LA CRISE EST-ELLE REVENUE?

Par Nuevo Curso. Traduction et commentaires

 

C’est officiel. La Grande-Bretagne est déjà en récession après avoir réduit son PIB deux mois de suite. La prévision la plus optimiste pour les « économies avancées » est une croissance de 1,7% , une stagnation à tous égards. En Espagne, les réductions d’effectifs sont en hausse et les expulsions sont de retour . Dans le monde, le prix du pétrole chute avant l’imminence d’une récession mondiale. Quelle est la crise et que peut-on en attendre?

 


 

La croissance, la récession et la crise sont des termes qui se rapportent à l’accumulation de capital. La récession est une destruction pure et simple du capital, une crise l’impossibilité de soutenir la croissance. En réalité, ce qui revient, c’est la récession, la crise n’est pas terminée. À peine maintenant, les niveaux d’emploi de 2008 sont à nouveau atteints, pas les niveaux de salaires de 2007.

La reproduction (valorisation) du capital n’a pas cessé de poser problème, même lorsqu’ils ont y ont cru: un dépôt bancaire de 50 000 euros contracté en 2017 a perdu en moyenne 1 339 euros de pouvoir d’achat. Pour tout cela, la BCE continue de considérer – après dix ans de transferts – que la capitalisation des banques est insuffisante pour résister à un nouvel épisode de faillites financières. Et la situation ne semble pas s’améliorer. Les banques centrales ont abaissé leurs taux d’intérêt face à la récession et la BCE, qui propose des taux négatifs (ce que nous expliquerons ici même demain. NdT), a annoncé qu’au moins jusqu’en 2020, elle ne considérait pas l’octroi de prêts à taux d’ intérêt positif. Ce n’est pas anodin ni technique: le taux d’intérêt indique le taux de reproduction moyen du capital, son horizon général, qui prend en compte des années négatives ou nulles, indique que le capital ne se reproduit pas (ne se valorise pas ce qui constitue l’échec absolu de ce mode de production. Ce n’est pas l’accumulation la fin de ce système MAIS bien la reproduction élargie – la valorisation du capital = la production de plus-value. NdT).

 

Et oui, en outre, la réduction des taux de la banque centrale sert, selon la théorie keynésienne, à encourager les investissements et à relancer le cycle. Mais le mécanisme, il est évident, est officiellement rompu lorsqu’il est à taux zéro ou négatif, la BCE a laissé passer des années sans pouvoir les augmenter à nouveau … et regrette maintenant de ne pas avoir la possibilité de les réduire encore davantage (puisqu’ils sont à zéro – ou presque – nous voyons ici que les milliardaires – les banquiers et les hommes d’affaires, tout comme les politiciens véreux, n’ont aucun pouvoir économique sur le mode de production capitaliste qui fonctionne selon ses lois imparables et inaliénables. NdT)

 


 

C’est ce cadre qui explique la guerre commerciale et non l’inverse. Avec Trump, les États-Unis ont fait progresser leurs rivaux en redéfinissant les règles du jeu avec toute leur puissance militaire et économique pour conquérir de nouveaux marchés, rapatrier la production et récupérer les taux de profit (Cette guerre commerciale des USA ne constitue en rien « une redéfinition des règles du jeu commerciale » camarades de  Nuevo Curso – mais la stricte application de ces règles immuables que Trump n’a aucunement la capacité de redéfinir (sic). NdT).

