Le parcours étonnant de L’Oratoire Saint-Joseph

Nous profitons de la fête des Rois pour vous présenter, en réédition, un article portant sur la genèse et les rénovations successives de l’Oratoire Saint-Joseph. Cet article est l’avant-dernier d’une petite série du temps des fêtes. Le prochain conclura la série en présentant un survol des assise de la culture chrétienne. Une analyse conceptuelle et esthétique. Bonne et heureuse année, encore une fois !

PATRICE-HANS PERRIER:

 

L'Oratoire Saint Joseph digne monument éternel

 

La longue genèse de l’Oratoire Saint-Joseph s’est déroulée en l’espace d’un siècle, entraînant des modifications importantes aux intentions premières des instigateurs du projet. Au-delà de ses fonctions cultuelles et liturgiques, l’Oratoire représente, certes, un des monuments civiques les plus importants de Montréal. Sa taille impressionnante, la beauté de son dôme et son emplacement, à flanc de montagne, en ont fait un point d’attraction incontournable.

La tenue des fêtes du centenaire de l’Oratoire Saint-Joseph s’est déroulé en 2004, soulignant le parcours étonnant d’un édifice monumental, digne représentant d’une époque où les arts religieux étaient florissants. Il serait utile de rappeler que l’Oratoire a été, au cours du siècle dernier, un point de rassemblement pour des millions de personnes désireuses de bénéficier des vertus curatives du site. En effet, l’instigateur de cette gigantesque entreprise, le frère André, possédait, nous dit-on, des vertus de thaumaturge, étant capable de guérir les visiteurs qui venaient se recueillir au pied de la montagne.


 

Si l’Oratoire est devenu un point d’attraction touristique au fil du temps, il n’en demeure pas moins que la dimension spirituelle du projet est demeurée intacte, dynamisant le travail des principaux artisans qui ont participé à son développement. Lieu de culte, carrefour de rencontre entre les diverses cultures, observatoire sur la ville ou espace de méditation et de prières, l’Oratoire Saint-Joseph en impose par sa prestance en plein centre géographique de la ville.

 

Lorsque la culture rencontre la nature

À l’instar du Sacré-Cœur de Montmartre, niché sur une butte, l’Oratoire Saint-Joseph tire parti de son emplacement naturel sur le flanc nord-ouest du Mont-Royal. Toutefois, il s’agit d’une basilique qui dépasse, en hauteur, presque tous les autres édifices similaires dans le monde. Alors que le plus haut point de la basilique Saint-Paul de Londres atteint une hauteur de 111 mètres, le sommet de la croix de l’Oratoire Saint-Joseph correspond à 124 mètres à partir du niveau de la rue. Malgré tout, l’ensemble se marie assez bien à la nature et la silhouette du dôme se détache élégamment de la masse touffue des arbres du Mont-Royal. Il s’agit du plus haut point d’observation sur l’île de Montréal et les contrôleurs de l’aéroport de Dorval s’en servent toujours comme point de repère afin de guider les avions qui s’approchent de la métropole.

Ce projet a été érigé sur un site qui accueillait des bâtiments d’allure modeste à ses débuts. Il faudrait rappeler que l’Oratoire désignait, alors, un ensemble de bâtiments comprenant une simple chapelle, dotée d’une sacristie surmontée d’une chambrette et d’un clocher autour des années 1910. Un long trottoir de bois et un escalier de 140 marches permettaient aux pèlerins et autres visiteurs de se rendre jusqu’au sanctuaire. Outre la chapelle, un très beau kiosque y avait été construit en 1909 afin d’abriter le bureau du frère André, une salle d’attente et un comptoir pour les objets de piété. Les visiteurs venaient s’y recueillir et profitaient d’un petit sentier pour se rendre jusqu’au plateau qui surplombait l’ensemble des bâtiments.

