LA BANQUE DU VATICAN (IOR)

UNE RÉFORME EN MARCHE

Luc 9:3 Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux tuniques.

OSCAR FORTIN :

Suite aux nombreux scandales,  rapportés par Vatileaks,  entre autres ceux de la Banque du Vatican et de l’existence d’un lobby gay, une réforme radicale s’impose, non seulement de la Curie romaine, mais aussi et de façon prioritaire de la Banque du Vatican, dénommé « Institut des œuvres religieuses » (I0R).

Comment une institution comme celle de l’Église peut-elle continuer de proclamer au monde un message de justice, de vérité, de solidarité,  de compassion, de partage, etc. tout en incarnant dans ses rouages administratifs ce qu’il y de plus contraire à ces valeurs? L’Église, porteuse du message évangélique et du témoignage de Jésus de Nazareth, se retrouve, dans sa façon d’être, aux antipodes tant du message que du témoignage.  Benoît XVI en a pris conscience et n’a eu d’autre alternative honorable que celle de démissionner comme pape. Toutefois, quelques jours précédant sa démission, il a procédé à la nomination d’un nouveau directeur général de la Banque du Vatican en la personne du baron  Ernst von Freyberg.

« Cinquante-cinq ans, avocat marié à une Française, aristocrate de grande lignée, chevalier de l’ordre de Malte, von Freyberg a une grande expérience de la finance internationale. Mais il est également président des chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg, qui fabriquent des yachts de luxe et… des navires de guerre. Le site de l’entreprise arbore fièrement les photos de frégates lourdement armées. Une activité que beaucoup jugent incompatible avec une responsabilité aussi stratégique que la présidence de l’IOR. …»

Une nomination qui demeure suspecte et qui n’est pas sans soulever la question des secteurs d’investissement de ces centaines de millions d’euros. Servent-ils à construire des bateaux de guerre, à financer des activités de mercenaires au service de forces politiques et économiques, etc. ? Ce capital énorme, à qui et à quoi sert-il vraiment ?

LE PAPE FRANÇOIS PASSE À L’ACTION 

Dès ses premiers mots, le pape François a fait entendre qu’il voulait une Église pauvre avec les pauvres. Le nom adopté, le rattachant à François d’Assise, en est un signal de taille. Ce dernier est reconnu pour son choix de vie de pauvre avec les pauvres et surtout par ces paroles entendues de la bouche du Christ : « François, reconstruis mon Église qui est tombée en ruine »

Il va de soi que ces ruines dont il est ici question n’ont rien à voir avec la situation matérielle de l’Église, mais bien avec le vide moral et l’abandon des grandes consignes laissées par Jésus à ses disciples.

Trois commissions furent rapidement mises en place pour procéder aux réformes les plus urgentes, sans exclure qu’elles puissent conduire à une véritable révolution dans l’Église.  

Il y a celle visant les réformes de la Curie, appelée le G8, en référence aux huit (8) membres qui intègrent cette commission. J’aurai l’occasion de revenir sur cette commission dans un autre article. 

Il y a celle, se référant à l’Institut des œuvres religieuses (Banque du Vatican), qui comprend cinq (5) membres. 

Finalement il y a celle portant sur  les services économiques et administratifs du Vatican, intégrée par huit (8) membres. 

Ces trois commissions ont en commun de relever directement du pape et d’être au service de ce dernier. Les deux  dernières, ont en commun de disposer des pouvoirs nécessaires pour accéder aux archives de l’IOR ainsi qu’aux principaux intervenants impliqués dans la gestion de cette dernière.  Il s’agit donc, pour ces deux dernières commissions,  de treize (13) personnes, mandatées par le Pape pour pénétrer dans les entrailles de l’Institut pour les œuvres religieuses. 

LA COMMISSION VISANT L’INSTITUT DES ŒUVRES RELIGIEUSES 

Dès le mois de juin, le pape François a procédé à la création d’une commission spéciale pour faire toute la lumière sur les activités de la banque du Vatican. Cette commission a pour mandat exclusif de recueillir toutes les informations pertinentes ainsi que les documents de toute nature relatifs à la provenance et à la gestion des fonds qui s’y retrouvent. La collaboration des autorités et employés est sollicitée pour que cette commission puisse mener à bien son mandat. Une fois compilées toutes ces informations, elles seront remises au Pape et ladite commission sera dissoute. 

