La dépression juive

PERSONNE :

Un sourire, un rire, un fou rire… pour vous faire plaisir ou pour vous nuire. C’est la logique du pire : on ne peut pas faire de l’esprit avec ceux qui en sont dépourvus.
Et si le rire ne fait plus rire, il faut s’attendre au pire.
Pire qu’hier et mieux que demain.
Sous prétexte qu’il y a des choses qu’on peut dire et des choses qu’on ne doit pas dire, on ne dit plus rien !
On médite sur les bonnes règles de conduite…
Le rire ne fait plus rire mais fléchir, infléchir, réfléchir.
Parce que le plus commun des mortels a compris qu’on rit à ses dépens, contre lui plutôt qu’avec lui.
C’est ainsi, ce sont toujours les plus susceptibles qui sont les plus risibles.
On appuie là où ça fait mal pour rire et c’est parce que ça fait mal qu’on appuie pour faire pleurer de rire.
Quelqu’un se plante en glissant sur une peau de banane et c’est l’éclat de rire… parce que le propre de l’homme, ce n’est pas le rire mais la cruauté, la méchanceté gratuite, le mal pour le mal, qui fait du bien.
Désolée pour la caricature mais il y a du Sade là-dedans parce que l’homme est fondamentalement méchant.
Soyons un peu moins abrutis et opérons quelques distinctions.
Les nuances enrichissent la conscience éthique, politique ou médiatique. L’ironie n’est pas l’humour et l’humour n’est pas la raillerie.

Un exemple d’ironie :
On nous dit qu’on peut rire de tout y compris de ce qui ne fait pas rire. C’est une tradition française qui a fait pleurer de rire. Larmes de crocodiles qui ont été célébrées le 11 janvier. Ne m’en voulez pas, c’est de l’ironie qui s’interroge sur l’essence de la démocratie.

Un exemple d’humour :
C’est Zemmour qui vient de nous faire une déclaration de désamour en disant : qu’en France, on pouvait rire des autres et de soi mais pas de la shoah. C’est de l’humour parce que c’est Zemmour, sinon, ça ne serait pas de l’humour. Ce n’est un secret pour personne : le sacré n’est sacré que pour un esprit judéo-chrétien. Il y a une limite à ne pas franchir, une valeur plus grande que notre liberté d’expression : la dépression juive. Ne m’en voulez pas, c’est de l’humour à deux balles, une pour la presse et l’autre pour la détresse.

Un exemple de raillerie :
C’est l’État qui dit que la France ne serait pas la France sans les juifs. De qui se moque-t-il ? Des français ou des juifs ?
La France se contredit. Si elle était vraiment Charlie, elle devrait s’en moquer, se moquer de tous, y compris des juifs, c’est cela la vraie tradition satirique que l’on doit à Rabelais.
Mais tout le monde sait, que même Charlie a failli et n’a pas respecté l’esprit de Charlie, il a choisi ses thèmes et ses blasphèmes.
Ne m’en voulez pas pour ce fou rire mais je voulais juste dire que la France ne rit plus pour rire mais pour pourrir la vie de ceux qui ne la font plus rire !

http://www.lejournaldepersonne.com/2015/01/la-depression-juive/

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Personne

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