J’ai tué Narcisse

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Que puis-je admirer dans ce reflet?

À part le miroir qui peut à tout moment se briser?

Peut-être le regard qui se hasarde

Sur un hasard qui me regarde

Comment tenter la traversée improbable

D’une âme impalpable

Mirée ou misérable ?

Je sais que je ne ressemble à rien d’admirable

Comparable à n’importe quelle trace

Que le vent efface sur le sable

J’apparais, je comparais

Avec mes repentirs, mes remords et mes regrets

Sans rien pouvoir y changer…

 

Comment rompre le cou à la mère de tous les vices?

Que l’on nomme ici ou là: Narcisse?

Je suis deux, mais je dois me séparer de l’un des deux

De qui? De quoi? Du moi ou de l’image du moi?

Lequel des deux doit disparaître en premier?

Mon Ego ou mon Imago?

Maintenant je sais pourquoi, nous sommes tous schizo

Car chaqu’ UN a besoin de quelqu’ UN pour ne pas se sentir seul, en exil ou en déclin.

Et comme il n’y a jamais personne pour nous tendre la main

On se retrouve tous chez soi…

À se regarder comme je le fais

Sans oser passer de l’autre côté.

 

Fable ou affabulation?

Pour le savoir, il faut assassiner Narcisse !

Personne ne l’a encore fait je le sais

C’est pour cette raison que je le fais

Parce que je viens de m’apercevoir en effet

que ma vie n’est qu’un vice, emprunté à Narcisse…

 

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Personne

Le Journal de Personne pratique la scénarisation à fond, pour illustrer une question d'actualité. Son info est une info scénario, son drame: une dramatisation et sa réalité: une réalisation.Vous auriez mauvaise grâce d'assimiler Personne à ses personnages, et ses histoires à des dérapages. L'humour et la dérision y ont toujours fait bon ménage. Le Journal n'est l'otage d'aucun parti, prisonnier d'aucune opinion, dupe d'aucun soupçon. Ni à gauche, ni à droite, mais au cœur de l'événement, il aborde tous les sujets, pose tous les problèmes et relance tous les débats : https://www.lejournaldepersonne.com

6 pensées sur “J’ai tué Narcisse

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    1 mai 2014 à 10 10 25 05255
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    @Personne

    C’est la façon de regarder de Narcisse qui le rend narcissique.

    En me regardant dans le miroir, je vois en premier lieu un objet qui reflète tout ce qui se place devant le miroir : autant le cadre, le fond du mur, un peu du plancher que mon reflet. Une image. La surface de mon corps physique et du monde qui m’entoure. Les yeux fermés, je peux sentir la subtile essence de ce que je suis. Je ne suis pas uniquement une surface. Entre les deux, il y a le JE qui observe … comme dans votre article, il y a ce JE-TÉMOIN CONSCIENT.

    Peut-être n’avons-nous rien à détruire, mais à faire avec. Réunir plutôt que d’enlever.

    C’est comme la fleur. Elle est une forme, une image. C’est par la beauté qu’elle inspire, le parfum qu’elle exhale, qu’elle est plus qu’une forme. Ce sont les racines qui tiennent la fleur, pourtant quand on regarde une fleur, on ne pense pas à ses racine, uniquement à la joliesse de sa forme et de sa couleur.

    Merci d’avoir traité ce sujet qui me touche beaucoup.

    Carolle Anne Dessureault

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    1 mai 2014 à 11 11 48 05485
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    @ Carolle comme Personne

    Eternité du reflet comme du regard. Beauté de leur parfaite, mais éphémère communion.

    Joie de créer, tristese de passer…

    La rivière coule sans flétrir l’image. Pourquoi un pleur devrait-il l’attendrir ?

    歌うストーン

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      1 mai 2014 à 13 01 50 05505
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      Les chants de pierre 🙂 en Haï-kaïs

      Le beau costume n’y fait rien
      Il faut sentir au dedans
      Que tu es bien celui qui porte le beau costume.
      Haïkaïs, Paulhan (1920)

      Elles s’épanouissent, – alors
      On les regarde. – alors
      les fleurs flétrissent, – alors…
      Haïkaïs. Delage (1925)

      DG

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    1 mai 2014 à 19 07 41 05415
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    @ DG
    Dolce – du duo qui a aujourd’hui des ennuis fiscaux- aurait dit en boutade, il y a quelques années: « Inutile de mettre des escarpins Guccis sur des pieds Florsheim… » … Et cette proprio d’hotel new-yorkaise qui avait dit, dans une entrevue televisée:  » les impôts, c’est pour les pauvres. On l’a foutu en tôle.

    Je me demande si mon blazer de cachemire, qui attend sur son cintre comme une âme entre deux rèincarnations, ne se demande pas quand je l’endosse, ce que je lui ferai vivre aujourd’hui et si je serai à la hauteur. Ça me remet en perspective. Alors….

    Pierre JC

    p.s Allan Erwin, notre complice en écriture sur ce site écrit souvent de bien jolies choses

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      2 mai 2014 à 1 01 57 05575
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      En tôle elle pourra mettre ses Guccis
      personne ne remarquera l’étiquette. 🙂

      Guccis et Florsheim passeront
      tout comme, pour la jeunesse,
      Lambert et Mathieu et leur sirop

      Allan Erwin a le talent de bien mettre en ordre les idées qu’il sème.
      Son point de vue, tout comme ceux de Patrice-Hans West Charbonneau ou Pelletier, apporte un regard anthropologique différent et intelligent sur notre civilisation par-delà la primaire technique littéraire des apparences. C’est l’idée qui compte, non la forme.

      DG

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      2 mai 2014 à 2 02 19 05195
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      p.s.

      J’ai lu sans commenter le départ de Patrice et constaté les visions sur la tenue d’un blog et la conservation des textes et des commentaires qui parfois nous offrent des morceaux d’anthologie qui révèlent, au delà de la surface bien polie de son texte, un florilège des idées et objectifs réels d’un auteur.
      .
      « Chacun est soumis à deux logiques différentes, selon qu’il se considère comme individu ou comme membre d’un groupe. » André COMTE SPONVILLE

      DG

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