La Grèce toujours en faillite, mais le mensonge continue

Le drame de la Grèce est intéressant car il permet de comprendre et de visualiser in situ ce que sera la déconfiture économique de la plupart des pays vivants sous le mode de production capitaliste. Comme Marc Rousset l’explique ici – sans effacement pur et simple de sa dette la Grèce ne pourra surmonter le précipice économique où elle est ensevelit malgré les immenses sacrifices que les banquiers exigent de la populace hellénique. Mais l’auteur se  trompe royalement quand il prétend que le calvaire grec est la conséquence de la duperie et du laxisme des banquiers. Les banquiers et les politiciens européens ont fait leur travail et ils le poursuivent consciencieusement encore aujourd’hui,  qui consiste à tondre la brebis « jusqu’à la lie » quitte à tuer la poule aux oeufs d’or en la dépeçant, ce qu’ils feront avec chacune des bourgeoisies-et des populations- de l’Union, exactement de la même façon qu’ils le font pour la Grèce d’où l’intérêt d’étudier la tragédie Grecque. Ainsi, ce que M. Rousset, qui s’acharne contre Angela et ne dit pas, c’est que le prochain acte consiste à hausser les taux d’intérêts du crédit et à déprécier de ce fait la valeur des marchandises – y compris de la marchandise argent – monnaie – euro – (un paradoxe pour des banquiers) ce qui rendra d’autant plus impossible le remboursement  et des dettes souveraines des États de droit (sic) et des dettes des consommateurs et des entreprises privés dans toute l’Europe et dans le monde entier.  Le « modèle » grec est véritablement le nouveau standard capitaliste, de gauche comme de droite, auquel chacun devrait s’intéresser et il n’existe aucune solution que l’effondrement.  Robert Bibeau  http://www.les7duquebec.com

 Marc Rousset

Économiste
Français, on vous ment pour la gravité de l’invasion migratoire, comme on vous ment pour la dette grecque. Le FMI est l’exception qui confirme la règle pour la Grèce. Il dit la vérité : sans allègement réel de la dette grecque, c’est-à-dire sans renoncement au remboursement pur et simple de la dette publique grecque, et non pas avec un simple allongement des échéances, la Grèce tombera immanquablement en faillite à terme !Le FMI répète que la dette grecque représente encore aujourd’hui 178 % du PIB du pays. L’accord de juin 2018 devrait permettre à Athènes d’avoir accès, à moyen terme, à des financements par les marchés, mais tout cela est théorique et repose sur du sable, car il sera impossible à la Grèce d’avoir une croissance de 3 % tout en maintenant un excédent budgétaire de 2,2 % du PIB, hors service de la dette.

Selon le FMI, la croissance n’a été que de 1,7 % en 2017 et atteindra difficilement 2 % en 2018 et les années suivantes, tandis que l’excédent budgétaire sera au maximum de 1,5 % du PIB et non pas 2,2 %.

Le reflux du chômage est tout à fait anecdotique, conjoncturel en Grèce et non pas structurel puisqu’en étant hyper-optimiste, il passerait de 21,5 %, en 2017, à 19,9 %, en 2018, et 18,1 %, en 2019. Les risques de banqueroute grecque sont, en fait, énormes si l’on songe à la moindre hausse des taux d’intérêt, au calendrier de politique intérieure grecque, à l’immigration clandestine extra-européenne, à une population à bout, fatiguée des réformes et du « demain, on rasera gratis » !

Le drame, c’est que ce n’est pas l’euro qui est la cause de la dette grecque, contrairement à ce que prétend Jacques Sapir, mais tout simplement l’inconscience laxiste d’un pays et de ses dirigeants qui ont tiré trop fort sur la corde de l’État-providence pendant des années jusqu’à ce qu’elle casse, tandis que Goldman Sachs truquait les comptes pour faire entrer la Grèce dans la zone euro, sans avoir à subir – ce qui est scandaleux – une amende gigantesque de l’Union européenne d’au moins 20 milliards d’euros et la condamnation de ses dirigeants à la prison ferme en Europe pour manipulation frauduleuse des comptes publics et montage d’opérations bancaires fictives.

