie sociale élitiste et eugéniste est une fois encore à l’œuvre derrière le “modèle” chinois.

    Cela ne veut bien évidemment pas dire que l’ensemble du peuple chinois est derrière ce projet comme l’ensemble du peuple américain n’est pas derrière le projet du Nouvel Ordre Mondial hégémonique ; mais l’ensemble de ces populations est suffisamment distrait, suffisamment endoctriné, pour ne pas vraiment se rendre compte de ce qui se passe et de ne réagir que par “patriotisme” pavlovien..

    Espérons pour l’humanité que la Chine, finisse par s’éveiller… Dans le bon sens… Car ce qui complique les choses, c’est que dans le même temps, les marionnettistes de l’Empire, glissent d’une réalité à une autre… C’est la métaphore du Bernard l’Hermite, car le cœur de l’empire s’apprête à se transférer dans une plus grande « coquille » ; celle offerte par l’embryon de l’empire chinois latent.

    Le plus redoutable restant à venir car si on les laisse faire, ce sera la fusion, actuellement en cours, de la haute finance impérialiste totalitaire et eugéniste occidentale avec son homologue chinoise, qui elle possède une infrastructure coercitive couplée à un arsenal TECHNOTRONIQUE bien plus dévouée que celle de l’occident à l’heure qu’il est ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2019/10/02/empechons-le-bernie-le-coeur-de-lempire-de-changer-de-coquille/

    J’ai fait référence à Henry Kissinger au début à dessein, car on ne compte plus les rencontres, de moins en moins secrètes entre Henry K et Vlad ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/02/05/a-propos-dhenry/ qui sont là pour infirmer l’affirmation en forme de conclusion de Meyssan…
    JBL

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      9 octobre 2019 à 8 08 30 103010
      Permalink

      @ JBL

      Nous n’endossons pas du tout ni les conclusions de Meyssan non plus que vos conclusions en forme de complot ourdi par LA CITY comme vous l’écrivez ici : « La Chine ne fait que suivre le cursus que lui a imposé la City de Londres depuis les deux guerres de l’opium du XIXe siècle, qui l’ont dévastée. Elle a été érigée en modèle pour l’infrastructure de contrôle des populations à étendre à l’humanité. L’ingénierie sociale élitiste et eugéniste est une fois encore à l’œuvre derrière le “modèle” chinois. »

      Il n’y a pas de « modèle » chinois de capitalisme pas plus qu’il n’y a eu de « modèle » socialiste – soviétique communiste de capitalisme. Le mode de production capitaliste est construit sur la base de concepts – principes – lois et modalités de base – contingents – incontournables – partout identiques d’un État nation à un autre. TOUT ce qui VARIE c’est le dosage qui n’ont pas d’incidence fondamentale sur le « modèle unique » mais donne des apparences superficielles différentes

      Exemple : Démocratie bourgeoise bipartite ou démocratie bourgeoise uni-parti. Exemple: capital financier hégémonique ou capital industriel dominant etc. Ce ne sont que des différences temporaires qui reflète l’avancée de l’État-nation dans le processus de capitalisation = ultimement TOUS les soi-disant « modèles » finiront leur course dans le même précipice et la même guerre réellement mondiale.

      Ce ne sont pas les comploteurs de La CITY ou de Wall Street ou de Shanghai qu’ils faut abattre mais le mode de production capitaliste dans ses fondements les plus profonds et le peuple chinois nous y aidera sois sans crainte tout comme le prolétariat américain qui en sera maitre d’oeuvre … pas la go-gauche occidentale mais bien le prolétariat occidental.

      Merci pour ton post

      Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

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