Essai sur la société des citoyens responsables – de la prédation humaine (2)

Quand nous parlons de la sagesse qui a présidé quatre mille ans à la constitution de la Chine, nous ne prétendons pas parler de la populace ; elle est en tout pays uniquement occupée du travail des mains (y compris des intellectuels et autres scientifiques, qui sont les mains du cogito asservie). L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. C’est une suite naturelle de l’inégalité que les mauvaises lois mettent entre les fortunes, et de cette quantité d’hommes que le culte religieux, une jurisprudence compliquée, un système fiscal absurde et tyrannique, l’agiotage, et la manie des grandes armées, obligent le peuple d’entretenir aux dépens de son travail. Il n’y a de populace ni à Genève, ni dans la principauté de Neuchâtel. Il y en a beaucoup moins en Hollande et en Angleterre qu’en France, moins dans les pays protestants que dans les pays catholiques (ou musulmans). Dans tout pays qui aura de bonnes lois, le peuple même aura le temps de s’instruire, et d’acquérir le petit nombre d’idées dont il a besoin pour se conduire par la raison (et non se laisser manipuler par la passion, d’une culture faites pour cimenter la populace à servir les intérêts de ses maîtres).

(Voltaire, essai sur les mœurs et l’esprit des nations, chapitre 155) (*)


 

Avertissement,  le premier  article de la série est ici : http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/essai-sur-la-societe-des-citoyens-responsables-de-la-relation-entre-cooperation-et-competition/

 

Ici, en plus de rappeler que le 1er avertissement tient toujours, il s’agit d’avertir que ce qui suit, vise à dénoncer une nature humaine perverse, donc, qui dissimule une action malveillante sous des airs de bienveillance, par la technique de la confusion. Cette dernière ayant atteinte un tel degré de tromperie, qu’elle domine aujourd’hui le cogito humain quant au système politico-économique sur lequel se fonde les relations humaines. Cela veut dire que, même ceux qui ne partagent pas et sont souvent opposés dans leur éthique ou leur morale à toute forme de manipulation, d’exploitation de la vie d’autrui, peuvent défendre un tel système, parce que le croyant bienveillant, juste, ou à défaut comme le seul possible, selon la formule consacré comme étant le pire à l’exception de tous les autres.

Autrement dit, qu’on ne peut pas mettre tous ceux qui font partie de l’élite dirigeante politico-économique dans le même sac, mais simplement les appeler, tout autant que chacun de nous s’étant laissé convaincre, à ouvrir leur conscience sur le fait que l’état d’urgence est celui qui conduit à en sortir et d’aller vers un nouveau système politco-économique permettant la paix relationnelles entrel les peuples. Qu’il ne s’agit donc pas devoir renoncer à une identité collective forgée par l’histoire et le plus souvent dans la souffrance, mais bien au contraire comme nous le verrons lors des prochains articles, en assurer la pérennité selon les lois de la natures elle même et la volonté de chacun.

 

De fausses contradictions

 

Mais tout d’abord, il convient de commencer par étayer ce qui a été dit dans le précédent article, en levant certaines contradictions apparentes avec la réalité. Essentiellement sur le fait que la force collégiale agissante à l’intérieur d’un même pays, s’applique rarement à tous ses citoyens de manière égale et équitable, surtout en ce qui concerne les élites dirigeantes politico-économique. De fait, rare sont ceux aujourd’hui qui pensent qu’une gouvernance mondialisée pourrait être différente et au contraire, pensent que cela renforcerait la position dominante de cette élite dirigeante. C’est d’ailleurs un des principaux arguments des anti-mondialistes. Si le premier volet a clairement montré qu’un monde où la compétition est prédominante interdit de changer de système politico-économique, reste encore à démontrer qu’une gouvernance réellement mondiale, doté de la force publique, collégiale, pouvant s’imposer à tous ses membres, ne peut exister qu’à la condition où c’est la coopération qui prédomine sur la compétition et surtout, que cette même coopération ne soit pas synonyme d’exploitation comme aujourd’hui. Car il est un fait que si la coopération dans le système actuel, motivé par la menace extérieure est le maître mot pour faire accepter la soumission aux élites dirigeantes politico-économique, c’est pour mieux permettre à ces dernier d’exploiter les premiers, autrement appelés prolétaires, étant passés de l’esclavage à la servitude volontaire par la grâce de la profusion de la création monétaire. Et de rappeler que la défense de la nation est l’expression magique pour faire oublier les luttes de classes internes et faire accepter le sacrifice à des millions de citoyens pour le seul intérêt de ceux qui les exploitent de l’intérieur (1).

