La futilité de l’interventionnisme étatique

Hier, j’ai eu une plaisante discussion avec un collègue pour lequel j’ai une grande estime, même si nous ne partageons pas les mêmes opinions sur tout. Ce que je préfère des gens auxquels je m’associe, c’est qu’ils aient des convictions et qu’ils les assument, même si je ne ne partage pas ces convictions. Les débats sont d’ailleurs beaucoup plus intéressants lorsque votre interlocuteur n’est pas 100% d’accord avec vous. Je ne le nommerai pas, mais je sais qu’il se reconnaitra instantanément. Toujours est-il que quelque part dans la conversation, nous avons touché le sujet de l’interventionnisme.

Ceux qui comprennent la philosophie libertarienne comprennent bien que les libertariens s’opposent farouchement aux interventions de l’état, mais peut-être ai-je négligé d’expliquer clairement pourquoi nous y sommes si opposés. Je pourrais probablement vous offrir une longue dissertation de mon propre crû, mais je suis en vacances, alors je me permet quelques petits raccourcis. Je cèderai donc la place à Ludwig von Mises sous la forme d’un article paru dans la revue « Christian Economics » en 1964 mais qui, comme vous le constaterez sûrement, est encore plus d’actualité aujourd’hui.

Ludwig Von Mises (1881-1973)

L’illusion de l’intervention gouvernementale

Publié pour la première fois dans Christian Economics, 4 février 1964.

Les facultés intellectuelles et morales de l’homme ne peuvent s’épanouir que là où les gens s’associent entre eux de manièrent pacifique. C’est la paix qui est à l’origine de toutes les choses humaines, et non — comme le disait le philosophe antique grec Héraclite — la guerre. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, la paix ne peut être établie et préservée que par un pouvoir capable d’écraser les briseurs de paix et disposé à la faire.

Le gouvernement, l’État, est l’appareil social de coercition et de contrainte. Son but est de rendre le monde sûr pour permettre la coopération humaine, et ce en protégeant la société face aux attaques des agresseurs étrangers et des bandits nationaux. La marque caractéristique du gouvernement est de disposer, dans une région donnée du globe, du pouvoir et du droit exclusifs d’avoir recours à la violence.

Dans l’orbite de la civilisation occidentale, le pouvoir et les fonctions du gouvernement sont limités. Plusieurs centaines, voire des milliers d’années de rudes conflits ont conduit à une situation garantissant aux citoyens individuels la liberté et de véritables droits, et non de simples libertés. Dans une économie de marché les individus sont à l’abri de toute intervention du gouvernement tant qu’ils ne violent pas les lois dûment promulguées du pays. Le gouvernement n’entre en jeu que pour protéger les gens honnêtes et respectueux de la loi contre des attaques violentes et frauduleuses.

Il y a des gens qui disent que le gouvernement est un mal, mais qu’il s’agit d’un mal nécessaire. Cependant, ce qui est nécessaire en vue de parvenir à une fin donnée ne doit pas être qualifié de mal au sens moral du terme. C’est un moyen, mais ce n’est pas un mal. On peut même dire que le gouvernement est la plus bénéfique de toutes les institutions terrestres car sans lui il ne pourrait y avoir ni coopération pacifique entre les hommes, ni civilisation, ni vie morale. C’est dans ce sens que l’apôtre a dit qu’ « il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu » a.

Mais l’existence même d’un appareil gouvernemental de coercition et de contrainte fait surgir un nouveau problème. Les hommes détenant cet appareil cèdent trop facilement à la tentation de mésuser de leur pouvoir. Ils tournent leurs armes vers ceux qu’ils devaient servir et protéger. Le principal problème politique de toutes les époques fut et est le suivant : comme éviter que les dirigeants ne se transforment en despotes et ne créent un État totalitaire. Défendre le liberté individuelle contre les empiètements des gouvernements tyranniques, contre les dangers d’un régime totalitaire, voilà quel était et quel est la question fondamentale de l’histoire de la civilisation occidentale.

Or à notre époque la cause du totalitarisme a trouvé une nouvelle vigueur par le biais d’une ruse. L’élimination radicale de toute liberté de l’individu à choisir sa propre voie, et ce au bénéfice de l’autorité politique suprême, est saluée sous les noms de socialisme, de communisme ou de planisme comme la victoire de la véritable liberté. Ceux qui visent à un état de fait où tout le monde sera réduit au statut de simple rouage dans les plans des « ingénieurs sociaux » paradent et s’affichent comme les successeurs des grands champions de la liberté. L’assujettissement d’une nation libre par les forces du régime le plus tyrannique qu’ait connu l’Histoire est appelé « libération ».

