Le Printemps arabe ce qu’il fut et ce qu’il est devenu.

Par Robert Bibeau, première partie  et Luc Michel,  deuxième partie.

 

Les uns présentent le « Printemps arabe » comme une suite de révolutions pour chasser des tyrans et conquérir la « démocratie bourgeoise », ces « révolutions » (sic) ayant échoué les armées nationales ou les mercenaires djihadistes se sont substitués aux tyrans. Les autres présentent le « Printemps arabe » comme un traquenard, un « complot », de la CIA et des puissances impérialistes pour raffermir leur emprise sur le continent arabe (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Ceux-là aiment beaucoup les machinations d’espions, les manigances d’agences, les entourloupettes de sociétés secrètes. Pour nous, il est évident que le « Printemps arabe » fut, à ses débuts, un mouvement de révolte populaire spontanée, des soulèvements de la misère et de la faim provoquer par l’affaissement des conditions économiques déjà tragiques dans ces pays sous-développés. Ainsi, la rente pétrolière aura permis à des pays tels l’Arabie – et le Qatar réactionnaires sous la botte de tristes clans tyranniques de s’en tirer sans trop de dégâts.

 

Ces mouvements populaires et spontanés, sans leadership organisé, et présentant des revendications échevelées, bénéficiant d’une vision limitée, après quelques hésitations furent récupérés par les oppositions de compromission et les ambassades en embuscades. Ainsi, un correspondant dans un texte ci-dessous s’indigne que les militaires de l’ambassade américaine à Tunis aient décidé avec leurs homologues de la sécurité tunisienne du limogeage de Ben Ali le tyran et de son remplacement, ce qui ne s’appelle pas une « révolution », mais une destitution. Une révolution sociale implique qu’une classe sociale abat la structure sociale qui l’opprime et se lance dans l’édification d’un nouveau mode de production.

 

De même,  Hillary Clinton, la secrétaire d’État américaine, s’arrogeant le rôle de la pasionaria égyptienne décréta que la révolte populaire du Caire combattait pour la démocratie bourgeoise et le droit d’élire un tyran de son choix, alors que la populace était massacrée et réprimer d’oser affronter les services policiers afin de trouver à manger, des emplois, d’obtenir des logements et d’aspirer à la dignité. Comme seuls les Frères musulmans étaient organisés avec la complicité des autorités (la clique de Moubarak), ce dernier fut limogé et hospitalisé et Morsi fut désigné pour le remplacer (suite à des élections truquées, une spécialité du régime). Chaque pays a eu son pedigree particulier.

 

Tout ceci ne fait pas de ce mouvement de révolte authentiquement populaire un soulèvement truqué et manipulé, mais démontre à l’évidence qu’une foule en colère perd rapidement ses repères quand elle ne comprend pas le pourquoi de sa misère, ici un mode de production moribond où les pays à la périphérie du système, dirigée par des bourgeoisies compradores soumises ou nationalistes revendicatrices pour plus de plus-value, subissent plus fortement que les autres les tourments de la crise économique systémique. Alors oui, les services secrets, les ambassades, les armées nationales prennent la direction de l’insurrection et la mène directement dans un cul-de-sac comme le démontre le texte qui suit décrivant les dernières magouilles américaines après  l’avortement du « Printemps arabe » qui n’en douter pas renaitra de ses cendres, car aucun des problèmes légitimes qu’il a soulevés n’a été réglé.

Robert Bibeau  Éditeur  http://www.les7duquebec.com

 

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LE ‘PRINTEMPS ARABE’ EN TUNISIE POUR Y INSTALLER UNE BASE MILITAIRE AMÉRICAINE ? (BASE MILITAIRE AMÉRICAINE EN TUNISIE II)

Par  LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE/   Flash géopolitique – Geopolitical Daily/ 06.09.2017.
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« Ce sont les Américains qui ont pris les choses en main (…) Les militaires américains ont parlé avec leurs homologues tunisiens, et Ben Ali a été prié, sans plus attendre, de quitter le territoire »
Michèle Alliot-Marie (ministre française de la Défense, janvier 2011).
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Et si le but du soi-disant « Printemps arabe » en Tunisie avait été dès le début l’implantation de la base militaire US ?