 

Ce qui faisait dire à Anatole France « on croit mourir pour la patrie et on meurt pour les industriels ». Aujourd’hui, on parlera des ploutocrates, comme autrefois le royaume et son roi avec sa noblesse, mais la technique de manipulation reste la même en son principe.

 

Ce que l’on ne pense pas, c’est que dans un monde où la compétition entre les peuples via leurs élites, domine, il peut difficilement en être autrement. On ne peut pas espérer changer cette donne, sans changer le sens de la relation de prédominance entre coopération et compétition. Comme nous l’a rappelé il y a peu notre omnipotent président en forme de variante de la théorie du ruissellement, pour lui, les riches sont les premiers de cordés qui prennent les risques et tirent les autres, sous entendant, face à l’adversité qu’est la compétition internationale il faut célébrer les plus méritants, les plus capables et les récompenser en leur donnant toujours plus. Sans compétition, il n’y aurait pas d’adversité qui tienne, pas de montagne à gravir qui ici sont les autres pays avec leur propres premiers de cordés. C’est là toute l’arnaque sémantique, consistant à oublier que ladites adversité ne consiste pas à tirer les autres, mais à les tenir éloignés. Autrement dit, qu’il y ait des premiers, mais surtout pas de cordes qui les relient aux autres, sans cela, l’enrichissement sans limite ne pourrait plus subsister. Une cordée avance par étape successive pour n’abandonner personne, alors même que toute la politique de cet omnipotent président consiste à faire l’inverse. S’il faut faire référence à une corde, c’est celle du radeau de la Méduse coupée par le capitaine et qui abandonna toute la « canaille » embarquée. Bis répétita, mais à quelle échelle !

 

La singularité des grands cycles.

 

Pour étayer un peu plus la démonstration, il faut revenir à ce qui a été dit dans le 1er article concernant la dynamique de la division fractale, car même si c’est déjà dit, cela reste encore difficile à appréhender, seul, pour la plupart des citoyens. En effet, au-delà de la sphère terrestre, il n’est jusque là pas connu d’ennemi ou de menace extérieure autre que la nature elle même, mais contre laquelle nous somme en théorie et en pratique impuissant. Toutefois, même dans le cas d’une menace qui viendrait à être identifiée, cela ne changerait rien, puisque nous partageons tous le même espace-temps physique de la Terre, alors qu’avant cela, cet espace-temps restait divisé en au moins deux blocs. Autrement dit, et c’est un « heureux hasard », la dynamique de la division fractale se termine par l’unité et non par la division, tout simplement parce que son début a commencé par la division sur une Terre déjà fini, mais dont l’humanité avait entrepris sa conquête spatio-temporelle.

 

Nous verrons plus tard les conséquences logiques en termes de relations de causalité, mais avant cela, examinons de plus près comment, à l’intérieur même des nations où le principe de la coopération est censé être dominant sur la compétition, cette dernière semble rester dominer la coopération.

 

De la différence entre prédation animale et humaine.

 

La particularité de l’humain, qui est une conséquence directe de son intelligence supérieure et qui le distingue fondamentalement des autres espèces animales, tient dans le fait qu’il reproduit, pour lui même, tous les types comportementaux observables dans toutes les espèces animales en plus de ses propres caractéristiques. Autrement dit, de l’herbivore jusqu’au carnivore en passant par le parasite et le charognard, la société humaine concentre toutes ces natures d’êtres pour se nourrir, avec leur techniques propres, quand chaque espèce animale se fonde sur un, voir plus rarement deux de ces mêmes comportements. De la même manière qu’il concentre tous les types de relations sociales, politiques et économiques observables dans la nature. Mais en plus, les moyens que lui donnent l’écriture pour mémoriser ses actes, le calcul pour les valoriser et la spécialisation qu’est l’artisanat lui permettant de coloniser la terre, lui donne les moyens de séculariser tant l’espace que le temps de vie des êtres. Dépourvu de prédateurs autre que lui même, il peut alors proliférer de manière exponentielle.

