Jour du Souvenir : en rouge ou en blanc ?

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DOMINIQUE BOISVERT :

Le texte qui suit a été rédigé pour le journal communautaire de Scotstown, Lévénement, qui paraîtra fin octobre.

Le 11 novembre, nous célébrons, à Scotstown comme ailleurs dans le monde, le Jour du Souvenir. Ce jour rappelle la signature de l’Armistice qui a mis fin aux quatre années terribles de la Première guerre mondiale, le 11 novembre 1918 : 9 millions de morts et 20 millions de blessés.

Les célébrations du Jour du Souvenir, avec son coquelicot rouge (tradition commencée en 1921), mettent l’accent sur nos soldats canadiens qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour la liberté et pour leur pays. Et c’est un hommage mérité à leur courage.

Mais depuis 1933, à l’initiative de mères de soldats britanniques morts durant cette guerre, le mouvement « No more war » (Jamais plus la guerre!) a suggéré de célébrer le Jour du Souvenir avec un coquelicot blanc. Et depuis 1998 au Canada, et depuis 2011 au Québec, l’invitation à porter un coquelicot blanc pour le Jour du Souvenir se développe.

Le choix du rouge ou du blanc peut sembler bien symbolique; mais c’est un symbole important. Dans le premier cas, on se souvient des militaires qui ont fait la guerre pour la victoire finale. Dans le second cas, on se souvient de TOUTES LES VICTIMES DES GUERRES (et on sait que dans les guerres contemporaines, c’est à peine 5% des morts qui sont des militaires alors que 95% des victimes sont des civils qui n’ont aucunement choisi de faire la guerre, et en majorité des femmes et des enfants). Dans le premier cas, on se rappelle la guerre et ses héros. Dans le second cas, le souvenir de la guerre, de ses atrocités et de toutes ses victimes nous conduit à nous engager à construire les conditions de la paix.

Porter le coquelicot blanc, le 11 novembre, ce n’est absolument pas faire affront à nos militaires qui ont servi leur pays dans l’armée canadienne. Mais c’est au contraire affirmer

que la guerre est toujours un mal pour l’humanité (le Pape François vient d’ailleurs de le rappeler, le 13 septembre dernier, à l’occasion du centenaire du début de la Première guerre mondiale[1];
qu’elle ne doit être utilisée qu’en extrême dernier recours;
et que ses conséquences, même quand la guerre a été supposément « gagnée », sont presque toujours pires que le problème initial qu’elle était censé régler (comme on l’a bien constaté, depuis le début de la « guerre au terrorisme » après le 11 septembre 2001, en Afghanistan, en Irak, en Lybie, en Syrie, en Palestine, etc.)
C’est pourquoi je porterai fièrement, le 11 novembre prochain, les deux coquelicots : le blanc et le rouge. Et je vous invite à faire de même.

Dominique Boisvert

Scotstown, le 25 septembre 2014

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[1] « La guerre est une folie. » Derrière toute «décision de faire la guerre», a-t-il poursuivi, il y a «la cupidité, l’intolérance, l’ambition du pouvoir». Mais il y a surtout l’indifférence envers l’autre, comme la réponse de Caïn après avoir tué son frère Abel : « Que m’importe? » Si bien que le Pape François a évoqué à nouveau l’image d’«une troisième guerre mondiale combattue par morceaux, avec des crimes, des massacres, des destructions».

«Comment cela est-il possible?» s’est-il demandé. «C’est possible parce que, aujourd’hui encore, dans les coulisses, il y a des intérêts, des plans géopolitiques, l’avidité de l’argent et du pouvoir». Et il y a surtout «l’industrie des armes», qui en tout foyer de conflit voit une occasion d’augmenter ses revenus déjà importants. «Peut être gagnent-ils beaucoup, mais leur cœur corrompu a perdu la capacité de pleurer». D’où l’appel à la «conversion du cœur», qui conduit l’homme de l’indifférence aux pleurs. Car, a conclu le Pape, «l’humanité a besoin de pleurer, et c’est maintenant l’heure des larmes».

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Dominique Boisvert

Membre du Barreau pendant 20 ans, Dominique Boisvert a choisi de travailler essentiellement en milieux populaires dans les domaines de la solidarité internationale, des droits humains, des immigrants et des réfugiés, de l'analyse sociale, de la paix et de la nonviolence et des questions spirituelles. Co-fondateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) en 2000, il a publié aux éditions Écosociété L'ABC de la simplicité volontaire (2005) et ROMPRE! ou Le cri des « indignés » ( 2012). Il a également publié aux Éditions Novalis, Québec, « tu négliges un trésor ! Foi, religion et spiritualité dans le Québec d'aujourd'hui » (2015) et La « pauvreté » vous rendra libres !, Essai sur la vie simple et son urgente actualité (2015). Il anime, depuis 2010, le blogue du RQSV (www.carnet.simplicitevolontaire.org) et il a aussi son propre site (www.dominiqueboisvert.ca) depuis le printemps 2014.

Une pensée sur “Jour du Souvenir : en rouge ou en blanc ?

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    26 octobre 2014 à 16 04 16 101610
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    Ils ont plutôt risqués leur vie pour que la guerre soient très profitables aux financiers et banquiers de l’empire anglo-saxon. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale il y eu plusieurs agressions impérialistes menés surtout par l’Occident dont les États-Unis qui sont responsable de la majorité. La mémoire semble chez la plus part d’entre-vous être une faculté d’oublier très efficace.

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