Les membres de cette commission sont : le cardinal italien R

affaele Farina, ex-responsable des archives secrètes du Vatican; le cardinal Jean-Louis_Tauran; Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru, un spécialiste espagnol de la législation du Vatican, désigné comme coordinateur;  un Américain membre de la Secrétairerie d’État, Mgr Peter Bryan Wells, en tant que secrétaire; la professeure étasunienne Mary Ann Glendon, spécialiste en droit de Harvard.

L’IOR gère 19.000 comptes appartenant en majorité au clergé catholique, soit environ 7 milliards d’euros.
Dans un rapport récent, on parle d’un rendement de capital de 86.6 millions d’euros pour l’année 2012, soit près de 4 fois les revenus de 2011. On signale également la présence d’un millier de comptes, représentant plus de 300 millions d’euros, qui ne répondent à aucun des membres pour lesquels l’IOR existe. Ces comptes devront être fermés. On suppose qu’il s’agit d’une couverture pour le lavage d’argent noir. On dit également que plus de 2000 clients se sont retirés au cours de la dernière année.

Pour le moment la commission poursuit son travail de cueillette des données et le nouveau directeur général, baron  Ernst von Freyberg, produit des communiqués qui vont dans le sens d’une plus grande transparence.

LA COMMISSION VISANT LA RÉFORME DES SERVICES ÉCONOMIQUES ET ADMINISTRATIFS DU VATICAN

Cette commission a été créée le 19 juillet 2013, un mois après celle portant sur l’IOR. Ses membres sont nommés directement par le Pape et c’est à ce dernier qu’ils auront à faire rapport. Ses membres, tous laïcs, à l’exception du coordonnateur, sont des experts des affaires économiques et financières, de la gestion et des questions juridiques. Ils viennent d’Espagne, d’Allemagne, de France, de Singapour, de Malte et d’Italie.

Les membres de la Commission sont Jean-Baptiste de Franssu (France), Jean Videlain-Sevestre (France), Joseph FX Zahra (Malte), Président, Enrique Llano (Espagne), Jochen Messemer (Allemagne), Francesca Immacolata Chaouqui (Italie) et George Yeo (Singapour).

Deux noms sont particulièrement à retenir : celui du coordinateur, Mgr Lucio Angel Vallejo Balda, et celui de cette jeune dame, Francesca Immacolata Chaouqui.

Mgr Lucio Angel Vallejo Balda est un prêtre espagnol de 52 ans avec plus de 25 ans d’expérience dans le secteur économique.  Secrétaire de la Préfecture des Affaires économiques du Vatican, il devient, avec cette nomination, coordinateur de cette commission, une référence incontournable dans ce processus des réformes amorcées par le pape François. Il s’était démarqué de façon particulière comme responsable de l’organisation des Journées mondiales de la jeunesse, réalisées en Espagne, en 2011. À n’en pas douter, il est un homme de confiance de premier plan du pape François.

Francesca Chaouqui, 30 ans, née de père marocain et de mère italienne, mariée, a derrière elle une carrière dans le domaine des relations publiques en Italie. Avant sa nomination, elle était directrice des communications et relations extérieures de la branche italienne du prestigieux cabinet Ernst&Young. Mgr Vallejo Balda résumait ainsi son CV et ses qualités professionnelles à l’intention du Pape:

« Expérience de plusieurs années dans le domaine du conseil en gestion de la communication d’entreprise et en management des relations extérieures et institutionnelles; leadership faisant autorité; fondé sur de grandes aptitudes en matière de relations publiques et de communication, et forte capacité à finaliser les contacts au niveau business; guidée par des principes et des valeurs éthiques et moraux très forts. »

Elle n’a pas froid aux yeux et sa participation à cette commission lui donne le pouvoir de scruter tous les dossiers rattachés à la gestion économique et financière du Vatican. Son arrivée dans ce milieu d’hommes et de secrets en dérange plusieurs. Déjà, elle fait l’objet d’attaques sournoises qui visent toutes à la discréditer. Le pape François ne bronche pas et maintient le cap.