 

 

Cet aspect de la promenade à flanc de montagne s’est peut-être un peu perdu au fil du temps, mais les visiteurs actuels pourront toujours prendre le temps de parcourir l’étonnant Chemin de croix et les jardins de l’Oratoire qui conduisent à une magnifique fontaine jouxtant un des côtés de la basilique. Les citoyens de Westmount sont familiers avec la silhouette de l’Oratoire, puisque l’avenue «Summit Crescent» débouche sur l’arrière du bâtiment, point d’orgue à cet opulent secteur de la petite municipalité.

 

Le choc des cultures

On pourrait comparer la lente gestation de l’Oratoire Saint-Joseph à la saga entourant la phase finale de Saint-Pierre de Rome, à l’époque de Bramante, l’architecte qui allait dessiner les plans de la nouvelle basilique au XVIe siècle. Les deux projets s’échelonnèrent sur une période d’un siècle (1513 – 1615, pour Saint-Pierre de Rome et 1904 – 2004, pour l’Oratoire Saint-Joseph) et donnèrent lieu à des querelles monumentales au chapitre de l’exécution des programmes d’architecture respectifs.

Les premiers architectes qui furent mandatés, en 1914, afin de réaliser la crypte de l’Oratoire, Dalbé Viau et Louis-Alphonse Venne, avaient une vision plutôt traditionnelle de l’architecture. Les plans et devis d’origine, d’inspiration néo-classique, témoignaient d’un net penchant pour les ouvrages de la Renaissance italienne. Il s’agit d’une genèse qui fut longue et ardue, puisque les travaux de conception allaient perdurer jusqu’en 1924. C’est à cette époque que débutèrent les travaux de construction de la future basilique qui allait se dresser sur la crypte originale.

 

 

Les dessins d’élévation de l’époque représentent un édifice peut-être plus élégant que celui que nous connaissons présentement. Toutefois, l’allure extérieure du projet n’allait pas vraiment changer du tout au tout, si ce n’est le dôme qui allait être redessiné par le célèbre Dom Bellot. Le projet fut interrompu, une première fois, alors que l’architecte Louis-Alphonse Venne décédait en 1934, avant que les travaux du dôme n’aient pu débuter. C’est alors que les administrateurs de l’époque firent appel à une nouvelle équipe d’architectes afin de poursuivre les travaux de construction de la basilique et du dôme devant couronner le tout.

 

 

C’est à ce moment-là que les choses prirent une tournure pour le moins surprenante, puisqu’un moine-architecte, Dom Paul Bellot, fut pressenti afin de parachever l’œuvre du tandem Viau et Venne. Penseur et praticien d’une architecture résolument moderne, Dom Bellot professait que l’art doit s’inspirer des enseignements du passé afin d’être en mesure d’innover et de se projeter dans l’avenir. Émule des précurseurs de la modernité, à l’instar de Viollet-le-Duc ou de William Morris, Dom Bellot s’était bâti une réputation sans égal alors qu’il s’occupait de la maîtrise d’œuvre d’une pléiade de bâtiments religieux en Grande-Bretagne et dans les Pays-Bas. Homme de génie, mais aussi homme de métier, cet architecte inclassable fut un des premiers à élaborer des édifices religieux en béton armé et son travail sur la maçonnerie nous rappelle les innovations d’un Frank Lloyd Wright.

 

 

Pour un dialogue entre la forme et la fonction

Dom Belleau allait poursuivre l’érection de la partie supérieure de la basilique, incluant le dôme et les quatre tourelles qui le sertissent telle une pierre précieuse. Entre 1937, année du parachèvement du dôme, et 1941, alors qu’on installait une croix mesurant 22 pieds sur le lanterneau qui coiffe le dôme, l’architecte français s’attaquera à simplifier l’aspect extérieur du projet, tenant compte des rigueurs de notre climat pour concevoir ce qui allait devenir un des plus beaux dômes au monde. Si les instigateurs du projet initial voulaient s’inspirer du dôme du Sacré-Cœur, à Montmartre, le résultat final se rapproche plutôt du célèbre dôme de Brunelleschi à Florence.