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REVOLUTION DE COULEUR TUNISIENNE : LES IDIOTS UTILES ONT BIEN TRAVAILLE POUR WASHINGTON DEPUIS 2011 !
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Le président américain Barack Obama a affiché en 2015 son « soutien à la Tunisie » (comme la corde soutient le pendu) en annonçant son intention d’accorder à ce pays, où le soi-disant « printemps arabe » – en fait une vague de révolutions de couleur – avait débuté il y a quatre ans (après un premier essai raté fin 2010 en Algérie), le statut d’ «allié majeur non-membre de l’Otan ».
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* Retour sur 2011 et la pseudo « Révolution du jasmin » :
Nous étions début 2011. Je publiais le 21 janvier pour PCN-INFO, le premier et longtemps le seul, la première analyse identifiant ce « printemps hiver » tunisien à une révolution de couleur. J’écrivais alors ce qui suit sous le titre « LA RÉVOLUTION DU PEUPLE TRAHIE, CONFISQUÉE, MANIPULÉE … L’ARMÉE TUNISIENNE A FAIT UN COUP D’ÉTAT CONTROLÉ PAR LES AMÉRICAINS ! : « MAM (Michèle Alliot-Marie, alors ministre française de la Défense) : « Ce sont les Américains qui ont pris les choses en main ». Les révélations du CANARD ENCHAINE (Paris, 19 janvier 2011), les aveux de la ministre française Alliot-Marie ! Pourquoi l’armée et la police continuent à tuer des Tunisiens …

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La France totalement hors du coup (bravo les neocons français, une fois de plus cocus et traités comme des valets) … Obama pense qu’un maghreb démocratique est le rempart (sic) contre les islamistes. Une méconnaissance totale du Mahreb ! Résultat : les islamistes tunisiens rentrent et se réorganisent. On comprend l’adoption par les médias de l’OTAN du terme « Révolution de Jasmin », qui relie le coup tunisien aux « révolutions de couleur », en fait les contre-révolutions organisées dans l’Est européen par les USA contre les régimes anti-occidentaux. »
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* … 4 ans après voila la Tunisie « allié majeur non-membre de l’otan » :
Mais revenons à 2015. C’est la deuxième fois qu’Obama recevait Caïd Essebsi dans le Bureau ovale. La première fois, en octobre 2011, ce dernier était Premier ministre d’un « gouvernement de transition » (toujours cette « transition » qui veut dire américanisation), mis en place après la révolution de couleur, travestie en soulèvement populaire, et appuyée dans la réalité sur un coup d’état militaire (comme MAM l’avouait au Canard Enchaîné début 2011) qui avait renversé le régime de Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier de la même année.
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Le statut d' »allié majeur non-membre de l’Otan », « privilège » commente sans honte l’AFP, déjà accordé à une quinzaine de pays, dont le Japon, l’Australie, l’Afghanistan ou encore l’Egypte, Bahreïn et le Maroc, entre autres prostituées « arabes » de Washington, permet aux pays concernés « d’avoir accès à une coopération militaire renforcée avec les Etats-Unis, notamment dans le développement et l’achat d’armements ». Un privilège qui engraisse le lobby militaro-industriel américain, dans des pays où la pauvreté absolue est le lot dune immense partie du peuple !
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* Le but des révolutions de couleur du soi-disant printemps arabe dévoilé :
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Implanter la démocratie de type américain au  Proche-Orient …
Dans une tribune commune publiée alors dans le Washington Post, les deux présidents ont souligné que la Tunisie démontrait que « la démocratie est non seulement possible mais aussi nécessaire en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ». « Le lieu où le printemps arabe a commencé est aussi celui où nous avons vu les progrès les plus extraordinaires » (resic), a souligné le président américain dans le Bureau ovale.
… et clientelliser les armées arabes !
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Washington souhaite aussi clientelliser et fidéliser les armées des pays arabes « démocratisés », sur le modèle de l’Armée égyptienne (1,3 milliard de dollars d’aide financière US).
« Démocratie » sous contrôle américain, armée achetée par les aides US, pays « allié majeur non-membre de l’Otan » des USA : voilà les buts véritables de la révolution de couleur, dite du Jasmin, organisée par Washington. La Tunisie est un état-client des USA !
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(Sources : Le Canard Enchaîné/2011 – ELAC Website)
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Par  LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE
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LM.GEOPOL – Base us en Tunisie II (2017.09.06) FR.jpg