LE CAS DE MGR BATTISTA RICCA

Je ne saurais terminer cette section portant sur ces commissions reliées à l’IOR et à la gestion économique et financière sans parler du cas de Mgr Battista.

Au début du mois de juin, le pape François, après consultation et vérification du dossier personnel de Mgr Battista Ricca, le nomme « prélat » de l’IOR.  Un poste qui permet de participer à toutes les rencontres du Conseil d’Administration et de consulter tous les documents.

Ce dernier avait gagné la confiance de Bergoglio : d’abord en tant que directeur de la résidence de la via della Scrofa, où l’archevêque de Buenos Aires logeait lorsqu’il se rendait en visite à Rome, et actuellement en tant que directeur de la Domus Sanctæ Marthæ, où le pape François a choisi d’habiter depuis qu’il est pape.

Or,  voici qu’au moment où le pape François est au Brésil pour les Journées mondiales de la jeunesse, on apprend que ce prélat est « gay » et qu’il a eu diverses aventures amoureuses alors qu’il était diplomate.

Cette nouvelle explique l’insistance des journalistes, dans l’avion de retour du Brésil, à interroger le pape sur l’homosexualité. Nous connaissons la réponse du pape qui a été amplement commentée.

Toujours est-il que le pape ne fut pas heureux du fait qu’on ne l’ait pas informé de ces choses dans les rapports qui lui avaient été remis avant qu’il procède à sa nomination  Ni le Secrétaire d’État, ni les autres sources consultées n’ont fait allusion à cette situation du personnage. A-t-on voulu piéger le pape pour mieux le discréditer ?

Quoi qu’il en soit, le pape François a passé outre à cette révélation et a maintenu le Mgr Ricca à son poste.

CONCLUSION

Là où est le trésor, les intrigues ne se font pas attendre. Le pape François, en s’attaquant à ce trésor doit s’attendre, tout comme ceux et celles qui l’accompagnent dans cette opération, à être la cible des magouilleurs et des tricheurs.

Le 8 octobre dernier une nouvelle loi a été adoptée par la Commission pontificale pour l’État de la ville du Vatican « pour les normes en matière de transparence, de vigilance et d’information financière ». Elle donne suite au « motu proprio du pape François, du 8 août dernier. En voici les principaux éléments :

– mesures préventives contre le blanchissement d’argent et le financement du terrorisme.

– supervision et régulation des entités qui réalisent des activités de caractère financier.

– coopération et échange d’information de la part de l’Autorité de l’information financière, tant au niveau national qu’international.

– mesures contre les sujets qui mettent en danger la paix et la sécurité internationale.

– déclaration de la circulation transfrontière d’argent en effectifs.

 Remarque : Bien des points demeurent imprécis, comme la référence au terrorisme, aux activités qui mettent en danger la paix ainsi que la sécurité internationale. Sur ces questions, le Vatican opère-t-il avec le dictionnaire de Washington ou avec celui du droit international des Nations Unies ? Ces points devront être clarifiés.

Dans son entrevue accordée aux revues jésuites, le pape François répond à la question « Qui est Jorge Mario Bergoglio? »

« Si, je peux peut-être dire que je suis un peu rusé, que je sais manoeuvrer, mais il est vrai que je suis aussi un peu ingénu. Oui, mais la meilleure synthèse, celle qui est la plus intérieure et que je ressens comme étant la plus vraie est bien celle-ci : Je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard. »

RUSÉ-MANŒUVRER-INGÉNUE-PÉCHEUR

Il a de quoi mettre à profit toutes ces caractéristiques

 

Oscar Fortin

Québec, le 13 octobre 2013

http://humanisme.blogspot.com

 

 

 

 

 

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Oscar Fortin

Libre penseur intéressé par tout ce qui interpelle l'humain dans ses valeurs sociales, politiques, économiques et religieuses. Bien que disposant d'une formation en Science Politique (maîtrise) ainsi qu'en Théologie (maîtrise), je demeure avant tout à l'écoute des évènements et de ce qu'ils m'inspirent.

