La religion Option nationale

S’il y a un seul trait des Québécois qui traverse les âges, c’est celui de notre propension à attendre un sauveur. Peuple abandonné par la France dès la fondation de ses premières villes, puis attaqué par les Anglais, nous guettons l’arrivée du chef. Et quand celui-ci se pointe, on l’idolâtre immédiatement non pas parce que ses idées sont nécessairement bonnes, mais plutôt en sa qualité de réceptacle de notre espoir. Ainsi en est-il de Jean-Martin Aussant et d’Option nationale.

Source de l’image

Il est devenu impossible pour tout nationaliste de critiquer les positions d’Option nationale. Tania Longpré, par exemple, a écrit un texte dénonçant le multiculturalisme du parti. Pendant des jours, elle a été harcelée sur sa page Facebook par des gens lui disant qu’elle n’avait pas compris, qu’Option nationale n’était pas multiculturaliste, que le parti était réellement nationaliste, etc. Bref, un réflexe de défense automatique de la part de croyants alors qu’on attaque leur sauveur.

Pourtant, l’analyse de Tania Longpré est juste. J’en ai moi-même parlé à plusieurs reprises, obtenant le même genre de réaction hostile et disproportionnée. Le message de la part des adeptes d’Option nationale est clair : notre parti est le sauveur et gare à ceux qui osent le critiquer ! Ce qui écope : les faits. Mme. Longpré, moi et d’autres avons simplement souligné des faits : ce parti ne s’engage pas, dans ses actions, à la défense de la langue nationale des Québécois. Il a adopté un multiculturalisme nuisible pour la cohésion sociale et qui encourage le repli sur soi de « communautés » linguistiques ou culturelles.

Ainsi, quand Jean-Martin Aussant fait une vidéo promotionnelle en anglais, quel message lance-t-il aux anglophones vivant ici, sinon qu’ils peuvent continuer à ignorer la langue commune ? Idem quand il fait une vidéo en espagnol. Idem quand il souligne un fête autochtone dans la langue des autochtones. Sur ce point, on peut dire que la position d’Option nationale se rapproche dangereusement de celle du PLQ, qui vient d’établir un gouvernement régional de la Baie James, pavant la voie à une forme de partition du Québec.

La vision des partisans d’Option nationale est viciée dès le départ parce qu’elle est multiculturaliste. Avant d’être des nationalistes, ce sont des partisans de l’idéologie communautariste, où existent des « communautés » devant être défendues et pour lesquelles l’État doit s’adapter. Typique d’une vision anti-nationaliste, ceux-ci conçoivent le Québec non pas comme un tout vivant et inclusif ayant la légitimité d’occuper pleinement son territoire, mais comme un pourvoyeur de services linguistiques ou culturels qu’on adapte pour telle ou telle communauté.

Il serait difficile de faire comprendre aux partisans d’Option nationale que leur parti est encore moins nationaliste que le Parti Québécois (un parti mou s’il en est un). Nous ne sommes plus dans une discussion rationnelle : les partisans ont DÉCIDÉ qu’Option nationale était le sauveur attendu et dans un tel phénomène politico-religieux, les arguments n’ont que peu de poids.

La seule chose que les vrais nationalistes peuvent faire, en attendant, c’est rappeler les faits. Un jour, peut-être, une véritable alternative nationaliste se présentera : un Front national, un mouvement Égalité et Réconciliation, une alternative de lutte contre le capitalisme mondialiste et qui respecte les fondements de la nation québécoise, dont la langue française est un incontournable…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *