La mort de la liberté d’expression

Par Philippe David

S’il existe un droit humain qui est fondamental, c’est la liberté d’expression. Ce droit nous l’avons, pas parce l’état nous l’accorde, mais parce qu’il nous est inné. Dans un pays qui est réellement libre, ce droit n’est restreint en aucune façon. Nous avons le droit d’exprimer notre de pensée de quelque façon que nous voulons, même si ça offense les autres. Car, voyez-vous, il est impossible de faire plaisir à tout le monde, et quoique vous disiez, il y aura toujours d’autres gens qui seront en désaccord. D’être en désaccord avec vous est leur droit le plus strict, mais ça ne vous enlève pas le droit d’exprimer votre propre opinion, même si celle-ci peut être méprisante ou même haineuse aux yeux de certains. En fait, à moins qu’il peut être prouvé que vos opinons sont mensongère et portent atteinte d’une façon concrète aux droits d’un particulier ou que vous causiez un danger quelconque comme hurler « au feu » dans un cinéma sans raison valable, votre liberté d’expression ne devrait pas être restreinte dans un pays qui se veut réellement libre.

Or, au Canada, la liberté d’expression est sérieusement en péril. Il suffit maintenant d’une seule plainte par une personne outrée, pour que quelque chose soit censuré. C’est ce qui est arrivé la semaine dernière, lorsque suite à une seule plainte, on a banni la chanson « Money for Nothing » de Dire Straits, qui pourtant tournait des toutes les stations de radio depuis 25 ans. Tout ça parce qu’une personne a été offensée par son utilisation du mot « faggot », dont la meilleure traduction que je puisse imaginer serait « tapette ». Bien entendu, dans le contexte de la chanson, ils s’agissait bel et bien d’un sarcasme, mais ça importe peu aux bien pensants imbus de rectitude politique. En fait, au Canada, toutes les excuses semblent bonnes pour tenter de faire taire ceux dont l’opinion nous déplait. Lorsque le magazine McLean’s a publié un extrait du livre « America Alone » de Mark Steyn, relatant sa théorie sur l’islamisation inexorable de l’Europe, cette publication et Mark Steyn lui-même se sont retrouvés devant la Commission Canadienne des Droits de l’Homme, ainsi que celle de la Colombie Britannique, le temps de le dire. Quand Ezra Levant et son journal le Western Standard ont osé reproduire quelques unes des caricatures de Mahomet qui avaient suscité la controverse quand elles avaient été initialement publiées dans le journal danois Jylland Posten, il s’est également retrouvé devant une de nos très risibles Commissions des Droits de la Personne, celle de l’Alberta cette fois. Cette semaine, une représentation du film Iranium, un documentaire sur le développement d’armes nucléaires en Iran a été annulée à cause de menaces qui auraient été reçues de quelques extrémistes.

Il semble évident que le multiculturalisme et la rectitude politique ont sérieusement attaqué l’épine dorsale du Canada et l’ont transformée en gélatine. Mais pis encore, je crois que si nos bureaucrates sont si prêts à sacrifier notre liberté d’expression au profit d’extrémistes marginaux, c’est qu’ils ont peut-être une affinité pour leurs opinions, ou une haine d’eux-même et de leur propre culture. Le Canada a été fondé sur des valeurs libérales où les droits de l’homme étaient considérés comme accordés par notre créateur et inviolables. Nous avons naguère étés libres et fiers. Force m’est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui.

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