 

Le fait est que les guerres commerciales et monétaires (devises et or) précèdent les guerres militaires (qui en deviennent les seules exutoires possibles. NdT). La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine préfigure la division et l’affrontement entre blocs impérialistes concurrents, donnant progressivement la forme d’une guerre exacerbée au jeu impérialiste. Nous l’avons vu au cours des deux dernières années et nous le voyons tous les jours. Aujourd’hui Martin Wolf, l’un des principaux chroniqueurs des grandes capitales financières anglo-saxonnes, a déclaré ouvertement que la guerre commerciale « est en train de devenir un principe organisateur de la politique économique, étrangère et de sécurité » des États-Unis. (Ce qu’il faudrait plutôt dire camarades de Nuevo Curso c’est que la guerre commerciale A TOUJOURS ÉTÉ le principe – l’axe – organisateur de la politique de toutes les puissances impérialistes (même du temps d’Obama), ce que le chroniqueur bourgeois Martin Wolf vient de découvrir des siècles après Marx. NdT)

Bien entendu, la tendance ne se limite pas aux deux principaux acteurs. Une course aux armements véritablement mondiale est en cours, du Brésil à l’Australie. Et les éléments idéologiques, accessoires aujourd’hui, mais fondamentaux en cas de guerre, se développent à toute vitesse également en Europe .

 

COMPARAISON DES PLUS GRANDES ARMÉES MONDIALES.

Pour les travailleurs, l’aggravation de la crise signifie qu’il n’y aura pas de répit: les salaires vont continuer de baisser, de manière prévisible, en se concentrant sur les pointes de la répartition: le salaire moyen des travailleurs sera de plus en plus proche du minimum et du SMIC (l’objet de toutes les convoitises de la go-gauche petite-bourgeoise qui en a fait son cheval de bataille pour les prolétaires (sic) Ce que la bourgeoisie apprécie grandement. NdT) Les revenus de la grande bourgeoisie – très peu nombreuse – continuera de croître bien au-dessus du PIB. En outre, du Brésil à l’Espagne en passant par la France et le Canada  et au-delà, le démantèlement des systèmes de retraite sera en première ligne comme le dernier effort pour sauver les banques et leur monnaie. Au Brésil, ce sera un coup dur, en Espagne et dans d’autres pays, il sera en mesure de prendre un peu plus d’ampleur – en pause grâce à des «sacs à dos» et des fonds «complémentaires».. Mais il ne fait aucun doute que si une nouvelle vague de faillites bancaires devient imminente ou que les récessions (nationales) se multiplient, les attaques contre les conditions de vie et de travail vont dégénérer en violence et résistance populaire (NdT). La tendance à l’ appauvrissement des travailleurs et à la précarité de nos conditions de travail ne peut qu’empirer. Ce qui est certain, c’est que le fait d’être un travailleur et de vivre dans la pauvreté sera de plus en plus courant, les 14% actuels vont augmenter (Voilà le ferment de nouveaux soulèvements avec ou sans « Gilets jaunes » NdT).

 

POURCENTAGE DE TRAVAILLEURS EMBAUCHÉS EN SITUATION DE PAUVRETÉ PAR PAYS.


 

Du point de vue de la réponse des travailleurs, « le pire, et le meilleur » n’est tout simplement pas vrai. Plus d’attaques ne signifie pas plus de résistance et encore moins, plus de sensibilisation (ce en quoi nous Les7duquébec.com différons complètement d’opinion avec nos camarades de Nuevo Curso. L’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes, ce qui implique que face aux attaques amplifiées du capital contre le travail, il viendra un point où la classe prolétarienne devra résister et finalement se soulever ou disparaitre anémiée. Il n’existe pas d’exemple historique où une classe sociale aliénée s’est laissée éradiquée par la classe dominante – qui incidemment disparaitrait elle aussi avec la classe dominée. NdT).