 

Si on considère que dans le monde animal, le prédateur se situe au sommet de la chaîne alimentaire, c’est que s’il dépend de ceux qui sont en dessous de lui pour se nourrir, c’est celui qui les tues pour se nourrir. Autrement dit, contrairement aux autres, il s’empare du temps de vie de ses proies pour se nourrir, tant passé que futur.

 

Entre parenthèse, même si dans son principe un herbivore est un prédateur du monde végétal, le fait de passer d’un règne à un autre ne permet pas la comparaison. De la même manière, si on distingue le règne humain du règne animal fondé sur ses capacités cognitives supérieures, alors, il faut distinguer la prédation humaine de la prédation animale. C’est la condition pour voir la prédation humaine comme naturelle et non pas artificielle. Si le principe reste strictement le même quel que soit le règne (un principe est immuable), son mode opératoire et analyse diffère totalement et explique l’extrême difficulté de l’humain à comprendre son mécanisme.

 

La différence essentielle entre la prédation animale et humaine tient dans le fait que ce dernier ne tue pas ou plus sa proie pour se nourrir, mais pour l’exploiter. C’est à dire, que le prédateur humain oblige sa proie à dédier tout ou partie de son propre temps de vie pour le nourrir, mais plus encore, pour sa jouissance personnelle, parce que débarrassé des contraintes liés à sa condition animale, celles-ci totalement assumés par la proie. Ici et toujours selon le principe de division fractale par changement d’échelle, ce qui est l’exception à la règle dans le règne animal, est la règle dans le règne humain.

 

Du fait que l’humain concentre en lui même toutes les techniques animales a pour conséquence que, contrairement à ce qui peut être généralement observé dans le monde animal, le prédateur humain ne se contente pas d’exploiter les autres espèces, car il n’y aurait pas de différence fondamentale entre l’animal et l’humain, mais surtout, s’emploie à exploiter sa propre espèce, tout simplement parce que c’est celle qui dispose du plus fort potentiel à travailler et obéir. Autrement dit, le prédateur humain a su trouver les moyens d’exploiter ses congénères, là où les autres espèces ne le pouvaient pas, ou de manière exceptionnelle.

 

Des conditions initiales de la prédation humaine

 

Comme l’a étudié l’anthropologue français Clastres, pendant très longtemps, les communautés humaines alors plus ou moins limités en nombres et dans un environnement suffisamment grand pour éviter la concentration, impliquant la compétition directe et surtout forcée, ont su mettre en place des gardes fous pour iempêcher ou limiter cette prédation à l’intérieur des communautés, mais la permettre uniquement entre communautés. Donc, restant dans une prédation animale. La sédentarisation, qu’elle soit d’ailleurs du chasseur-cueilleur ou de l’agriculteur (élevage et culture), liée à l’avènement de l’artisanat qui est le principe de la spécialisation du travail, amorçant le début de la concentration humaine, et enfin l’arrivée de l’écriture et du calcul, vont permettre de rompre avec les gardes fous préexistants que permettaient les petites communautés. Autrement dit et toujours selon le principe de relations de causalité, c’est la conjonction de tous ces événements réunis qui vont permettre au prédateur humain de passer de l’utopie à la réalité, quant à sa volonté d’exploiter ses congénères à son profit quasi exclusif. Permettre aux natures charognardes et parasites de se développer à sa suite, quand elles restaient en germes à l’intérieur des communautés.

 

Car il faut bien avoir à l’esprit que l’humain est, sinon le seul, un des rares êtres ayant une conscience réfléchie de sa propre finitude, de sa propre mort et contre laquelle il lutte en vain depuis lors. C’est là ce qu’on pourrait appeler le revers de la médaille de son intelligence supérieure. Toutefois, il s’agit là du même principe de volonté de vie agissant dans tout être vivant à quelque niveau que ce soit, mais qui, appliqué à l’être humain, prend une forme particulière liée à sa conscience supérieure, conséquence de ses capacités cognitives supérieures.