19 pensées sur “LA BANQUE DU VATICAN (IOR)

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    13 octobre 2013 à 19 07 24 102410
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    Bonsoir Oscar,

    Le pape François porte une lourde charge sur ses épaules. Réformer la Banque du Vatican (Institut des oeuvres religieuses), l’IOR, pour faire une Église pauvre avec les pauvres est très noble (je respecte son courage, et vraiment, il était temps qu’un pape OSE dévoiler et toucher à l’or du Vatican, mais les 7 milliards d’Euros du clergé catholique et les centaines de millions provenant d’autres comptes que beaucoup ne voudront pas laisser aller, va susciter de l’opposition. Il y a beaucoup de monde là-dedans, ça ressemble à une mafia. Je comprends le pape François de faire le ménage dans cette eau boueuse, j’espère seulement qu’il a de bons gardes du corps.

    La liste des membres choisis pour faire partie de la Commission visant la réforme des services économiques et administratifs du Vatican est fort impressionnante. J’imagine que ça doit brasser au Vatican.

    C’est une saga que vous nous proposez, Oscar, palpitante et dangereuse, et j’ai hâte de lire la suite.

    Merci pour cet éloquent article.

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    13 octobre 2013 à 20 08 37 103710
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    « Suite aux nombreux scandales, rapportés par Vatileaks, entre autres ceux de la Banque du Vatican et de l’existence d’un lobby gay, une réforme radicale s’impose, … »

    Cela indique simplement que l’Église Catholique est « upto date » dans l’évolution de nos sociétés.

    Si une réforme radicale s’impose, elle doit s’étendre à tout les systèmes.

    André Lefebvre

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      13 octobre 2013 à 22 10 28 102810
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      À mon avis, l’exercice va conduire à la transformation radicale de tout le système. déjà au niveau de la commission pour la réforme de la Curie, on ne parle plus d’une réforme, type remodelage, mais d’une véritable révolution. Restera à voir ce qu’on y mettra comme réalité.

      Pour le moment, une histoire à suivre.

      Merci, André pour votre commentaire et bonne fin de soirée.

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    13 octobre 2013 à 20 08 41 104110
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    Merci Carolle pour votre commentaire. Vous avez raison de dire qu’il y a beaucoup de personnes touchées par ces réformes et, s’agissant d’argent, il est possible que des initiatives soient prises pour y mettre un terme. Le pape François fait confiance à son grand protecteur éternel. Rien ne semble vouloir l’arrêter.

    L’histoire nous dira vite de quoi il en retournera.

    Bonne fin de soirée

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    14 octobre 2013 à 11 11 02 100210
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    Merci M, Fortin pour ce tour d’horizon.

    Ça bouge, on a l’impression qu’il est partout ce jésuite, reste à voir l’efficacité.

    Un petit bémol sur le « Conseil des Cardinaux » coordonné par le cardinal Maradiaga que vous sembliez mettre plutôt du côté des oligargues, selon un de vos anciens articles si je me souviens ?

    Pour le côté financier je suis optimiste vis à vis von Freyberg; il doit absolue obéissance au pape dû à son Ordre, et je pense qu’il est seulement COB pour l’entreprise Blohm & Voss que celle-ci ne participe plus à la construction (partielle) de navires de guerre depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

    DG

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      14 octobre 2013 à 11 11 39 103910
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      Vous ne vous trompez pas sur l’opinion que je me fais du cardinal Maradiaga. D’ailleurs, il n’est pas le seul, au nombre des élus pour conseiller le pape qui sont reconnus pour leur conservatisme. Ce dernier, par contre, ne cache pas ses ambitions pas plus que ses prétentions. J’aurai à revenir sur ce G-8, spécialement mis en place par le pape pour le conseiller sur les réformes de la Curie et la gouvernance de l’État du Vatican en général.

      Bonne fin de journée

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    14 octobre 2013 à 14 02 06 100610
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    Merci Oscar

    Je pense que c’est vous qui allez suivre le plus palpitant des dossiers au cours des prochains mois. Il n’y a sans doute pas un seul de acteurs qui ne joue et ne jouera un double ou un triple rôle. Je pense que l’objectif ultime de François et Cie est pour le mieux, mais que le chemin pour y arriver ne correspondra sans doute pas à un enseignement pastoral..

    Je vais autocensurer mes élucubrations les plus machiavéliques, car j’aurais peur, en tâtonnant par hasard trop près de la vérité, d’en nuire à la réalisation :-)) Contentons-nous de spéculer sur l’évidence.