 

 

Cette étonnante construction est le fruit de la superposition de deux surfaces en forme de coupole (un dôme extérieur et un dôme intérieur) au-dessus de l’intersection de la nef (allée centrale qui mène les fidèles jusqu’au chœur) et des transepts (allées latérales qui forment une croix avec la nef) de la basilique. Au vu des risques causés par le gel et le dégel, les architectes optèrent pour un système de double-paroi, alors qu’une mince pellicule de 7 pouces d’épaisseur en béton armé allait recouvrir la surface du dôme extérieur. Les annales de l’époque (1937) attestent du fait que le béton fut coulé d’un seul jet, un véritable exploit en soi !

 

 

Le dôme extérieur ne fut recouvert de cuivre qu’en 1939, faisant craindre le pire de la part  des commanditaires qui craignaient que la structure finisse par se fendre sous l’effet des températures hivernales. Le résultat final est d’une élégance qui ne s’est pas démentie avec le temps. Les courbes ascendantes du dôme de l’Oratoire permettent de contrebalancer l’effet de masse produit par une façade qui souffre peut-être d’une certaine austérité en définitive.

 

 

Outre le dôme, les quatre tourelles qui l’entourent et le parachèvement des travaux supérieurs du corps de bâtiment, Dom Bellot prit en charge les travaux de conception et d’exécution du programme d’architecture intérieure. Au premier niveau, (a) si la décoration de la crypte témoigne des efforts conjugués de la première équipe, le programme de décoration et d’architecture intérieure de la basilique (b) reflète le style de Dom Bellot, axé sur une dynamisation de la géométrie qui n’est pas sans rappeler les travaux de l’École de Vienne, au début du XXe siècle. Les lignes brisées et l’enchevêtrement des poutres et des arches de la basilique provoquent un mouvement de surprise chez les visiteurs. Le contraste est frappant vis-à-vis du classicisme strict de la décoration intérieure de la crypte d’origine.

 

 

Curieusement, le niveau intermédiaire (b), qui correspond au toit de la crypte, semble être d’inspiration Art Déco, dénotant une certaine ambiguïté vis-à-vis de l’ensemble du programme architectural.

Une fois que vous aurez ouvert les lourdes portes de la basilique, vous ne pourrez retenir votre souffle devant le spectacle à grand déploiement de l’architecture intérieure du centre vital de l’Oratoire. Il y a quelque chose de romano-byzantin qui contraste beaucoup avec la modénature (écriture en façade) de l’enveloppe extérieure du bâtiment. Malgré l’enchevêtrement des lignes qui composent les structures portantes de l’édifice et la géométrie du dôme intérieur, l’ornementation évite la surcharge, le programme de décoration s’intégrant bien à la volumétrie de l’architecture intérieure de la basilique.

Pour ceux ou celles qui voudraient jouir du point de vue, et prendre un peu d’air, une salle des pas perdus, au niveau intermédiaire, ouvre ses portes sur une des plus belles terrasses de Montréal. Une fois sur place, vous serez à même d’admirer un panorama qui vous permettra d’embrasser du regard plusieurs pavillons de l’Université de Montréal.


 

Il n’y a pas à dire, l’Oratoire Saint-Joseph représente un des fleurons de notre architecture locale, en dépit des controverses qui ont jalonné son étonnante genèse. Il s’agit d’un programme architectural qui parvient à s’intégrer harmonieusement au versant nord-ouest du Mont-Royal et qui témoigne avec éloquence de l’amour des Montréalais pour la chose architecturale. Malheureusement, les stationnements et les allées asphaltées qui l’entourent manquent d’élégance et finissent par étouffer le projet. Il est heureux que l’administration actuelle ait pris la décision de mettre en branle un ambitieux programme d’architecture paysagère qui devrait permettre de redonner au site un peu de cette grâce des premiers débuts, puisque la montagne demeure toujours la raison d’être de cet ambitieux projet.