Le drame, également, c’est que les banques, sur la demande de l’Allemagne et des pays de la zone euro, ont effectivement déjà allégé la dette grecque de 90 milliards en 2011. Merkel a voulu, à juste titre, que les banques qui avaient pris des risques inconsidérés paient une partie de la note. Le 27 octobre 2011, les banques européennes ont donc dû abandonner 50 % de la dette publique qu’elles détenaient sur la Grèce. De plus, alors que l’opinion publique allemande souhaitait le défaut de paiement et la mise en faillite pure et simple de la Grèce en 2011, Merkel a promis solennellement aux Allemands que les Grecs rembourseraient les nouveaux prêts accordés à la Grèce avec la garantie des États.

Merkel ne peut pas perdre la face, ayant déjà sur le dos l’entrée folle du million de clandestins immigrés sans contrôle aux frontières. Et (cerise sur le gâteau) si, demain, la Grèce ne paie pas – ce qui sera le cas -, les déficits publics annuels de la France et de l’Allemagne seront augmentés d’autant, d’où l’acharnement du Système pour reculer la date de faillite inexorable à venir de la Grèce.

La Grèce est le cancre de l’Union européenne et la France « une petite Grèce » quant au chemin décadent et laxiste parcouru depuis quarante ans. Alors que la situation de la France est catastrophique et demande des mesures draconiennes, structurelles, chirurgicales en matière de dépenses publiques, sociales et de réduction du nombre de fonctionnaires pour éviter la faillite à venir, l’action de Macron relève du traitement médical législatif homéopathique.

Source :  Boulevard Voltaire

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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétarien depuis 40 ans. http://www.les7duquebec.com

2 pensées sur “La Grèce toujours en faillite, mais le mensonge continue

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    12 août 2018 à 11 11 14 08148
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    A propos de la Grèce avec son évolution calamiteuse due à la politique de restriction du FMI afin de combattre le déficit.je vous invite à vous pencher sur l évolution positive du Portugal depuis cinq ans qui applique une politique totalement à l encontre des propositions du FMI ,à savoir « augmentation des bas salaires pour stimuler la consommation.la revalrisation des pensions des retraités,la reconsidération des fonctionnaires et la taxation des entreprises réalisant plus de 35 millions de chiffre d affaire..exemple à suivre messieurs les politiques Français et allemands tenants de la ligne néoliberale en europe

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      12 août 2018 à 14 02 21 08218
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      @ YVON

      C’est justement le genre d’idée contre laquelle nous mettons en garde ici sur les7duquebec.com

      L’IDÉE que réformisme de gauche est meilleur que le réformisme de droite – l’idée que de suivre les recommandations du FMI – néolibérales serait mauvais et de suivre les recommandations du FMI – néo-gauchisantes – serait une bonne orientation pour une économie capitaliste de go-gauche ou de droite ou de centre.

      C’est le mode de production capitaliste qui est en panne – au bout de son rouleau et les panacées de gauche ou de droite mèneront dans le même ravins mais par des détours différent on s’entend

      Au Portugal sera bientôt incapable d’emprunter ou alors à des taux prohibitifs avec cette politique de paye des retraites avec de l’argent qu’ils n’ont pas économisés et de la monnaie dévalorisées.
      Le Portugal sera bientôt désindustrialisé avec cette politique de taxer les petites entreprises les rendant incapables de concurrencer les multinationales en plus que ce sont ces petites entreprises qui paient les bas salaires qu’ils devront majorés d’ou double déficit concurrentiel avec les firmes espagnoles toute proche et marocaines toutes proches

      CONCLUSION Je ne suis pas contre l’amélioration des salaires des travailleurs sous payés mais je sais que ceci est impossible sous le capitalisme en crise systémique et que l’on ne doit pas se bercer d’illusion = la seule solution est de détruire ce mode de production le reste n’est qu’illusion réformiste impraticable… de gauche comme de droite

      Robert Bibeau Éditeur

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