 

Or, cette condition animale de l’être humain quant à sa limitation du temps de vie, ne lui laisse que deux alternatives possibles. La première est de croire en un univers au-delà de la mort dans lequel son être survie et on parle d’âme . Cette dernière, selon les croyances ne va pas forcément dans l’au delà, elle peut se réincarner, donc, aussi vivre éternellement, surtout si la réincarnation vise à trouver la voie de l’équilibre parfait. La seconde n’implique aucune croyance en l’au delà, même s’il elle ne l’exclue pas et qui consiste à augmenter son propre temps de vie en exploitant celui d’autrui. C’est le propre de la prédation humaine, accroître son propre temps de vie en capitalisant celui d’autrui à son profit et c’est le principe du capitalisme étendue à la communauté, en opposition avec le communisme, anarchisme, socialisme et du véritable libéralisme, qui découlent du même principe et qui dominait jusqu’alors les communautés. c’est à dire, où l’humain ne peut exploiter que les autres espèces animales ou lui même, mais pas ses congénères. Se disputant sur la forme, mais pas sur le fond.

 

Si le principe capitaliste d’exploitation du temps de vie d’autrui à son profit a pu s’imposer sur le principe de communauté, où un individu ou groupe minoritaire ne peut dominer la communauté, c’est en raison de la conjonction des moyens cités plus haut. Autrement dit, que l’un de ces moyens ou condition manque et la domination ne peut être complète.

 

Nous n’allons pas entrer dans les détails, mais les moyens vont surtout permettre au prédateur humain de donner les arguments logiques pour convaincre les autres membres de la communauté, de renoncer à une partie de leur propre temps de vie pour le dédier au profit du prédateur humain. Et ce, jusqu’a l’aliénation totale et don de sa vie. Et ces arguments logiques, parce que issues des capacités cognitives supérieures de l’humain, sont un état naturel de sa condition et non pas artificiel. Aussi pervers que cela puisse être analysé, cela fait partie intégrante de sa nature, du moins, d’une de ses caractéristique avec laquelle il doit composer. Toutefois, nous verrons que pour la même raison, la prédation humaine et le pouvoir qu’elle exerce actuellement sur toutes les autres natures, n’est pas une fatalité de sa condition, mais seulement une étape nécessaire de son évolution. C’est à dire, apprendre à la maîtrise de soi, ou le « connais toi, toi même ». Selon toujours le principe de relations de causalité, cette connaissance de soi en tant qu’équilibre devant régir les relations intérieures à cette dimension, sont la condition nécessaire et absolue pour pouvoir passer à une dimension supérieure dans le processus d’évolution de la vie. Si tant est que la volonté est de poursuivre son évolution.

 

Arguments logiques, du mérite personnel à la servitude volontaire !

 

En fait, ils sont au nombre de deux et sont encore aujourd’hui les seuls arguments logiques justifiant le système capitaliste. C’est à dire, le principe du mérite personnel, que l’omnipotent président Macron a rappelé en parlant de « premiers de cordées » et le second, découlant du premier, le fait d’un monde en compétition politico-économique de communautés se disputant la propriété de la terre, en vue de son exploitation en terme de profit, dû à la démographie et nécessitant la mise en valeur d’une aristocratie. Impliquant tant la récompense de ces derniers, que la soumission de tous les autres. Cette dernière étant alors accepté, permet la coopération et ce traduit par la servitude volontaire. Et lorsqu’elle est contrainte, ce traduit en esclavage.

 

Mais sans la spécialisation induite par l’artisanat, divisant la communauté en corps distincts, sans la prolifération des humains et la sécularisation de l’espace-temps via l’écriture et le calcul, la communauté aurait toujours pu résister à la volonté de domination et d’exploitation du prédateur humain. Elle aurait toujours pu limiter sa domination et interdire le pouvoir absolue (2). Comprendre que la relation directe maître-esclave, prédateur-proie n’est pas viable, il faut une classe intermédiaire à la fois prédatrice et proie que sont les serviteurs ou écrire « servitude volontaire » est un pléonasme. La servitude ne peut exister que dans l’acceptation pleine et entière de sa propre condition et sa non acceptation le signal de la révolte, voir de la révolution des rapports de forces. Comme entre la noblesse et la bourgeoise. Puis des tentatives successives entre le prolétaire salarié et la bourgeoisie. L’esclave étant en perpétuelle contrainte, ne coopère pas en tant que tel.