    Comme les bombardements sur la Syrie qui n’ont pas eu lieu, car l’appel; du pape pour la paix rendait impossible une majorité pour la guerre chez les Congressmen américains… ou comme l’impact sur les femmes musulmanes, maghrébines ou émigrées, de l’icône que peut peut devenir Francesca, à la superbe chevelure si ostentatoirement dévoilée….

    Je suis le parcours de François avec délectation. Comme j’avais dit pour Chavez, je lui souhaite une longue vie et j’espère qu’il prend bien soin de lui

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/11/136-lhommage-lige/

    PJCA

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      14 octobre 2013 à 16 04 28 102810
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      Merci Pierre pour votre commentaire, encore une fois, pertinent et, dans les circonstances, prudent. Le pape François n’a pas fini d’en voir de toutes les couleurs. Je viens de joindre un commentaire à l’équipe Atrio, site espagnol que je fréquente de temps en temps. Il y a une levée de boucliers contre le silence du pape François devant cette canonisation de plus de 500 franquistes, qui sont morts dans cette guerre de Franco. Un silence qui le garde en marge de ces milliers d’autres qui ont été assassinés par l’armée de Franco pour défendre la démocratie et le pouvoir du peuple.

      Il est évident que les courants avant-gardistes de l’Église comptent beaucoup sur ce pape qui se fait si près des pauvres. Plusieurs s’inquiètent toutefois qu’il se fasse si près des conservateurs et de l’Opus Dei pour le conseiller…. Faudra voir dans les semaines et les mois à venir jusqu’où le conduiront ses options pour les pauvres et pour les Évangiles. Le défi est grand et les loups dans la bergerie tournent autour.

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        15 octobre 2013 à 1 01 18 101810
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        @ Oscar Fortin

        Je crois qu’il faut être patient et TRES ouvert a l’action du Pape François. La création est inexcusable, si on n’accepte pas que, du point de vue de la créature, le bien doive faire la part du feu et que ce soit l’hérésie d’un Porteur de Lumiere nécessaire a Dieu, qui seule nous semble expliquer tout.

        Il n’y a pas de bien qui se fasse, hélas, sans que n’en sorte quelque mal. Ce qui a deux conséquences qui semblent antinomiques, mais conduisent toutes deux à distinguer la fin des moyens. Et ce n’est pas une coïncidence si nous sommes amenés ici è parler des deux.

        La première est que si l’on accepte le concept de canonisation et la doctrine de l’Eglise porteuse du Bien, il n’y a rien de scandaleux à ce qu’on déclare ‘saints’ ceux qui sont indéniablement morts en martyrs pour leur foi au cours de la guerre civile en Espagne. Utilisant un autre vocabulaire, Rouges en Anarchistes n’en font pas moins et avec raison, pour la mémoire des leurs tombés dans l’autre camp du même combat.

        Ce n’est pas la cause qu’il défend qui fait de l’homme un héros, mais la grandeur qu’il a montré à la défendre. Je n’aime pas la mesquinerie qui refuse de concéder cette grandeur à l’adversaire qui en a fait preuve.

        La seconde est que toute fin, à la hauteur de l’importance qu’on lui accorde, justifie les moyens auxquels on n’accorde pas une importance supérieure à cette fin même et qui sont indispensables pour l’atteindre. Dire le contraire serait une niaise platitude. Si on veut que l’Eglise joue de son poids pour faire basculer le monde, il ne faut pas substituer notre vision limitée à la sienne pour juger des moyens qui sont ou ne sont pas moralement acceptable pour atteindre ce résultat.

        Souvenons nous. Il n’y a pas de bien qui se fasse sans que n’en découle quelque mal (bis)

        Pierre JC

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          15 octobre 2013 à 11 11 32 103210
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          Pierre, votre réflexion me rejoint sur plusieurs points, dont celui des dommages collatéraux des actions posées avec les meilleures intentions.