La politique de la voie médiane

Face au formidable défi du totalitarisme, les partis au pouvoir en Occident ne cherchent pas à préserver le système de la libre entreprise qui a offert à leurs nations le plus haut niveau de vie jamais atteint dans l’Histoire. Ils ignorent que la situation de tous les citoyens de États-Unis et des autres nations qui n’ont pas placé trop d’obstacles sur la route de la libre entreprise est bien plus favorable que la situation des habitants des pays totalitaires. Ils pensent qu’il est nécessaire d’abandonner l’économie de marché et d’adopter une politique de la voie médiane, supposée éviter les prétendus défauts de l’économie capitaliste. Ils cherchent un système qui, comme ils le disent, serait aussi éloigné du socialisme que du capitalisme et qui serait supérieur aux deux. Ils veulent éliminer, au moyen de l’intervention directe du gouvernement, ce qu’ils considèrent être insatisfaisant dans l’économie de marché.

Une telle politique d’immixtion du gouvernement dans les phénomènes du marché avait déjà été recommandée par Marx et Engels dans le Manifeste communiste. Mais les auteurs du Manifeste communiste considéraient les dix groupes de mesures interventionnistes qu’ils suggéraient comme devant conduire petit à petit au socialisme intégral. Tandis que de nos jours les porte-parole du gouvernement et les politiciens de gauche préconisent ces mêmes mesures comme étant une méthode, voire l’unique méthode, pour sauver le capitalisme.

Les avocats de l’interventionnisme ou de l’immixtion du gouvernement sur le marché se défendent de vouloir le socialisme et disent vouloir conserver au contraire la propriété privée des facteurs de production matériels, la libre entreprise et l’échange marchand. Mais ils prétendent que ces institutions de l’économie de marché pourraient facilement être utilisées de travers, et qu’elles le sont d’ailleurs souvent, par les classes possédantes afin d’exploiter de manière injuste les couches pauvres de la population. Pour éviter un tel résultat ils souhaitent restreindre la liberté d’action des individus par des ordres et des interdictions édictés par le gouvernement. Le gouvernement devrait s’immiscer dans toutes les actions des hommes d’affaires qu’il considère comme nuisant à l’intérêt public ; sur les autres aspects, toutefois, il devrait laisser fonctionner le marché et lui seul.

Selon cette doctrine interventionniste seul le gouvernement est qualifié pour décider dans chaque cas si « l’intérêt public » réclame ou non l’intervention du gouvernement. La véritable signification du principe interventionniste revient par conséquent à déclarer : Le monde des affaires est libre d’agir tant qu’il suit exactement les plans et les intentions du gouvernement. Il ne reste ainsi rien d’autre au marché que le droit d’exécuter humblement ce que le gouvernement veut qu’il fasse. Il ne reste à l’économie de marché que quelques mots, bien que leur signification ait radicalement changé.

La doctrine interventionniste n’arrive pas à comprendre que les deux systèmes — l’économie de marché et sa suprématie des consommateurs d’une part, l’économie dirigée par le gouvernement d’autre part — ne peuvent pas être combinés au sein d’un composé viable. Dans l’économie de marché les entrepreneurs sont soumis sans restriction à la suprématie des consommateurs. Ils sont obligés d’agir de façon à ce que leurs opérations soient approuvées par les achats des consommateurs et deviennent de ce fait rentables. S’ils échouent dans leurs tentatives, ils subissent des pertes et doivent, s’ils n’arrivent pas à modifier leurs méthodes, changer de métier.

Toutefois, même si le gouvernement empêche les entrepreneurs de choisir les projets que les consommateurs veulent que ces derniers exécutent, il ne parvient pas aux fins qu’il voulait atteindre par ses ordres et ses prohibitions. Producteurs et consommateurs sont tous deux forcés d’adapter leur comportement au nouvel état de choses consécutif à l’intervention du gouvernement. Mais il se peut que la façon dont eux, producteurs et consommateurs, réagissent, apparaisse encore moins souhaitable aux yeux du gouvernement et des avocats de l’intervention que la situation précédente du marché libre de toute entrave et que le gouvernement voulait modifier. Dès lors, si le gouvernement ne veut pas s’abstenir de toute intervention et revenir sur sa première mesure, il est obligé d’ajouter une nouvelle intervention à la première. La même histoire se répète alors à un autre niveau. Et à nouveau le résultat de l’intervention du gouvernement lui apparaît encore moins satisfaisant que la situation précédente à laquelle il désirait remédier.