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* Lire LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
TUNISIE : CETTE BASE MILITAIRE AMERICAINE, FRUIT DU SOI-DISANT ‘PRINTEMPS ARABE’, QUE PERSONNE NE VEUT VOIR (PARTIE I)
sur http://www.eode.org/luc-michels-geopolitical-daily-tunisie-cette-base-militaire-americaine-fruit-du-soi-disant-printemps-arabe-que-personne-ne-veut-voir/     Le  05.09.2017.
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« L’Algérie a-t-elle été consultée? L’on sait déjà que l’Algérie n’admettra sous aucun prétexte, une présence militaire étrangère à ses frontières, encore plus en ce moment, confient des sources sécuritaires, qui ajoutent être informées des visées qui se préparent. Encore dans quel but ? »   – Réflexion.dz (Alger, 4 sept. 2017).
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Après un long déni, qui faisait de cette base militaire américaine une véritable « base secrète US », voici RELEXION.DZ en Algérie, après le WASHINGTON POST (qui avait cité une source du gouvernement américain) et LE FIGARO, mais aussi la presse de l’US Army (TIMES), qui donne un coup de projecteur sur cette base, qui est l’un des profits retiré par les USA du « printemps arabe » en Tunisie. Et qui cible l’Algérie, dont on rappellera qu’elle était la première cible – avortée – de ce « Printemps arabe » en décembre 2010 …
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L’US ARMY S’IMPLANTE EN TUNISIE DANS LA FOULÈE DU « PRINTEMPS ARABE » POUR « CRÉER UNE NOUVELLE CARTE GÉOPOLITIQUE » !
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* L’Afrique du Nord ciblée par l’Armée américaine :
Extraits de Réflexion.dz : « Washington a toujours affiché à l’égard de l’Afrique du Nord son désir absolu d’y élargir son champ de manoeuvres. Que des marines soient présents en Tunisie ou en Libye, n’est donc pas une surprise. Créer une nouvelle carte géopolitique constitue un objectif du Pentagone, d’où cette information, selon laquelle, il existe une base militaire au sud de la Tunisie. Une information rapportée par L’Expression en 2014 pour être démentie aussi bien par les Américains, que les autorités tunisiennes, pourtant cette base existe réellement. C’est le journal de presse Air Force Times qui révèle l’existence de cette base et pour preuve souligne cet organe de presse «l’enquête menée par l’US Air Force sur une agression sexuelle qui a eu lieu au sein de cette base l’an dernier». (…) qui  sera jugé à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, début septembre, selon le dossier du juge-avocat général». IL n’y a donc plus aucun doute sur la présence des G I’S dans le sud de la Tunisie au sein d’une base.
Cette vérité a été dévoilée l’année dernière par le journal américain Washington Post qui avait cité une source du gouvernement américain, selon laquelle «des drones non armés auraient commencé à survoler la Libye à partir de la fin du mois de juin 2016 et feraient partie de l’aide accordée par le ministère de la Défense américaine aux forces pro-gouvernementales libyennes dans leur combat pour déloger l’Etat islamique de la ville de Syrte». Mais encore une fois, l’information sera démentie. »
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* Quand Le Figaro évoque une « base américaine secrète en Tunisie » :
Avant 2016, citant une source diplomatique, le quotidien français, Le Figaro relance et revient sur la question en soulignant, «l’existence d’une base américaine secrète en Tunisie, près de la frontière libyenne», et de préciser que «selon une source diplomatique à Tunis, les USA viennent de rénover une base désaffectée dans le Sud tunisien pour intervenir en Libye». Le Figaro, ajoute «cette base est située dans le gouvernorat de Tataouine, frontalier avec la Libye». En dépit des démentis exprimés par la diplomatie américaine et les autorités tunisiennes qualifiant «d’infondées les rumeurs persistantes à ce sujet».
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* … que Jeune-Afrique dévoilait déjà en 2013 :
L’implantation de camp militaire américain a été également abordée par le magazine Jeune Afrique, qui rapporte que « lors d’entretiens qui ont eu lieu le 20 novembre 2013 à Tunis, Ali Larayedh, l’ancien chef de gouvernement tunisien, avec le général David Rodriguez, patron du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), a été question de pourparlers sur l’installation d’une base militaire américaine en cours d’implantation à Remada, dans le sud du pays, dans une zone placée sous contrôle militaire par décret présidentiel. Mais les travaux avaient débuté dès décembre 2011.»
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(Sources : Réflexion.dz – Washington Post – Le Figaro – Jeune-Afrique – Times/US Navy)
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Par  LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ) & EODE.
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Robert Bibeau

Robert Bibeau est journaliste, spécialiste en économie politique marxiste et militant prolétaire depuis 40 années.

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