 

 

Lien: http://www.saint-joseph.org/

 

 

 

 

 

 

4 pensées sur “Le parcours étonnant de L’Oratoire Saint-Joseph

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    7 janvier 2014 à 16 04 39 01391
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    @Pattrice-Hans Perrier

    Très bel article, Patrice, sur l’architecture de notre Oratoire, notre patrimoine, qui se lit si bien que je me suis sentie parachutée sur les lieux.

    « Au vu des risques causés par le gel et le dégel, les architectes optèrent pour un système de double-paroi, alors qu’une mince pellicule de7 pouces d’épaisseur en béton armé allait recouvrir la surface du dôme extérieur. Les annales de l’époque (1937) attestent du fait que le béton fut coulé d’un seul jet, un véritable exploit en soi ! » Notre dôme est le troisième plus grand au monde.

    J’ai toujours aimé cet endroit, ses allées, son jardin dans la Montagne. Pendant des années, j’ai monté et descendu les marches de l’Oratoire pour m’entraîner, me garder en forme.

    Pour les intéressés : le livre de Micheline Lachance sur le Frère André nous révèle tous les secrets de cet homme humble, presque analphabète, souvent méprisé par les prêtres plus instruits, on ne le respectait pas tellement. On s’en servait comme portier dans le bon et mauvais sens du mot. Intéressant aussi de comprendre comment l’Église en arrive à accorder la sainteté à une personne. Il s’agit d’un long processus qui prend la couleur d’un procès avec témoignages, témoins des miracles, enquêteurs, spécialistes en la question, médecins, et surtout, des documents écrits sur lesdits miracles, signés, authentifiés. Un seul miracle n’est pas suffisant. Il en faut une grande quantité. Benoît XVI fut celui qui canonisa le Frère André en 2010.

    Merci Patrice.

    P.S. Une remarque administrative : pourriez-vous la prochaine fois inscrire la bonne heure quand vous entrez votre article, qui est 18 h. Très important, parce que l’article de l’auteur précédent est automatiquement retiré, et il n’a pas la chance de bénéficier de son vingt-quatre heures. Merci d’y apporter une attention.

    Carolle Anne Dessureault

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      7 janvier 2014 à 20 08 14 01141
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      Merci ma Soeur 😉

      Je trouve que le corps de bâtiment de l’Oratoire gagnerait en élégance et en finesse qui les autorités concernées prenaient la peine de mener une opération d’aménagement paysager qui puisse tenir compte de sa modénature (écriture en façade – élévation architecturale). Il est malheureux de constater que nous avons pratiquement aucune notion en termes d’intégration du paysage aménagé à la façade de nos bâtiments publiques.

      Des bosquets, des ifs et autres arbustes seraient tout indiqué sur les flancs de l’imposant corps de bâtiment.

      Du coup, on aurait une composition tripartite en équilibre parfait:

      Un massif de verdure entourant la première strate du bâtiment, ensuite l’imposant corps de bâtiment central avec son immense portail et, en guide de couronnement, son élégant dôme.

      Tons de verdures; tons de pierre et tons de cuivre pour le dôme.

      Il ne manque d’un artiste de l’architecture paysagère pour venir parachever ce grand oeuvre.

      Je suis formel sur la chose, sans aucune pédanterie, l’Oratoire Saint-Joseph constitue, sans l’ombre d’un doute, le plus important bâtiment civique du Québec.

      Et, son dôme est une merveille, il compte parmi les quelques ouvrages de ce type qui ont traversé l’histoire jusqu’à nous.

      L’art religieux transcende les partisaneries et donne à voir, plus souvent qu’autrement, des artefacts qui sont plein de grâce et d’élégance … puisqu’ils ont été conçus afin de témoigner de la grandeur de notre créateur.

