Fouille raisonnable ou déraisonnable ?

Unknown

PHILIPPE DAVID :

Comme beaucoup de parents, j’ai été stupéfié autant par le fait qu’une adolescente a été contrainte à enlever tous ses vêtements derrière un drap dans le cadre d’une fouille à son école que de la façon cavalière qu’Yves Bolduc a commenté la chose. Fort heureusement,  le Premier Ministre Couillard a remis les pendules à l’heure en disant que ce genre de pratique dans nos écoles devrait cesser.

Cependant, une question demeure dans mon esprit et celle-ci sera peut-être répondue si la famille de l’adolescente maintient sa poursuite contre l’école. Ce genre de fouille est-il excessif au sens légal de la chose? Jusqu’où une direction d’école peut aller? La cause M.R.M. c. Sa Majesté la Reine,  qu’on m’a cité en exemple comme jurisprudence établit effectivement que le milieu scolaire dispose d’une plus grande latitude d’exécuter une fouille sans mandat, tant que le personnel a une raison suffisante de croire que l’élève est en possession de drogues ou d’une arme. Cependant, il ne définit pas vraiment ce qui constitue une fouille raisonnable ou à quel point elle peut être invasive. Dans la cause en question, l’étudiant n’a été assujetti qu’à une fouille sommaire où il a dû vider ses poches, relever ses jambes de pantalons, etc. En aucun temps n’a-t-il dû retirer ses vêtements.

Donc, contraindre un étudiant à se déshabiller est-il vraiment nécessaire? N’est-ce pas un tantinet trop invasif et humiliant pour un milieu scolaire, même si l’étudiant est caché derrière un drap? Si c’était à moi d’en décider, je pencherais définitivement dans le sens que c’est excessif.  Et considérant qu’aucune drogue n’a été trouvée sur l’élève, on peut effectivement questionner la fiabilité des informations qui ont mené à cette fouille.  Il sera donc intéressant de voir ce que les juges en diront.

C’est drôle, mais lorsque j’étais au secondaire, j’avais toujours été frappé par les similarités entre un établissement scolaire et un établissement carcéral. En tant qu’adulte, je reconnais que la plupart des mesures auxquelles j’ai été assujetties à l’école ont été raisonnables (je n’ai jamais subi de fouille cependant). Cet événement n’aide certainement pas à évacuer cette impression que les jeunes ont parfois de vivre dans une prison.

4 pensées sur “Fouille raisonnable ou déraisonnable ?

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    24 février 2015 à 12 12 14 02142
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    @ lecteurs Je suis enragé veuillez me pardonner.

    «Un tantinet trop invasif» ?????
    Tabarnak, fouiller les parties intimes d’une adolescente c’est très très intrusif non!?..

    Faut vraiment être sous la coupe de l’État policier – la forme nouvelle du néo-fascisme – et cela depuis des années – pour en venir à deviser sur la profondeur de la pénétration policière «sécuritaire» qui serait tolérable ou socialement acceptable.

    Christ, je suis en colère – que l’État ait osé porter de tels gestes contre une enfant du peuple – dans une école publique – avec l’assentiment de toute cette merde de petits cadres – de bobos petits-bourgeois, chiens de garde du grand capital – sans que les enseignants s’insurgent et dénoncent l’État bourgeois – de la commission scolaire jusqu’au parlement à Québec (ce qui inclut le trou du cul à Bolduc évidemment).

    Comprenez que le fascisme ne s’installe pas dans une société par une proclamation royale décrétant qu’a compter de cette date – le fascisme est a pouvoir représenté par un rigolo au petit «pintch» sous le nez.

    NON, le fascisme s’installe tranquillement, insidieusement, dans les esprits, dans les moeurs, dans les pratiques sociales, dans la vie politique, dans la vie militante même en se présentant comme «raisonnable» ou «déraisonnable» mais normal (chacun y allant de son appréciation personnelle sur le degré de profondeur socialement acceptable). Il en fut de même avec l’hystérie du voile – quelle longueur de voile et à quel endroit le voile est fascistement tolérable et portable…et chacun y va de son commentaire se croyant démocratiquement interpellé… alors qu’il n’est que fascistement manipulé, aliéné.

    Où donc vagissent les mouvements féministes qui nous emmerdent dans les assemblées militantes pour soi-disant défendre la libération des femmes en imposant leur dictature larmoyante sur le droit de parole par genre et par transgenre (un autre méfait de la go-gauche petite-bourgeoise, syndicaliste, féministe, et d’ONG subventionné, dominant le mouvement ouvrier révolutionnaire)

    Où donc s’affaire la go-gauche féministe pendant que nos enfants voient leur intimité violer publiquement – socialement – médiatiquement ? Imaginez cette jeune fille retournant dans cette école demain, alors qu’elle a été traitée comme une criminelle récidiviste de droit commun, comme une pestiférée. Honte à la petite-bourgeoisie à qui les ouvriers ont confié l’éducation de leurs enfants et des adolescents. L’ASSE où êtes-vous devant cette agression contre la jeunesse du Québec ?