 

Historiquement, ce sont d’abord les religieux ou cléricaux qui vont les premiers apprendre les techniques de conditionnement des cogitos (3), dès lors où ils vont se spécialiser dans le domaine de l’esprit, suivie par les guerriers qui vont donner l’aristocratie nobiliaire, spécialisés dans l’art de la guerre et enfin aujourd’hui, avec les artisans, donnant naissance à l’aristocratie bourgeoise, spécialisé dans la production de biens. Mais ces trois ordres vont employer le même moyen pour capitaliser le temps de vie d’autrui, c’est à dire, l’impôt particulier prélevé sur l’activité collective. Ceci, parce que c’est le plus efficace et en fait, le seul possible permettant d’obliger autrui à dédier son temps de vie sans contrepartie équitable, mais en le justifiant par le principe du mérite supérieur de l’élite aristocratique à la défense de la communauté face aux autres, à l’ennemi extérieur. Que ce soit au niveau militaire, économique et spirituel.

 

Or, pour permettre cet impôt inique et augmenter son pouvoir de prédation sur le temps de vie d’autrui, ces trois ordres, l’un à la suite de l’autre, vont utiliser le principe de la souveraineté, et de la propriété, mais étendue au-delà de leur propre limite corporelle, physique, c’est à dire, sur la ou les communautés placés sous leur emprises. C’est la transposition du territoire de chasse du règne animal. Cette fois ci, appliquée sur tout ce qui s’y trouve et non plus seulement à marquer les limites pour ses congénères, mais ne concernant pas les prédateurs d’espèces différentes et les animaux ne servant pas de proies. Transmettant cette souveraineté de générations en générations.

 

Autrement dit, l’humain est un prédateur exerçant une domination absolue, là où les prédateurs du règne animal exercent une prédation relative et qui prouve une fois de plus qu’il est un règne à lui tout seul. Suivant le principe de division fractale de l’espace-temps de l’Univers physique.

 

Une technique mafieuse.

 

La technique est la même que celle utilisée par la mafia, mais de manière officielle quand l’autre agît de manière officieuses. Autrement dit, se fondant sur la pseudo protection, quelle soit d’ordre spirituelle, militaire ou économique que chaque ordre prétendait donner à la communauté en échange de cet impôt, car devant leur permettre de se dédier entièrement à leur tâche de protection face à la menace extérieure. Mais aussi, pour éviter leur propre menace intérieure de désintégration de la communauté. Cette menace étant l’argument fort du prédateur humain, peu importe qu’elle soit réelle ou non, elle doit être maintenue coûte que coûte. Le système est toujours en vigueur de nos jours, mais interdit de sortir d’un monde en compétition perpétuelle, de l’état d’urgence permanent exigeant la soumission, que ce soit militaire ou économique, du moins, d’en préserver l’illusion auprès des masses laborieuses afin d’en conserver la servitude volontaire et interdire leur émancipation.

 

Ce qui est difficile à comprendre, à accepter, c’est que la souveraineté territoriale et la propriété économique, au-delà donc de son être physique et ce qui lui est nécessaire en propre, n’a de raison d’être que pour permettre de prélever l’impôt privé, particulier sur l’activité collective. Autrement dit, sans cet impôt qui aujourd’hui se décline en dividendes, intérêts et loyers immobiliers, la propriété perd tout son sens, est totalement vidé de sa raison d’être et n’existe plus en propre. Dans une société équilibré, mais nous le verrons plus en détail dans les articles suivants, l’impôt privé sur la communauté est interdit, seul l’impôt public subsiste, c’est à dire, celui nécessaire pour assurer la solidarité sociale avec les incapacités (sécurité sociale, retraite) et évidemment, pour tout ce qui touche aux infrastructures communes, limité à tous ceux vivant à l’intérieur de la communauté. Sur la forme, rien ne semble être différent, mais sur le fond, tout change.

 

De la différence de ces trois ordres avec le quatrième qu’est le citoyen responsable.