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    7 janvier 2014 à 23 11 04 01041
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    Nul ne peut contester le rôle de phare de l’Oratoire. Il sert de balise non seulement aux pilotes d’avions, mais aussi aux voyageurs automobiles qui arrivent dans l’île par le nord ou l’ouest.
    Lieu grandiose où je vais me ressourcer spirituellement, non par des prières dans la crypte ou la grande salle sous le dôme, mais en déambulant dans ces allées, témoins du passé centenaire.

    La vue grandiose du paysage d’Est en Ouest en passant par le Nord attire une myriade de touristes, pas nécessairement Chrétiens, mais incluant Hindouistes et Bouddhistes.

    Pour ce qui est de prier, je préfère le faire humblement au sein de la petite chapelle en contemplant l’autel. De préférence, sans être perturbé par les touristes qui passent. Si je rencontre un autre prieur, je veille à ne pas le déranger.
    ————-
     » Juste le loyer de l’antenne des services secrets Étatsuniens, sur le top, devrait couvrir les frais d’aménagement paysagers. » — peephole

    De quoi vous parlez ? Apportez un lien sérieux pour étayer votre ragot.

    —–

    « St-Joseph, celui qui sauva la réputation des intouchables responsables de tant de filles-mères abusées et de leur petit bâtard. » — Le Gagagénaire

    J’ai examiné votre cyberlien. Un lien sans rapport.
    Qu’essayez-vous d’insinuer ?
    Parlez-vous du charpentier ou de la bâtisse ?
    Saint-Joseph est un monument dédié à la Charité.
    Apparemment une vertu dont vous vous méprenez.

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      8 janvier 2014 à 1 01 00 01001
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      Excellents points M. Dery. L’Oratoire n’est pas seulement qu’un lieu de culte catholique ou un symbole historique, c’est un lieu de ressourcement et on y fait des rencontres intéressantes avec une foule de pèlerins et de touristes provenant des quatre coins du monde.

      Outre son architecture grandiose et son emplacement en quasi symbiose avec la montagne, le bâtiment et son site constituent une place publique de premier plan…

      à l’instar du Musée Pointe-à-Callière, des Marchés Jean-Talon ou Atwater, de certains belvédères sur les flanc du Mont-Royal, de l’impressionnant parvis de la Cathédrale (qui est une copie un peu ridicule de Saint-Pierre de Rome au demeurant), de la Place Jacques Cartier ou du Square Philips, près du magasin La Baie, l’Oratoire Saint-Joseph constitue une PLACE PUBLIQUE de premier plan qui pourrait permettre, un jour, de ré-articuler son coin de quartier.

      Il y a trop peu de FIGURES URBAINES, au sens où l’entendait Colin Rowe (un autre de mes mentors adorés), à Montréal et lorsqu’il y en a, elles sont fort MAL aménagées.

      un lien:

      http://arthistoriography.files.wordpress.com/2011/12/schnoor.pdf

      L’Oratoire Saint-Joseph pourrait représenter un lieu d’ascension vers la montagne, vers les hauteurs de la nature et de la spiritualité en définitive. L’immense place publique, traitée par paliers, qui le borde n’est PAS aménagée de façon adéquate.

      On pourrait, même, dégager une partie du corps de bâtiment de l’ancien collège en face (comme si on faisait un trou dans l’édifice pour le transformer en arche) afin que cette place publique se prolonge beaucoup plus loin au pied de la montagne.

      L’Oratoire est comme une sorte d’amphithéâtre à flanc de montagne, possédant une architecture autant spartiate (le corps de bâtiment) qu’élégante et élégiaque( son merveilleux dôme).

      Dénigrer une telle splendeur, au coeur d’une ville particulièrement laide, dénote … un esprit de défaite et de mépris surprenant. Triste.

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