    Une seule et unique réponse à ce geste fasciste totalement intolérable – inacceptable qui attaque nos valeurs communes de classe ouvrière.

    NON plus jamais cela. Aucune fouille contre nos enfants dans les établissements scolaires qui ne sont toujours pas (pour l’instant du moins) des établissements pénitentiaires.

    Robert Bibeau

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      24 février 2015 à 18 06 29 02292
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      Tabarnak…

      Christ, je suis en colère …

      Je savais que vous étiez chrétien!

      Il y a de quoi réveiller les dieux…

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    24 février 2015 à 12 12 57 02572
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    @ aux amis lecteurs

    On me permettra d’en remettre une couche SVP.

    Je vous raconte une anecdote, un événement qui m’est survenu – et qui se multiplie depuis – dans toutes les assemblées soi-disant militante que je fréquente.

    En début d’assemblée, le maître de cérémonie (le président-présidente) commence par énumérer la série de règlements «démocratiques» (sic) qu’il-elle impose au groupe au nom de la «révolution-démocratique-populaire» petite-bourgeoise .

    Un exemple pour votre gouvernance, le droit de parole est gracieusement concédé par lui/elle en fonction du sexe de l’intervenant. En effet, les «camarades» de la go-gauche petite bourgeoise – les bobos comme je les prénommes – ont constaté que les femmes étaient deux – trois fois moins présentes aux assemblées militantes que les hommes (enfin les gens de sexe masculin – j’espère que je ne serai pas taxé de sexisme par ces farouches révolutionnaires de salon parce que j’utilise encore une fois les mots femme-hommes-masculin-féminin — eh oui! Je fus jadis apostrophé pour avoir osé dire à une femme – MADAME – j’ignorais alors que ce mot était tabou chez les bobos)

    Évidemment, les «camarades» de la go-gauche ne se sont pas interrogé sur la raison de cette absence récurrente – et que ce n’était probablement pas pour motif de manque de droit de parole que la gente féminine ne se présente pas à leur assemblée fasciste militante (car cette pratique est un exercice socialo-fasciste et pas du tout communiste-révolutionnaire ne vous en déplaise). C’est en amont de l’assemblée que la source d’aliénation doit être recherchée.

    J’en viens au meilleur de cette expérience fasciste unique qui se poursuivit.

    Le président-présidente d’assemblée proposa que MADAME (il n’a pas dit madame je l’avoue) que Jeannette B. soit désignée comme «Gardienne du senti» !!!!!??????…. J’en restai figé. – Je ne comprenais rien – je ne savais rien de ce que d’une «gardienne du senti» !!!???
    Tous applaudirent à cette nomination importante (sic) Sauf moi, qui ne comprenait toujours pas.
    Le président-présidente d’assemblé(e) affiche un numéro de téléphone devant lui !!!

    Je m’apprêtais à demander s’il s’agissait du numéro de téléphone du poste de police du coin, où rapporter le nom des participants à l’assemblée quand le président/présidente annonça que si quiconque(e) se SENTAIT brimé(e), choqué(e), blessé(e), outragé(e), agressé(e), dérangé(e), stressé(e), dépassé(e), mal-aimé(e), malmené(e), négligé(e) par l’intervention d’un militant emporté – enragé que dis-je, contre l’État capitaliste – ou contre la classe bourgeoise il pouvait toujours (cette dame ou ce monsieur blessé(e)) téléphoné(e) en secret à la «gardienne du senti(e) et du ressenti(e) pour le dénoncer sur le champ.

    La/le «gardienne du senti(e) et du ressenti(e)» devait alors TO THE GO stopper l’intervenant «malveillant» (du moins en était-il ainsi présumé), brisant son élan et lui niant le droit de parole ipso-facto (qui semble-t-il comptait moins que le droit de senti(e) de la militante/militant frustré et empressé de dénoncer.

    La/le gardienne(e) du senti(e) intimait l’intervenant trop militant – et blessant un/une militant(e) secrètement tapie dans la salle – son cellulaire à la main et pleurnichant ses sentiments culpabilisants dans l’oreille du commissaire politique au senti, dictatrice de la démocratie vivante enrayée, niée ci-devant votre témoin.

    Pour faire bonne mesure je vous raconte une scène survenue pendant l’assemblée tenue en laisse par le/la «Gardienne – commissaire au senti(e)»

    Un camarade déclare «Des gens disent qu’ils sont anticapitalistes mais qu’ils ne veulent pas l’écrire sur la bannière de la manifestation pour ne pas effaroucher les manifestants. C’est hypocrite il me semble!» BUZZ ! STOP! Le camarade est aussitôt stopper dans son allocution par LA GARDIENNE DE CE QUE VOUS SAVEZ

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    24 février 2015 à 21 09 46 02462
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    L’article de Philippe David nous rentre dans le corps, c’est sûr. Il y a je dirais un manque de jugement dans notre société. Pour le moment, le gouvernement interdit ce genre de fouilles dans les écoles.

    @Robert Bibeau
    J’ai lu votre commentaire-article et ma foi, plus personne ne se fait confiance on dirait. Dommage.

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