La transmission du savoir dans le Vaudou

CHARLES TREMBLAY : Je continue cette semaine à vous présenter les articles sur le Vaudou que j’ai ramassé ces trois dernières années. Aujourd’hui, c’est une trouvaille que j’ai fait le 21 mars 2013 sur les savoirs locaux haïtiens. Ce qui suit provient du site d’AlterPresse en date du 19 mars 2013 :

—Haiti : L’importance des savoirs locaux—

Des formes traditionnelles de connaissances ont une grande importance dans la compréhension des pratiques et des phénomènes socioculturels à travers Haiti, estiment des spécialistes en mémoire et patrimoine qui participent à la quinzaine de la francophonie sous le thème « Le créole dans la francophonie ».
Lors d’une conférence le 18 mars, des intervenants ont mis l’accent sur le rôle de la transmission orale du savoir faire religieux dans le vodou haïtien, des traditions orales en rapport à l’identité haïtienne et des scénographies des rituels funéraires en milieu rural haïtien.
Le docteur en ethnologie et patrimoine, Samuel Régulus, a énuméré les divers mécanismes ou procédés dans la transmission de la prêtrise du vodou comme l’apprentissage par observation, les rêves et l’initiation.
Dans l’apprentissage par observation, l’apprenant intériorise par observation la réalisation des rituels vodouesques des membres de son entourage et devient apte à les imiter ou les reproduire, explique t-il.
Les rêves aussi jouent un rôle de transmission des techniques appropriées permettant de maitriser les pratiques du vodou, affirme t-il, reconnaissant à cette transmission onirique une valeur d’apprentissage.
Pour sa part, Kenrick Demesvar, détenteur d’une maitrise en histoire et professeur à l’université, a souligné le poids de l’oralité dans la culture haïtienne.
« Haïti est un pays à culture orale », fait-il valoir en précisant que le créole est le vecteur de la transmission de cette culture orale « riche ».
Il déplore le peu de recherches consacrées à l’étude des traditions orales dans le pays.
Il existe une mine de richesses incontournables dans les traditions orales, les unes plus authentiques que les autres, valorise t-il.
« Il y a des vérités historiques qui sont enfouies et cachées dans la mémoire collective et qui se révèlent uniquement à travers les traditions orales », avance t-il, avec comme référence le célèbre anthropologue et historien haïtien, Michel-Rolph Trouillot (1949-2012).
L’étude de la tradition orale permet de combler les lacunes et d’élucider les questions fondamentales sur lesquelles les sources écrites et les archives ne fournissent pas une appréhension complète et objective, indique le professeur.
Il appelle les chercheurs et les universitaires à se pencher sur l’étude de la tradition orale.
Les thèmes relatifs à la mort, les rituels funéraires et le travail de deuil ont été au cœur de l’intervention de Kesler Bienaimé qui a un master en histoire, mémoire et patrimoine.
Les rites revêtent une importance capitale dans la survie des liens sociaux entant que fondements de la société et dans la prise en charge de la mort dans sa dimension individuelle et collective, explique t-il.
Les rituels jouent un grand rôle dans la gestion du deuil, ajoute t-il.
« Ces comportements funéraires doivent inviter à une mise à jour du contexte socioculturel et religieux qui a façonné la représentation que l’haïtien d’aujourd’hui fait de la mort », encourage l’historien.
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Charles Tremblay

Fondateur de la revue La Jérusalem des Terres Froides.

blog : http://jerusalemdesterresfroides.blogspot.ca/

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