De cette façon le gouvernement est forcé d’ajouter à sa première intervention de plus en plus de décrets d’ingérence, jusqu’à éliminer de fait toute influence des facteurs du marché — entrepreneurs, capitalistes, ainsi qu’employés et consommateurs — de la détermination de la production et de la consommation.

Note

a. Épître de Paul aux Romains (13:1). NdT.

Ça fait déjà plusieurs décennies que nous subissons la politique de la voie médiane telle que von Mises l’a décrite ci-haut. Le résultat est peu édifiant: Crise après crise nous maintient dans un état de terreur constant et les banquiers et la classe dirigeante s’enrichissent aux frais des contribuables. Profits privés et pertes socialisées et un endettement à ce point astronomiques que nous ne pourrons jamais le rembourser. Tout ça grâce à l’interventionnisme de politiciens qui ne reconnaissent plus aucune limite à leur pouvoir. Ils profitent de la naïveté des gens pour exercer ce pouvoir impunément. Une seule chose peut les arrêter: Vous!

16 pensées sur “La futilité de l’interventionnisme étatique

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    5 août 2010 à 12 12 08 08088
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    Parlant de d’interventionisme, de totalitarisme et de despotisme, saviez-vous que le gouvernement fédéral est en train ‘d’harmoniser’ les lois et les sentences criminelles au Canada avec les lois des É-U.

    Le gouvernement PC a prévu 9 milliards pour construire des nouvelles prisons, tandis que le code criminel est maintenant modifié pour que soit traitées comme des crimes sérieux une série d’infraction jusqu’ici considérées comme mineures.

    Voici une entrevue sur CBC à ce sujet. C’est ti beau la justice!

    http://www.cbc.ca/video/player.html?category=News&zone=politics&site=cbc.news.ca&clipid=1559353385

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    5 août 2010 à 14 02 05 08058
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    « Dans une économie de marché les individus sont à l’abri de toute intervention du gouvernement tant qu’ils ne violent pas les lois dûment promulguées du pays. Le gouvernement n’entre en jeu que pour protéger les gens honnêtes et respectueux de la loi contre des attaques violentes et frauduleuses. »

    En autant que les lois ne cautionnent pas elles-mêmes l’interventionnisme et qu’ils respectent les principes du libre-marché…

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      5 août 2010 à 15 03 12 08128
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      @ David Gendron

      En autant que les lois ne cautionnent pas elles-mêmes l’interventionnisme et qu’ils respectent les principes du libre-marché…

      Je crois qu’il est évident que c’est ce que von Mises exprime dans son article.

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    5 août 2010 à 14 02 14 08148
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    En direct du Congressional Budget Office des É-U en date du 27 juillet 2010 :

    ‘Unless policymakers restrain the growth of spending, increase revenues significantly as a share of GDP, or adopt some combination of those two approaches, growing budget deficits will cause debt to rise to unsupportable levels.’

    http://www.cbo.gov/doc.cfm?index=11659

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    5 août 2010 à 15 03 38 08388
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    Toujours sur le sujet du despotisme, voici la preuve que le droit de propriété est une illusion, que votre maison ne vous appartient pas vraiment, et que l’état n’hésitera pas à intervenir pour vous déposséder de ce que vous croyez vous appartenir.

    Comme vous pouvez voir en lisant les commentaires de l’article, ça ne dérange pas grand monde au pays des coureurs des bois.

    C’est beau la démocratie!

    http://www.radio-canada.ca/regions/abitibi/2010/08/04/001-expropriation_famille_Masse.shtml#commenter

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    5 août 2010 à 15 03 44 08448
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    Avez-vous remarqué comment les Québécois sont capables de travailler dans la mine, d’extraire l’or qui s’y trouve, mais qu’on est trop con pour être propriétaire de la mine et de l’or qui en résulte?

    Pendant ce temps là, on emprunte avec intérêts des billets sans valeur à des banquiers étrangers…

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    5 août 2010 à 16 04 15 08158
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    En fait, après avoir fait quelques recherches, ce n’est pas le meilleur exemple, mon commentaire précédent, vu que la mine est exploité par des intérêts basés à Montréal, paraitrait-il.

    Je trouve toujours désolant quand le gouvernement exproprie les gens, qu’il impose sa volonté quand il ne peut obtenir le consentement du propriétaire.

    Ça met les choses en perspective.