 

Habituellement, on entend comme quatrième ordre celui du prolétariat, mais selon la définition de ce mot, cet ordre peut exister que dans le cadre du système capitaliste et nulle part ailleurs. Ceci, parce que dès l’instant où il n’y a plus de propriétaire économique, il n’y a plus de prolétaires économiques, puisque la propriété n’existant plus, l’outil de production est collectivisé et implique que plus personne ne s’en trouve dépossédé. La « dictature prolétarienne », n’existe qu’en système capitaliste et ne peut pas conduire à un système fondé sur la responsabilité économique, qui est la synthétisation de tous les idéaux qe sont le communisme le socialisme, l’anarchisme et enfin, le libéralisme véritable. En fait, la dictature du prolétariat ne peut exister et ceux qui la proclament, ne peuveut que mettre en place le même principe de domination et in fine, condamnés à retourner vers la « démocratie bourgeoise », puisque le terme même de « dictature prolétarienne » admet qu’il s’agit là du vol de la propriété et non de sa réappropriation par la communauté.

 

Il faut bien insister, comme indiqué plus haut, que la raison d’être de la propriété économique, n’a de raison d’être que pour permettre de prélever l’impôt sur l’activité humaine qui se déclinent respectivement en intérêts, diivdendes, loyers et s’écroule totalement sans cet impôt. Ce qui explique l’impossibilité de supprimer ces impôts et où, lorsque le système capitaliste fait par et pour le prédateur humain est en situation de monopole, tend à augmenter cet impôt, naturel au système de prédation humaine. Qui peut être limité (jamais supprimé) que lorsqu’il existe la menace d’un système concurrent et à cette seule condition. Et que cet impôt peut être supprimé, qu’à la condition où le système concurrent qui le supplente, abolissent la propriété économique et à cette seule condition.

 

Il faut bien avoir conscience qu’à la différence de ces trois ordres, le quatrième ordre qu’est ici le responsable économique, c’est à dire, celui qui doit concéder obligatoirement (sauf incapacité) une partie de son temps de vie à la production de marchandises sans laquelle rien ne serait crée, celui-ci ne peut pas se soustraire comme les précédents au devoir de produire, mais seulement établir des règles de juste redistribution. C’est à dire, selon le principe du mérite personnel. Pour pouvoir s’affranchir comme les ordre précédents d’une rétribution juste, selon son apport réel à la communauté, il faudrait un monde dont la production de marchandise soit entièrement automatisée via la robotique et l’IA. Mais plus encore, rompre avec les limites physiques actuelles pour permettre à tout un chacun d’accéder à autant de ressources qu’il le désire. Sans cela, c’est physiquement impossible. Sauf dans l’imaginaire ou aujourd’hui, dans la réalité dites virtuelle, mais qui est vivre dans un monde imaginaire et non plus dans la réalité.

 

Toutefois, la conséquence directe d’un tel monde, est la menace de déliquescence totale du lien social entre les êtres humains. Ceci, parce que plus personne est limité dans ses relations par la présence d’autrui, c’est à dire, peut décider de rester déconnecté de la réalité d’autrui en restant dans l’univers virtuel qu’il aura choisi. Mais là n’est pas l’objet des présents articles et bien que la question soit centrale, elle ne peut être abordée plus profondément pour éviter de perdre un fil déjà difficile à tenir.

 

Pour l’instant, il s’agit surtout de montrer que la société humaine, attachée à la réalité physique, peut réduire à l’essentiel le devoir de production, dès aujourd’hui, pour passer à une production essentiellement choisie. Donc, pas se défaire du principe de création mais au contraire, multiplier ses possibilités. En effet, il est de constater que l’humain qui sombre dans l’oisiveté finit très majoritairement par perdre la valeur de sa propre existence, quand celui qui passe d’une production contrainte à choisie, mais toujours en relation avec les autres, accroît de manière exponentielle la valeur de sa propre existence. Qu’on peut résumer par le proverbe selon lequel il n’y a pas de gloire sans combat. Mais pas celle consistant à créer les conditions d’aliénation de ses semblables pour leur faire réaliser de grandes œuvres qui porteront son nom, laissant jusqu’à penser qu’ils furent seuls à les réaliser. Une telle époque n’a plus de raison d’être, car tant la technique que l’éthique de réciprocité et l’élévation de la conscience qu’implique le niveau de connaissances acquisent, poussent à ne voir dans une grande œuvre, que le fruit de l’ensemble de ses artisans. De ses concepteurs, jusqu’aux plus simples exécutants.