          Dans le cas des canonisations, le problème vient du fait que nous en avons fait un outil de récupération et de manipulation politique. Nous n’en sommes plus à l’idée de porter sur les hôtels de la sainteté les personnes, exceptionnelles par leurs vertus et leurs engagements, pouvant servir de phare et d’inspiration pour l’ensemble des chrétiens. Nous en sommes rendus à des canonisations de masses comme le fit Jean-Paul II et que vient de le faire l’Église en Espagne. Pendant que l’on procède à ces canonisations de masse, on oublie un Oscar Romero, mort martyr pour sa foi, les sept jésuites et les 3 laïcs assassinés pour leur engagement au service de la justice. Également, on ignore les centaines et milliers de chrétiens de la république espagnole qui sont morts au service des libertés, de la justice et de la démocratie.

          Ce qui s’est passé en Espagne, cette fin de semaine, est la résultante d’une longue manipulation d’un épiscopat franquiste auprès de l’intendance qui gouverne le Vatican comme si elle en était l’autorité suprême.

          Il est évident, dans mon livre à moi, que le pape François s’est trouvé devant une situation déjà décidée et planifiée par son prédécesseur. N’empêche qu’il n’a exprimé aucune réserve, ne serait-ce que pour rappeler toutes ces autres personnes qui sont mortes pour défendre les droits de la république.

          Les canonisations sont devenues comme les prix Nobel de la paix, sans saveurs ni odeurs, pures mascarades qui enlèvent toute noblesse et grandeur à ceux et celles qui en sont les élus. Même le diable pourrait y trouver sa place.

          Les défis du pape François sont nombreux et il aura à faire appel, plus souvent que moins, à ses quatre caractéristiques: la ruse, le doigté pour manoeuvrer, la naïveté sous contrôle et l’humilité du pécheur pour reconnaître les erreurs.

          Une histoire à suivre et encore une fois merci pour vos bonnes réflexions.

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            15 octobre 2013 à 23 11 02 100210
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            @ Oscar

            Pour quelqu’un qui voit l’Eglise non seulement comme une force potentielle pour le bien, mais aussi comme l’authentique détentrice d’une vérité, il est normal que vos attentes envers elle soient plus exigeantes que les miennes. Je les respecte et j’admire la façon dont vous les exprimez. Je vous souhaite qu’elle satisfasse vos voeux, comme je désire ardemment qu’elle ait l’astuce et la force de mener le combat pour la justice et une morale dont elle est aujourd’hui, a mon avis, la meilleure gardienne.

            Pierre JC

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    15 octobre 2013 à 12 12 50 105010
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    http://456-bible.123-bible.com/kjf/40_matthieu.htm

    Mathieu 7 :

    15 Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais qui au-dedans sont des loups voraces.

    16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ?

    17 Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits ; mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits.

    18 Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, ni un mauvais arbre produire de bons fruits.

    19 Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.

    20 C’est pourquoi vous les connaîtrez à leurs fruits.

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      15 octobre 2013 à 13 01 23 102310
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      Suivre la parole de Dieu ou suivre la parole d’un homme élu par d’autres hommes pour trôner au sommet d’un arbre dont on connait les fruits. Voilà la question, pour moi en tout cas!

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        15 octobre 2013 à 15 03 21 102110
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        Vos citations sont pertinentes et, comme des phares, permettent de discerner les oeuvres qui donnent de bons fruits et celles qui en donnent de mauvais. Vous conviendrez toutefois avec moi que dans la mouvance des uns et des autres, tout n’apparaît pas aussi clair au premier coup d’oeil. Par exemple, on ne peut pas dire, comme ça et sans plus, que l’Église donne de mauvais fruits. L’Église est beaucoup plus que l’institution qui se coiffe de ce nom. L’église c’est, comme vous le savez aussi bien que moi, la poursuite de l’incarnation du ressuscité à travers les hommes et les femmes de bonne foi qui oeuvrent au service de la vérité, de la justice, de la compassion, de la solidarité, etc.

        C’est bien dans le temps et dans l’espace qu’il nous faut trouver notre chemin et par nos actions et façons d’être que nous devons en témoigner. L’Esprit est là, distribuant ses dons comme bons il l’entend et ainsi nous avançons dans la réalisation sur terre de ce royaume annoncé. Les chrétiens ne disent-ils pas dans le Notre Père « Que ton règne se réalise sur terre comme au ciel ?

        bonne fin de journée

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          15 octobre 2013 à 16 04 55 105510
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          Bonjour Oscar,

          J’ai beaucoup de respect pour vous et je lis souvent vos articles, que je trouve très intéressants.