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    5 août 2010 à 19 07 28 08288
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    @ Aimé Laliberté… et tous les Libertariens

    La question de base est : Est-ce que vivre en société implique une solidarité avec les autres sociétaires et confère à la collectivité un mandat implicite de faire respecter cette solidarité ?

    Pierre JC Allard

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      5 août 2010 à 21 09 38 08388
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      @ Pierre JC

      Je vais vous répondre la même chose que Milton Friedman a déjà répondu lorsqu’on lui a posé une question similaire. La société n’a aucun mandat ou responsabilité à promouvoir la solidarité et la justice sociale. ce sont vous et moi qui en tant qu’individus et en tant que membres de la société qui avons cette responsabilité.

      http://www.youtube.com/watch?v=Rls8H6MktrA

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    5 août 2010 à 22 10 00 08008
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    PJCA

    Est-ce que vivre en société implique une solidarité avec les autres sociétaires ?… je dirais oui, en ajoutant toutefois que la société est une association libre et volontaire, dont on peut se retirer librement et volontairement.

    Est-ce que vivre en société confère à la collectivité un mandat implicite de faire respecter cette solidarité ?

    Je dirais non, pour la simple raison que la ‘collectivité’ est un concept, une fiction juridique, et non un être vivant en chair et en os.

    Pourquoi des hommes et femmes en chair et en os cèderaient-ils une partie de leur autonomie à une fiction juridique, qui n’existe que dans l’esprit ou à des fins juridiques.

    Autrefois sous la Common Law, on règlait les litiges en convoquant un jury composé de 12 voisins de la région, et ceux-ci jugeaient la cause sur la base de principes qui formaient ce code de conduite en société auquel tu réfères.

    Dans le présent cas, ce n’est pas la collectivité qui a décidé d’évincer le propriétaire, c’est un juge, qui exerce une autorité qui lui provient du fait qu’il a été choisi pour remplir ce rôle par un premier ministre fédéral, lequel a été choisi par son parti pour être le chef, disons Chrétien, Mulroney, Martin ou Harper.

    Ce juge applique une loi ou une règle adoptée par un Parlement dans lequel les députés doivent suivre une ligne de parti et voter tel qu’indiqué par le chef.

    Donc, on est bien loin de la collectivité qui applique les beaux principes de solidarité dont tu parles.

    Moi, ce que je vois, c’est qu’il y a des gens qui étaient littérallement assis sur une mine d’or, et vendent leur maison pour aller travailler pour le nouvel acheteur qui encaissera le profit.

    Il y a une certaine ironie dans tout ça.

    Sous la Common Law, on réglait les litiges en convoquant un jury de 12 personnes, lesquels jugeaient l’affaire.

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    5 août 2010 à 22 10 01 08018
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    Excusez la dernière phrase, qui était de trop.

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    5 août 2010 à 23 11 31 08318
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    @Aimé,
    C’était plutôt intéressant…
    La responsabilité d’une solidarité doit être exécutée par les membres…
    Dans le régime actuel, ils le sont, mais par une voie depuis longtemps perdue.
    Il faut donc reprendre ce réel pouvoir égaré dans un système qui n’est plus pour la personne, mais contre. On a le droit de quitter, mais s’il y avait une certaine justice proche des gens, qui dit que l’on aurait envie de quitter?
    Voici un article de La Presse: http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/2010/08/04/le-capitaliste-lultime-mechant/?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_bloguesaccueilcp_BO3_accueil_ECRAN1POS17
    Et un commentaire….
    « Le Capitalisme, c’est le système sur lequel les gens crachent, mais englobant et permettant un nombre incalculable d’avantages dont ces mêmes gens seraient incapables de se passer (trois repas/jour, automobile pour se déplacer, droit de vote, moyen de se payer certains loisirs de divertissement, etc. 🙂

    On réalise généralement qu’à défaut de mieux, le Capitalisme reste encore ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle vers 18-20 ans, quand on commence à s’intéresser un peu au Monde (la planète), qu’on voit à quel point nous vivons mieux que dans n’importe quel “paradis” socialiste, et qu’on arrête de tripper sur Che Guevara, Fidel Castro et cie. en prenant la mesure de qui ces individus sanguinaires étaient.

    Évidemment, il faut noter que cette phase de déni dure dans le cas de certains toute une vie chez, ces mêmes gens se servant bien entendu de leur gros MacBook, écrasé dans leur salon devant leur téléviseur 50 pouces, pour continuer à cracher sur le dit Capitalisme, que ce soir sur Cyberpresse ou ailleurs!