 

Conclusion du chapitre

 

Pour finir ce chapitre, il est important de rappeler qu’en dépit du fait que cette ère de violence qui à façonné l’âme des nations, soit le pur produit de la prédation humaine, usant de la perversion pour instaurer sa domination totale sur ses proies, ce comportement faisant partie intégrante de la nature humaine, cette ère ne peut se terminer par la violence comme celle qu’à vue le passage de la domination de la noblesse par la bourgeoisie avec la révolution de palais de 1789 en France. Autrement dit, il ne s’agit pas d’appeler à couper les têtes, ni de déposséder manu militari les gagnants du système actuel, dont une partie, voire une majorité d’entre eux ont juste le tort d’avoir profité du système sans se poser des questions sur sa moralité, ni de penser se transformer en justicier, mais seulement de jouer les dames patronnesses pour se donner bonne conscience. Tout comme les 2/3 voir plus des citoyens se sont laissé convaincre du caractère incontournable de ce système et d’essayer de s’y faire une place plutot que de prétendre le transformer. S’agissant du mouvement propre à l’évolution de la conscience/connaissance qui fait la nature dans toutes ses dimensions, il n’y a pas de coupables, simplement une prise de conscience qui pousse à son dépassement via l’établissement des lois d’équilibres nécessaires à la pérénisation de tout système ou dimension.

 

La loi, par principe, n’est pas rétroactive, elle s’applique à compter du moment où elle est instaurée et connue de tous. Elle se doit de solder le passé de manière la plus consensuelle possible, c’est à dire, que les privilèges gagnés ne se transmettent pas à ses enfants et sont conditionnés au respect de la loi nouvelle. Par contre, elle se veut intraitable envers tous ceux qui refuseraient sa mise en application. Là aussi, les modalités d’applications seront vue dans son principe dans un article à venir. Mais qui dit principe, ne fait appel qu’à la raison et ne dit pas des détails qui, eux, dépendent des conditions environnementales présentes.


 

NOTES

 

(*) l’honnêteté me commande de faire mon mea culpa au sujet de Voltaire. Cette citation, sortie de son contexte, m’a fait penser à tord tout le mal possible à son sujet, mais en y regardant de plus près, je dois reconsidérer mon opinion et reconnaître en Voltaire un homme pas tant épris de justice, mais épris de raison. Voltaire n’était sans doute pas un idéaliste aveuglé par son idéal, mais conscient du monde dans lequel il vivait. Voltaire m’apparait donc comme un homme raisonné avant tout, c’est à dire, ni juste ni injuste en soi, mais guidé par la raison dans un monde dominé par la passion. Nul n’est parfait et on pourra toujours l’accuser d’avoir été le plus grand avocat de la bourgeoisie, pour être devenu lui même bourgeois après avoir pris conscience qu’il serait toujours, au yeux de la noblesse, qu’un roturier. La citation, prise avec l’annotation qui l’accompagne en change totalement la nature, car il ne défend pas l’exploitation du petit nombre sur le grand nombre, mais explique que l’esprit de la nation (tout le livre « essai sur les moeurs et l’esprit des nations » en font la démonstration) consiste bel et bien à permettre cette exploitation et que tant que cette passion nationaliste inculquée par la force et la manipulation domine la raison du grand nombre, cette dernière subira cette domination. Quelle que soit sa volonté de liberté, elle ne pourra y échapper, car elle réclamera toujours une chef pour la diriger, la commander et l’imposer ses conditions et exiger de la masse, sa servitude volontaire.

 

(1) lire l’article « la fourmi dans la fourmilière »

 

(2) voir les nations d’Amériques pré-coloniale, ou les peuples d’Afrique

 

(3) ceci n’est pas certains et sans doute faux, mais demanderait une étude approfondie. En effet, tout laisse penser que c’est la division entre le religieux et le guerrier, qui va permettre au prédateur humain de se libérer des contraintes morales que le religieux pouvait lui imposer. Encore que là aussi, en raison de la diversité des religions, difficile de faire une généralisation de l’histoire. Il faut sans doute voir dans l’évolution des religions, à l’intérieur même des peuples, la division entre le religieux et le guerrier. L’article « l’histoire vue sous le prisme des rapports entre droits et devoirs » tendent à montrer cela. Mais ce n’est pas le sujet de l’essai et en cet instant de l’histoire, cela n’est plus nécessaire.

 

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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