J’ai tout bu avec Khayyâm

PERSONNE :

Je suis en train de me remémorer le 127 ème quatrain du vieux poète qui en voulait à Dieu, du vieil ivrogne qui grogne comme il peut…
« Si tu veux éviter que le temps te méprise
Comme il fait de celui que la tristesse grise
Fais résonner la lyre et bois dans le cristal
Avant que sur le roc, ton verre ne se brise »
Comment veux-tu que je le dise autrement qu’en disant ce qu’il a toujours dit : « Sois heureux un instant… » il n’y en aura pas d’autres… souviens-t-en !
Ta vie ne sera ni échangée, ni reprise.
Il n’y a pas de gâteau, contentes-toi de la cerise.
Car, renchérit Omar Khayyâm : « La part qui te revient, tu n’y peux rien redire… il ne faut t’émouvoir du meilleur, ni du pire ».
Parce que tu n’as que 5 sens et 4 éléments pour comprendre l’empire. Ce n’est pas assez pour prétendre à la vérité.
Ô l’ignare ! Tu ignores peut être que la vie d’un homme ne vaut pas plus que la vie d’une mouche.
« Quelle trace de ton passage en ce monde ? », se demande le cynique et ironique poète : « une mouche apparut, puis elle disparut ».
Ce n’est pas un problème, c’est un poème que l’on peut intituler :
« Qu’importe ! » les maladresses, pourvu qu’on ait l’ivresse… une fois partis, que t’importe si le monde est ancien ou nouveau… vrai ou faux… mundus est fabula… le monde est une fable… voilà tout.
Et c’est dans le vin qu’il faut tremper ta plume pour me faire ressortir la part de vanité et ressentir la part d’amertume.
On te dit : il y aura ceci. On te dit : il y aura cela.
Mais le poète maudit n’est pas de cet avis
Il m’a prié de te dire : qu’il n’y aura rien. Rien de rien !
Tu me diras : qu’est-ce qu’il en sait ?
Je réponds que nul ne le sait. Pire : nul ne le saura jamais.
Il ne peut y avoir de parole cachée mais seulement une parole gâchée.
« in vino veritas » parce qu’une défaite, ça se fête…
Maintenant ou jamais. La mort est absurde, la vie aussi.

« Bois du vin car le ciel ne veut, la chose est sure
Qu’assassiner nos corps, prendre nos âmes pures… »
Pas question de renoncer au plaisir d’ici-bas, puisqu’il n’y a pas d’au-delà…
Pas de vie meilleure que celle que je vis là
D’où te viennent toutes ces angoisses ?
De deux sources : la croyance et l’assurance
Car rien n’est moins sûr qu’une assurance
Rien de plus incroyable qu’une croyance
Oma Khayyâm n’aime ni les créatures, ni le créateur.
Et encore moins la création… et on ne saura jamais pourquoi le grand Peintre nous maquilla de la sorte… et nous fit si faibles d’esprit.
Pas la peine de crier, c’est peine perdue. Tu n’entendras que l’écho de ta propre voix.
La Nature est insensible à tes joies comme à tes peines… elle accomplit implacablement son œuvre sans se soucier de ses enfants chéris.
Buvons à la santé de cette putain de vie.
La coupe est pleine et nous sommes là pour la vider.
« Bois du vin ! Mille fois déjà je le répète
Car une fois parti, tu ne reviendras plus »

http://www.lejournaldepersonne.com/2014/12/jai-tout-bu-avec-khayyam/

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Personne

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Une pensée sur “J’ai tout bu avec Khayyâm

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    25 décembre 2014 à 13 01 29 122912
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    Honneur rouge aux magiciens vignerons et à leurs maîtres de chais, qui abreuvent les poètes, qui rendent le monde supportable, qui détournent notre regard vers le ciel et ses nuages. Ils font apparaître, fût-ce au milieu de la fange, la beauté réconfortante des gloires éternelles.

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