    Les anticapitalismes qui ne s’assument pas me feront toujours bien rire. Tu veux vivre ton trop socialiste mon vieux? Va passer 10-12 mois à Cuba, et pas dans une belle villa! Plutôt dans les bidonvilles, et vit à la manière du cubain moyen. Ensuite reviens nous parler de ce paradis socialiste 😉  »
    ________
    Pour avoir une vision comme celle-ci, il faut se délester de bien des parties. On dirait une pub pour le capitalisme.
    Ce n’est pas que le « capitalisme » soit mauvais en soi, mais la richesse collective est une notion qui n’est plus à sa base.
    Le citoyen est devenu le serment de messe d’une nouvelle religion…
    Le plus étonnant est qu’il y croit. Que tout cela est pour le bien de tous.
    Je suppose que le forage de BP était pour le bien de tous…
    Et bientôt le Saint-Laurent…

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      6 août 2010 à 7 07 45 08458
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      @ Gaetan Pelletier

      Pour avoir une vision comme celle-ci, il faut se délester de bien des parties. On dirait une pub pour le capitalisme.
      Ce n’est pas que le « capitalisme » soit mauvais en soi, mais la richesse collective est une notion qui n’est plus à sa base.

      Je vous dirais que la richesse collective n’a jamais été à sa base. Le capitalisme est une machine à créer de la richesse, un point c’est tout et il n’en existe pas encore de meilleure. À la base, il est fondé sur la coopération volontaire des hommes. Il enrichit tous et chacun, mais seulement pas au même degré. Je comprends ce que vous essayez de dire, mais il est cent fois préférable d’être pauvre dans un régime capitaliste que dans tout autre régime.

      Le citoyen est devenu le serment de messe d’une nouvelle religion…
      Le plus étonnant est qu’il y croit. Que tout cela est pour le bien de tous.

      Quel autre système amène un niveau de vie équivalent en canalisant la nature humaine? Mais le vrai problème de société que nous avons n’est pas l’iniquité du capitalisme. C’est le manque de responsabilisation individuelle qui est l’inévitable sous-produit d’une mentalité collectiviste. Pourquoi aiderais-je mon prochain si l’état s’en charge déjà? Surtout qu’il le fait en pigeant dans ma poche et la vôtre.

      Je suppose que le forage de BP était pour le bien de tous…

      Et Tchernobyl? Sans vouloir minimiser la catastrophe de Deepwater Horizon, beaucoup d’autre graves catastrophes se sont produites sous des régimes qui étaient supposément soucieux du bien de la collectivité ou qui du moins, se targuaient de l’être. La bêtise humaine n’a aucune limite et elle ne se limite pas à une idéologie.

      Et bientôt le Saint-Laurent…

      Un forage pétrolier tourne au vinaigre et il faudrait bannir tous les forages, c’est ça? La réalité est que nous avons encore besoin de pétrole et que ce n’est pas demain la veille que ça va changer. Fort heureusement, le forage du Golfe du Saint-Laurent est en eaux beaucoup moins profondes et donc beaucoup moins risqué. Sans compter la richesse que ça nous apporterait.

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        6 août 2010 à 9 09 34 08348
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        Citation pertinente d’un de mes amis Facebook ce matin:

        “Mystical references to society and its programs to help may warm the hearts of
        the gullible but what it really means is putting more power in the hands
        of bureaucrats.” — Thomas Sowell

        L’ami en question est un américain, membre du Tea Party… et afro-américain.

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    6 août 2010 à 21 09 08 08088
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    Bonjour Philippe,
    « Je vous dirais que la richesse collective n’a jamais été à sa base. »
    D’abord, merci pour vos réponses.
    Mais dans la tête des gens – qui comparent souvent le communisme comme comparaison – le capitalisme est perçu comme si les « riches » créaient de la richesse. Et en distribuait un peu…
    Et ce ne sont pas les plus idiots qui le disent… Je parle donc de la perception qu’on en a.
    Ceux qui nous ramènent Cuba comme exemple, ou l’ex URSS…
    C’est se comparer au pire.
    Le problème est plutôt de se demander ce qui ne va pas, ce qui ne va plus, et ses changements.
    ___
    On peut les arrêter…
    C’est là le drame: ceux qui sont à l’intérieur ont eux seuls le pouvoir de changer les ou des choses.
    J’aime bien la fin de votre texte qui conclue bien l’état des choses.
    Il faudrait une école virtuelle sur le net pour débroussailler le si « beau » dans lequel nous vivons, bien naïvement.

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