 

L’ expérience des années 80 jusqu’au milieu de cette décennie en témoigne: ce n’est pas l’implosion du bloc impérialiste russe qui a fait « disparaître » la lutte des classes, mais l’acceptation selon laquelle « il n’a pas de sens de demander ce que les entreprises ne peuvent pas donner. »  Cela avait déjà noyé la combativité à la fin des années 80. Même la crise économique mondiale la plus dure du capitalisme – celle qui a débuté en 2008 – ne pouvait trouver de réponse tant que cet obstacle n’était pas surmonté. Au cours des deux dernières années, années de supposée reprise de la croissance (du capital), nous avons néanmoins vu les premières tentatives d’éveil de la classe, de l’Iran au Mexique en passant par l’Espagne (et la France NdT). Mais l’exemple iranien est important et frappant: après plus d’un an de luttes intenses et de sérieuses tentatives d’extension, le gouvernement iranien et ses rivaux impérialistes ont été témoins des catastrophes causées par les inondations et l’aggravation des conditions économiques par le blocus dirigé par États-Unis, base objective d’une repousse révolutionnaire. Cela n’a pas été comme ça jusqu’à maintenant. Le nationalisme qu’impulse le régime semble détourner la rage provoquée par les stratégies de survie du capital national. Quand les ouvriers feront face à nouveau, ce sera parce qu’ils auront appris à faire face au grand mensonge nationaliste. (Ceci est exact camarades de Nuevo Curso mais n’infirme pas le principe que la classe se mettra en marche sous l’impulsion des misères qui lui seront infligées par le système en crise … mais confirme plutôt cette règle immuable des soulèvements populaires – qui indubitablement devront surmonter les leurres et obstacles nationalistes chauvins pour atteindre leur fin. NdT)

 

L’EFFONDREMENT DES GRÈVES AUX ÉTATS-UNIS COMMENCE DANS LES ANNÉES QUATRE-VINGT ET DEVRAIT SE PROLONGER JUSQU’À LA GRANDE CRISE DE 2008.

Qu’est-ce qui vient?

ASSEMBLÉE DES TRAVAILLEURS DU PÉTROLE VOTE GRÈVE EN PATAGONIE.


 

La nouvelle explosion de la crise économique survient dans des pays comme l’Espagne ou le Portugal à une époque de « rajeunissement » des méthodes social-démocratiques d’attaque des travailleurs – enregistrement de la journée de travail ,  » sac à dos autrichien « , panique du « retour du fascisme  » … – en Europe, nous sommes à nouveau vendus aux nationalisations et surtout à l’écologie verte (capitalisme écologique – sic), pensant que c’est un outil idéologique du jeu impérialiste. Dans les Amériques et en Asie, le nationalisme est le baume de Fier  à bras de droite comme de gauche dans une capitale nationale en guerre sociale ouverte contre ses travailleurs. (Premièrement camarades – la lutte de classe ne s’est jamais éteinte et ne s’éteindra jamais tant que des classes sociales existeront. Deuxièmement, voyons-y l’action de l’État fétiche – l’instrument de cohésion et d’organisation des riches, État que la capital offre en management à la petite-bourgeoisie qui y trouve de moins en moins de place pour prospérer et sauver sa peau en cours de prolétarisation. NdT)

 

L’exacerbation de la crise économique ne peut qu’ajouter des difficultés à la tâche du moment, vaincre le vieux grand mensonge sur lequel se dressent les autres: l’impossibilité de satisfaire nos besoins tant que le capital national n’obtiendra pas l’hégémonie. Mais «plus de difficultés» ne signifie pas «bataille perdue», cela signifie que le travail des révolutionnaires est plus important que jamais, que nous devons être plus clairs, avoir de meilleures stratégies pour atteindre plus de camarades, avoir une morale plus élevée et redoubler nos forces. Aider à la renaissance de la conscience de classe, base d’une affirmation capable de grandir, d’apprendre et de vaincre leur propre condition d’aliénation, de se soumettre à un système qui, depuis longtemps est destructeur de la société et de notre espèce. (Cela est vrai camarades – mais ne peut en aucun cas être réalisé du dehors de la classe et indépendamment de la conjoncture concrète qui paupérisera la classe – prolétarisera les petits-bourgeois et écrasera les bourgeois eux-mêmes qui pour un temps voudront s’en sauver jusqu’à ce que… La classe devra cependant s’emparer du leadership de la lutte et en assurer la direction unique. NdT


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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

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