          Je n’ai pas dit, sans plus, que l’Église donne de mauvais fruits. Chaun peut décider par soi-même ce qu’il en est.

          Par ailleurs, je ne connais à peu près rien de ce nouveau pape François. Toutefois, j’ai fait des rencherches sur l’Église catholique et aussi sur les différences entre ce qu’elle enseigne et ce qu’enseigne la Bible, et même sur les différentes bibles qui ont été publiées.

          Selon mes recherches, l’Église catholique a été créée par l’empereur romain Constentin vers 325 après J-C, afin que les Romains puissent avoir leur propre religion pour contrôler le message du Christ, ni plus ni moins, et récupérer à son profit les Chrétiens, qui deviendraient soumis non pas à Dieu mais au Pape, qui lui défendrait l’ intérêt de l’empire romain.

          http://www.gotquestions.org/Francais/origine-eglise-catholique.html

          D’un point de vue historique, l’église r-o-m-a-i-n-e catholique provient de l’empire romain.

          Par ailleurs, je n’ai jamais lu ou entendu que l’Église catholique avait changé de mains depuis sa création. Donc, on peut même présumer que l’Église catholique représente toujours l’Empire romain, même si sa forme et son nom peuvent avoir changé au fil des ans.

          En fait, l’Empire romain d’aujourd’hui pourrait très bien être les trois cités-état, le Vatican qui est le pouvoir spirituel , Washington qui est le pouvoir militaire , et The city of London qui est le pouvoir financier.

          Chacune de ces 3 villes est un état indépendant du pays dans lequel elles se trouvent, ont leurs propres banques, des immunités diplomatiques pour leurs représentants, et sont toutesl es trois interrelliées de diverses façons.

          Pour revenir à l’Église catholique, elle a déclaré que le sabbat était le dimanche plutôt que le samedi, tel qu’énoncé dans l’Évangile, et que le fait que la messe était célébrée le dimanche, jour de la résurréction du Christ, plutôt que le samedi, dernier de la création de Dieu, était la preuve que l’Église catholique était au-dessus de la parole de Dieu.

          Il existe un décret d’un pape à cet effet, pour ceux qui veulent chercher.

          Je ne dis pas cela par fanatisme ou pour convertir qui que ce soit à quoi que ce soit, mais ayant lu la Bible (version originale King James), plusieurs enseignements fondamentaux de l’évangile ont été déformés par l’église catholique, pour confirmer le pape dans son rôle de ‘vicaire’ (représentant) du Christ sur terre.

          http://www.ellenwhiteexposed.com/french/egw23.htm

          Donc, ce sont des choses comme ça qui me rendent très sceptique à propos de l’Église catholique ou de son nouveau pape.

          Je ne parle même pas de tous les cas d’abus, sur des enfants notamment, et même de génocides (pour parler franchement) commis par ‘Église catholique ou ses représentants au fil des siècles, ou le fait que les Romains et l’Église catholique aient tous deux persécuté les Chrétiens à diverses poques au fil des siècles.

          Je vais terminer là, parce qu’il en a beaucoup trop pour rentrer dans le détail.

          Évidemment, corrigez moi si je me trompe.

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            15 octobre 2013 à 18 06 06 100610
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            Il y a suffisamment de « clous » pour fermer le cercueil.

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            16 octobre 2013 à 4 04 06 100610
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            @A.L. merci pour votre commentaire. Vous soulevez de nombreux points au sujet desquels nous pourrions échanger pendant des heures.

            Pour m’en tenir au sujet de mon article, j’ajouterai ceci:
            Je suis entièrement d’accord pour dire que l’argent et le pouvoir sont deux ingrédients difficilement conciliables avec le message évangélique. Ils donnent lieu à bien des déviations et en arrivent à dissimuler sous de fausses présentations le véritable message de Jésus.

            Je pense que nous en sommes arrivés à un tournant fondamental. Les impératifs évangéliques doivent s’imposer de nouveau à une institution qui s’est trop longtemps complu avec les pouvoirs impériaux et dominants de nos sociétés.

            Le pape François s’y consacre. Y parviendra-t-il ? Seul l’avenir nous le dira. J’ai confiance que l’Esprit saura l’accompagner et le guider.

            Encore une fois, merci et bonne journée à vous

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